Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

samedi 30 octobre 2010

Schubert-Goethe : bouleversant, dites-vous ?

Dietrich Fischer-Dieskau (pour l'anecdote, son petit-fils est mon voisin du dessus, violoniste émérite !) et, au piano, Gerald Moore.

Traduction :



Le Roi des Aulnes 



Quel est ce cavalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant ;
Il serre le jeune garçon dans son bras,
Il le serre bien, il lui tient chaud. 


Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ? 
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ? 
Mon fils, c'est un banc de brouillard. 


"Cher enfant, viens donc avec moi !
Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,
Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,
Et ma mère possède de nombreux habits d'or."


Mon père, mon père, et n'entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ? 
Sois calme, reste calme, mon enfant !
C'est le vent qui murmure dans les feuilles mortes. 


"Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles s'occuperont bien de toi
Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,
Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses."


Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ? 
Mon fils, mon fils, je vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.


"Je t'aime, ton joli visage me charme,
Et si tu ne veux pas, j'utiliserai la force." 
Mon père, mon père, maintenant il m'empoigne !
Le Roi des Aulnes m'a fait mal !


Le père frissonne d'horreur, il galope à vive allure,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant,
Il arrive à grand peine à son port ;
Dans ses bras l'enfant était mort. 

Quel est le plus beau film du monde ? (68)


Notre époque frénétique et désordonnée n'a plus la chance d'avoir un Chaplin en bulles d'oxygène réconfortant.
Pour répliquer à qui me disait l'autre soir que la notion de "chef-d'oeuvre" est forcément subjective (ah, jeunesse qui se cherche !), je dirai que la beauté s'impose à qui sait ouvrir son coeur et, plus prosaïquement, sa matière grise, flattée le plus souvent par le "facile" qui engendre ce que l'on nomme "paresse intellectuelle".
Qu'au début du siècle dernier, le cinéma de Chaplin ait attiré les foules de par le monde, que l'immense petit homme ait été fêté en "star" (quel horrible mot, finalement !) aux quatre coins de la planète, qu'il ait côtoyé les plus humains d'entre nous (Ghandi...) ou les plus grands artistes de son temps, mais, surtout, qu'il ait touché au coeur le "métallo" de Boulogne comme le vacher du Texas, la petite modiste de chez Paquin comme la duchesse de Windsor, prouvera, si besoin est, que l'être humain est beaucoup moins idiot que ce qu'en pensent, aujourd'hui, les gens de télé (entre autres).
On a vu et revu autant de fois que nécessaire (ça l'est) ces "Lumières de la ville" (City Lights) qui hissent le cinéma au rang d'Art (le 7ème) absolu : Chaplin bossait comme un malade pour que ses idées (allez, disons-le, "géniales") se reflètent très exactement sur la toile blanche; ainsi, la scène de la première rencontre entre Charlot et la jolie aveugle a fait l'objet de dizaines de prises, le propre de l'artiste étant la recherche de la perfection.
"City Lights" est un film total qui nous émeut, fait parfois naître une larme (des torrents, même, pour les plus sensibles) et nous fait trépigner de rire à d'autres moments : la scène du match de boxe, réglée au millimètre comme un ballet, est d'une puissance comique inégalée.
Derrière les facéties de Chaplin se cache toute la misère du monde, celle qu'il connut dans les taudis de Londres, et sur laquelle il prit une revanche éclatante sans jamais renier ses idées profondément humanistes.
"City Lights", sans jamais céder à l'effet facile (tiens, encore !) reste, de rire en larmes, un moment de grâce, traversant le temps sans prendre une ride, comme la pietà de Michel-Ange ou le Jean-Baptiste du Caravage, comme un Moment Musical de Schubert ou le Roi des Aulnes de Goethe.
Je vous le concède : il faut sacrément aimer le cinéma pour oser la comparaison.
J'ose.

vendredi 29 octobre 2010

Tout éclate, tout explose

Air Sarko One

Le nouvel avion présidentiel : 180 000 000 €



Titan


Vers la fin, quand sa mémoire le trahissait et que sa vue baissait, il tutoyait l'infini.
Le rituel s'était installé : partition sur le piano, tourneur de pages;  et cette petite lampe braquée sur le texte alors qu'on avait plongé la salle dans l'obscurité.
C'était à chaque fois une messe.
Londres, 1989 :




jeudi 28 octobre 2010

L'horreur d'une profonde nuit

Avertissement : ce récit, authentique, pourrait heurter les âmes les plus sensibles.

