Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

vendredi 30 décembre 2011

Petite pause

Trois jours de festivités tout en "travaillant" au théâtre.
Je m'accorde donc une pause jusqu'à lundi ou mardi.
Et, comme on dit à Marseille, je vous souhaite un "BON BOUT D'AN" !

Nourrissez-vous de belle musique.

jeudi 29 décembre 2011

La droite la plus bête du monde...

Guéant Verdâtre veut "limiter" la vente d'essence au détail pour éviter les incendies de voitures lors de la nuit de la Saint Sylvestre. Et non, on ne pense pas du tout à l'élection à venir...

"Et si j'interdisais aussi la vente des briquets et des allumettes ?"

Gazette bilingue


Non, rien !

Travail à faire.

La face du monde en eût été changée...

A quoi ça tient, hein ?!

Piadeau


mercredi 28 décembre 2011

Un très GRAND !


Petits bonheurs

Mezzo live HD
La chaîne Mezzo, spécialisée dans la musique dite "classique" et le jazz, s'est dotée d'un canal supplémentaire qui diffuse (en HD, s'il vous plaît !) des concerts, retransmettant notamment les évènements de la Grange de Meslay, autrefois animée par l'immense Sviatoslav Richter ; c'est un bonheur de voir et d'écouter via mes enceintes anglaises de telles retransmissions. Toute la journée, je laisse ce canal ouvert, et laisse tout tomber de mes activités quand une performance artistique capte mon attention. 
Je repensais, hier, en écoutant la transcription pour piano, par Liszt, de la 6ème de Beethoven, à ce que disait Gaspard Proust, fieffé mélomane, lors d'un entretien à France 2 : "Beethoven (entre autres) c'est une musique violente, aussi violente, si ce n'est plus, que du "heavy metal"."
C'est tellement vrai : une audition de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski vous en convaincra sans mal.

Ecrire
Ecrire, c'est le plus excitant des exutoires, un peu comme la composition musicale.
J'avais commis une suite de chroniques, sur le mode "feuilleton", que j'ai remaniées pour leur donner une forme romanesque.
A l'arrivée, j'ai décidé de repartir de zéro ; je ne pouvais me contenter de compiler les épisodes, les réarrangeant dans un but de cohérence, ne serait-ce que pour les replacer dans un ordre chronologique.
J'ai fait table presque rase de ces pages, adoptant un mode narratif différent, m'attachant surtout à me relire jusqu'à plus soif pour peaufiner chaque phrase.
Je ne sais, et ne veux pas savoir, quand ce travail connaîtra l'aboutissement : pour l'heure, je dois me mettre dans la tête d'un potentiel lecteur, me demander si j'arrive à captiver, si je donne envie de poursuivre la lecture.
J'ai  fait lire, l'autre soir, quelques lignes de cette nouvelle mouture à un étudiant qui aime lire.
Nous eûmes une discussion passionnante sur les scènes de sexe, pour lesquelles, contrairement à la toute première version, j'ai décidé d'appeler un chat un chat.
Je réalisai alors combien notre siècle était devenu pudibond : le jeune homme pensait qu'en donnant des précisions, je m'occultais une grande partie d'un possible lectorat.
Je lui rétorquai qu'un roman est lu par des lecteurs informés de ce qu'il contient, ne serait-ce que par la 4ème de couverture, mais surtout, par les critiques et informations distillées par l'éditeur.
Mais je faisais cependant le constat de l'échec de ce genre de tentatives à une époque, la nôtre, où, bien qu'Internet permette l'accès à des images à teneur autrement pornographique, décrire les ébats sexuels semble devenu d'une audace inouïe !
Je relisais il y a peu une très courte nouvelle de Gide, "Le ramier", datant de... 1907, où l'un des personnages, le plus jeune, dit à l'autre : "On va se tailler des pipes" !
Aurais-je l'impudence de rappeler à mes lecteurs adultes que Genet écrivit bien plus crûment et que les écrits du Marquis de Sade sont aujourd'hui considérés comme des chefs-d’œuvre, 
En ce qui concerne Jean Genet le maudit, que l'on considère à présent comme l'un des plus grands auteurs du XXè siècle (à tel point que Sartre lui consacra une œuvre dramatique), on se dit que si son œuvre n'avait atteint que des lecteurs homosexuels, en faisant un écrivain "spécialisé", sa gloire ne serait pas ce qu'elle est.
Les arguments de mon jeune camarade ne tenaient pas, à mon sens : un homosexuel s'interdit-il de lire les romans contenant des scènes érotiques hétérosexuelles, sous prétexte que ce n'est "pas son truc" ?
Mon interlocuteur m'a conforté finalement dans l'idée que je ne devais pas réfréner mes élans de plume.

Et là, je m'interromps un instant : sur Mezzo, Barenboïm en récital de piano à la Scala de Milan, ce n'est pas rien !

Tiens, en voilà !
C'est une tradition familiale, maternelle à vrai dire : dans la période des fêtes, on fait nos choux-gras de boudin blanc (ne cherchez pas une transition avec ce qui précède...).
Il faut dénicher le meilleur artisan-charcutier, celui qui est bardé de diplômes du "meilleur boudin blanc de France".
Ils sont nombreux, car il doit y avoir autant d'organismes habilités à délivrer la précieuse récompense qu'il y a de cantons en France.
On s'y perd, donc, et il faudra faire confiance à la bonne mine du boudin, à son parfum, et ne pas acheter le boudin en barquette plastifiée vendu en surfaces commerciales.
Pour faire simple, car la composition en varie selon les régions, le boudin blanc est une farce de viande blanche (du veau ou de la volaille pour les meilleurs, du porc pour les autres) mélangée à de la farine (ou de la mie de pain), de la crème et diverses épices ; on peut y ajouter des éclats de morille ou de truffe pour en faire monter le prix, car, personnellement, je trouve que ça ne change pas grand chose.
En ce qui me concerne, après l'avoir délicatement piqué en divers endroits avec une épingle (jamais avec une fourchette !) je le poêle "à froid" : c'est à dire que je le pose sur un petit lit de beurre et le démarre ainsi à feu très doux.
Il est, paraît-il, des individus pour le manger cru (faussement cru, d'ailleurs, puisque il est "précuit"), ou cuit, après l'avoir dépiauté.
A chacun son plaisir.

