Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

vendredi 28 janvier 2011

Bécaud (bis)

Un beau blog consacré à Bécaud ici : clic

Oublié, Bécaud ?!

J'ai tant appris de ce grand artiste, grand mélodiste adapté par les plus grandes stars d'outre-Atlantique, que je me désole de le voir tomber dans l'oubli, lui qui tant de fois mit le feu à l'Olympia, que les caméras de télévision ne surent capter adroitement dans ses courses folles, lui qui se servait de son piano comme d'une mitraillette, qui faisait chanter l'intégralité d'une chanson par la foule quand sa voix le trahissait.
Je me revois, tout jeune "poulain" du Rideau Rouge, portant les bouteilles de scotch destinées à la loge du grand music-hall...
Certaines de ses chansons auront fait le tour du monde :




"C'est en septembre"


"Je t'appartiens", chanté également, entre autres par les Everly Brothers, Bob Dylan et : 


Fellag de passage au Caveau

L'ami Fellag, auteur-comédien-humoriste et homme de coeur, et Marianne Epin, sa compagne et partenaire sur scène dans l'inoubliable "Tous les algériens sont des mécaniciens", sont venus assister au spectacle du Caveau de la République hier soir jeudi.
Toujours en tournée ou en écriture, il n'avait jusqu'alors pu répondre à mon invitation.
C'est tout discrètement, mêlé aux spectateurs après avoir pris ses billets, qu'il s'est installé dans la salle où j'ai mis un certain temps à le repérer.
Comme Chantal Lauby il y a peu, le grand artiste et Marianne (quelle comédienne !), ont été accueillis dans la "famille" et bu le verre de l'amitié dans la minuscule loge du théâtre.
J'ai déjà dit ici (clic) combien je vénère l'artiste et le bel être humain qui nous a fait le plaisir de cette visite impromptue.

De gauche à droite : Frédéric Fromet, Paul Adam, Tony Saint-Laurent, Marianne Epin, Syl et Fellag.

jeudi 27 janvier 2011

Comme une envie de "salame" (saucisson italien)

Faits divers d'hiver (je me suis foulé, là, n'est-ce-pas ?)

Sûr qu'un antibois (ou un niçois, je ne suis pas raciste) qui arriverait ces jours-ci à Paris conforterait ses a-priori sur le climat de la capitale -oh putaing, comment tu fais pour habiter à Paris, il fait jamais beau là-bas, etc.- .
La grisaille qui nous enveloppe est de nature à ébranler les plus enclins à l'optimisme dont je suis.*
Cette ambiance londonienne (ciel quasi anthracite + bruine permanente) est de nature à favoriser dépression, agressivité, impolitesses ("incivilités" en langage journalistique) et autres charmes de la vie en société dans cette capitale qui n'en est pas moins l'une des plus belles villes de la planète.
On sait que le manque de lumière affecte le moral de l'être humain et, pour le coup, on est sacrément frustré.
En ce qui me concerne, ça me donne des accès de flemme peu propices à l'accomplissement des tâches qui se bousculent en ce mois de janvier, lesquelles concernent principalement l'Atelier Musical.
Dès cet après-midi, je retourne "faire rire" au Caveau de la République.
Je vais me traîner mollement jusqu'au théâtre, écouteurs vissés dans le conduit auditif (un petit Bruckner de saison ?), où je sais qu'en fin de compte, telle une mécanique en récurrence, je vais me rallumer le temps d'un spectacle.

Hier soir, dans un Théâtre de Paris bondé, j'ai revu le spectacle de Stéphane Guillon que j'avais fort apprécié l'an dernier au Déjazet.
La salle était si bien remplie que je fus séparé de plusieurs rangées de ma compagne d'un soir, ma copine Véra Belmont qui découvrait pour la première fois sur scène le trublion médiatique.
L'artiste était visiblement moins à l'aise sur cette très grande scène que sur celle du mythique (!) théâtre du Boulevard du Temple.
Dans la loge, nous l'avons trouvé épuisé après cette heure quarante de performance : il en convenait, les déplacements incessants dans ce grand espace demandent de "mouiller sa chemise" plus qu'à l'accoutumée.
Je ne reviens pas sur sa prestation dont j'ai déjà dit ici le plus grand bien, à quelques petites réserves près, notamment que son éviction de France Inter ne me semble pas mériter le temps qu'il y consacre.
Je pense que le mépris convient mieux face à ces valets du pouvoir (oui, je "mélenchonnise" parfois) qui l'ont évincé.
Pour le reste, ses sketches sur les prison françaises (une honte nationale !), son entrevue avec Dieu, son soliloque de patron du CAC 40 évoquant cette crise qui n'a pas atteint les millionnaires, sont des moments d'anthologie.

