Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mardi 31 mai 2011

Malick au plus haut des cieux

Evidemment !

Beaucoup vont détester le dernier film de Terrence Malick qui contient tout ce qu'il faut pour remuer les sens du plus aguerri des spectateurs.
En fin de compte on adorera "ne pas aimer" Malick et les délires mystico-new age dont ils parsème son "arbre de vie".
Le problème -si c'en est un- c'est que cette aversion cède la place,  la plupart du temps, à l'admiration et que l'on sort de la séance complètement sonné : les agacements que l'on aura pu légitimement éprouver sont balayés par un sens de la narration hors du commun et une "manière" cinématographique que l'on appelle, comme en littérature, le "style".
Malick nous emmène -pour peu que l'on accepte de se laisser prendre la main- où il veut, se permettant une longue digression sur la genèse en une séquence qui se veut faussement naïve, nous égarant, perplexes, sur des chemins de traverse pour mieux baliser son histoire, ce qui relève, après réflexion, de l'exploit narratif.
Pour Malick, le spectateur n'est pas un bouffeur de pop-corn passif ; c'est tout à son honneur.
Le film tourne autour d'un argument d'une simplicité biblique (!) : la perte d'un fils, le cadet, dans une famille de la middle-class d'une Amérique pseudo-idéale.
Mr O'Brien, le père, joué par un Brad Pitt d'une sobriété exemplaire, a réussi sa vie (pour combien de temps) abandonnant son rêve de devenir un grand musicien, la ratant donc en fin de compte.
L'amour qu'il porte à ses fils qu'il élève "à la dure" génère incompréhension de la part d'un Jack, l'aîné, qui aborde l'adolescence la haine (prétendue) du père chevillée au coeur.
Au milieu, il y a la mère, sublime et bouleversante Jessica Chastain, femme au foyer "idéale" dont les manifestations de tendresse pallient l'apparente sévérité du "chef de famille".
Mais il y a aussi ces moments de paix retrouvée autour du vieux piano désaccordé avec Mozart et Couperin ou à l'église avec la Toccata et fugue de Bach, moments de grâce où règne tout l'amour du monde.
Entre-temps, il y a, certes, ces considérations sur le sens de la vie, sacré, forcément sacré, qui jalonnent le film, lui donnant cette dimension chrétienne qui pourra irriter, mais que l'on pourra aisément transposer tant chacun de nous détient sa propre part de spiritualité sans qu'il soit besoin de lui donner une identité "religieuse".
Selon que l'on se situe, c'est un "défaut" ou une "qualité" majeure du film ; c'en est une part que Malick aurait eu, selon moi, tort de ne pas assumer.
Toujours est-il que pendant ces presque deux heures trente, on est plongé dans un univers qui n'appartient qu'à son auteur, une symphonie visuelle et auditive à couper le souffle, une manière de renouvellement de la cinématographie qui laissera sa trace dans l'histoire du 7ème art comme le fit, j'ose la comparaison, le "2001" du grand Kubrick.
Comme l'écrit Pascal Mérigeau dans sa belle chronique du dernier "Nouvel Observateur", que je n'ai pas voulu lire avant l'immersion, on ne peut "juger" (mais pour qui nous prenons nous parfois ?) "The tree of life" sur le coup : il faut le laisser décanter le temps qu'il faut, pour moi une bonne nuit et une bonne journée, en comparant les mérites et les absurdités (il y en a !).
Hier, la 4ème symphonie de Brahms a tourné sans cesse sur mon phono ; aujourd'hui, ce sera le Requiem de Berlioz, et demain, la Symphonie N°3 de Gorecki, dite des "chants de deuil", que je rêvais depuis tant d'années de voir soutenir de grandes images : pour ça, Mr Malick, toute ma gratitude.

"Il" est en déplacement : la fête !
Les enfants-acteurs sont prodigieux.

Terrence Malick


J'ai découvert la symphonie n°3 de Gorecki lors d'une visite très profane de l'Abbaye de Cluny ; à l'époque, je dus commander le CD en Suisse ; quelque temps après, on le trouvait en grand nombre dans les rayons "new age" de la Fnac !
Henryk Górecki est mort le 12 novembre 2010.

lundi 30 mai 2011

Musique additionnelle, l'intégralité :

Ordre N5:Les Barricades Mistérieuses
Written by Francois Couperin (1668-1733)
Performed by Angela Hewitt
Courtesy of Hyperion Records Ltd.