Le candidat du plein-emploi
Il n'aura pas réussi grand chose, notre actuel président, au cours de son quinquennat finissant.
Voici que tombent impitoyablement les chiffres du chômage ; ils sont sans appel : celui qui affirmait qu'il serait le président du plein emploi s'est planté, ici comme ailleurs.
Je pense que ce résultat-là lui sera fatal en avril et mai prochains.
Ce ne sont pas quelques cheveux blancs (en mode "j'ai bossé !") et une attitude plus "présidentielle" (qui est dupe ?) qui vont le sauver d'un naufrage prévisible (et prévu, d'ailleurs, par les plus sensés des députés UMP, entre deux portes).
Il n'est pas besoin de sondages pour mesurer le pouls de l'opinion : un petit tour au Caveau de la République vous indiquera le climat qui règne dans la population ; à l'exception toutefois des matinées où la majorité de la salle est composée de personnes âgées : là, il semble qu'il conserve encore quelques rares adeptes, lesquels devraient regarder d'un peu plus près les chiffres de leurs relevés de retraite sur les cinq dernières années ; ils y constateront sans nul doute que le candidat (aussi) du "pouvoir d'achat" les a bernés.
On a du mal, sur ces questions, à manier l'ironie : c'est tout de même cinq années calamiteuses qui s'achèvent bientôt.

Avant le bouillon vous prendrez bien un peu de boudin blanc, Nico ?

Musique, littérature et sexualité, boudin, Sarko : c'est tout pour aujourd'hui.





mardi 27 décembre 2011

Modernoël


Bouleversant

Talents conjugués pour émotions inoubliables...

lundi 26 décembre 2011

Noël : bon, ça c'est fait !

Le soir du 24 décembre, Paris en ses quartiers offre un aspect quelque peu lugubre : ainsi, parcourant le boulevard St Martin pour me rendre au théâtre vers huit heures du soir, avais-je l'impression d'errer en un véritable no mans land ; tout juste si je croisai le regard de ce SDF qui, depuis plusieurs années, habite une maison de carton près de la station Strasbourg-Saint Denis, noir visage familier qui refuse l’aumône et rentre dans sa coquille quand il m'arrive, par grands froids, de lui demander (et je persiste !) s'il n'a besoin de rien.
Le public du 24 au soir est d'une espèce rarissime qu'il  est difficile d'identifier : pour lui, on se défonce encore plus, le présumant composé d'esseulés, de sans-famille, de réfractaires aux fêtes commerciales religieuses ou de provinciaux arrivés deux jours trop tôt et un peu désorientés.
Ils ont bien du mal à remplir un petit tiers de l'espace, méfiants au début, quand je suis censé "chauffer" la salle et les rassurer : oui, on va s'amuser (l'animateur que je suis doit afficher une bonne humeur communicative, même si, comme moi, ce genre de fête annuelle le rendrait plutôt morose).
Au bar, pendant que se déroule le spectacle, on se fait un petit Noël d'artistes avec grignotage et nectars divers : le Château Margaux de Camille, notre régisseur, est gouleyant à souhait, que je mélange allègrement à un Champagne Baron Albert en oubliant les préceptes (à la con ?) "rouge sur blanc, tout fout l'camp ; blanc sur rouge, rien ne bouge".
Evidemment, le petit réveillon amical d'après-spectacle a été décommandé et l'on rentre aux heures habituelles dans une plaine de Montmartre silencieuse comme en août, voire pire.
On s'offre un petit whisky et on sent sa main droite prendre sa main gauche , se surprenant à se dire en soliloque : "Joyeux Noël, tu sais que je t'aime, mon Sylvianou", paraphrasant un sketch féroce de Guy Bedos sur la solitude.
Il suffirait de trois fois rien pour qu'on écoute le Requiem de Fauré pour faire bonne mesure.
Heureusement arrivent deux messages sur le téléphone cellulaire qui donnent envie de faire des entrechats dans le salon et de chanter "Y'a d'la joie" : il est des mots-soleil qui vous réchauffent le cœur et l'âme.
On n'allume pas la télé(sans)vision, car on sait ce que l'on va y trouver : la messe de minuit et son vieux pape (un vin rouge à bas prix) ou les sempiternels "bêtisiers" décérébrants de fin d'année.
Le lendemain, jour de Noël, on prolongerait bien la conversation avec cette voix amie qui vous fait entrer si agréablement dans cette journée où l'on va retrouver un public plus nombreux que la veille qu'il faudra sortir des torpeurs de la digestion.
Le soir, autour d'un aligot, un fidèle "disciple", de passage à Paris, vient dissiper définitivement les petites amertumes de circonstances : on est flatté qu'il vous ait donné la priorité dans les visites parisiennes de son trop court séjour ; on discute de son avenir, de ses doutes, de ses atermoiements ; on prend ses confidences comme un cadeau... de Noël.

Diva


Dalida n'hésitait pas à mettre à son répertoire les grandes chansons de ses confrères. Elle reprend ici la très belle chanson de Bécaud ; elle interpréta entre autres, par la suite, "Avec le temps" de Léo Ferré ou "Je suis malade" de Serge Lama : sans faire oublier les versions originales, elle savait apporter à ces œuvres son indéniable talent.

dimanche 25 décembre 2011


Quand Nadine "twitte"...

Na-ti-vi-té, bêtasse !

To be or not to be

Si le film, remake du "To be or not to be", chef-d’œuvre d'humour du grand Lubitsch, ne laisse pas un souvenir impérissable, ce "nazi-rap" fit danser la planète :

samedi 24 décembre 2011

Comme on ne se souhaite que le meilleur...




... c'est là que nous aurions aimé être aujourd'hui !

Vous avez cru sincèrement y échapper ?


Faites attention, en lançant la jambe, de ne pas atteindre le visage de votre (au choix) voisin(e), maman, copine, sœur, petit(e) ami(e), etc. Une pensée particulière pour l'ami Dominique D. avec lequel nous exécutions, à 15 ans, cette magnifique chorégraphie, au grand dam... des voisins du dessous !

vendredi 23 décembre 2011

Le ciel serein d'Espagne est sans embruns.


That's entertainment

C'est symphonique, spectaculaire, soul !
Sans aucun doute l'une de mes chansons U.S. préférées :

Oh, professeur Higgins !