Il fait un temps de cinéma (il fait toujours un temps de cinéma).
A la maison, j'ai vu, seul, un film qui est vraie bonne surprise : ça s'appelle "Nannerl, la soeur de Mozart" de René Féret, qui a dû faire beaucoup moins d'entrées que n'en accumulera "Rien à déclarer" le nouveau film de Dany Boon dont personne ne parle (!).
Ce "petit" film, passé totalement inaperçu l'an dernier est un vrai bijou.
J'y reviendrai avec un billet spécifique.

J'ai redécouvert par le biais de la chaîne TCM le chef d'oeuvre de Frank Capra "New-York Miami" avec Claudette Colbert et Clark Gable, lequel mériterait de figurer dans mes "meilleurs films du monde".
Cette comédie-histoire d'amour est incroyablement indémodable; c'est cela la magie de Capra : vous pouvez revoir mille fois "La vie est belle" (ne pas confondre avec le Begnini éponyme), "L'homme de la rue" ou "Mr Smith au sénat", c'est toujours une source de bonheur.
Idem pour celui-ci qui vous emporte "ailleurs" pendant une heure et demie.

En bonne compagnie, je me suis "refait" "Cheyenne Autumn" ("Les cheyennes" chez-nous) d'un John Ford au crépuscule de sa carrière et de sa vie.
Le grand cinéaste fait ici en quelque sorte son mea culpa, dénonçant l'attitude de l'armée américaine (qu'il a par le passé tant exaltée) dans le règlement du "problème indien".
Si le film traîne un peu en longueur, il permet de mieux comprendre tout un pan de l'histoire des Etats Unis, longtemps occulté par le cinéma.
Pour nous permettre de respirer, Ford, avant l'entr'acte, nous offre une scène teintée d'humour, euh, "fordien", avec un James Stewart épatant comme toujours en Wyatt Earp cynique et distancié à souhait.
Ce n'est pas le meilleur Ford, mais ce n'est pas rien.

Vu aussi, d'un oeil, deux films français (prêtés) "Bus Palladium" et "Ensemble nous allons vivre une très grande histoire d'amour" (ce titre!).
Mais là, je n'ai rien à déclarer.

New York - Miami (1934)
Qu'est-ce qu'un "chef d'oeuvre" ?


* Un vieil ami m'a téléphoné hier "d'en bas", là où le soleil brille plus souvent, pour me demander si j'allais bien : l'image animée d'un gros minet assommé que j'ai insérée dans la colonne de droite l'avait inquiété !



 

mardi 25 janvier 2011

Grande ville

Mister guigne

Non, le monsieur, là, dans la colonne de droite, qui fait des grimaces, n'est pas Jean-Pierre Chevènement.
L'ancien Ministre de tout est actuellement en tournée de promotion de je ne sais quoi; de lui-même en tout cas.
On l'accueille sur les plateaux de télé où, onctueux, il pontifie, joue les oracles.
On le respecte, lui donne du "Monsieur le Ministre" en veux-tu en voilà, l'oppose en statue du commandeur à Henri Guaino, ce conseiller du président qui offre la particularité de se racler la gorge à deux reprises chaque fois qu'il dit une connerie (c'est dire que, finalement, on ne l'entend guère parler !).
Evidemment, opposé à un tel cuistre, l'ancien Ministre de plein de choses peut passer pour un homme illustre, un sage, une référence.
On disserte encore pour déterminer qui, de Chevènement, de Christine Taubira ou des 272 autres candidats de gauche est à l'origine de la catastrophe électorale de 2002 : lui est droit dans ses bottes (pardon, je n'avais pas mieux comme expression toute faite, là, dans l'urgence), sûr de lui, aucun remords, c'est moi le meilleur, tout ça.
Donc, on sent bien que l'envie le tarabuste d'y retourner.
Il fait des mines, garde son air altier d'homme d'état "responsable", le problème étant qu'on peut avoir deux interprétations du terme "responsable"...
Allez, vous allez voir que, cédant à une pression populaire imaginaire, l'auteur du joli vocable "sauvageons" (il est vrai que c'est plus joli que "racaille") va se dévouer, se mettre au service de la Frrrrrrrance.
Ainsi, celui qui aurait bien aimé être Mitterrand ou De Gaulle ou, mieux, les deux à la fois, n'aura réussi, s'il tant qu'il ait encore quelque crédit (on peut en douter) qu'à être ce grain de sable en "effet papillon" capable de déclencher l'un de ces ouragans (je n'emploie pas "tsunami", ça suffit comme ça !) qu'on peut aussi appeler "bordel".
Mais, bon, il parle bien.
Il pourrait vous le dire.