C'était par une fraîche nuit d'automne de l'an 2010.
Cette année-là, un hiver précoce s'abattait sur la capitale.
Dans le ciel, les croassements lugubres des corbeaux s'étaient répondus tout l'après-midi en un concert diabolique.
La soirée avait été belle, de cinéma et de bons vins partagés, de conversations où le tout et le rien se mêlaient agréablement.
On s'était quittés à la mi-nuit se promettant de renouveler pareille soirée en rare complicité.
J'avais encore en tête les airs d'une journée hautement musicale; nous avions mangé et bu raisonnablement, rien ne venant troubler après-coup l'esprit et l'organisme.
La nuit se promettait douce, apaisante.
J'ai inspecté le salon, débarrassant deux verres oubliés sur la table basse, éteignant au passage l'amplificateur et le lecteur Blu-ray encore chauds de ce film de Bertolucci détesté des critiques et cher à mon coeur pourtant,  que mon convive avait salué d'un "merci" à moi destiné lors du générique de fin.
J'ai pris les 3 pilules quotidiennes remboursées à cent pour cent que je devrai ingérer chaque soir jusqu'à l'extinction des feux, et tant que la nature me prêtera vie.
Le silence règne à présent sur le quartier, à peine troué par les grognements sporadiques de quelque clochard aviné.
De l'autre côté, sur la courette, rien ne vient -c'est rare- troubler la torpeur nocturne; demain, les gens travaillent; ils se sont couchés tôt; je n'aurai pas besoin de ces bouchons de cire qui me sont indispensables les soirs de fin de semaine pendant que jeunesse s'amuse.
Je me déshabille promptement, avisant mon corps dans la glace de la haute armoire-dressing; je me dis qu'il est fort dommage qu'il n'y ait personne pour en profiter ce soir, riant en solitaire de l'incongruité de la réflexion.
Je me glisse sous la couette fraîche d'une jolie teinte "sable" qui rappelle ces chambres d'hôtels pas vraiment luxueux mais de bon goût -le mien - où j'aime descendre quand je passe nos frontières tout en restant dans l'espace Schengen car, m'avouè-je quand un semblant de lucidité s'impose à mon esprit, je suis un peu couard.
Je règle l'une des lampes de chevet en mode "moyen" : ces lampes amusantes s'allument ou s'éteignent par de petites pressions successives sur leur métal chromé, innovation technologique appréciable jusqu'au moment où l'on a besoin de les dépoussiérer, mais je vous passerai les détails si vous le permettez.
Je feuillette AD, une revue d'architecture et de décoration où l'on trouve une multitude de couettes aux tons "sables"; ça me remplit d'aise.
Après ce survol du magazine en papier glacé, j'ai la nette intention de me replonger dans ma lecture du moment, "L'offrande musicale" d'André Tubeuf jusqu'à ce que le sommeil vienne mettre un point d'orgue à cette journée gracieuse.


Je ne sais comment elle est entrée : j'avais ouvert les fenêtres pour rafraîchir la chambre, pour l'aérer quelques instants, prenant la précaution de laisser fermé le voilage hérité des précédents occupants, seule chose à conserver d'ailleurs, tant leurs goûts et les miens divergeaient.
Elle a dû s'immiscer sous le rideau de tulle, je ne vois que ça.
Toujours est-il que c'est au moment où, plongé dans mon Tubeuf, je sens s'alourdir mes paupières, je remarque sa présence, discrète tout d'abord puis se faisant peu à peu  envahissante.
C'est une grosse mouche noire; pas vraiment de la taille la plus couramment observée, non : c'est un insecte de l'ordre des diptères, de corpulence moyenne qu'on ne saurait en rien comparer à ce que l'on appelle communément "mouche à merde".
Celle-ci n'en a pas la couleur vert-bleu caractéristique, celle qui vous fait grimacer de dégoût lorsque vous la croisez au détour d'un égout.
Peu à peu je découvre que je suis victime d'un animal d'une incroyable perversité.
Elle volète en terrain conquis autour de l'oreiller, me contraignant à abandonner ma lecture, se pose un instant sur la tête de lit à quelques centimètres de mon oreille droite; des yeux je cherche un objet, un tissu, quelque chose qui me permette d'occire l'impudente.
J'avise enfin ce t'shirt que je comptais confier à ma Brandt dès demain matin.
Je glisse lentement, sans heurt pour ne pas l'alerter, vers l'étoffe inerte comme le sont beaucoup d'étoffes d'ailleurs, exceptés les oriflammes gonflés de vent au fronton de nos édifices publics (mais là n'est pas le sujet, je m'égare, je le concède), m'en saisis subrepticement et me coule jusqu'en haut, prends mon élan et assénant mon arme blanche (c'est un t'shirt blanc) entre les deux yeux de ce je n'ose appeler un volatile.
Je crois pouvoir crier victoire, poussant un "ouaiiiiiiiiiiiis !" d'autosatisfaction, salue une foule invisible que j'imagine applaudissant à tout rompre, fier d'avoir terrassé la "musca" (oui, j'ai fait "latin-grec").
Las, quelques minutes plus tard, la salope réapparaît : elle me fixe à présent, arrogante, semblant me dire "tu croyais t'être débarrassé de moi petit con ! Eeeeeeeeeeeeeeet non, je vais te pourrir la nuit, ça t'apprendra à vouloir faire mal à une mouche !".
Le combat dura, croyez-m'en, une bonne demi-heure, la bête musardant à travers la chambre, se posant tour à tour sur un meuble, sur le miroir.
Je me revois debout, t'shirt en main, guettant le moment propice, me recouchant, pensant qu'elle aussi épuisée, s'en est allée dormir quelque part sous le lit ou ailleurs, là où elle veut, c'est pas mon problème.
Et soudain, la voici surgissant de je ne sais où, reprenant sa ronde endiablée autour de mon beau visage maintenant exsangue.
Je fais usage de toutes les ressources de mon cerveau, échafaudant mille stratagèmes pour venir à bout de l'intruse.
Elle en fait autant, j'imagine, pour venir à bout de mon acharnement; mais je sens bien que l'un des multiples coups que je lui ai portés de mon 100% Coton made in China l'a vraisemblablement blessée, même si elle me fait le coup du "même pas mal !" depuis soixante trois minutes bien pesées (je commence à la trouver relou).
C'est à cet instant que la gueuse, posée sur le mur qui fait face à mon grabat (le lit est à présent dévasté), semble prête à baisser les bras.
Je retiens mon souffle comme Lee Marvin dans les "12 salopards" avant d'égorger le soldat allemand posté en sentinelle, rampe jusqu'à cette tache noire souillant telle une verrue la tapisserie jaune-or en vinyle expansé, ajuste mon tir et estoque la chose d'un mouvement de haut en bas d'une précision que, tiens, Russel Crowe dans Robin des Bois est un amateur qui peut se rhabiller et aller faire des mots fléchés au lieu de déranger les écureuils de Sherwood.
J'observe ma victime gisant enfin sur le sol en parquet vitrifié.