"My Fair Lady" est sorti en Blu-ray : miam !

jeudi 22 décembre 2011

Nooooooooël

Cette chanson figure sur la magnifique compilation "Paul Adam aime Noyel".
La voici à la demande générale de Frédéric Fromet qui compte l'inscrire à son répertoire.
On appréciera l'admirable play-back :



Si vous êtes bien sage, les enfants, je vous en offrirai d'autres...
Merci qui ?

Magazine ?

mercredi 21 décembre 2011

Opportunisme

Un fait-divers ? Une grève ?
Et hop, la future-ex majorité de droite vous pond une loi !
Sans se préoccuper, bien sûr, de savoir si le texte voté à l'arraché sera validé par le Conseil Constitutionnel, l'essentiel étant de montrer qu'on est "à l'écoute".
On peut également se renier d'un jour à l'autre.
Ainsi, ce matin, le ministre Mariani (vauclusien très très "à droite") démine le terrain balisé hier par Guéant (le Fouché à son Nini) qui voulait envoyer les forces de l'ordre pour remplacer les grévistes dans les aéroports.
Le problème, c'est que les préfets compétents n'ont pas jugé utile de donner suite à cette suggestion...
La machine semble se gripper en cette (souhaitable) fin de règne.

Guéant vert

Joseph Fouché, l'âme damnée de l'empereur.
Sous Napo, ça avait une autre gueule que sous Nico.

mardi 20 décembre 2011

L'année du chat

L'un des hits de 1977.
Cool...
On admirera les looks d'époque ; mais la chanson tient la route.
Version longue et en direct :

Le pianiste de Varsovie et le chanteur toulonnais

De toutes les chansons de Gilbert Bécaud, c'est l'une de celles qui me touchent le plus, on comprend pourquoi.
Il s'agit ici, sans doute, d'un Olympia des années 80. Bécaud joue sur un piano modifié à son intention : on en a raccourci le pied, à l'avant, pour lui permettre de chanter face au public en s'accompagnant ; c'est un problème de nerf sciatique qui l'avait conduit à trouver cette astuce.
La chanson date des années 50. Sans être l'un de ses grands "tubes", elle était l'une de ses préférées et son public la réclamait ; sa construction, d'un genre nouveau à l'époque, ne fait pas de concession à l'alternance convenue couplet+refrain+couplet+refrain etc. Elle nous raconte une histoire, en véritable saynète : une grande chanson !
Je crois, si mon oreille ne me trompe, que c'est la version Rubinstein de la Grand Polonaise Héroïque qu'on entend, dans le lointain, à la fin de la chanson.



Dimanche soir, et en avance sur l'horaire prévu (bravo France 3 !), la télé rendait hommage au grand compositeur-interprète après un silence assourdissant de plusieurs années !
Le documentaire de Marie-France Brière était fort honnête, non hagiographique, où l'on put entendre des témoignages qui ne cherchaient à encenser à tout prix l'ex "première idole" : ainsi, on comprenait mieux le départ de Bertrand de Labbey, le découvreur de Julien Clerc, des éditions du "Rideau Rouge" et Charles Aznavour, le "rival" et ami (un temps) faisait une description sans concession de l'homme Bécaud, où perçait un parfum de vieilles rancœurs ineffaçables (fallait-il aller jusque là ?). Il y eut aussi des bêtises : ainsi, je ne sais plus qui a dit "c'était le premier punk" (!)
Julien Clerc fut très juste, honnête, nous disant combien l'observation, à maintes reprises, du tour de chant de Bécaud depuis les coulisses de l'Olympia, fut pour lui "Master Class".
On aborda aussi sans fioritures la dernière partie de la carrière du chanteur, où, en proie au doute, et vraisemblablement mal conseillé, Bécaud tomba subitement en panne d'inspiration, sa dernière "grande" chanson étant, à mon avis, "C'est en septembre" qu'enregistra également Neil Diamond.
Il y eut ensuite, et là-dessus Aznavour a raison, un désir de faire "actuel" pour rester "dans le coup" qui demeura infructueux, si ce n'est un dernier semi-succès, "Désirée", (adaptation française d'un hit... allemand !) au texte pathétique  à des années-lumière des poèmes chantés signés Amade, Vidalin, Delanoë ou... Aznavour.
Exemple ci-dessus...

lundi 19 décembre 2011

Lire, écrire, dormir, faut-il choisir ?

Je suis vraiment un indécrottable "positif". Actuellement en proie à de tenaces insomnies, je leur trouve des aspects bénéfiques : je peux lire un livre en une nuit, ou retourner à ma table polyvalente (elle sert pour le travail ou pour les agapes) pour peaufiner mes écrits qui en ont bien besoin : l'état dans lequel je me trouve à ces moments me rend étrangement lucide ; au point que je trouve les textes rédigés en temps dit "normal" extrêmement mauvais.

Par ailleurs, il m'arrive de plus en plus souvent d'avoir à subir un étrange phénomène que j'appellerai "fausse insomnie" : je passe une nuit entière les yeux ouverts, ou du moins le crois-je, car, quand vient l'heure du réveil, je suis en forme comme si j'avais joui d'un vrai sommeil réparateur !
J'ai une explication qui vaut ce qu'elle vaut : la crainte de l'insomnie se serait imprimée dans un coin de mon cerveau, et, en fait, j'ai rêvé que je ne dormais pas !
J'en parlais l'autre soir autour de moi, tant la chose m'intriguait.
J'obtins des réactions étonnées de la majorité de mes interlocuteurs, à l'exception d'une amie qui me confia avoir elle-même vécu cette  sorcellerie.
Je n'en parlerai pas à mon psy, vu que je n'en ai pas.

Avant l'heure, c'est pas l'heure...