"Toute ma vie, j'ai rêvé..."

Y'a des coups de pied au cul qui se perd !

"L'ensemble des acteurs sont (...)"
"L'ensemble des acteurs sont (...)"
"L'ensemble des acteurs sont (...)"


Il est tellement content de sa formule, le gars, qu'il la répète deux fois (ce qui fait 3 en tout, tu me suis ?).
C'est sur France Inter ce matin aux informations.
Le gars en question, interrogé sur les rythmes scolaires, s'appelle Luc Chatel.
Il est Ministre de l'Education Nationale.


Dans le même genre, il est courant d'entendre "un tiers des français sont..." venant de journalistes qui ont leur Bac, a ont fait des études et tout et tout...


"C'est quoi" déjà, la "langue de Molière" ?


Je suis hyper-mega content d'être ministre de l'éducassion.

lundi 24 janvier 2011

La parisienne

Vue par Andrew Hickinbottom.
Tout les poncifs sont là : fromage, escargots (vivants !) béret, verre de vin, bouteille (marque contournée).
Mais c'est bien joli :

dimanche 23 janvier 2011

samedi 22 janvier 2011

"Commémoration" et "célébration" : les salauds vont en enfer ?

Oui, "Voyage au bout de la nuit" est sans nul doute possible un roman essentiel de la littérature française, de ceux que l'on lit et relit à tout âge.
Non, on ne doit pas "célébrer" celui qui appela pendant l'occupation au meurtre des juifs.
Que l'auteur de "Bagatelles pour un massacre", jugé alors "excessif" par de hauts dignitaires nazis (!) soit "commémoré" pour le cinquantième anniversaire de sa mort dans la seule considération de son oeuvre d'écrivain est en revanche légitime.
La polémique aura eu le mérite de nous rappeler, en "jouant" avec ces deux verbes, que notre langue, riche, a le mérite d'attribuer à chaque chose son mot.

Oui, vraiment...


Les gravures de légende "Living Stereo" de la firme RCA ont été soigneusement reportées sur support numérique SACD : impressionnant !
Ci-dessous, un extrait de la version de Ch. Dutoit enregistrée en public au Japon.
Préparez vos mouchoirs, la "Pathétique" est bien nommée : 



Monsieur Cinéma

Tu peux gagner mon estime : 
de quel film est extraite cette image ?


Beethoven | Capuçon : ça c'est de la romance !

vendredi 21 janvier 2011

jeudi 20 janvier 2011

Shock très choc


Revoir tant d'années après une première vision au "Cinéma de minuit" l'impressionnant "Shock Corridor" (1963) de Samuel Fuller fut un grand moment de cinéma-maison.
Bénéficiant d'une copie impeccable de Wild Side Video qui rend justice à l'admirable photo de Stanley Cortez ("La splendeur des Amberson" et "La nuit du chasseur" entre autres, et qui, de plus, réinsère les plans en couleurs invisibles jusqu'alors en France, le film, certes représentatif, dans sa manière, d'un cinéma américain très "années 50", outre sa vision sans concession de l'univers psychiatrique, dénonce courageusement les tares de l'Amérique d'alors.
Grand moment.



