Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

jeudi 8 novembre 2007

Onfray effraie.

Libération ouvre ses pages, aujourd'hui, à des philosophes.
Parmi eux, le "très tendance" Michel Onfray signe, d'une part, un court éditorial sur "Sarko l'américain" et, un peu plus loin, un article virulent sur le PS intitulé "Le oui socialiste sur la voie de droite".
L'homme, brillant au demeurant, semble oublier que les militants du PS avaient voté à une large majorité pour le oui au référendum de 2005 et furent, il est vrai, désavoués par les électeurs de gauche.
Pour lui, il y a une gauche du oui et une gauche du non irréconciliables (ce qui revient à dire que la droite sarkozyste est au pouvoir pour des lustres).
Au passage, Onfray met dans le même sac Sarko, Bayrou et Royal, reprenant les vieilles théories gauchistes les plus rebattues.
Pour lui, une seule solution, la rue.
La conclusion de son article est explicite ; citons le :
[Une gauche véritablement incompatible avec Sarkozy, avec Bayrou, avec une partie de Le Pen, donc une gauche antinomique à celle de Ségolène Royal, fournirait une force à ce qui, pour l’instant, menace d’un débordement protestataire dans la rue.

Suffrage. Dans cette logique d’un double déni sarkozyste et socialiste de l’expression du suffrage universel, il ne faudra pas s’étonner que les choses se passent désormais dans la rue. Les semaines revendicatives qui s’annoncent le rappelleront à ceux qui auraient eu le tort de l’avoir oublié trop vite…]

Personne ne doutera ici de la détestation que j'éprouve à la fois pour Sarko et Bayrou qui ne sont que deux visages de la même droite.
Quant à Ségolène, qui fut notre candidate aux uns et aux autres (par défaut pour beaucoup, certes), je n'en suis pas un admirateur bêlant.
Mais dans cette conclusion notre Michel adulé, oubliant au passage, dans son amalgame fumeux "Sarko-Ségo-Bayrou-Le Pen" (!) que dans le non de 2005 se sont hélas mêlées des voix de toutes natures, dont de nombreuses hurlées en protestation à l'égard de la politique du duo Chirac-Raffarin, met purement et simplement en cause la démocratie : ce que les urnes ne nous ont pas donné, on le prendra dans la rue, affirme-t-il.

L'extrême-gauche n'aura pas attendu le référendum puis l'élection de Sarkozy pour stigmatiser les "sociaux-traîtres" du PS : historiquement, ça remonte peu ou prou à 1921.
Je ne rappellerai pas les conquêtes sociales qui émaillèrent les diverses et trop rares gouvernances de gauche, de 1936 à 2002 : pour la gauche de la gauche, ainsi se définissent-ils, c'est roupie de sansonnet.

Les tenants de ces idéologies, extrêmes en tout, se répandent en ville proclamant que le PS est mort : je ne le leur souhaite pas.
Ils semblent oublier d'ailleurs que ce parti est un parti de militants où tout peut être remis en cause du jour au lendemain.
Patience.

mercredi 7 novembre 2007

Réclame.



LA FLUTE ENCHANTEE
par Comédiens et Cie
L'opéra de Mozart revisité Commedia dell'arte s'installe au
Théâtre TRISTAN BERNARD
64 rue du Rocher
75008 Paris

A partir de samedi 10 novembre.

Les aventures de Frédéric Chopin.

20è prélude en ut mineur :

Mère courage.

Rachid Adati (Reuters)

Ne craignant ni les insultes ni les caillassages probables, désireuse de convaincre les populations barbaresques, voulant porter haut le flambeau de l'UMP, cette femme courageuse a décidé d'être la candidate de la droite dans le... 7ème arrondissement.
Souhaitons que ses réunions (s'il y en a) ne soient perturbées par les dangereux marxistes-léninistes qui, c'est bien connu, pullulent entre l'avenue de Breteuil et la rue Saint Dominique.