"Il y a des livres qu'il devrait être interdit de lire trop tôt. On passe à côté ou à travers. Et des films aussi. On devrait mettre dessus une étiquette : Ne pas voir ou ne pas lire avant d'avoir vécu."
C'est Jean-Michel Guenassia, dans "Le club des incorrigibles optimistes" (Le Livre de Poche) qui, sans le savoir, rejoint mon propre discours. J'ajoute qu'il en va de même pour certains compositeurs de musique.

dimanche 18 décembre 2011

Mort d'un juste

La vraie politique est simplement le service du prochain.
Vaclav Havel

Grande chanson

samedi 17 décembre 2011

Biccissitudes hibernales (2)

Un simple coryza (rhume de cerveau) peut vous paralyser ou, inversement, vous faire faire des choses insensées, comme du shopping un vendredi de décembre à sept heures du soir, sous la pluie, boulevard Haussmann, entre deux représentations au théâtre.
Même un habitant de (au hasard) Romorantin sait qu'en la période qui précède Noël, il faut éviter le secteur des grands magasins en fin de journée et, surtout, en fin de semaine à l'orée des vacances scolaires.
Un peu fiévreux (environ 55.2), donc légèrement hagard, je traverse le magasin de "décoration de la maison" sans rien voir, sans rien acheter ; un vigile me jette un regard suspicieux quand je m'assieds sur un canapé Cinna pour me moucher, émettant un concerto pour trompette et orchestre du plus gracieux effet : mais il y a urgence, voyez-vous, car je me sentais pataud et tout congestionné des voies respiratoires.
Je file au Galeries Lafaillite (du consommateur lambda) où un vendeur très très très Michel Serrault dans "La cage aux folles" me toise tout d'abord -j'ai mis mon pardessus à l'envers et ne me propulse que par petits bonds gracieux, il est vrai- et m'informe que le seul produit que j'avais la ferme intention d'acheter n'est pas disponible.
Il me toise, me retoise, et m'entretoise : "Mais, monsieur, on ne fait plus depuis au moins deux ans !".
Ce à quoi, je lui rétorque : "C'est dobage, berci quand bêbe" avant de repartir dépité, maudissant les salauds qui m'ont habitué à ce cosmétique que j'utilisais avec parcimonie.
C'est là l'erreur, car, si tous les consommateurs de cet onguent sont aussi économes que moi -est-ce de ma faute si c'est un produit qui donne vraiment le résultat attendu ?-, le renouvellement s'est fait attendre et le monsieur qui lit les chiffres, les bilans, et tout le tintouin, a dû réunir tous ses subordonnés et leur dire : "On cesse la production de la crème Kiranbo, because (il a fait Harvard) ces cons (il a su rester simple) en achètent plus.
Ca arrive souvent, ça, avec toutes sortes de produits : vous vous habituez, c'est l'un de vos plaisirs absolus, et paf, un beau jour (pas beau pour tout le monde) vous ne trouvez plus votre gâteau, votre boisson (ou autres), votre clé à ouvrir les boîtes de sardines* avec languette favoris et, quand vous vous renseignez, il y a toujours quelqu'un pour vous toiser et vous dire que "ça" se fait plus.
Ces moments où vous devez renoncer à tout jamais, vous ne vous en consolez tout à fait.
D'un coryza, en revanche, on sort (normalement) indemne ; si tout va bien, mon prochain billet sera plus cohérent, promis.


* Pour mes plus jeunes lecteurs avides des choses du passé : il fut un temps où le couvercle d'une boîte de sardine était équipé d'une languette que l'on introduisait dans la fente d'une clé en métal ; une fois la languette emprisonnée dans la dite fente, on tournait, tournait, tournait, enroulant le fer blanc de la boîte jusqu'à ce que les sardines vous soient toutes apparues.
C'était rigolo, souvent, car ça pissait le sang si, comme quelqu'un que je connais, on était pas doué pour les travaux manuels.
Si on ne possédait pas la précieuse clé (censée se trouver dans tout bon tiroir de cuisine qui se respecte), on pouvait avoir recours à une scie à métaux.
Si on n'avait pas de scie à métaux, on regardait la boîte comme un con et on se décidait à passer au pâté de foie... si on possédait un ouvre-boîtes.
Je me souviens d'un tentative d'ouverture de boîte de pâté Hénaf (n'en achetez pas, c'est dégueu) à l'aide d'un tourne-vis et d'un marteau qui se termina aux urgences.
Comme quoi, je délire bien, mais leur système d'ouverture à anneau est un réel progrès. De nos jours ! Car, au début, l'anneau vous restait dans la main, laissant la boîte hermétiquement close, et il fallait alors trouver l'ouvre-boîte classique qu'on avait relégué allez savoir où, et le pâté pas bon vous narguait, inviolable, et vous jeûniez jusqu'à l'ouverture de la quincaillerie la plus proche.

J'espère que vous avez apprécié ce billet essentiel.

Boîte de sardines avec la clé ad hoc.
(Musée des arts et métiers)

vendredi 16 décembre 2011

Vicissitudes hivernales

Je voudrais bien poster autre chose que des photos ou des vidéos, mais la rhinopharyngite de saison (tout le monde l'a, autour de moi) embrume quelque peu mes idées malgré le traitement de choc que je m'applique.
Je reviens le plus tôt possible.

jeudi 15 décembre 2011

Poussez les meubles !

Un must de la musique qui se danse.
J'ai toujours beaucoup aimé cette chanson :



Comment survivre à un hit pareil ?
La carrière de John Paul Young s'est hélas arrêtée là.
Je lui voue cependant une reconnaissance éternelle.

La vie est belle (1946) | Frank Capra

                   Allez, je le dis : dans mon top 10 !

Le récital des adieux

Lundi dernier, dernier récital de Gustav Leonhardt aux Théâtre des Bouffes du Nord à Paris : le Maître, 83 ans, malade, se retire définitivement.
Le spectateur qui a filmé cet instant ne se doutait sans doute pas qu'il assistait au crépuscule d'un dieu :

mercredi 14 décembre 2011

Lever du Roy sur fond de trompette baroque

Je me plais à vous imaginer au petit matin, les yeux encore gonflés de sommeil, tentant de remettre vos idées en place après vos rêves nocturnes ; vous tâtonnez un peu, maugréez sans doute que vous seriez bien resté au lit une petite heure de plus, mais las, le devoir vous appelle.
Transformez votre lever en fête, songez que vos laquais ont fait irruption avec votre robe de chambre de (Michel) brocard. Soudain, voici venir vos musiciens pour une aubade (je n'écris pas "matinale", ce serait un pléonasme) : il jouent pour vous cette marche du Prince du Danemark (plus connue sous le titre "Trumpet voluntary"), écrite en 1699 par Jeremiah Clarke.
Ah, la belle journée qui s'annonce ; allez par les rues pavées de votre bonne ville, vos tâches seront plus légères.
Merci, la SylGazette.