Guillon en grande forme

J'aime bien Elise Lucet : le monde pourrait exploser qu'elle ne se départirait pas de son sourire; si un ouragan venait à souffler sur le plateau, les mèches de son brushing ne frémiraient même pas.
Depuis des années, elle annonce d'une phrase immuable son "invité des 5 dernières minutes".
L'autre midi, l'invité, c'était Stéphane Guillon.
On n'arrête pas la machine Guillon : en direct, sur le service public, le trublion a pu se déchaîner sur Sarkozy devant l'animatrice-journaliste impuissante et s'efforçant d'afficher un sourire mondain, de ceux que l'on est en droit de trouver quelque peu crispants.
Le Guillon survolté, excité de déboulonner le président réel du service public, là, en direct, sans que rien ne puisse l'arrêter, s'en est donc donné à coeur-joie.
On jubilait avec lui : 


Stéphane Guillon est actuellement au "Théâtre de Paris" jusqu'à la fin avril.
Mazette !

mercredi 19 janvier 2011

Flemme

Ben oui, 
et alors ?

mardi 18 janvier 2011

lundi 17 janvier 2011

Hivernales

Le fascisme à visage féminin
On assiste actuellement à une percée des partis nationalistes dans toute l'Europe.
La montée de l'extrême-droite accompagne depuis la nuit des temps les périodes de chômage et les périodes de crise économique.
La nouveauté, c'est que les partis bruns, pour séduire, se donnent l'apparence de la respectabilité et du modernisme.
La fille de Le Pen symbolise, chez nous, ce fascisme moderne revêtu des atours de la normalité.
On lira, pour s'informer, le verbatim de son discours au congrès du FN qui vient de la porter à sa présidence : tous les thèmes jadis développés par son paternel, même après ravalement de la façade, en forment la quintessence.
Sarko est bien grugé dans l'histoire, qui voulait récupérer les voix extrémistes (celles-là même qu'il absorba en 2007) : avec ses pitoyables tentatives de l'été dernier, il n'a fait que redonner vigueur au parti de la maison Le Pen.
Marine Le Pen me semble tout aussi dangereuse, si ce n'est plus, que son géniteur : elle vocifère moins, emploie un langage plus "jeune", s'efforce d'éviter  les dérapages même si sa récente sortie sur une France "occupée" rappelle les saillies douteuses de son père en d'autres temps.
Il y aura quelques règlements de comptes au FN dans la perspective de la campagne de 2001.
En coulisses, l'ancien "para" d'Algérie ne restera pas inerte, laissant, en vieux routard de la politique, sa fille chérie peaufiner son image de fasciste au visage avenant.
En dénonçant l'héritage de mai 68, en aggravant les exclusions, en affichant sa proximité avec les puissances du CAC 40, en faisant de "l'intellectuel" une cible par pure démagogie, le triste sire qui nous gouverne aura fait le lit de la pire des saloperies
On entend ça et là que ses manoeuvres se retournent contre lui : c'est contre la démocratie que se dresse ce parti brun qui ne va pas manquer de séduire un électorat populaire exaspéré.
Il faudra, à gauche, une large union pour contrer cette ignominie.
Si se représente la situation douloureusement vécue de 2002, une certaine gauche portera une lourde responsabilité.
Pour l'heure, on attend du PS, avant qu'une personnalité ne soit issue de "primaires" dont on souhaite qu'elles ne soient pas une fausse bonne idée, un programme de rupture avec le sarkozisme en décrépitude, un projet cohérent qui fasse d'une juste répartition des richesses sa ligne de conduite.
Les gauchistes n'y trouveront bien sûr rien de bon; ce sera tout de même porteur d'espoir.
Croisons les doigts.

Italie, été 2010
Photo SylGazette

Shirley Temple

samedi 15 janvier 2011

vendredi 14 janvier 2011

Est-il bien raisonnable...

d'écouter
de la 
musique
de
chambre
dans son
salon ?

Jeu d'enfant

Film anthracite

Shock Corridor (Samuel Fuller, un "très grand" - 1963).
J'en garde un effrayant souvenir.
J'y reviendrai quand je l'aurai revu.







mercredi 12 janvier 2011

Nouvel an

Quoique...



Je me souviens du local en bric-à-brac de Ben à Nice à la fin des années 60, cette espèce de caverne d'Ali Baba, mais en plus pauvre, où je m'arrêtais, comme aimanté, en sortant de mes cours de piano : il y avait un amas hétéroclite d'objets improbables et ces fameuses inscriptions en blanc sur fond noir qui firent un jour sa célébrité et me plongeaient dans des abîmes de perplexité (c'était le but, sans doute).
Ben n'avait pas encore acquis la notoriété d'aujourd'hui; on ne trouvait pas aux étals du tout-venant ces reproductions d'aphorismes en minimalisme, telle cette carte qui ne me quitte jamais où il a écrit, de ce graphisme inimitable, ces 3 mots tout simples : "rien de nouveau".
Ben est sorti de son échoppe pour gagner (?) une certaine gloire qui s'imprime sur papier cartonné, mugs et autres gadgets qui se veulent "branchés".
Tout le monde n'a pas le même rapport à l'artiste que moi...


