Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

samedi 30 juillet 2011

Concert du dimanche

Nikolaï Lugansky a fait un carton lundi dernier à La Roque d'Anthéron.
Pour les (trop rares) amateurs, voici l'intégralité du concert (merci Arte) ; Luganski arrive après l'entr'acte (à 42' environ) pour un 2ème Concerto de Rachmaninov auquel il parvient à donner un nouveau lustre ; vu que c'est l'un des concertos les plus joués au monde, ce n'était pas évident.
Ne manquez pas les deux "bis", merveille de finesse et de sobre virtuosité.
Un grand pianiste :


mercredi 27 juillet 2011

Arrivederci Roma (images en vrac)

 Allegro ma nonnes troppo

 J'adore les expos.

 SPQR

 Formidable pizza de "La focaccia"
C'est là :

Manif avec torches "contre toutes les maffias" devant le Panthéon.

Réunion de motivation avant la chasse au touriste

Quelle andouille : j'ai coupé le bas, où il était écrit :
SAY YES !

Traduction (nécessaire ?) :

On t'a enseigné que dans la vie tu devais apprendre à dire non.
FAUX.
Dis oui !

lundi 25 juillet 2011

Paradoxes romains en magnet(isme)s


Rome, c'est déjà si loin

J'ai repris pieds dans ma vie parisienne.
Qu'elle est loin déjà la chaleur romaine ; se dissipe déjà le brunissement prodigué par Phébus au cours de ces deux semaines italiennes.
J'aime pourtant Paris, mon cercle d'amis retrouvé, la reprise de nos séances de ciné-maison, les conversations à bâtons rompus, le bon vin partagé auquel s'ajoute à heures indues la puissance de cette "grappa" de Chardonnay rapportée de son pays d'origine, fine et racée, à l'exact opposé de ce tord-boyau poivré qu'on vous offre, ici, en fin de repas dans ces pizzerie et autres "ristorante italiano" qui jalonnent notre capitale.
Déjeuner samedi avec F. chez B. qui a la chance de disposer d'un nid d'aigle entre jardin du Luxembourg et rue du Regard où il peut lire, écrire, écouter, penser : on parle bien sûr cinéma et musique, souvenirs, époque.
Deux soirs auparavant, le même trio chez moi : des tortellini en truffe blanche d'été et beaucoup, beaucoup, de musique, du Ravel avec trois chefs d'orchestre : Cluytens et deux amateurs -au sens noble- exaltés sous le regard amusé du "jeunot" fier qu'on l'ait adoubé, admis dans ce cercle intime tracé au long des vingt dernières années, depuis que de l'artificielle "Côte d'azur" on a largué les amarres.
Samson François joue les concertos de Ravel que le jeune homme découvre à son tour comme nous les avions aimés dans la grisaille d'un après-midi de novembre en des temps si lointains et si proches.
On rit beaucoup, évidemment ; on sait les vertus de la dérision qui passent par une vision sans complaisance de soi-même, de nos tics et manies, de nos travers, de ces défauts et qualités dont il faut rire pour exister pour de bon.

Samedi je retrouve le Caveau de la République, ouvert pour la première fois en saison estivale (jusqu'au 27 août, qu'on se le dise).
Etrange (et heureuse) première : je suis surexcité, j'ai le trac.
La "promo" n'a pas encore démarré, mais le public est là, plus nombreux que prévu, détendu, aimablement provincial, nous réservant un accueil aussi chaleureux que le temps, là-haut, est maussade.
La formule d'été est plus "light" qu'en saison dite normale : une heure et demie de spectacle avec trois humoristes et moi pour la musique et l'animation.
La "pub" commence cette semaine : on est très optimiste.
Mercredi, Paul Adam revient : il nous a manqué samedi.
Après le spectacle, avec l'ami Fromet, cheeseburger presque mangeable au Pachy (derme), en face du théâtre : on déride un serveur que l'on verrait plutôt travailler chez Mc Do ou vendre des jean sur les marchés.
Je suis toujours surpris de l'amateurisme, de la désinvolture qui font loi dans beaucoup d'établissements parisiens dits "branchés", ces lieux qui arborent fièrement en enseigne le terme"lounge" depuis longtemps -voire depuis l'origine- galvaudé.
Faut dire que je rentre de Rome où politesse et sourire sont de rigueur.
Il fut un temps où je m'agaçais de cette attitude incivile, m'emportant contre l'incompétence érigée en snobisme attrape-gogo ; je m'en amuse aujourd'hui, surtout si, comme c'était le cas ici, je me trouve en heureuse compagnie.