Causticité mise à part, une arabe maire du 7ème, je trouve ça trop bien, comme disent les moins de 25 ans.

mardi 6 novembre 2007

Sublime Gene Tierney

Vous avez sans doute vu "Laura", mais l'aviez vous vue en femme fatale des familles ?
Ce film (que je n'ai pas encore) est un "must" :


"Leave her to heaven" de John M. Stall est dans la lignée des films de Douglas Sirk.
Aux côtés de Miss Tierney, Cornel Wilde, Gene Lockhart et le toujours inquiétant Vincent Price.

Eux du jour.

Vous le savez maintenant depuis que je le serine : le mardi, il faut lire nécessairement le No Smoking de Pierre Marcelle qui, aujourd'hui, jette son regard acéré sur les 6 premiers mois de la présidence sous amphés de Nick Sark.
Et termine sa chronique avec ces phrases terribles :
"Michèle Alliot-Marie est paraît-il ministre de l’Intérieur, et Brice Hortefeux, outre de l’Identité nationale, de l’Intégration, dit-on. Mais cet ordre de contraindre les campeurs à se tenir debout, sous peine de énième embarquement, qui le donna ? Cette ignominie, qui la signa ? On ne sait. Sans effet au-delà de quelques heures, elle se réduisit bientôt à un rien, gratuit et vain. Dire qu’elle fut anonyme, c’est dire l’état d’un Etat qui, en place de gouverner, ne semble parfois plus guère capable que d’improviser des brimades."

*
Dans le Libé du jour également, Gérard Lefort, qui est un peu notre mère à tous, tresse des lauriers à Etienne Daho qui sort "l'Invitation", son nouvel album.
J'en rajoute : ceci est un évènement qui mérite que l'on cesse toutes affaires.
Le breton est ce que les années 80 ont produit de mieux dans le genre "chanson française moderne" ; l'Etienne en question est ce que ce début de siècle produit de mieux dans le genre, encore et toujours.
Il est certainement l'un des rares artistes dont on n'a pas besoin d'écouter une "démo" avant de foncer acheter un nouvel opus.
L'homme est charmant, beau, classieux, juste assez ambigu pour faire se pâmer Lefort.
Indispensable donc.

*

Il paraît que dimanche Drucker célébrait le retour de Dorothée, témoignages lacrymaux de fans devenues "adultes" (?) à l'appui.
J'enfonce sans doute une porte ouverte en rappelant que c'est sous le règne de cette animatrice que les émissions pour la jeunesse ont atteint des sommets de bêtise et de mercantilisme jamais vus : invasion de films d'animation japoniais*, "Les musclés" au hit-parade, concerts "tape-portefeuille-des parents" au Zénith en furent les marques de fabrique.
D'autant plus gerbant qu'ici on exploite l'innocence des mouflets et l'inconséquence de parents qui les laissent prendre racines devant le poste.


*Oui, je sais, je sais.





lundi 5 novembre 2007

Au plus haut des cieux.

-Photo AFP-

Dommage d'avoir manqué le 20 heures de TF1 : je me demande comment cette erreur dans la stratégie de communication, affutée d'ordinaire, a pu se produire.

Tati, c'est chic !

"Mon oncle" de Jacques Tati : au rayon frais.

dimanche 4 novembre 2007

Chopin est vivant, oui !

Affinités électives.



Hier soir, remonté à la surface après une soirée électrique au Caveau, j'ai regardé la télé(sans)vision : c'est un fait assez rare pour que j'en fasse état, mais le samedi soir, je jette un œil de temps à autre sur l'émission très nocturne de Laurent Ruquier qui peut être intéressante selon qu'on y a invité Mireille Mathieu ou Michel Onfray.
J'y apprécie également le perfide Lemoine et le dévastateur Alévêque et ne remercierai jamais assez Ruquier d'avoir sorti ce dernier d'un quasi-anonymat.
J'aime aussi y détester Zemmour, chantre du libéralisme à tout crin, idéale cible de jeu de massacre de la grande foire médiatique.
Lequel Zemmour, hier soir, eut fort à faire avec Bernard-Henri Lévy, personnage brillantissime et redoutable bretteur de plateaux télé.
Voir le philosophe mondain (mais pas que : il y autre chose sous ce vernis) estoquer le talentueux, certes, chroniqueur du Figaro-à-son-Nico m'emplit d'une intense jubilation.