"J.S Bach: Fugue [Toccata and Fugue in D Minor, BWV 565]"
Performed by Helmut Walcha
Courtesy of Deutsche Grammophon, GmbH, Hamburg
Under license from Universal Music Enterprises

"The Well-Tempered Clavier"
Written by Johann Sebastian Bach
Performed by Jenő Jandó
Courtesy of Naxos
By arrangement with Source/Q

"Pièces de clavecin, Book II 6e Ordre N5:
Les Barricades Mistérieuses
Written by Francois Couperin
Performed by Hanan Townshend
Courtesy of Hanan Townshend

"Hymn 87: Welcome Happy Morning"
Performed by Hanan Townshend
Courtesy of Hanan Townshend

"Mussorgsky: Pictures at an Exhibition - Promenade - The Tuileries - Bydio (Piano Version)"
Performed by Vladimir Ashkenazy
Courtesy of Decca Music Group Ltd.
Under license from Universal Music Enterprises

"Schumann: 1. Allegro affettuoso [Piano Concerto in A Minor, Op. 54]"
Performed by Martha Argerich, Gewandhausorchester, Leipzig, Riccardo Chailly
Courtesy of Decca Music Group Ltd.
Under license from Univesral Music Enterprises

"Klangschalen 2"
Written and Performed by Klaus Wiese
Courtesy of Akasha, Germany

"Eternal Pulse"
Written and Performed by Hanan Townshend
Courtesy of Hanan Townshend

"After the Rain: Antiphon"
Written by Barry Guy
Performed by Richard Hickox and the City of London Sinfonia
Courtesy of NMC Recordings

"Harold in Italy"
Written by Hector Berlioz
Performed by the San Diego Symphony Orchestra conducted by Yoav Talmi
Courtesy of Naxos
By Arrangement with Source/Q 42

"Piano Sonata No.16 in C Major K. 545"
Composed by Wolfgang Amadeus Mozart
Performed by Jim Lynch

"Siciliana Da Antiche Danze Ed Arie Suite III"
Written by Ottorino Respighi
Performed by Hanan Townshend
Courtesy of Hanan Towhnshend

"Lacrimosa 2"
Written by Zbigniew Preisner
Performed by Hanan Townshend
Courtesy of Hanan Townshend

"Berlioz: 10. Agnus Dei [Requiem, Op. 5 (Grande Messe des Morts)]"
Performed by Wandsworth School Boys Choir, London Symphony Chorus, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis
Courtesy of Decca Music Group Ltd.
Under license from Universal Music Enterprises

"Sound Testament of Mount Athos"
Written, Performed and Produced by Arsenije Jovanovic
Courtesy of Arsenije Jovanovic

"Ma Maison"
Written, Performed and Produced by Arsenije Jovanovic
Courtesy of Arsenije Jovanovic




Et encore...



Je ne vais pas tarder à écrire ce que je pense du film...

Et puis ça, aussi :

L'héritier ?

Comme Kubrick autrefois, Malick (est-ce un hasard, cette rime en "ick" ?) a mis un soin particulier dans le choix des musiques additionnelles de "The tree of life" (la musique originale étant signée par l'incontournable Alexandre Desplat).
Ainsi, ce Lacrimosa de Preisner auquel le "THX sound" du Max Linder donne toute son ampleur :

Jessica et ses fils

Mister O'Brien et ses fils

Jack


Conscient

J'avais rêvé de devenir un grand musicien
mais je me suis laissé distraire.
Mr O'Brien (Brad Pitt) - "The tree of life"  de Terrence Malick


samedi 28 mai 2011

Musique en deuil

Gil Scott-Heron est mort aujourd'hui à l'âge de 62 ans.
J'avais usé "The Bottle" sur les platines du Voom Voom.
Entre world-music, jazz, soul, blues, il était un musicien universel, sans frontières.

Nid


vendredi 27 mai 2011

Deux monstres sacrés

Il gattopardo - Le guépard

jeudi 26 mai 2011

DSK House : mieux que le SylPalace !