Laissez-moi revenir à Rome une minute : chez "Armando al Panthéon" où je suis allé deux fois, ne serait-ce que pour la "torta romana" qui justifierait à elle seule qu'on reparte illico pour un séjour SPQR, l'accueil de Claudio est toujours égal, cordial, souriant : le voir officier dans sa cuisine, attentif, minutieux, impérial en son territoire où pianos et ustensiles brillent de mille feux parce  polis et astiqués dans un souci de propreté et d'hygiène rare, est un spectacle en soi, vu de "ma" table en poste d'observation.
C'est ici qu'il faut déguster des crostini à la truffe blanche ou noire selon la saison, des pasta alla verde, le meilleur ossobucco de la planète, une saltimbocca inoubliable et de fameux antipasti dont cette chose merveilleuse qu'on me conseille aimablement la veille de mon départ : tiède, une simple tranche d'aubergine (melanzana) sur laquelle on a déposé de la ricotta fraîche à laquelle on donne un peu de croquant avec des éclats de noix et noisettes, par-dessus la ricotta une tranche de pancetta roulée qui recèle un petit morceau d'abricot frais, le tout est surmonté d'une feuille de sauge pour le mariage des saveurs.
C'est fin à se pâmer, ça fait aimer la vie.
 Tiens, je vous en ai gardé un peu :


Pour l'adresse, contactez-moi.

La vieille qui regardait la vie

A Rome, j'aimais m'installer sur la terrasse pour contempler les jardins suspendus au-dessus de la ville : cyprès, lauriers roses et blancs, orangers, narguent l'animation de la cité capitale, toisent la fourmilière humaine.
Matin et soir à sa fenêtre, qu'attendait-elle ?
Peut-être le retour d'un fils prodigue ou simplement un geste d'amour, un peu de tendresse, un signe.
Elle m'a ému.

Manif lyonnaise


Merci à Elliott C. qui m'a transmis cette très belle image.

samedi 23 juillet 2011

vendredi 22 juillet 2011

Cherche-moi

Le chanteur (au nom inadapté : Renato Zero !) est extravagant, complètement barré, incroyablement italien.
La chanson -immense succès au-delà des Alpes- est sublime.
A tel point que Madame Mina en donne une version toute aussi magnifique.
Allez, cadeau !

Stade Oympique de Rome, 2004 :
   
La version de Mina, plus... intime :

       
Cercami
come quando e dove vuoi
cercami
è più facile che mai
cercami
non soltanto nel bisogno
tu cercami
con la volontà e l’impegno...rinventami!
Se mi vuoi
allora cercami di più
tornerò
solo se ritorni tu
sono stato invadente
eccessivo lo so
il pagliaccio di sempre
anche quello era amore però...
Questa vita ci ha puniti già
troppe quelle verità
che ci son rimaste dentro...
Oggi che fatica che si fa
come è finta l’allegria
quanto amaro disincanto...
Io sono qui
insultami,feriscimi
sono così
tu prendimi o cancellami...
Adesso si
tu mi dirai che uomo mai...ti aspetti.
Io mi berrò
l’insicurezza che mi dai
l’anima mia
farò tacere pure lei
se mai vivrò
di questa clandestinità per sempre...
Fidati
che hanno un peso gli anni miei
fidati
e sorprese non avrai
sono quello che vedi
io pretese non ho
se davvero mi credi
di cercarmi non smettere no...
Questa vita ci ha puniti già
l’insoddisfazione è qua
ci ha raggiunti facilmente...
così poco abili anche noi
a non dubitare mai
di una libertà indecente
io sono qui
ti servirò ti basterò
non resterò
una riserva, questo no...
Dopo di che
quale altra alternativa può...salvarci!
Io resto qui
mettendo a rischio i giorni miei
scomodo si
perché non so tacere mai...
Adesso sai
senza un movente non vivrei..comunque.
Cercami...cercami...non smettere