Mais le moment le plus jouissif de ce "talk show" fut celui où le joli, mais vide, Steevy Boulet déclara au philosophe qu'il kiffait (n'est-ce-pas ?) la compagne de ce dernier, la fort répandue médiatiquement Arielle Dombasle.
Laquelle, selon BHL, "kiffe" (re-n'est-ce-pas ?) tout autant l'inénarrable ex-choupinou du Loft.

Que cette immense chanteuse apprécie à ce point ce grand comédien et réciproquement, me semble d'une cohérence et d'une logique absolues.

samedi 3 novembre 2007

Chopin pas mort.

Moulage de la main gauche de Chopin


Chopin peint par son pote Delacroix

La musique pop a beaucoup emprunté à Chopin, Gainsbourg en tête qui reprit les thèmes principaux de l'Etude 3 opus 10 ("Inceste de citron") qui fut aussi sussurée par Tino Rossi ("Tristesse").
Serge G. reprit note à note le 4ème Prélude pour "Jane B." chantée par... Jane B.
En outre, le 20ème Prélude en do mineur "bénéficia" d'une adaptation par Barry Manillow sous le titre "Could it be magic", chanté aussi en mode disco par Donna Summer, et en ballade par Alain Chamfort (Le temps qui court).

Sakamoto.

Créateur du groupe "Japan" avec David Sylvian (qui n'est pas un duo), Ryuchi Sakamoto est aussi un grand compositeur de musique de films.
Exemple :

Furyo
envoyé par racerboat

La Bise en France (Karambolage - Arte)

La bise, ce douloureux problème.

Têtes de mules.

En visite en France le 8 novembre, les infirmières bulgares récemment libérées tiennent a-bso-lu-ment à rencontrer Cécilia Sarkozy.
Bon, les filles, vous arrêtez tout de suite vos conneries ou on vous repose en Libye.

vendredi 2 novembre 2007

Jour des morts.



Combien de chrysanthèmes ?

Enola Gay

C'est le titre d'une chanson d'OMD qui fit fureur dans les 80's.
C'est le nom du bombardier qui largua la mort sur Hiroshima le 6 août 1945.
Le pilote, un certain Paul Warfield Tibbets vient de décéder à l'âge de... 92 ans.
Qui parle de "justice immanente" ?

De nouvelobs.com :
Avant son décès, il avait fait savoir qu'il ne voulait pas de funérailles, ni de pierre tombale, craignant que cela ne déclenche des manifestations de protestation, selon Gery Newhous.
Sa mission aux commandes de l'Enola Gay, le bombardier qu'il avait baptisé ainsi en référence au nom de sa mère, Enola Gay Hazard Tibbets, a marqué le début de la fin de la deuxième guerre mondiale.
Le matin du 6 août 1945, l'avion et son équipage, constitué de 14 personnes, avaient largué la bombe "Little Boy" de cinq tonnes sur Hiroshima. Elle avait fait de 70.000 à 100.000 morts, et de très nombreux blessés.

Bonheur intense.

J'ai considérablement réduit le shading de mon vidéo-projecteur.
Oh, taisez-vous, vous ne pouvez pas comprendre...

jeudi 1 novembre 2007

Quel est le plus beau film du monde ? (21)