DSK/SDF c'est fini.
On lui a trouvé une chouette résidence : joli salon et salle de cinéma privée à me faire blêmir de dépit :

Le salon

Le home cinema


Une chambre (sans femme de ménage)

Roi de la pop

- Via Claire sur facebook -

mercredi 25 mai 2011

Pointe de la douane, Venise

Les bâtiments de la "Punta della dogana" on été réhabilités il y a peu sous l'égide de François Pinault dont la fondation gère le site, ainsi que celui du Palazzo Grassi.
Surprendre, irriter, amuser, choquer parfois, c'est ça, l'Art !
Reportage prévu début juillet.




Actuellement, expo-installations intitulée "Eloge du doute" : beau programme !

Riminbère


lundi 23 mai 2011


Avec tout ça, comment ne pas aimer le cinéma ?

Sean Penn dans "The tree of life" : rien que pour lui, déjà, on y va.
Deux des trois films sur lesquels j'écrivais jeudi avant qu'une flemme incommensurable s'empare de moi et vous prive de cette gazette essentielle ont été couronnés de lauriers à Cannes : Le gamin au vélo a obtenu un Grand Prix, le jury n'ayant pas voulu octroyer une Palme aux frères Dardenne pour la troisième fois, ce qui eût été une première dans l'histoire du festiival ; The tree of life de Terence Malick a décroché la récompense suprême, sanctionnant un cinéaste qui façonne lentement (7 films en 35 ans) une oeuvre cohérente à laquelle on adhère passionnément ou que certains rejettent arguant que Malick truffe ses films de séquences contemplatives qui peuvent effectivement agacer les adeptes d'un cinéma plus musclé, plus vif, plus brut.
Je n'en suis pas, à l'exception de ce Nouveau Monde que je n'avais guère apprécié, dont la bande-son utilisait le 23ème Concerto pour piano et orchestre de Mozart à chaque séquence sentimentale ou bucolique, ce qui m'avait prodigieusement agacé.
La seule chose, d'ailleurs, qui me freine un peu dans mon envie de voir The tree of life, c'est cette "Moldau" de Smetana entendue dans la bande-annonce dont je redoute qu'elle soit, ici, servie à haute dose*.
J'en aurai le coeur net bientôt, puisque j'ai l'intention de voir le film palmé aujourd'hui-même.

Le Prix d'Interprétation masculine est revenu à Jean Dujardin dont la carrière connait une progression irrésistible : depuis "Brice de Nice" (un "film" ?) jusqu'à cet "Artiste" qui lui vaut d'être primé aujourd'hui, que de chemin parcouru !
On imagine le travail d'acteur requis pour créer ce nouveau personnage directement inspiré par les gloires du cinéma balbutiant de l'époque du muet.
Bravo !

Vu hier, La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier qui sublime le cinéma "du samedi soir" n'a pas connu le succès qu'il méritait : 700.000 spectateurs pour un film de cet envergure, c'est pitié !
Tout concourait pourtant à faire de cette épopée un triomphe : l'histoire d'abord, adaptée du roman de Madame de La Fayette, au coeur de l'une des périodes les plus sanglantes de l'histoire de France -mais l'histoire de France, il est vrai, par les temps qui courent, on s'en fout !-, qui tourne autour d'une femme somptueuse qui, sans le vouloir, met le feu au coeur de tout homme qui l'approche, incarnée par une Mélanie Thierry incroyable de beauté et d'intelligence, histoire d'amour et de sang, de celles qui, bien adaptées comme ici, vous fait un cinéma spectaculaire et émouvant à la fois.
Derrière la caméra, un homme qui est sans doute, de tous nos cinéastes, celui dont chaque pore de la peau respire l'amour du cinéma, auteur du meilleur bouquin écrit sur le cinéma américain, grand amateur de westerns devant l'éternel (ici, ça se voit à plusieurs reprises), filmeur d'exception quand, avec l'aide d'un chef-opérateur exceptionnel (Bruno de Keyzer), il enchaîne des plans d'une beauté à couper le souffle pendant plus de deux heures qui passent presque trop vite.
De plus, il faut souligner l'exceptionnelle partition musicale de Philippe Sarde, la richesse de ses orchestrations qui mêlent instruments de l'orchestre symphoniques et percussions modernes avec une science qui laisse pantois.
Pour ces 139 minutes de passions, de fureur, on a distribué dans les rôles principaux la jeune garde du cinéma français : si Grégoire Leprince Ringuet a un peu de mal à installer son personnage, il se rattrape vite pour composer un Prince de Montpensier incontestable là où on ne l'attendait certes pas ; d'entrée de jeu, lui, Gaspard Ulliel campe un Duc de Guise que l'on n'oubliera pas : mûri, le beau jeune premier un peu falot des premiers films s'affirme ici en acteur désormais incontournable ; c'est l'année Lambert Wilson, lequel, ici, est tout simplement parfait en Comte de Chabannes que les interminables guerres de religions qui déchirèrent la France ont transformé en "pacifiste", en "sage" qui, lui aussi, tombera éperdument amoureux de la bouleversante Princesse.
On sait depuis longtemps que les grands beaux films ne trouvent pas forcément leur public.
L'injustice est ici flagrante.