Pour parler d'autre chose, et puisque je n'ai rien à dire, je me rappelle ces quelques jours en Tunisie, il y a une dizaine d'années -ou peut-être plus, car je n'attache guère d'importance au temps qui passe, finalement- où j'avais discuté avec un jeune homme plus bavard que les autres dans le souk de Tunis.
Il m'avait dit la chape de plomb qui étouffait ce pays, le chômage endémique, la misère, l'attrait de sa génération pour une France-paradis.
Le couvercle de la marmite a finalement explosé, sous l'indifférence coupable de nos actuels gouvernants, complices de fait de cette simili-démocratie où l'on élit un président avec
95% des voix !
Aujourd'hui, ce "despote éclairé" (c'est ainsi qu'on s'obstine à le voir dans nos officines diplomatiques) tente de jeter du lest tant l'éventualité d'un soulèvement d'envergure lui est enfin apparue.
Passe-droits, pots-de-vins, corruption généralisée, sont les causes majeures de cette révolte qui n'est pas encore une révolution, mais gaffe !
La douceur et la gentillesse de ces gens est légendaire.
Mais quand c'est trop, c'est trop.

Les "beaux esprits", nos "élites", se sont réveillés pour tirer à boulets rouges sur "Indignez-vous", le mini-livre de Stéphane Hessel.
S'il en avait vendu trois ou quatre, jamais nos penseurs professionnels n'y seraient allés de leur glose.
Moi, je retiens de l'actualité des trois derniers jours que de paisibles citoyens se sont soulevés contre la gerbante intervention de gendarmes en civil venus s'emparer d'un gosse dans sa cour de récré sous les yeux de ses copains pour le mettre avec son papa dans un "centre de rétention".
Tout le village s'est révolté, "indigné".
Si le bouquin d'Hessel sert à ça, les "élites" ont pas l'air con.

Ben, oui

mardi 11 janvier 2011

Ça promet !

Bientôt en Blu-ray :

Captures d'écran : "Dvd Beaver"

lundi 10 janvier 2011

Les amants de la nuit : coup d'essai, coup de maître !

Le jeune Bowie s'évade de prison avec deux autres détenus qui l'entraînent rapidement dans une attaque de banque. Il rencontre l'amour et croit pouvoir vivre en paix, mais ses complices le rattrapent.




Le premier film (1948) de Nicholas Ray, cinéaste à part dans l'univers hollywoodien de l'après-guerre, est le film préféré de Quentin Tarantino; le réalisateur "maudit", mort dans la précarité en 1979, est reconnu aujourd'hui comme un très grand.
Pour J.Luc Godard, le réalisateur de "La fureur de vivre" "personnifiait le cinéma" : on le comprend en découvrant ce film admirable qui porte en lui les prémisses de la nouvelle vague française par son montage ultra-nerveux, une utilisation aiguë de la photo en noir et blanc et une abondance de gros plans (Sergio Leone, lui aussi, ne manqua jamais de souligner qu'il devait beaucoup à ce "Nick" auquel Wim Wenders consacra un long-métrage : Nick Movie's).
Dès le début, Ray installe un lourd climat contrebalancé par l'histoire d'amour en quasi bluette entre les deux principaux protagonistes.
Les thèmes de "La fureur de vivre" sont déjà présents : le jeune héros, joué par Farley Granger, se débat dans un monde fait par et pour les adultes, le malaise croissant tout au long de ces courtes 95 minutes se concluant par une tragédie inévitable dans ce contexte.
L'amour transforme Keechie (Cathy O'Donnel, magnifique), gamine chiffonnée qui devient femme en lumière sous l'effet du sentiment amoureux irrépressible qui naît dès les premières secondes de la rencontre en coup de foudre jamais appuyé.
Mon spectateur voisin de canapé me demande dès la dernière image : "alors ?"
Je suis encore dans le film, ne sachant que dire, si ce n'est que je suis surpris par sa modernité, pour les raisons que j'évoque plus haut.
Il y a déjà du "Bonnie and Clyde" dans "Les amants de la nuit" (They live by night) et bien d'autres grands films subiront son influence.
La carrière de Ray ira ensuite en dents de scie, du sombre "Johnny Guitar" (qu'il me faudra revoir, car j'en ai une opinion sans doute erronée)  au foudroyant "Rebel without cause" (La fureur de vivre) qui fait éclater l'ensorcelant charisme de James Dean, dont la mort prématurée laissera Ray à jamais inconsolable.
Il y aura le passionnant "Derrière le miroir", le somptueux "Traquenard" (ah, Cyd Charisse et Robert Taylor !) et ce péplum "de commande", "Le roi des rois" où Nicholas Ray parvient à à instiller des thèmes qui lui sont chers, glissant dans le Nouveau Testament des références "politiques" que Pasolini développera dans son "Evangile selon St Matthieu".
"Le Roi des Rois" figure d'ailleurs dans mon Panthéon personnel de films "commerciaux" "à grand spectacle" dont je me régalais, enfant, sur l'écran géant du Capri qui fut comme une seconde maison, où je découvris les westerns de Leone, les grosses machines comme "Cléopâtre" dont je suis encore incapable aujourd'hui après vingt visions de dire s'il s'agit d'un chef-d'oeuvre ou d'un film raté !
Besoin de fric, Ray tourna aussi dans les années 60 la superproduction "Les 55 jours de Pékin" qui fait dire qu'un film portant sa signature ne peut être tout à fait mauvais.
Pour revenir à ces "Amants", je conclurai en me répétant : il est l'un des fleurons d'un "nouveau cinéma" qui sortit Hollywood de sa routine.
Et ce n'est pas rien.