 Frank Shipway dirige le
Royal Philharmonic Orchestra :


mardi 13 décembre 2011

L'arsenic de Frank Capra toujours aussi décapant

C'est un vrai bonheur que d'avoir revu "Arsenic et vieilles dentelles", grand classique de la comédie américaine s'il en est, tourné en 1944 par l'un des maîtres du genre, Frank Capra.
Adapté d'une pièce à succès de Broadway, le scénario s'appuie sur un postulat de départ pas piqué des vers :


Mortimer Brewster vient annoncer à ses deux tantes Dorothy (Abby dans le film) et Martha, qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper, qui habite à quelques dizaines de mètres de là. Mais il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses deux tantes lui avouent alors, le plus ingénument et le plus naturellement du monde, qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service...

Criminelles par pure bonté d'âme ? Si !

Ce n'est qu'un début : le film se barre ensuite vers des contrées totalement improbables, avec l'arrivée de deux malfrats complètement déglingués, dont l'un est interprété par le grand Peter Lorre ("M" Le Maudit) et, l'autre, qui s'est fait la tête de Boris Karloff pour échapper aux recherches, est joué par Raymond Massey.
Le film, loufoque de bout en bout, est-il seulement "racontable", qui permit au public américain de donner ses premiers galons de vedette à celui qui devint la "star" des années 50 : Cary Grant, qui réussit ici une sacrée composition de personnage flegmatique gagné peu à peu par la folie qui l'entoure.
Ce n'est pas mon Capra préféré : je garde plus de tendresse pour "La vie est belle", "M. Smith au sénat", "L'extravagant Mr Deeds" ou "New York-Miami", mais, bon sang, que ce gars-là savait déclencher le rire sans vulgarité, en finesse, intelligemment !
Malgré les (petites) réserves exprimées ci-dessus, "Arsenic et vieilles dentelles" reste un classique, une excellente thérapie si la morosité vous gagne un jour de grisaille.


Mention spéciale à John Alexander, le neveu qui se prend pour Theodore Rooseveltet ne rejoint sa chambre du premier étage qu'en chaaaaaaaaaaaaaaaargeant ! Culte :

lundi 12 décembre 2011

Quand une photo est belle

- De Tony Zhao - Flickr -

Dans la rue

Dans les rues de Paris, Paul Adam est à l'affût, qui a vu ça :

J'aime.

Magnifique, n'est-ce-pas ?

dimanche 11 décembre 2011

Humour aérien

Une hôtesse de l'air dotée d'un sens de l'humour peu commun :

Chopin new wave

Eh bien, je ne trouve pas cela inintéressant.
Même si ça fait hurler les adeptes de la poussière moutonnant sur les vieilles partoches...

samedi 10 décembre 2011

Eloge du poulpe

On partait en bande au Cap d'Antibes dans un coin connu de nous seuls (peut-être...). Je pêchais, espérant épater la maisonnée en rapportant quelques poissons de roche, mais rentrais toujours bredouille.
Les copains étaient plus adroits qui, munis de tout l'équipement nécessaire, plongeaient, fusil-harpon en main, pour ramener à la surface le précieux octopus vulgaris, cette pieuvre qui me faisait penser à "20 000 lieues sous les mers", ce monstre marin effrayant, gluant, répugnant.
Après l'avoir occis, ils le fouettaient, ce salaud, contre un rocher pour l'assouplir : l'opération est indispensable pour l'attendrir (oh, chouchou !) et mieux le cuisiner ensuite.


 Je ne me souviens pas d'avoir mangé du poulpe lors des longues années passées en bord de mer : ma mère qui était, comme toutes les mamans, la meilleure cuisinière au monde, n'en a jamais mitonné.
Moi, ça ne me dérangeait pas : ce que j'avais vu de la bête lors de nos parties de pêche ne m'avait guère donné envie de déguster l'octopode à ventouses.
J'avais bien tort !
Je me suis rattrapé depuis.


C'est en Grèce, il y a deux ans seulement, que ma curiosité papillaire et les encouragements de S. m'ont enclin à découvrir enfin la saveur incomparable du mollusque céphalopode que je croyais détester !
Au bord d'une mer limpide, dans une cabane de pêcheur transformée en restaurant, nous le dégustâmes dans toute sa simplicité, grillé, arrosé d'un filet de jus de citron (photo ci-dessus).
Damnation !
Lors de mon dernier séjour à Venise, c'est en salade (photo ci-contre, mais mieux !) qu'on le servit à deux hédonistes de connivence (mon compagnon de voyage et moi-même) ravis de l'aubaine.
La petite cour-jardin, dans la Giudecca, si souvent délaissée par les touristes pressés, était le cadre idéal, sous un soleil généreux, pour faire de ce repas un moment inoubliable.
Je fais amende honorable : le poulpe, c'est succulent.
Mea poulpa.

video

Et puis, c'est si gentil, un poulpe !

Chère, chère Clara

Je ne suis sans doute pas le premier à écrire que Haskil rime avec subtil...


vendredi 9 décembre 2011

Harmonies = émotions

De l'influence  des harmonies (ici, le Requiem de Mozart) sur nos émotions.
Très bien vu !


Tf1 : ça, c'est de l'information !

La chaîne commerciale la plus regardée (pas par moi) ne lésine pas sur les moyens : à l'approche de l'élection présidentielle, comme d'habitude, on (re)déclenche le fameux "sentiment d'insécurité" pour angoisser le "cerveau disponible" :

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

C'est fou...