Je fais deux trois entrechats, poussant des "tugudu tugudu" qui déchirent la nuit, réveillant au passage le voisin qui gueule "ça va pas, non ?"; je cours jusqu'à la cuisine, saisis le petit aspirateur, celui qui a au moins dix minutes d'autonomie quand on le débranche du secteur et met un terme à cette tragédie : sans pitié, l'objet engloutit le cadavre; oh, je vois bien les défenseurs des animaux gnagnater que bon, quand même, j'aurais pu lui donner une sépulture mais, sans vouloir les offenser, je les emmerde; fier du devoir accompli, hormis qu'en guise de repos du guerrier, rien ne s'offre à moi, je reprends mon Tubeuf trop longtemps délaissé, me plongeant avec délices dans une chronique qu'il écrivit naguère sur Charles Much Munch.
"Tiens, un moucheron !" me dis-je.


mercredi 27 octobre 2010

Samson François, l'intégrale : une affaire en or !

Et boum !
Pour marquer l'anniversaire de la mort de Samson François, EMI nous décoche cette intégrale en 36 CD (pour moins de 2 € le CD !) qui est un véritable trésor, qu'on en viendrait à aller trouver le PDG de ce label pour lui claquer la bise.
Il y a tout ce que le grand pianiste a enregistré, y compris les 78 tours de ses débuts, ses propres compositions, le Scarbo de 1947, les deux récitals légendaires de 64 à Pleyel, des pièces rares ( ce "Rossignol" de Liszt, 2 versions si différentes, et ses Mendelssohn), ses "tubes" dont une valse de Chopin aérienne, inspirée comme jamais et même des Rhapsodies hongroises de Liszt truffées de fausses notes (c'était un homme !) mais diaboliquement émouvantes.
On a beaucoup glosé sur la personnalité de l'un des plus grands pianistes français du siècle précédent : ses virées nocturnes qui le voyaient "descendre dans la boîte de jazz", un alcoolisme qu'on réduit maintenant à un "penchant", des idées politiques très à droite (il haïssait de Gaulle et les communistes) qui ne l'empêchèrent pas de triompher en URSS, un côté "cigale" le faisant entretenir une véritable cour...
On s'en fout (ou alors, on brûle Cortot !) : on tire les rideaux occultants, on choisit une lumière douce, on éteint le téléphone mobile, on savoure, se laissant gagner par l'étrange, incompréhensible, ensorcelante, magie.
On flippe aussi : jamais on n'a su jouer Chopin ainsi.
Ni Ravel.
On imagine que quelque Dalila, diligentée par quelque pianoteur jaloux, vient la nuit couper la célèbre mèche immortalisée par le Studio Harcourt et nous prive à jamais de la puissance de ce Samson-là.
On en ferait presque des cauchemars.

Le cadeau de Noël idéal à qui aime le piano.

Duris en Cinéma

Il paraît qu'on se précipite dans les salles pour voir "Les petits mouchoirs" de Guillaume Canet.
Au vu de la bande annonce, de la "promo" télé avec tambours et trompettes, du synopsis, de la distribution ("casting" en anglais), j'ai jugé urgent d'attendre la sortie DVD.
L'engouement autour du sieur Guillaume n'a rien d'étonnant; je le voyais l'autre soir au journal de France 2 : la France s'est trouvée un gendre/beau-frère idéal en la personne de cet acteur-cinéaste dont je ne me souviens pas qu'il m'ait un jour bouleversé, même si je trouve qu'il "joue bien" comme on dit dans les chaumières.
Mais on entend dire la même chose de Jean Reno, entre autres, et ça peut laisser perplexe.

Je suis beaucoup plus bluffé par le jeu d'un Romain Duris dont je viens de voir cet "Arnacoeur" qui est l'un des grands succès du cinéma français de ces derniers mois (près de 4 millions d'entrées).
De "Gadjo Dilo" (97) au "Persécution" de Chéreau (2009), Duris mène la plus exemplaire des carrières : prises de risque, remises en questions, choix des scénarii, il fait montre d'une palette dont on n'a pas encore vu toutes les couleurs.
Dans L'Arnacoeur, notre Romain révèle un tempérament comique inattendu dans une comédie qui est "la" bonne surprise de l'année.
On salive, on trépigne, on l'attend dans "L'homme qui voulait vivre sa vie" (sortie le 3 novembre).
On a confiance en lui; on sait qu'il n'a pas besoin de hanter les "talk-show" médiatiques pour nous donner envie d'aller le retrouver; on l'aime.