Fraîchement accueilli par la critique -qui se ravisa plus tard- au festival de Cannes 1967, "L'incompris" fut même en partie renié par Comencini qui en parlait comme d'une "machine à faire pleurer".
Quand on a commis, l'année précédente, le plus mauvais "Don Camillo" (en Russie !) de l'histoire, si tant est qu'il y en eût de bons, un tel jugement sur son œuvre ne peut manquer de surprendre.
Bien sûr il faut avoir près de soi, lors de la projection, une boîte de mouchoirs, car le film ne peut laisser insensible tout être doté du minimum vital de sensibilité (à essayer sur Chabal).
Il s'avère aujourd'hui que ce film a formidablement traversé le temps, bouleversant parce que d'une justesse impressionnante.
Et si l' on a le droit de se bidonner au cinéma, en vertu de quelle pudeur décrétée par on ne sait qui, ne pourrait-on se laisser aller à des épanchements lacrymaux ?
En ce sens, l'Incompris fait mouche à tous les coups, et l'on serait malvenu de reprocher au Luigi ce qu'on applaudit chez Douglas Sirk (dont les films en coffret déboulent enfin de toutes parts).
Manque plus qu'une bonne édition DVD de ce très beau mélodrame.

De la filmo pléthorique de Luigi Comencini, on retiendra, outre ce film, un fort beau "Casanova, adolescent à Venise" et des "Aventures de Pinocchio" propres à enfouir sous des tombereaux de ridicule ce pauvre Begnini qui se crut capable d'en donner une meilleure version.

Chopin est mort.

Depuis 1849, la tombe est régulièrement fleurie par des "fans".


Pour anticiper le "jour des défunts", j'irai faire un tour au Père Lachaise pour vérifier que le tombeau de Chopin est toujours là.
Il y eut plus de monde à l'enterrement du compositeur franco-polonais qu'à celui de Clo Clo : aux obsèques de ce dernier assistaient Sheila, Guy Lux, Danièle Gilbert et Lederman (normal, c'est ce dernier qui produisait le spectacle).
A celles de Chopin, le 30 octobre 1849, se pressaient entre autres Berlioz, Meyerbeer et Delacroix, bref, de sombres inconnus pour les lecteurs de la presse people d'aujourd'hui et les fans de Jean Pierre Pernaud.
George Sand, elle (oui, c'était une femme, Jean Pierre !) , s'était faite porter pâle -si on commence à assister à l'enterrement de tous les amants qu'on a vampirisés, ou va-ton ?- et je lui garde un chien de ma chienne à cette trainée.
Avec les célébrités, quelques 3000 personnes pour saluer l'impressionnant cortège qui se tapait le trajet Madeleine-Père Lachaise.
Au grand cimetière parisien où le musicien fut inhumé (sauf le coeur qui fut envoyé en Pologne), un monument presque aussi laid que la basilique du Sacré Cœur fut exécuté (!) par un certain Clésinger qui, de notoriété publique, ne pouvait pas blairer notre Frédéric, et ça se voit (photo là-haut) !

Chopin et Clo Clo avaient le même âge au jour de leur décès.
Mais le compositeur ne connut pas la "fée électricité".
C'est ce qui fait toute la différence.

Fête des saints morts ?

Madonne et 4 saints (les autres ne rentraient pas dans le cadre !).


Aujourd'hui, c'est la toussaint.
Et tout le monde, nos ineffables présentateurs télé en tête, croit que c'est le jour des morts ; je m'en gausse et, pour tout dire, je m'en fous comme de ma première gamme.
Je me souviens cependant que ma défunte mère avait un jour fait la confusion de base, mais à l'envers : ainsi, en une période que ma sagacité me permet de situer début novembre, quand j'étais un petit garçon (plein de vie et de joie, comme chante l'autre), je nous revois ravis d'aller faire leur fête à tous les saints en l'église d'Antibes et assister à la messe la plus lugubre qu'il m'ait été donné de voir (et pourtant, en soi, une messe, c'est pas la "gay pride" !).
Ma brave bonne femme de mère avait "zappé" la toussaint, le 1er novembre, et voulait donc faire la teuf le lendemain, jour que les calendriers de la poste appellent sobrement "défunts".
Aujourd'hui, c'est vachement bien, vu que je suis grand et que j'ai le droit de sécher la messe, le problème est réglé.
Bonne fête quand même.