Rome brûlante et définitive

Ca m'a pris comme ça ; je ne pouvais me résoudre à retrouver ma vie parisienne (ô combien agréable pourtant) sans passer par un sas de décompression après une semaine vénitienne passionnante.
Alors, en quelques clics, je réservai avion et hôtel et zou, retrouvons Rome.
L'hôtel était quelque peu excentré, au calme, non loin de San Giovanni, majestueuse basilique d'un blanc immaculé (forcément), à quelques pas de la Piazza Re di Roma (roi de Rome).
Hôtel du même nom fort recommandable, spacieux, design, sourires et conversations nocturnes avec un réceptionniste qui ressemble à Stefano Accorsi et pratique le français comme vous et surtout moi, au point que je fus obligé de lui demander de me parler en italien dans mon désir de parfaire ma connaissance de la langue.
Ma chambre disposait d'une petite terrasse où je pouvais nuitamment siroter une bière, seul, faisant le point sur mille choses de ma vie actuelle qui jouit d'un climat au beau fixe.
C'était récompense méritée après mes longues marches dans une Rome baignant dans la chaleur de juillet sous un soleil éblouissant.                                                                                                                              
J'ai retrouvé mes rituels romains, le café Piccarozzi sur la Piazza della Republicca, à l'ombre de ses arcades où l'espresso coûte aussi cher que sur la place Jules Joffrin, sauf que là, ça les vaut !
J'aime faire le parcours à pieds qui mène de la dite place au Largo Argentina en traversant de temps à autre pour trouver une ombre salvatrice, faire du lèche-vitrines sur la Via Nazionale où l'on vend les chemises par lots de trois, où l'on est surpris de la profilération des magasins "Intimissimi" qui semblent démontrer que les romains attachent beaucoup d'importance aux sous-vêtements coquins.
Sur la Piazza Venezia où trône ce palais que l'on trouvera tour à tour magnifique ou du plus mauvais goût mussolinien, prétentieux, grandiloquent, j'emprunte la Via del Plebiscito pour rejoindre le centre historique, m'arrêtant à Argentina pour observer les dizaines de chats qui musardent au soleil dans les ruines de la Rome Impériale avant, souvent, d'emprunter le tramway qui mène au Trastevere, quartier à la fois popu et branché, lequel (chance !) est actuellement en fête annuelle : lectures en plein air auxquelles je ne comprends que quelques bribes malgré mon intense concentration, guinguettes "lounge" sur les bords du Tibre, récital nocturne de chansons "du Trastevere" sur la belle Piazza di Santa Cecilia au nom amical puisque Sainte Cécile est la patronne des musiciens.
J'ai croisé là trois "mamma" prenant le frais, clope au bec, devant leur maison : je les ai fait drôlement rigoler en leur chantant "Ancora Ancora" de Mina.
 Elles m'ont dit : "vous, vous êtes français !" ; même pas vexé !
Dans ce même quartier, j'aime diner "Alle fratte di Trastevere", trattoria very typical pour laquelle je me révèle d'une patience très peu parisienne, attendant sagement dans la ruelle qu'une table se libère, car l'endroit est désormais en vedette dans le Lonely Planet et, sans doute, dans le "Routard".
L'accueil est chaleureux malgré le coup de feu : on fait même mine de vous reconnaître et vous prend par le bras pour vous mener à votre place ; ce soir-là je m'installai dans l'arrière-salle aux murs peints de fresques naïves et fut traité royalement comme d'habitude.
On n'arrête pas le progrès : ils ont maintenant un site sur la toile, c'est ici.
 Ensuite, pour digestion, une "grappa" à la terrasse d'Ombre Rosse, excellent poste d'observation pour admirer ou se gausser de la faune qui déambule nez au vent dans les ruelles du quartier le plus attachant, sans doute, de Roma Capitale.
On jette un oeil ensuite dans le très cosy cinéma d'art et d'essai du grand Nanni Moretti où l'on projette en v.o. le "Gamin au vélo" des frères Dardenne.
Il ne fait pas un temps à s'enfermer.
Ce soir là, épuisé, renonçant à prendre le "bus de substitution" (la ligne A du métro ferme pour travaux à 21 heures") on prend un taxi dont le chauffeur écoute Mina à plein volume : ça n'étonnera pas les lecteurs assidus (il y-en a !) de cette gazette, mais ça crée un lien immédiat !
Et met un terme très heureux à cette soirée étoilée.

J'aime me poser ici, mes écouteurs dispensant mes musiques favorites.

Guinguettes "lounge" sur les bords du Tibre
 
Mes copines du Trastevere : "vous, vous êtes français !"

"Alle fratte di Trastevere" (photo de leur site : il y a beaucoup plus de monde le soir...)
 
(...) j'emprunte la Via del Plebiscito pour rejoindre le centre historique.
Je suis monté très très très haut pour faire la photo.
 
Je reviens vous parler très bientôt de plaisirs plus culturels :

Quel est le plus beau film du monde ? (73)


L'incompris | Luigi Comencini (1966)

vendredi 15 juillet 2011

Je repars

J'abandonne mes lecteurs préférés.
Je reviens le 22.
Y'a de quoi lire ci-dessous et dans les archives...
Y'a du Coca dans le frigo... et du limoncello.

jeudi 14 juillet 2011

Et ce soir, au bal des pompiers !