Un seul vrai baiser : s'aimer en ce bas monde est périlleux.

L'association de malfaiteurs est une prison.

Mariage d'amour "à l'arrachée"

Ennemi public malgré lui, Farley Granger ("L'inconnu du Nord-Express", "Senso")


Jaloux

Pierre Alivon a rapporté de Venise (séjour à Noël) de magnifiques photos.
De quoi réveiller mon éternelle tentation...





Clef

- Dragan Todorovic -

samedi 8 janvier 2011

vendredi 7 janvier 2011

Qu'il est malaisé d'être "critique".

"La critique est aisée mais l'art est difficile."
L'expression, devenu dicton, émane d'un médiocre (tiens donc !) auteur et comédien français dont le nom de scène était Destouche  (Philippe Néricault -1680-1754).
Elle fleurit encore de nos jours dans la bouche des "victimes" d'une mauvaise chronique, ceux-là même qui se flatteront tôt ou tard d'une critique positive.
Les sempiternelles discussions sur le mode "oh, tu sais, les critiques..." ont le pouvoir de m'agacer un tantinet.
Pour ce qui concerne le cinéma, on sait que le grand public est nettement plus sensible à une "promo" bien orchestrée qu'aux dissections de l'objet cinématographique par les chroniqueurs de la presse spécialisée.
Tant pis.
Il y a là paresse intellectuelle d'un public depuis longtemps insensible à la chose écrite, plus à même d'ingurgiter les fanfares médiatiques en lavage de cerveaux.
Dès que je repère une lueur de curiosité (car la culture n'est qu'aboutissement d'une curiosité aiguë), je m'enflamme et défends pied à pied les fameux "critiques" démagogiquement vilipendés.
Contrairement aux blogueurs (dont je suis !) qui s'improvisent journalistes, chroniqueurs du tout-venant, propagateurs de rumeurs trop souvent, les chroniqueurs de presse sont des cinéphiles acharnés ayant têté les mamelles du 7è Art dès leur prime jeunesse, fréquentant ciné-clubs, cinémathèques et salles pourries du Quartier Latin pour y découvrir les trésors de la production cinématographique de 1895 à nos jours.
Même si quelque mouton noir peut parfois se glisser dans la profession (j'en connais... à la télé !), ils ont donc conquis le droit d'analyser un film et de conclure positivement ou négativement, car ils ont des milliers de références en la matière.
Toute critique est forcément subjective dès lors qu'il s'agit d'art.
Et puis, les goûts et les couleurs ça se discute mon grand : c'est ainsi qu'on évolue !

J'ai "mes" chroniqueurs : ceux qui me donnent envie de voir un film car leur critique est négative (oui !) ou inversement.
Et ceux, c'est plus simple, avec lesquels je ne suis que rarement en désaccord.