Il y a 13 ans déjà : Gadjo Dilo

Hier, l'Arnacoeur

La semaine prochaine sur nos écrans

Lieu

C'est au deuxième étage de la Salle Pleyel.
Le café Pleyel reçoit à chaque nouvelle saison un chef étoilé.
Cette année, c'est Arnaud Daguin, échappé de son territoire en pays basque.
On y déjeuna l'autre jeudi en compagnie d'un jeune artiste mélomane, de ceux dont on a beaucoup à apprendre :
celui-ci possède une impressionnante collection d'enregistrements rares dont il me gratifie parfois par le truchement d'une "clé usb" (on n'arrête pas le progrès).
Le cadre est tout ce que j'aime : de l'espace meublé en mode minimaliste, une belle hauteur de plafond, de larges baies vitrées donnant sur la rue du faubourg Saint Honoré et des tables suffisamment espacées pour permettre des conversations en confidence.
Le service est sympathique, sans chichis.
J'attends mon convive (jamais à l'heure) avec un verre de Fronton en lisant Diapason, car, parfois, j'suis snob.
J'ai pris le programme des concerts pour constater (ô rage !) que les plus intéressants ont lieu les soirs où je tape sur le Yamaha du Caveau.
On fait un repas de bonne tenue et d'excellent rapport qualité-prix : pour ce qui me concerne, des champignons en chaud-froid avec du potimaron très "tendance", suivis, comme mon compère, d'un très astucieux faux hamburger de canard : foie gras escalopé sur une tranche de navet figurant le pain et hachis de volatile.
Après ça un dessert tout chocolat, très fin mais un peu fade si, mon partenaire m'en donne l'exemple, on ne prend pas soin d'en déguster simultanément les ingrédients : à savoir le chocolat "dur" et noir en même temps que la mousse ultra-légère de chocolat au lait.
On arrose le tout d'un vin espagnol qui titre ses 14°.
Même pas mal.
Le café Pleyel est ouvert à déjeuner et en avant-concerts.
C'est là que le bât blesse : l'horaire des concerts est 20 heures.
Il faudrait donc dîner comme les poules et digérer pendant la prestation des remarquables musiciens programmés dans la salle prestigieuse récemment rénovée.
Donc, pour un dîner d'après concert, ne reste plus dans ce quartier que la Brasserie Lorraine, ruineuse.
C'est le seul point négatif de cette adresse hautement recommandable.

mardi 26 octobre 2010

Moderne

Microsillons (2)

Mc Cartney, album solo en 70.
Bien belle musique, jolie pochette (exposée dans mon salon); souvenirs : je jouais ce morceau au cours de danse de Josiane Vandelli (la tante du grand chorégraphe Bruno Vandelli...).



Microsillons

Pochettes de disques.
L'imagination au pouvoir :









Fin d'une époque

Sony ne produira plus de "walkman" (baladeur) à cassettes.
On pouvait penser que la production s'était arrêtée il y a longtemps.
allez, une fois n'est pas coutume : pub !

lundi 25 octobre 2010

Automneries

Il y a des amitiés qui se délitent, d'autres qui sommeillaient et qui, tout à coup se réveillent; les années ont passé, on s'est éloignés géographiquement, on a roulé sa bosse dans le but de se trouver.
Quand on y est -plus ou moins - parvenu, on se pose enfin, plus serein sans doute, prêt enfin à accueillir ces voix que la mémoire n'a aucun mal à identifier, à échanger comme si de rien d'était, avec cette impression qu'on conversait encore la veille au soir, parce que, en fait, ces visages ne vous ont jamais quitté, retrouvés ça et là en feuilletant un vieil album-photos, en réécoutant une chanson ancienne, en parcourant, pèlerin, une rue du vieux Paris...
En lieux communs on se dira que le temps passe vite, qu'il fallait bien "faire sa vie", qu'il y a des nécessités qui font loi.
Puis soudain une pulsion, un besoin tout à coup urgent se fait sentir, parce que, il faut se l'avouer, on a pris conscience que l'on était passé de l'autre côté de la frontière du temps, qu'il faut recomposer le puzzle intime, revenir à l'essentiel.
Deux voix inoubliées, à peine rabotées par le temps,  ont retenti à mes oreilles ces dernières heures.
Ce fut -est-ce surprenant ?- apaisant.


- Woody et Naomi sont sur un tournage... -

Woody Allen fait depuis longtemps un cinéma que dénoncent ceux qui ont mis ce pays dans l'état de délabrement culturel où il se trouve, ceux qui bouffent de "l'intellectuel" à toutes les tables de la médiocrité pour pallier leur propre inconsistance.
Pour ceux-là, les films de new-yorkais sont appréciés par des "bobos-de gauche-parisiens"; tout juste ont-ils consenti à bander devant la Pénélope Cruz de "Vicky Christina Barcelona"; c'est que, de plus, non seulement ce cher Woody se permet de penser et de faire rire sans avoir recours aux saillies qui font le succès de "Camping", mais l'homme est juif, et son humour aussi (quoique...).
Ca fait beaucoup pour un seul homme et on a brûlé des livres pour moins que ça.
Cela posé, on aurait bien mauvaise foi à affirmer que "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" est un chef-d'oeuvre.
Non, c'est juste un bonbon qu'on déguste un samedi aprème quand, à l'extérieur de la salle obscure, se déchaîne un orage d'automne.
Comme on l'aime, le Woody, on lui pardonne de ne pas être "génial" (ah, ce mot galvaudé !) à tous les coups, ses deux précédents opus (celui déjà cité et l'encore meilleur "Whatever works") nous ayant comblé pour un bon bout de vie de cinéphage.
Il y a toujours à moissonner chez Allen : ici, ce sera le formidable personnage de sexagénaire courant après sa jeunesse perdue incarné par Anthony Hopkins, parfait, et celui d'une épouse jugée trop vieille, laquelle, interprétée par une formidable Gemma Jones nous mène, en fil d'Ariane, dans les méandres de cette histoire souvent loufoque où les trentenaires (Brolin -putain quel acteur !- Naomi Watts, si jolie, Banderas enfin lui-même) sont dans la même panade que leurs aînés.
La petite déception vient du fait que W. Allen s'empresse de finir son film quand s'enclenche une nouvelle histoire, nous laissant quelque peu frustrés.
On sort un peu dépité en se disant : "vivement le prochain !"