Zim Boum Zim Boum

Y'a-t-il 
pire musique 
que la musique militaire ?

mardi 12 juillet 2011

Hommage de M. Paul Adam de l'Aca(veau)démie Française

Venise, juillet 2011, en guise de carnet de voyage

  J'ai embarqué à bord du navire-amiral,

vu des gens qui ne me ressemblent pas,

pris une vraie photo "de touriste",

essayé de comprendre les subtilités de la langue,

failli tomber au champ d'honneur,

croisé deux vrais vénitiens,
(la mamma lisait et commentait le "giornale"
pour son homme)

j'ai vu comment l'artiste

créait ses êtres étranges,

j'ai eu envie de crier "au fou !",
(parce que, bon, vu le nombre de ponts, faut être taré pour entrer en ville flottante avec un vélo)

compris ce que l'on nomme le "paradoxe italien",

été surpris, une fois de plus, qu'on vénère cet homme,

j'ai vu la vierge et un saint martyr,

dans cette cour, de joyeux drilles,


comme partout, et ici plus qu'ailleurs, un cinéma mort*,

j'ai vu, à Padova (Padoue) un enfant subjugué ; non pas par un écran, mais par des nénuphars venus d'ailleurs, 
très loin,

j'ai, aussi,
fait d'excellents repas 
Toutes les photos SC, sauf * RG

Notes pour ceux qui ne sauraient se contenter d'images, si belles soient-elles...

Actuellement se déroule la Biennale : outre les deux points d'ancrage de la Fondation Pinault -Pointe de la Douane et Palazzo Grassi (photo à "cliquer")- où, comme d'habitude, on est stupéfait par l'inventivité de tous ces artistes contemporains, les expositions et autres installations jalonnent le parcours dans la Sérénissime.
La cité des doges aime à prouver qu'elle vit avec son temps.
Les oeuvres les plus extravagantes trouvent leur place sur le carrelage vénitien si particulier, sous les fresques baroques, s'y intègrent admirablement : tout un état d'esprit.

On ne peut s'empêcher de sourire aux déboires d'Aillagon au Château de Versailles qui installa les oeuvres de Jeff Koons puis de Murakami, donnant lieu à une levée de boucliers d'autoproclamés "gardiens du temple" : à Venise, le caniche de Koons (photo) aboya devant le Palazzo Grassi pendant plusieurs mois, mitraillé chaque jour par des milliers d'objectifs !
Aujourd'hui encore, on vend dans les musées vénitiens des poster représentant le dit toutou, c'est dire !
C'est en partie à cause de cette sorte de pisse-froids que François Pinault, sans doute écoeuré (on le comprend) renonça à son super projet de l'île Seguin et transporta son immense collection à Venise où la Municipalité ne se fit pas prier pour lui ouvrir les bras.

C'était la première fois que je restais si longtemps sur la lagune : ce n'était pas assez...
Il y a longtemps que je n'ai publié d'article aussi long, non ?

Enfin, pour terminer, si vous allez à Venise un jour,
méfiez-vous
du

lundi 11 juillet 2011

"La banquise" a fondu

Dans la rue Ordener, "La banquise" n'attirait plus guère que des personnes âgées à la poursuite du temps passé.
C'est à ses glaces, qu'on pouvait emporter, que ce glacier-restaurant devait sa notoriété ; des glaces artisanales que l'on venait chercher ici pour les repas dominicaux.
En terrasse on pouvait voir, souvent, Fabrice Lucchini attablé pour le café : sans doute venait-il chercher ici, lui aussi, des traces de son enfance au pied de la Butte.
Ses parents devaient l'amener là, autrefois, pour déguster une "bombe glacée".
Quand je l'ai rencontré au Padrino l'an dernier, je n'ai pas pensé à le questionner sur cette fidélité à un lieu depuis longtemps passé de mode.
J'avais fait là un déjeuner dont je n'ai pas gardé un bon souvenir : serveurs bougons, plats de cuisine familiale bourgeoise d'un autre temps, sans âme, indigeste de bouchées à la reine telles qu'on n'en sert plus nulle part d'aussi délicieuse que celles que nous achetions autrefois à Antibes quand c'était dimanche.
Reste que la disparition du lieu laisse un goût amer, et j'imagine que Lucchini doit être fort dépité d'y trouver, en lieu et place, une "superette G20" au logique intitulé quand on sait que les prix ne vont pas tarder à grimper jusqu'aux sommets.

La défunte "Banquise".

samedi 2 juillet 2011

Une aussi courte absence

Je reviens blaoguer ici lundi 11 juillet.
En attendant...

à
la
votre !

Lui, je l'adore !

vendredi 1 juillet 2011

Un monde fou fou fou

DSK peut-être blanchi.
Douillet secrétaire d'état aux français de l'étranger.
Sarkozy agressé.


Vous vous ennuyez, vous ?