Rien n'étant "aisé" en ce bas monde, il peut m'arriver de rejeter un film que mes chroniqueurs préférés ont encensé : ce fut le cas, pas plus tard qu'hier, avec "Somewhere", apprécié dans des colonnes hebdomadairement parcourues avec un vif intérêt, à l'exception notable de l'excellent Pascal Mérigeau (Le Nouvel Observateur) qui partage mon scepticisme.
Le critique cinématographique est un aiguilleur précieux, sans lequel je n'aurais jamais découvert Welles, Ford, ou Kurosawa.
Jamais il n'occulte ma propre faculté d'appréciation.

En d'autres domaines (littérature, musique, théâtre) ont sévi et sévissent toujours des salopards dont les critiques sont dictées par des considérations d'ordre idéologique ou politique : ces "pamphlétaires" ont vu leurs brûlots torchés par l'Histoire qui reste juge suprême.
Pour revenir au cinéma (et conclure), revoyons la liste des "Palmes d'Or" de Cannes : le nombre de films considérés aujourd'hui comme des chefs-d'oeuvre, le plus souvent boudés par le public, est révélateur.
Point final ?

Jean-Louis Bory : critique au "Masque et la plume" (1919-1979).
Je luis dois en grande partie ma passion pour le cinéma et la littérature.


jeudi 6 janvier 2011

Génie comique

-Fiancées en folie | Buster Keaton 1925
Via Christophe Robin

Somewhere,un film de Sofia Coppola

La salle de l'ancien Forum Horizon (la salle 1 de l'UGC Les Halles) était bien remplie en deuxième séance du nouveau film de Sofia Coppola, "Somewhere", qui n'a rien à voir avec le catalogue "chic" de La Redoute.
Quoique...
Somewhere est l'exemple parfait du film "branché" : sur fond d'alcool, de sexe facile et rock & roll, il nous invite à suivre la vie de tous les jours d'un acteur hollywoodien célèbre et (forcément) millionnaire.
Palaces, piscines, filles offertes à chaque coin de vestibule, la vie de notre "héros" (Stephen Dorff) est devenue monotone pour cet enfant gâté du siècle.
Il prend peu à peu conscience de la vanité de cette existence dorée, d'autant qu'un premier mariage lui a donné une fillette dont il réalise qu'il a bien peu à lui offrir, hormis une escapade-promo à Milan (la partie la plus drôle du film) : doute existentiel donc, sur le mode "j'suis qu'une merde".
Le problème, pour le spectateur, pour moi en tout cas, c'est qu'on s'ennuie autant que le principal personnage, la morale "l'argent ne fait pas le bonheur" (ni la gloire) étant passablement éculée.
C'est bien joué, très "cinéma indépendant américain", joliment photographié, avec quelques bonnes idées de mise en scène qui ne font cependant pas de la fille Coppola une grande cinéaste, malgré la réussite en 2004 de "Lost in translation" qui fut lui aussi un film "branché" en son temps.
Entretemps, il y eut le comique "Marie Antoinette", épicétou...
J'ai beaucoup baillé.

Extrait :


Epicétou aussi.

mardi 4 janvier 2011

Saint Sylvestre (et gros minet)

Le Caveau de la République était comble pour ce dernier jour de l'an 2010.
Pour nous, personnel et artistes, c'est une journée particulière, en une sorte de marathon euphorisant et épuisant à la fois.
On joue une première fois en matinée (à 17 heures) et reprenons le service à 21 heures pour terminer le spectacle à minuit pile.
Entre les deux représentations, nous nous posons sur les banquettes du "chinois" du coin, où nous prenons une légère collation : en effet, chacun de nous a apporté des victuailles pour la soirée, en farandole de pissaladière, de tarama, de gâteau aux pommes frométien, de crumble, tout ça concocté avec amour pour nous permettre de passer la soirée joyeusement tout en restant vigilants sur le déroulement du spectacle.
D'autres ont apporté quelque bonne bouteille, des "grands crus", du Champagne rosé.
Avant, je ne prisais guère ces agapes obligatoires à dates régulières qui produisent ces magmas de viande saoule que l'on croise dans le métro du retour.
Sous cette forme, au théâtre, cachet à l'arrivée, ça me convient tout à fait.
Après le décompte final et les embrassades, nous avons fait une petite fête en petit cercle, car certains d'entre nous nous avaient quittés, "doublant" leur prestation dans quelque dîner-spectacle, héroïques quand l'on sait la difficulté de jouer devant un public dont la principale préoccupation est de se goinfrer, lubrifiant leurs ingurgitations d'alcool à haute dose.
Nous étions donc en petit comité après minuit; mû par une force invisible (j'étais quelque peu éméché, mes heures de vol me permettant toutefois de rester lucide), je me suis dirigé vers le piano.
Pas de "danse des canards" ou de "chenille" pour allumer le feu, non : quelques "classiques" en Bach bien tempéré (de circonstances !), du Debussy, du Chopin...
Ce fut un moment particulier apparemment très apprécié de mes camarades heureux d'échapper aux gaudrioles de rigueur ces jours-là.
Tout le monde y trouva son compte, moi le premier, heureux d'offrir ces pages "immortelles", de faire appel à ma mémoire pour éviter d'en respecter le texte, de chercher le beau son après deux séances où l'efficacité prime sur la beauté.
Le réveillon ne m'a pas eu : je suis resté moi-même.