Montpellier : le Pérou (Peyrou)

Dans les années 60 et 70, donc très très très jeune, je passais toutes mes vacances d'été chez ma grand-mère à quelques kilomètres de Montpellier.
On arrivait par le "Ligure", un train "rapide" dans le sens où on l'entendait à l'époque : aujourd'hui, ce serait un "tortillard".
Epuisés par le voyage, on prenait ensuite un car des "Courriers du midi" dont le chauffeur, en uniforme beige et casquette,  s'appelait Monsieur Brun.
Il ne fallait pas rater ce car, dont la destination finale était Sommières, car le car (rigolo, non ?) ne reliait les deux villes que deux fois par jour.
Moi, j'aimais beaucoup qu'on le rate : dans ce cas, on allait déjeuner au "Colombier" et ensuite on allait au cinéma pour attendre l'heure du départ.
Montpellier était une ville endormie, surtout en saison chaude : ses habitants la désertaient pour "aller à la mer", à Palavas, certains, plus aisés, y possédant une résidence secondaire.

Le petit train de Palavas immortalisé par Albert Dubout

Le soleil chauffait à blanc les statues des Jardins du Pérou où, je l'appris bien plus tard, les hommes qui se promenaient, l'air de rien, venaient pour tout autre chose qu'une séance de bronzage.
On se repliait sur l'Esplanade, près des bassins où évoluaient des cygnes majestueux (un cygne est toujours majestueux).
La vieille ville s'animait un peu le matin dans le quartier où habitait ma tante, rue St Guilhem.
Puis vint le règne de Georges Frêche, dont on peut comprendre que les montpelliérains l'aient absous de toutes les conneries révoltantes qu'il a pu émettre ces dernières années : ce monsieur, élu à la mairie en 1977, a fait de sa ville une métropole moderne tournée vers l'avenir, la transformant en profondeur, la rajeunissant, y attirant une nouvelle population point avare de sorties au théâtre, au cinéma, au concert.
Indéboulonnable en statue du commandeur, clientéliste sans doute (d'où ses sorties bien ciblées), Frêche marquera pour longtemps l'histoire de sa cité.
Nous ne pouvons, nous autres parisiens, comprendre les sentiments de cette population à l'égard de cet homme; c'est un mystère comme le fut le règne de Deferre à Marseille en d'autres temps.

La rue Saint Guilhem de nos jours

En plus : l'anecdote m'a toujours amusé : sur la Place de la Comédie, un café appelé le Y'A BON, faisait le plein à une lointaine époque.
Un concurrent s'installa dans l'immeuble mitoyen et appela son café le... Y'A MIEUX.
Authentique.

samedi 23 octobre 2010

Voix célestes

Je possède un magnifique enregistrement du "Requiem" de Mozart par ces "Petits chanteurs de Vienne".
Ici, une version de Carmina Burana non dénuée d'humour.
Chanter comme des anges en gardant son âme d'enfant...

Tout un univers

L'Elysée, tout un fromage





Automneries (d'Icule)

Je ne comprends pas pourquoi les fabricants d'huile d'olive la mettent dans des bouteilles en verre.
Je n'ai rien contre les bouteilles en verre, bien au contraire : pour les boissons gazeuses, par exemple, il m'est apparu qu'elles s'y conservaient bien mieux que dans les contenants en matière plastique.
De plus, il m'apparaît (ou est-ce purement psychologique ?) que les eaux minérales gazeuses n'ont pas le même goût dès lors qu'elles sont contenues dans du plastoc.
Je pense notamment à la Badoit et à la San Pellegrino dans lesquelles je trouve un arrière-goût de pétrole, bien que, je l'avoue, je n'aie jamais eu l'occasion de goûter à l'or noir.
Pour revenir à l'huile d'olive, car je sens que le suspense est insoutenable (un suspense est toujours insoutenable), il est de notoriété publique que l'huile doit être conservée à l'abri de la lumière.
Vous me rétorquerez que je n'ai qu'à mettre ma bouteille dans un placard et tu vas pas nous gonfler avec ça.
Alors là, pardon : la bouteille d'huile est restée combien de temps, à la lumière des néons (du gaz !) sur les rayons de l'épicerie, hein ?
D'autre part, j'ai un besoin vital d'avoir ma bouteille d'huile d'olive extra-vierge-première pression à froid à portée de mains, car, personnellement, j'en utilise en quantités non négligeables.
J'ai fort heureusement conservé un bidon en fer de la maison Alziari, artisans niçois mais excellents au demeurant, dans lequel je transvase immédiatement mon breuvage en rentrant du marché.
C'est toujours ça de gagné.