Mélanie Thierry : trop belle pour eux !

Grégoire Leprince Ringuet et Gaspard Ulliel
Revu la semaine dernière, un "classique", le Rocco et ses frères de Luchino Visconti illuminé par un Alain Delon en état de grâce et une Annie Girardot qui fait dire "p....., c'est vrai, quelle actrice ce fut !".
Après une bonne dizaine de visions, force est de constater que le film n'usurpe pas sa réputation : il est de ceux qui méritent la place qu'ils occupent dans la conscience collective, contenant des scènes gravées à jamais dans notre mémoire cinéphile : d'un spécialiste de la peinture de la grande bourgeoisie comme le fut le Maître dans Le Guépard ou Violence et passion, cette plongée en prolétariat est sidérante de justesse.
Et puis, il y a la musique de Nino Rota, une superbe photo en noir et blanc (malgré un transfert DVD assez médiocre) et l'une des premières apparitions de notre Claudia Cardinale préférée, impeccable.
Indispensable, incontestable.

Alain Delon en "Saint" Rocco : monstre sacré.

Sublime Annie : rédemption impossible.

Touchante Claudia : carrière à suivre...

* Vérification faite, on l'entend, mais utilisée à bon escient : on rentre chez soi, et on la réécoute !


 

jeudi 19 mai 2011

Ciné : l'embarras du choix

Il en est ainsi des sorties cinématographiques : à une longue période de disette succède une manne difficile à ingurgiter.
Ainsi, cette semaine au programme des salles obscures, au moins trois films indispensables :

Le gamin au vélo des frères Dardenne qui n'ont pas pour habitude de servir de la soupe : les critiques sont emballés, à l'exception notable du Figaro Magazine et du Point ; ce qui donne une raison supplémentaire de s'y précipiter, d'autant que j'ai un faible pour Cécile de France et Jérémie Renier, même si, concernant ce dernier, je ne me suis pas déplacé pour Philibert parce que, quand même, faut pas pousser.

La conquête : là-aussi, un réalisateur (un bon niveau au-dessous tout de même) qui n'est pas des plus mauvais, et, bien sûr, un sujet qui détone dans un cinéma français plutôt frileux dès qu'il s'agit de regarder la France et la politique de plus près comme le firent, eux, des Costa Gavras et des Yves Boisset en d'autres temps.

The tree of life : le nouvel opus très attendu de Terence Malick ("La ligne rouge" en référence absolue pour moi) dont "Le nouveau monde", oeuvre précédente, m'avait un tantinet déçu : mais cette fois, il n'y a pas l'agaçant Colin Farrel, mais Brad Pitt, et ça c'est bien.
D'après l'un de mes canards favoris, Malick, avec son sujet casse-gueule, évite de sombrer dans le ridicule (comme dans le précédent, quoique...) grâce à son sens de la mise en scène et au soin apporté au montage et au mixage.
Libération était l'autre matin dithyrambique.
A voir, forcément.

"Le gamin au vélo"
Cécile de France et le jeune Thomas Doret qui est, paraît-il, exceptionnel.
Il y a dans cette image, même si le sujet est grave, une fraîcheur et une grâce inhabituelles qui donnent envie.

mardi 17 mai 2011

Alléchant !

Jean Dujardin et Bérénice Béjo
"The artist" (L'artiste) de Michel Havaza Hazavi Haviza Haziva Hazanavicius 
Sortie octobre 2011

Maître du monde

Le Dictateur | The great dictator (U.S.A. 1940)
Charles Chaplin
Capture du Blu-ray

lundi 16 mai 2011

DSK, CKC !

Tout commentaire semble superflu.
Ce sont les dessinateurs qui en parlent le mieux :






Via Rue 89

Mondanités

Mais qui est donc ce type à côté de ma "soeur" Sylvie Feit en séjour cannois ?