... ce qu'on peut faire avec des chaussures :


Nuits d'artifice

Je jouais ce disque dans une boîte interlope de Juan-les-Pins qui s'appelait "Le Senso" (la direction aimait Visconti !) : je faisais office de "disquaire" et de "bras droit", ayant de l'entregent dans la station.
Ainsi, j'y organisai des soirées loufoques qui attiraient une foule hétérogène : vedettes de la chanson (Hervé Vilard, Carlos, Nicoletta, Billy Preston...), millionnaires étrangers en goguette, petits voyous, gigolos, "folles" de Cannes et de Nice : il se disait dans la région -ma modestie dut-elle en souffrir- qu'on y jouait la meilleure musique.
J'avais de drôles d'idées : pour la "nuit des bébés", nous distribuions des tétines et les alcools étaient servis dans des biberons !
Pour la "nuit de la rose", plus poétiquement, un ami horticulteur avait offert des centaines de fleurs odorantes.
Je jouais sur un antique piano à chandeliers au cours de spectacles improbables qui mettaient le public en joie : une "artiste" niçoise sans âge -je n'ai jamais vu spectacle plus pitoyable- récoltait à chaque prestation une moisson de glaçons lancés sur la piste par les clients au bord des larmes... de rire.
On finissait à l'aube, très imbibés, et terminions la nuit sur le marché de Cannes autour d'une daube et de ses raviolis.
Et dire que certains croient qu'on n'a qu'une vie...

jeudi 8 décembre 2011

Les tagueurs font des progrès :

Proust enfin au cinéma !

 Sortie le 18 janvier (j'adore connaître des gens célèbres) :
La SylGazette vous prie de l'excuser pour la publicité qui pollue précède la bande-annonce.



Taf

A mes élèves et autres musiciens de ma connaissance : vous me déchiffrez et jouez ceci de mémoire pour demain 5 heures de l'après-midi :

mercredi 7 décembre 2011

Les nourritures terrestres

J'en connais qui se "nourrissent" mal par les temps qui courent (je vais sévir !) : l'hiver qui pointe le bout de son nez exige des mets plus roboratifs ; j'ai maigri, atteignant presque le ratio prétendument parfait : je peux, donc.
Pendant que le cassoulet gratine au four, j'écoute le "Tristan" de Wagner dirigé par Karl Böhm, qui appellerait plutôt une bonne choucroute ; c'est au programme pour un peu plus tard.
Dans les plats d'hiver, j'aimerais déguster prochainement un vrai pot-au-feu avec os à moelle et gros sel obligatoires, une potée auvergnate n'étant pas exclue.
Revient aussi le temps des truffades et de cet aligot que j'ai déjà inscrit au menu tout récemment.
Enfin, je rêve d'une belle côte de veau servie avec une vraie purée faite à la maison.
J'en connais qui soupent d'un potage lyophilisé.
Ma compassion est sans limite.

Y a un os, chic !

Vis comica

Reculant les limites du loufoque et du burlesque, il m'arrache des larmes de joie.
Ici, en directeur de théâtre, il compose un personnage hallucinant.
Si ça vous plaît, n'hésitez pas à youtuber Pierre Aucaigne... comme des malades.

mardi 6 décembre 2011

Le baiser de la mort qui tue

Mon coeur soupire

Après des mois de travaux, le Pont des Soupirs a été rendu aux visiteurs.
Ah la la, va falloir que je retourne à Venise !

Photo Venise1.com

Le lundi, c'est récital

J'ai une histoire de coeur avec la Salle Gaveau.
Non parce que c'est là que l'UMP fêta la victoire de notre grand chef d'état en 2007, mais parce que ce fut dans ses murs centenaires que l'Atelier Musical célébra ses 10 ans en juin de la même année.
J'avais pour l'occasion concocté avec Dany Mauro un gag qui réjouit alors Christophe Caresche, le député PS du 18ème : avant le début du gala, l'imitateur, caché en coulisses, adressait un message depuis l'Elysée, souhaitant que Gaveau nous porte également bonheur pour notre spectacle.
De plus, je connais les Fournier, maîtres de céans, depuis plus de ... ans.
Enfin, c'est le lieu qu'a investi mon copain Gaspard Proust pour une série de représentations : la semaine prochaine, il y revient d'ailleurs pour 5 "dernières" avant d'entamer une tournée marathon en compagnie de son factotum, mon ami Geoffroy.

Dans la salle aux fauteuils couleur or (on a récemment redécoré dans les mêmes tons qu'à l'origine), nous eûmes, mes amis et moi, l'agréable surprise d'être "surclassés", hier soir, et d'investir une loge où nous pûmes sortir et déguster nos casse-croûte et notre bouteille de Chianti (mais non, je déconne !).
Fiou, pas facile de donner un compte-rendu objectif quand le pianiste, Jean-Nicolas Diatkine est un pote de la délicieuse amie qui vous accompagne, laquelle, au moment des saluts, se lève et s'enthousiasme comme une fan de Justin Bieber à son dernier Bercy.

Son compagnon (pas celui de Justin Bieber, non, celui de ma chère Coralie) est plus pointilleux, qui a partagé avec moi tant de soirées de mélomanes décomplexés : nous avons passé tant d'heures à nous faire découvrir mutuellement tant de versions de tant de grands interprètes que nous en sommes devenus exigeants.
Et la semaine dernière, vous vous en souvenez peut-être, nous reçûmes de concert (pas mal, hein !) en pleins tympans le choc Chamayou !

Le récital d'hier soir fut à l'image de l'assistance, où dominaient les cheveux blancs et violets : un rien compassé, agréable, aimable,  en bulle de Champagne (mais pas du "brut").
Après une introduction du "Carnaval" de Schumann quelque peu incertaine, le pianiste trouva enfin ses marques dans cette succession de pièces que je détestai en mes jeunes années, n'en ayant pas saisi encore toute la subtilité.
Je rends grâce à Diatkine de m'avoir permis, hier, de la redécouvrir.
Ensuite, le pianiste affrontait la fameuse "Waldstein" de LVB (74 Champs-Elysées) : on l'a entendue tant de fois par les plus grands que c'était bonheur de le voir relever la gageure (prononcer "gajure", si !).
Il y eut des moments de grande finesse, de belles sonorités, de vraie tentation de "revisiter" jamais vraiment aboutie.

Enfin, après l'entracte, Diatkine attaquait par la face Nord la redoutable "Sonate" de Liszt, Himalaya pianistique s'il en est, œuvre majeure, dantesque, moderne, de l'histoire du piano.
Le magnifique Steinway de concert resta cependant sur sa faim : l'instrument royal en a dans le ventre, pourtant, qui ne demande qu'à vibrer, tempêter (ça, c'est pour Paulo - private joke), gronder, s'assourdir, câliner...
Aucune erreur technique, non, ce fut impeccable de bout en bout, mais Liszt n'est pas Chopin, et cette suite magnifique de sentiments humains de toute nature ne nous fut pas communiquée comme elle se doit de l'être.
Au bénéfice de l'interprète, il est si difficile de relever le gant après les versions, encore dans nos oreilles, de Richter, Gilels, Arrau et autres pianistes d'importance.
En guise de "bis", en service minimum, nous eûmes droit à la reprise de deux extraits du Carnaval joué en début de récital.
Bonne soirée en agréable compagnie.
Pour "l'inoubliable", on reviendra.