Parce que c'est vous, je vous offre telle quelle une dépêche parue hier à l'aube sur le très joli site du Figaro :

[Jean Sarkozy a su ce matin qu'il avait obtenu sa deuxième année de droit avec mention et 13,34 de moyenne. Le fils du chef de l'Etat, qui entame donc sa troisième année, a choisi de suivre un régime universitaire "aménagé" à la Sorbonne. Accordé à ceux qui en font la demande, souvent du fait de leurs activités professionnelles, il permet de passer les examens sans avoir à suivre les cours.]

Outre que la nouvelle a la haute importance que vous consentirez à lui donner, je m'interroge sur la réussite de ce talentueux étudiant, sachant que les résultats obtenus en octobre sont ceux des sessions de rattrapage de septembre destinés à "valider" une année.
D'autre part, les étudiants qui me lisent seront gentils de m'indiquer si l'on peut y obtenir une "mention".
La bonne nouvelle, finalement, pour ceux de mes lecteurs qui étudient en Sorbonne (j'en connais au moins trois), c'est qu'ils ne risquent pas d'y croiser le "fils de", dispensé d'y suivre les cours.

Notre époque est passionnante.

Mon huile favorite.
A Paris, pour s'en procurer, il faut aller chez les riches, au Bon Marché par exemple.

vendredi 22 octobre 2010

Scarbo

Cet enregistrement (1947) du "Scarbo" de Maurice Ravel est historique.
Celui de l'intégrale Ravel, effectué beaucoup plus tard,  est déjà extatique; ici, le jeune pianiste de 23 ans imprimait définitivement sa marque sur ce chef d'oeuvre de la musique pour piano.
On remarquera le tempo effréné : temps total 8'50 (chez A.Tharaud, tout récemment, la durée d'exécution est de 9'38).

Samson François : 40 ans d'absence

Le pianiste, décédé le 22 octobre 1970, n'a jamais cessé d'être adulé par les mélomanes du monde entier.
Le 26 octobre EMI sort son "intégrale" en 36 CD.
Plus que 4 jours.


Vidéo-hommage pour l’anniversaire de sa naissance en 2008; contribution d'un "fan" :


Extrait d'une fameuse "captation" du "Concerto pour la main gauche" de Maurice Ravel.
Tragique et hallucinant : 



mercredi 20 octobre 2010

Valeurs actuelles

Relevé dans le courrier des lecteurs de Télérama (bravo à ceux qui sélectionnent !), ces mots de Marc Gil (Echalas) :
"Depuis le 6 mai 2007, je vois le marché des valeurs de plus en plus monopolisé par des gens qui n'en ont pas."
Je ne saurais mieux dire.

Mina et Adriano : cartoon qui cartonna

Birdie miam miam


Le terme "culte" est devenu tellement galvaudé qu'on ose à peine l'accoler aux films qui nous sont chers sous peine de décevoir tout nouvel initié.
Il s'applique pleinement toutefois à cette comédie burlesque revue hier soir : elle vous met à chaque nouvelle vision au bord de l'étranglement, provoquant des larmes de rire irrépressibles.
"La party" de Blake Edwards (1968) n'a rien perdu de sa puissance comique grâce aux situations loufoques qui se succèdent à un tempo échevelé, à l'extraordinaire tempérament de Peter Sellers, à ce climat de délire permanent qui rappelle les grands moments du burlesque, de Mack Sennet à Charlie Chaplin sans oublier les frères Marx.
S'y croisent des "seconds rôles" inoubliables, tel ce serveur qui profite de la tempérance du héros pour se bourrer la gueule, ou l'hôte dont l'accumulation des catastrophes générées par son invité imprévu ne parvient pas (plus) à faire se départir de son flegme.
Oui, là, on peut dire "culte".

Peter Sellers, immense acteur !

Dick Crockett, 3 mots de dialogue, un comique visuel à se tordre

Le dîner : un sommet du burlesque !

Première soirée "mousse" (involontaire) de l'histoire

mardi 19 octobre 2010

Ce soir, ciné-maison

Manif de droite

Manif de droite devant le siège du PS, coupable de manipulation des jeunes selon les manifestants.
Pour une fois, les chiffres de la préfecture sont donnés comme exacts :

lundi 18 octobre 2010

Automneries

J'ai obtenu qu'on change le piano du Caveau qui souffrait de tares de naissance incurables.
Pour bien faire, il eût fallu changer tout le jeu de cordes (celles, filetées, des basses, cassaient régulièrement !) et, pour faire bonne mesure, revoir entièrement la mécanique, marteaux, étouffoirs etc.
Pour ce que j'en fais, il est vrai que l'instrument se doit d'être d'une solidité à toute épreuve : je serais prêt à le trouer pour que le public scande ce que je joue, à l'exception notable du Prélude de Bach avec lequel je démarre le spectacle cette saison, joué à un tempo "gouldien" et conclu d'un "c'était pour vous montrer que la direction a pris un vrai pianiste" en accord avec le personnage imbus de lui-même que j'affecte de paraître dans les premières minutes du spectacle.
Après, c'est tout autre chose.
Je vais bien finir, ne reculant devant rien, par leur jouer "la danse des canards"...