Syl & Bob

Avant-première

vendredi 13 mai 2011

"Les 7 Mercenaires" en HD : attention les yeux !

Revoir "The Magnificent seven", ce western (1960) de John Sturges dans son édition Blu-ray est un ravissement. Transposition des "7 Samouraïs" de Kurosawa, total chef-d'oeuvre du Maître japonais, "Les 7 mercenaires" n'atteint certes pas la densité de son illustre original, mais offre un spectacle total servi par un casting de rêve : Yul Brynner, élégant, ultra-sobre, y côtoie un Steve McQueen particulièrement en verve de cet humour distancié qui fut sa marque tandis qu'Elli Wallach "assure" dans le rôle du méchant qui préfigure celui qu'il jouera quelques années plus tard en "brute" du fameux film de Sergio Leone.
Pas un seul personnage n'est laissé au hasard : James Coburn qui, lui aussi, sera plus tard employé par Leone pour "Il était une fois la révolution" n'a pas besoin de dialogues redondants pour s'affirmer ; Horst Bucholz, échappé d'un cinéma viennois en sucre candi joue le jeune premier de service avec beaucoup d'allant et Charles Bronson (tiens, encore un "homme à l'harmonica" à venir chez Leone !) est parfait, à mille lieues des personnages qu'il jouera en fin de carrière dans des films trop "Amérique profonde" en (auto)justicier patenté d'un cinéma politiquement assez gerbant.
Sturges, vieux routard du cinéma hollywoodien, sait ce que filmer les grands espaces veut dire et le prouve avec maestria : on n'est pas loin de cette "Grande évasion" qui fera de McQueen une star planétaire.
La musique d'Elmer Bernstein est à ce point efficace que c'est à son thème principal que l'on pense quand on veut évoquer la b.o. typique du genre westernien.
Deux heures et dix minutes de spectacle sans temps mort, ça se savoure !

Ces captures d'écran permettent d'apprécier la définition de cette édition, vraiment "haute".
La bande-son en DTS est d'une limpidité confondante (en v.o).





jeudi 12 mai 2011

Chat(mayou) ?*


* L'allusion peut échapper : Bertrand Chamayou est l'un des meilleurs pianistes français actuels.


Radio Classique, c'est tip-top* !

Pour vérifier sa déclaration de revenus, bloguer, ou travailler tout simplement les affaires courantes, Radio Classique, c'est parfait.
Si je choisis France Musique, il y a toujours un commentaire intéressant qui me fait lever les yeux de ma table de travail, capte toute mon attention, me fige dans mon ardeur ouvrière.
Avec Radio Classique rien de tout ça : c'est une sorte de robinet à grande musique qui ronronne agréablement, faisant se succéder une valse (célèbre) de Chostakovitch à un mouvement célèbre d'un Concerto célèbre de Beethoven, entrecoupés d'un extrait de la célèbre b.o. du célèbre "Cyrano de Bergerac" de Rappeneau.
Il y aura sans doute tout à l'heure une Gymnopédie d'Erik Satie et un (un seul, bien sûr !) d'une Symphonie de Dvorak, toujours la même car chacun sait bien que ce monsieur n'a rien écrit d'autre, à part peut-être cette "Humoresque" qui servit à la sonorisation de bien des courts-métrages muets de Chaplin.
Cela s'appelle sans doute "vulgariser".
De temps à autre, et c'est le cas à ce moment précis, une oeuvre que j'ai du mal à identifier, car oui, ça arrive ; mais pas comme sur France Musique où il faut toujours avoir crayon et papier pour noter le titre d'un morceau qui tout à coup vous a bouleversé.
Bref, Radio Classique, ça doit être super bien en voiture, cheveux aux vents sur une route de campagne et, si possible, dans une confortable berline.
Je vous entends arguer (verbe qui, en bd, a donné le fameux "arrgh" très utilisé dans les forums d'internautes ?) que la musique est mon métier, que je suis exigeant, tout ça.
Détrompez-vous : ça fait deux bonnes heures que l'eau de cette onde en FM  coule dans mon salon à travers ses "tubes" immortels comme on dit.
Parce-que, voyez vous, Radio Classique, c'est pas fatigant.


* je hais l'expression "c'est tip-top" ; je la trouve affreusement ringarde et cul-serré.
Pas vous ?

mercredi 11 mai 2011

Ah, ces pianistes "classiques" !