Comme d'habitude, je n'ai pas répondu aux voeux envoyés à des listes d'amis ainsi libellés "je vous souhaite une bonne année à tous"; j'ai passé une partie du lendemain à appeler personnellement mes proches plus âgés, à mes amies-femmes, et à répondre à celles et ceux, plus jeunes, qui avaient eu le bon goût de m'adresser des voeux personnalisés.
Je crois que je vais avoir droit sous peu à la qualification "vieille France" !
Mais je suis attaché au respect de l'autre, à la courtoisie, à la galanterie.
Et ça, c'est pas très 2011.

"C'est la chenille qui redémarre !"
-Midi Libre.com-

lundi 3 janvier 2011

Le trop est l'ennemi du mieux.

Où que mes oreilles traînent, elles doivent subir les attaques de plus en plus fréquentes contre la langue française.
J'ai déjà évoqué les "je suis sur Paris" ou les "je vais sur Nice" qui me font bondir hors de moi-même.
Quand j'entends ce genre d'incongruités, je ne peux m'empêcher de sortir mon humour le plus assassin et de demander, entre autres, "ah, tu viens en hélico ?" (on peut remplacer par "avion" ou "parachute" selon les circonstances).
Les tics de langage sont le plus souvent d'origine télévisuelle ou radiophonique : ainsi, ce sont les journalistes qui ont lancé l'utilisation du verbe "s'avérer" sans l'adjectif qualificatif nécessaire : on peut entendre que, par exemple, "le résultat s'est avéré"; s'est avéré quoi ? avéré positif ? avéré négatif ? avéré nul ?

Mais le plus usité des termes employés à contresens, est l'adverbe "trop", lequel, accolé à divers adjectifs supposés exprimer quelque chose de positif, fleurit à longueur de journée sur les lèvres adolescentes, imitées en cela dorénavant par un nombre croissant d'adultes.
L'adverbe "trop", selon mon pote Larousse, exprime une "quantité excessive".
Ainsi donc, si quelqu'un vous dit que la nouvelle chanson de, au hasard, Lady Gaga, est "trop bien", vous pouvez lui rétorquer que vous allez appeler le compositeur et lui demander instamment de corriger en parsemant son oeuvre immortelle de fausses notes, de reproductions du son d'une craie cassée sur un tableau, ou d'un solo de marteau-piqueur pour rendre la chanson moins bien.
Si on me dit "oooooh, Zac Efron (un bellâtre disneyien), il est trop beau !", je réponds "eh bien, allons à sa rencontre et balançons lui un seau d'immondices mouillé d'eaux usés sur la tronche, et il sera moins beau".
Je pose la question : y'a-t-il mieux que "trop bien" ?
Inversement, si l'on prétend que, c'est ce qui me vient, Sarkozy, est "trop nul", dois-je répondre qu'on n'est jamais assez nul ?
Enfin, et là c'est le pompon -pourquoi se gêner, quand on gâche on gâche) le summum est atteint avec la nouveauté de l'année :
"- Tu aimes ?
- Trop pas !".
Abattez-moi, je souffre trop !

Pourquoi lui et pas un autre, me direz-vous ?
Lui, il est vraiment trop trop.
Trop... ?

samedi 1 janvier 2011

Saint Sylvestre (et Titi)

2 pingouins en cave(au)



Ludwig, Jean-Sébastien
et 
moi-même
vous
souhaitons une
bonne année 2011.