Il y a souvent, au théâtre, quelqu'un dans le public sur lequel, malgré soi, on finit par se focaliser : au milieu d'une foule hilare, vous repérez immanquablement le vilain petit canard, celui qui va faire la gueule du début à la fin du spectacle.
En général, c'est un homme que sa femme a traîné jusque-là, quand il se serait damné pour rester dans ses pantoufles devant un "match" avec une bonne bière (pour cette espèce très répandue, le mot bière est toujours précédé de l'adjectif "bonne").
Celui de vendredi est évidemment placé au premier rang de la façon la plus judicieuse qui soit, car à portée permanente de mon regard.
Ah, le premier rang !
Certains tueraient fils et fille (ce spécimen était assez âgé) pour que leur billet porte le numéro A......
Règle d'or chez les artistes : ne jamais insulter le public.
Je me souviens d'un Hugues Auffray hué dans la Pinède de Juan-les-pins après avoir décoché un "ta gueule !" à un spectateur mécontent; il le regretta amèrement, car il eut droit ensuite à une véritable bronca.
Vendredi, le type était renfrogné dès le noir venu, ne daignant applaudir aucun artiste, n'esquissant le moindre sourire, me donnant des envies de meurtre.
Hélas pour lui, je ne fus pas le seul à le remarquer : y faisant finement, je crois, allusion au final, je sentis le public compatir d'un rire plus soutenu à cette évocation.
Le pisse-froid avait donc été repéré par tous.
J'étais vengé.

Ce lundi, il fait, malgré un ciel bleu-pastel (cherchez l'erreur, de taille), un froid de canard, danse ou pas.
Les élèves du lycée professionnel ont à nouveau "bloqué" avec ce qui leur tombaient sous la main, poussé des hurlements comme à l'accoutumée, campé un moment devant leur bahut avant d'aller rejoindre leur KFC ou leur Mc Do' habituel.
En veste d'intérieur sur le balcon, j'avais envie de leur demander s'ils ne pouvaient obstruer l'entrée de leur établissement sans salir : qu'on bloque, oui, mais pourquoi tout saloper avec de la farine et des oeufs et répandre le contenu des poubelles sur le trottoir ?
Un peu plus tard, les services de la Mairie, à savoir des gens que la réforme des retraites concerne au premier chef, sont venus donner un coup de propre.
Ce "mouvement" m'aura informé d'une chose que j'ignorais totalement : les élèves d'en face sont donc préoccupés par leur avenir !

Quatre jours de vacances dès dimanche prochain.
Si mes évasions de juillet et août n'avaient tant mis à mal mes finances, j'aurais bien basculé de l'autre côté des Alpes.
Las, je resterai à Paris : mon jeu pianistique a tout à y gagner, endolori de routine qu'il est.
Il y a tant de partitions à revoir ou à visiter, tant de fichus doigtés à "fixer" une fois pour toutes.
Il y aura des films à voir aussi, matière à amortir ma carte UGC : le film de Canet, et, surtout, le nouvel Inarritù (Amours chiennes, Babel) par exemple.
En rattrapage, le dernier Woody Allen ("Vous allez rencontrer...") m'attend en vieil ami qui déçoit rarement; le précédent, en tout cas, était une sacrée pépite du nom de Whatever Works, à tel point que je me demande encore pourquoi je n'ai pas acheté le dvd.

Samedi, en sortant de la manif du Max Linder où j'ai vu le formidable film de Fincher (voir billet précédent), j'ai craqué au Virgin Grand Magasin où l'on pouvait acquérir 3 Blu-ray (rayon bleu) pour 30 euros.
J'ai pris 2 films de Clint Eastwood, "Gran Torino" dont j'avais la version DVD et "L'échange" que je n'ai jamais vu; enfin, parce que la photo de Raoul Coutard, hein, c'est pas rien, "Le mépris" de l'histrion Godard, film dont j'avais déjà la belle édition Studio Canal.
J'ai pis évidemment ce bijou pour lequel j'avais fait le déplacement, ces "Demoiselles" dont je parle ci-dessous également qui retrouvent toute leur fraîcheur grâce à ce support.

A ce sujet, et vu qu'il y a de nombreuses personnes qui me demandent si la différence est réelle entre DVD et Blu-ray, je vous insère ci-après, 2 captures de la même image de "Psycho" du sieur Alfred.
Voyez vous-même : 

DVD

Blu-ray


Compris ?







"The social network" : Citizenkane.com

Tout d'abord une scène d'exposition comme on en avait pas vu au cinéma depuis des lustres : en quelques secondes tout est posé du personnage principal (Jesse Eisenberg, admirable), ce garçon sans amis qui fonda le plus extraordinaire site de réseau social planétaire, le fameux "facebook".
Enfermé de manière quasi autistique dans sa bulle "clavier-écran", le tout-jeune homme, "boosté" par un savant roi de l'esbrouffe (J.Timberlake, impeccable) ira jusqu'à renier et dépouiller son meilleur (seul ?) ami (Andrew Garfield en naïf dépassé par les évènements) dans sa quête du "toujours plus" dont on ne saisira pas toujours la finalité.
Il n'était point sot de traiter au cinéma de ce site qui fédère 500 Millions de personnes à travers le monde.
Encore fallait-il trouver l'angle, affûter le regard porté sur une aventure qui aurait pu être relatée en mode "geek" policé.
Fincher, lui, donne une formidable leçon de cinéma.
Sa mise en scène est confondante d'ingéniosité de chaque instant, sa manière de disséquer les protagonistes de cette histoire confondante de précision et de justesse.
Me passionner, moi, sur un sujet qui est à mille lieues de mes préoccupations, relève de l'exploit.
Certains critiques se sont risqués à faire du film de Fincher (Fight Club, Zodiac) le "Citizen Kane" des années 2000.
Je vais surprendre : ce n'est pas tout à fait faux.