Musique en fond : Concerto pour piano et orchestre op.16 d'Edward Grieg

Alex Beaupain de retour

Belle chanson : de l'homme à la rose à aujourd'hui :

mardi 10 mai 2011

Bien vu !

Oh le gros nuuuuuuul !

En "une" de Libé, cette photo de Mitterrand (le vrai, pas Fredo) courant sur une plage des Landes :
il a même pas un short et un sweat "NYPD" !
Plutôt (Pluto) qu'un Kouchner, il court avec un labrador :
Quel nul !

- Diego Goldberg. Corbis -

Salauds de pauvres !

Alors qu'en conseil des sinistres on s'apprête à aménager l'ISF pour en exonérer quelques centaines de nantis,
le ministraillon Wauquiez ne trouve rien de mieux que de s'attaquer aux bénéficiaires des minima sociaux, armée d'assistés qui profitent de la manne distribuée par l'Etat pour se payer des vacances à l'île Maurice avec des call-girls comme le premier footballeur venu.
Même Roselyne est contre.
C'est dire.
Et lui, qu'en aurait-il dit ?


Affiche de campagne - 1981

"Qu'est-ce que tu fais pour le 10 mai ?"

Ce fut pendant des années une phrase rituelle que j'adressais à un ami qui, comme moi, lors de notre jeunesse plus qu'agitée, avait milité ardemment pour la victoire de la gauche.
Hors de toutes les polémiques sur le personnage, Mitterrand, que certains le veuillent ou non, est entré dans l'Histoire.
Je me demande simplement si on fêtera le trentième anniversaire de l'élection de Chirac ou de celle de Sarkozy.
Ce soir, représentation au Caveau.
La Bastille est toute proche.



lundi 9 mai 2011

Sentiers pas balisés

Si le cinéma italien et Hollywood ont su explorer l'histoire récente de leurs pays respectifs, si, par exemple, les américains ont su regarder en face, pour le grand écran, leurs actes les plus honteux -d'Apocalypse Now à Platoon en passant par La ligne rouge-, notre ciné hexagonal a trop peu souvent disséqué les tares de notre histoire à quelques exceptions près comme, assez récemment, "L'ennemi intime" de F.E. Siri qui tente, avec une certaine réussite, de nous placer au coeur de cette guerre d'indépendance que l'on appela hypocritement à l'époque "évènements d'Algérie".
Il a fallu que ce soit Hollywood, en 1957, qui traite du cas de ces malheureux "fusillés pour l'exemple" de la "grande guerre", mis à mort sur ordre de ganaches incompétentes après un simulacre de procès.
"Les sentiers de la gloire" de Stanley Kubrick -décidément, c'est sa période !- aborde le sujet de front (sans jeu de mots) et examine au scalpel cet exemple frappant d'iniquité qui laisse une tache indélébile sur le drapeau français*.
Le visionnant une nouvelle fois ("nouvelle" avec Kubrick veut toujours dire "neuve") hier soir, j'étais frappé par le traitement cinématographique de ce thème, le jeu de ces acteurs US plus "français que nature" emmenés par un Kirk Douglas époustouflant de justesse (revoyez donc "Spartacus", "Les ensorcelés" ou ce western magique "The indian fighter" baptisé connement chez nous "La rivière de nos amours", et ta soeur ?).
La splendeur rigoureuse de la photo en noir et blanc, le montage serré (le film dur 88 essentielles minutes) et la maîtrise de la mise en scène font que le film n'a pas pris une ride, préfigurant, dans la manière de regarder les soldats au front l'autre chef-d'oeuvre du regretté Stanley, "Full Metal Jacket" produit trente ans après.
Réalisé en 57; le film ne sortit en France qu'en 1975 (je courus le voir, je m'en souviens !).
Bizarre, non ?

Le Colonel Dax (Kirk Douglas souverain)

Arrivée des accusés "présumés coupables" à la cour martiale.

La différence entre le DVD et le Blu-ray saute aux yeux !

DVD

BD
Mais Kubrick tenait à ses formats : il n'aurait pas avalisé ce recadrage.

* La littérature, elle, fut plus prolixe : on lira ou relira l'excellent "Un long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot dont l'adaptation cinématographique par Jean-Pierre Jeunet ne rend pas la bouleversante densité.

Belle animation

Stanley Kubrick - a filmography - from Martin Woutisseth on Vimeo.