"J'ai faim !" hurlait le loup.

La Salle Gaveau

lundi 5 décembre 2011

Vite fait

Ce soir, sortie à Gaveau pour le récital de Jean-Nicolas Diatkine : du Liszt, évidemment (la périlleuse Sonate en si mineur !), du Schumann (Carnaval) et la "Waldstein" de Beethoven ; du lourd !
Excuses et contrition auprès d'un fidèle lecteur qui me disait encore hier : il est super, ton blog, mais... y'a trop de pianistes !

Non, C., ma chérie, le potentiel compagnon de voyage en Sicile, ce ne peut être toi.
Désolé.
Mais à charge de revanche...

Je vais essayer de tenir le rythme de mes billets ici : je voulais mettre en veilleuse en un mois de décembre où je dois me démultiplier. Or, il y a recrudescence de lecteurs "directs" sur ma petite gazette.
Si vous êtes fidèles, je le serai aussi.

Mais c'est quand même tout pour aujourd'hui : je réunis les profs de l'Atelier pour bilan trimestriel.

samedi 3 décembre 2011

Sicile : je sens que ça me reprend !


J'aime parcourir de nouveaux paysages "en éclaireur" ; si j'ai vibré, mon plaisir est d'y retourner en suite accompagné pour partager mes émerveillements.
Je garde de mon voyage en Sicile un souvenir prégnant.
Evidemment, les photos de ce billet n'ont pas pour but de convaincre définitivement mon compagnon de voyage potentiel...

Ci-dessus et ci-dessous, Il Duomo (Syracuse) 


 Syracuse



Palerme : la Chapelle Palatine

Catania :derrière ces fenêtres dansent pour l'éternité les protagonistes du "Guépard".

La ville de Catania voue un véritable culte à son enfant Vincenzo Bellini.
Il est enterré dans la Cathédrale Sainte Agathe.

Ma ritalerie du jour : planant, non ?

Je suis, de loin, la carrière de Gianmaria Testa, cet ancien chef de gare qui a tout plaqué pour devenir troubadour ; mon ami Frédéric Bargeon-Briet, contrebassiste, l'accompagna, il y a quelques années, lors de ses premiers concerts parisiens.
Le chanteur a choisi la voix intimiste, s'accompagnant le plus souvent de sa seule guitare.
Testa sera à l'Alhambra le 24 janvier 2012.

vendredi 2 décembre 2011

Vieillir, oui, mais pas n'importe comment

Hier soir, dans le métro, j'ai croisé trois jeunes rebelles, deux garçons et une fille ; de leurs pulls dépassaient des sweats d'une jolie couleur orangée.
J'ai vite compris qu'ils sortaient d'une réunion du Modem.
Il y eut un moment très fort : l'un des garçons a dit à l'autre "t'es ouf ?!" ; la fille a balayé le voisinage du regard, très gênée, pour réprimander vertement son camarade : "Tu veux dire : tu es fou, quoi !".
Ces jeunes gens semblaient passionnants.
C'est ouf, me dis-je, d'avoir 20 ans à vue d’œil, et d'adopter une telle attitude politique : centriste !
Pendant que les "indignés" américains se prennent des gaz paralysants en pleine poire, il y a de jeunes français pour mener un combat aux côtés d'un gourou charismatique du nom de François Bayrou !
La crise fait des ravages, plein de jeunes crèvent la dalle, y compris des étudiants obligés d'avoir recours aux associations caritatives pour subsister avec un minimum de dignité, le chômage devient endémique, des millions de citoyens ne peuvent se soigner, d'autres, salariés, dorment dans leur voiture, il y a de plus en plus de jeunes SDF, les restos de Coluche affichent complet,  et l'idéal de ces charmantes jeunes personnes, c'est le... centrisme !
Cette fascination pour le béarnais me laisse pantois.
Vraiment, y'a plus de Pyrénées.

 Et on même eu des ballons oranges !

Bien avant que le livret de Stéphane Hessel ne connaisse le succès que l'on sait, bien avant que la jeunesse -pas la "centriste", hein !- ne manifeste un peu partout, je disais à ceux qui me trouvent "plus jeune que mon âge" (si, il y en a !) que je devais ma vitalité au fait que ma capacité d'indignation est intacte.
En jetant un regard circulaire, je m'aperçois que beaucoup de relations d'enfance et de jeunesse, très "à gauche" en leur temps, ont fini par baisser les bras ; mon indignation est une réponse à leur résignation.
Je connais cependant les limites que m'imposent mon mode de vie, mes activités : on peut donc me rétorquer qu'il est facile de s'indigner quand on n'agit pas ; ce n'est pas faux, mais il y a de multiples façons d'agir : en faisant fonction d'humoriste-poil à gratter, par exemple, ou bien en transmettant à autrui, en faisant ce que l'on appelait autrefois en terrains gauchistes de "l'agit-prop".
En convertissant de jeunes centristes ?
En votant, aussi, mon ami.
En gueulant.
En n'admettant pas l'inadmissible.
En combattant sans relâche, par tout moyen à sa disposition, la trouille, les lâchetés ordinaires, la peur du lendemain, le repli sur soi, la petitesse qui rime avec bassesse, la bêtise, l'ignorance, que les politiques sans vergogne exploitent.
S'insurger et dire pourquoi, expliquer sans trêve, expliquer encore que les "amis du peuple" (le FN fait un carton, nous dit-on dans ce qui reste de la classe ouvrière) sont son pire ennemi, aider les gens de bonne volonté (il y en a) à améliorer le sort de leurs concitoyens, c'est un devoir.

A part ça, hier,toujours dans le métro, sur la ligne 8 précisément, j'ai compté autour de moi 5 personnes lisant un vrai livre.
Ça m'a rasséréné pour un petit moment.