Jesse Eisenberg est Mark Zuckerberg

J.Eisenberg et A.Garfield

Avec J.Timberlake en Sean Parker artisan de la montée en puissance.


Quel est le plus beau film du monde ? (67)

Revoir des années après sur grand écran dans une admirable restauration en haute définition (Blu-ray Arte Cinéma) le film de Jacques Demy est un immense bonheur.
Explosion des couleurs enfin réhabilitées, bande son débarrassée du moindre souffle rendant justice à l'immortelle musique de Michel Legrand assurent un vrai grand moment de cinéma.
Réalisé en 1966, "Les demoiselles de Rochefort" est le seul exemple de film français pouvant rivaliser avec les comédies musicales américaines de la grande époque du genre.
On y croise d'ailleurs un Gene Kelly encore en pleine forme et un Chakiris encore nimbé du prestige conféré par "West side story".
A leurs côtés, en distribution française étincelante, Catherine Deneuve et sa soeur (dans la vie comme dans le film) Françoise Dorléac décédée quelques mois plus tard au volant de sa voiture entre Antibes et Nice, Piccoli, Jacques Perrin en jeune premier romantique, et la population d'une ville qui dut son renouveau à ce film qui lui est à jamais attaché.
Chef-d'oeuvre.




samedi 16 octobre 2010

Culture générale vraiment zéro ?

Grâce à cette pochette des Beatles, joue avec tes amis : combien de personnages reconnais-tu ?
Le plus con inculte paie un repas.

G.Proust à l'Européen

Vu sur le site du théâtre :
"Toutes les places disponibles sont vendues ou bloquées temporairement.
Prolongation à la Cigale à partir du 10 décembre 2010"


La qualité, ça paie.





Parlons français

En cette fin de semaine, je compte aller voir "Le réseau social d'Internet" au cinéma.
C'est le nouveau film de David Fincher ("Zodiaque", "Le club du pugilat") dont on dit le plus grand bien.

Grand piano

Pendant que les hélicoptères commencent à tournoyer dans le ciel parisien avant la manifestation de ce samedi d'automne, j'écoute ça par Arrau.
Par Ashkenazy -ci-dessous- c'est magnifique aussi.
Il y a polémique de spécialistes autour du tempo de ce concerto, voulu "Allegro ma non troppo" par Brahms.
Ici, comme chez Gould, on est dans l'Allegro tout court.
Mais quel jeu !
Et puis, hein, Giulini, quel Chef !

vendredi 15 octobre 2010

C'est la révolution !

Les élèves du LEP de mon quartier on bloqué joliment l'entrée de l'établissement (photo).
Dans la rue, ça déconne à tout va.
Les voyant quotidiennement évoluer (si je puis dire), je me permets de douter de leur motivation politique.


Giscard persiste et signe

Valéry Giscard d'Estaing fut Président de la République de 1974 à 1981.
Son septennat fut marqué par des initiatives vachement modernistes, comme des dîners chez les français "de base" pour montrer qu'il était à l'écoute du petit peuple, le ralentissement du tempo de la Marseillaise, la présentation de voeux aux français en compagnie de son Anémone d'épouse pour faire genre "Kennedy", ou la remontée d'une partie des Champs Elysées à pied lors des cérémonies officielles.
On lui doit cependant la majorité à 18 ans qui permit à de jeunes ingrats de voter en 1981 pour le mettre dehors.
L'affaire des diamants de l'empereur-dictateur Bokassa fut en partie à l'origine de sa chute.

Exécution capitale "made in France"

L'autre soir, le service public lui déroulait le tapis rouge pour une émission quelque peu hagiographique.
Au cours de celle-ci, le vieux Giscard (85 ans aux fraises) affirmait sans faillir son opposition à l'abolition de la peine de mort, affirmant le côté "dissuasif" (vachement !) de la guillotine.
Pour faire bon poids, l'homme nous disait qu'il ne regrettait en rien d'avoir refusé la grâce de Christian Ranucci, l'un des derniers condamnés à mort de la République, dont on rappellera tout de même qu'il fut permis de douter de la culpabilité !
Et tout ça les yeux dans les yeux.
Comme quoi, alors qu'on pourrait penser que l'âge mène à la sagesse, quand on est con on le reste.
Je n'insère pas sa photo, ne voulant gâcher votre journée.

Christian Ranucci lors de son procès

On lira avec intérêt le livre de Gilles Perrault ou verra le film qui en fut tiré :

Chili

* Je suis toujours en premier (dans le sens "moi d'abord !".
Sur le t'shirt du mineur, le mot "sécurité".

jeudi 14 octobre 2010

Dans le vent d'automne qui m'effleure

C'est pas tous les jours jeudi...


Merci qui ?

mercredi 13 octobre 2010

Retour à l'affiche

Comment ?
T'as jamais vu ça ?
Précipite-toi !

Reprise dans 2 salles parisiennes.