Illustration en haut à gauche : la révolution orange est en marche.

jeudi 1 décembre 2011

Le Balzac : il faut le soutenir !

De la direction du cinéma Le Balzac :

Le Balzac, tel que vous le connaissez et tel que vous l'aimez, est gravement menacé aujourd'hui parce que nous n'avons plus accès aux films porteurs et les films que nous réussissons à sortir malgré tout ne font pas assez d'entrées... Il faut que les circuits, présents sur les Champs-Elysées, nous laissent une petite place et arrêtent de nous asphyxier... Nous avons besoin de votre présence et de votre soutien massif. Merci de relayer et de diffuser au maximum ce message vidéo de Jean-Jacques Schpoliansky !

mardi 29 novembre 2011

Franz Liszt est grand, Chamayou est son prophète.

Bertrand Chamayou et, ci-dessous, Franz (Ferenc) Liszt

Avec la Sonate en si mineur, on peut dire que les "Années de pèlerinage" sont un monument de l'histoire du piano.
Celui qu'on prenait pour un virtuose, une "star", un Casanova vaguement sorcier (sa technique était époustouflante), un laboureur de Pleyel, conçut en lui-même cette somme pendant près de 40 ans!
"Les années de pèlerinage" ont eu une influence prépondérante sur le piano "moderne", irradiant jusqu'à Debussy et Ravel : les "Jeux d'eau" de ce dernier sont un hommage à ceux, "à la Villa d'Este" du grand compositeur hongrois.
En cette année du bicentenaire, on s'aperçoit -il en a fallu du temps !- que Liszt fut bien autre chose que le compositeur des Rhapsodies Hongroises, brillante démonstration de virtuosité pianistique empreinte de références tziganes.
En tendant un peu une oreille que les temps ont rendu paresseuse, on perçoit combien, par exemple, outre la plongée quasi spéléologique à l'intérieur de l'instrument, combien la recherche harmonique obsessionnelle du Don Juan devenu "l'abbé Liszt", a été essentiele pour les musiciens à venir, y compris sur son propre gendre, Richard Wagner.

Les enregistrements de l'intégrale de ces "Années" sont fort rares, celui de Ciccolini faisant habituellement mon ordinaire.
Les plus grands, vivants ou morts, d'Arrau à Volodos s'y sont frotté, et il ne sera pas question de rejeter l'apport à l'édifice de ces grands noms, en n'oubliant pas de citer Bolet ou Horowitz (qui les distilla avec parcimonie, hélas !) ou Brendel.

Hier soir au Théâtre des Champs Elysées*, nous avons assisté à un évènement pianistique de première importance : un jeune pianiste de 30 ans, considéré comme l'un des tout premiers de la nouvelle génération (Victoire de la Musique en 2006, à 25 ans, donc !), Bertrand Chamayou, s'est livré à une véritable performance en un récital de près de trois heures, donnant l'intégrale de cette œuvre gigantesque et ô combien périlleuse.
Dans le programme, en un texte rédigé par lui, le pianiste disait combien il était réticent aux "célébrations", aux "commémorations" de toutes sortes ; mais son cheminement (il a enregistré les 12 "Etudes  d'exécution transcendante" du même Liszt, une paille !) l'a naturellement conduit vers ces "Années", s'imposant à lui, qui a dû (ça s'entend !) lire, analyser, disséquer au scalpel, ce chef-d’œuvre historique.
Chamayou subjugue : virtuosité, technique infaillible, précision bluffante (on cherchera en vain une note "à côté" pendant ces trois heures !)...
Mais c'est surtout dans la recherche sonore, dans l'exploitation de toutes les ressources du Steinway de concert jusque dans le jeu des pédales, qu'il nous cloue à notre fauteuil, bien placés au premier balcon, devant une foule comme pétrifiée : un grand, un très grand pianiste, un peu gauche, presque emprunté sous l'ovation finale, vient de se révéler dans le monde étroit du piano français.
Non loin de moi, outre l'ami Benjamin Baroche, un jeune homme retient son souffle, comme moi, pendant tout le concert, où l'on répugne à profiter des deux entractes, à se mêler à la foule piaillant (de contentement, certes),se bornant à envoyer un SMS, perçu à côté de la plaque d'ailleurs, à un ami réputé "musicien" avec ce simple mot en élan du cœur : fabuleux !
Chamayou a pénétré les entrailles de la partition, la dépoussiérant, en donnant une nouvelle vision, la "recréant" comme si elle venait d'être écrite tout récemment : de mémoire, je n'avais jamais entendu tinter aussi clairement les Cloches de Genève, je n'avais jamais senti l'émotion m'étreindre à ce point dans les "Sonnets de Pétrarque", jamais compris aussi nettement la qualité descriptive de ces "Jeux d'eau à la Villa d'Este" que je massacrai allègrement à dix-sept ans, parce que j'aimais l’œuvre, mais passai à côté par manque de maturité.
Là, hier soir, dans le silence religieux de ce si beau théâtre, tout devenait enfin limpide : je retournais à la Villa d'Este, souvenir inoubliable d'un séjour à Rome, l'un des lieux les plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de parcourir : le jeune Chamayou m'y ramenait enfin ; il a droit désormais à ma profonde gratitude.

Le son du Steinway en ce lieu mythique des Champs Elysées où rode l'ombre de tant de grands musiciens, celle de Cocteau et de ceux qui firent de la France un phare de la culture en des temps hélas disparus sous des amas de vulgarité, les basses profondes ou meurtrières, les aigus cristallins, l'attitude sobre du pianiste, impliquant malgré tout toutes les fibres de son âme, exploitant toutes les ressources de son corps en deuxième instrument, resteront longtemps comme un très grand moment de ma vie musicale.

Les concerts viennent appuyer la sortie du disque que je vais évidemment me procurer pas plus tard que cet après-midi.

Voici un court reportage sur l'enregistrement, à Poitiers, au printemps 2011 :



* Les sigles à la noix ont envahi le monde de la musique y compris. Ainsi, il serait de bon ton de ne plus dire Théâtre des Champs Elysées, mais T.C.E. Moi, je prends mon temps.

L'hommage à Liszt à l'entrée de la Villa d'Este

Les fameux "Jeux d'eau"
-Photos Sylgazette -