Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
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"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)
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mardi 25 septembre 2012
- Je suis sur Saint Raph'. (Pablol)
C'est une carte postale envoyée de St Raphaël par Pablo Picasso à Jean Cocteau en 1919.
On n'ose imaginer la valeur actuelle de l'objet.
Cela me pose un problème de taille : j'ai beau me tournebouiller la cervelle, je ne parviens pas à déterminer duquel de mes contemporains j'aimerais recevoir une carte de ce type...
Il est vrai, me rétorqueront les bons esprits, que je ne suis certes pas l'égal d'un Cocteau.
Mais reste que, quand bien même le serais-je, je ne vois vraiment pas.
Et c'est désespérant.
mardi 28 août 2012
jeudi 12 juillet 2012
Milano
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| Business is business ! |
Si, en France, on ne peut plus mettre ses bagages en consigne pour cause de plan Vigipirate, la très belle Stazione Centrale de Milan offre fort heureusement cette possibilité, avec un service remarquablement organisé : des employés en chair et en os prennent votre valise en charge contre reçu, après que vous avez montré patte blanche (votre passeport est photocopié) et que le bagage ait été passé aux rayons détecteurs.
Vous le récupérez dans le local voisin contre la somme de 5 euros.
A quelques tours de roues d'un métro climatisé, on déboule tout à trac sur la magnifique Piazza del Duomo : impressionnant !
La basilique est immense, avec un très joli stand illuminé (photo ci-dessus) où l'on peut faire l'emplette, qui d'un poster du pape, qui de statuettes et autres bibelots-souvenirs, car il est écrit que Jésus chassa les marchands du temple pour permettre aux proprios de faire eux-mêmes leur business.
Mon appareil-photo se révélant inapte au service pour cause de batterie épuisée (le Lac Majeur fut gourmand !), c'est avec mon téléphone intelligent que j'ai pris les clichés ci-après.
On y verra ce très beau Duomo, la Galleria Vittorio Emmanuelle -sans doute la plus belle galerie commerciale que je n'ai jamais vue- et la statue de ce cher Léonard de Vinci, lequel trône non loin de la prestigieuse Scala.
On dépassait allègrement les 30° ce jour-là, sous un ciel bleu qui devait progressivement s'assombrir. L'orage choisit opportunément le décollage de mon avion pour éclater, me donnant l'impression, moi qui adore ça (!), de me trouver à la Foire du Trône sur un manège sophistiqué.
On déplorera, au passage, la situation économique d'Air France (en tandem avec Alitalia) qui n'offre pour toute collation, à l'heure du dîner, qu'un sachet de biscuits salés proprement immangeables à ses passagers affamés.
Sur la compagnie à bas coût que j'utilise habituellement, on peut au moins se procurer un sandwich pour quelques euros.
Parenthèse refermée, force m'est de reconnaître que ce bref séjour à Milan, m'a quelque peu réconcilié avec la capitale économique de l'Italie, car, comme souvent dans ce beau pays, où que le regard se pose, il y a mille raisons de s'émerveiller.
Quant à Stresa, au bord du Lac Majeur, mon quartier général lors du séjour, j'ai été frappé par la propreté : pas une déjection canine, pas de mégots, sur les trottoirs. Il est vrai qu'on n'est plus très loin de la Suisse...
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| Il Duomo |
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| Galleria Vittorio Emmanuelle |
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| De la galerie, on débouche sur cette jolie "placette" |
Mais aussi :
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| Dans la basilique... |
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| Inévitable ! |
mercredi 11 juillet 2012
Lac Majeur : Isola Madre (extérieur)
C'est la plus grande des 3 îles Borromées.
Les vastes jardins, autour du Palais, recèlent des espèces végétales rares. Des paons majestueux y évoluent en toute liberté. Dans le Palais, mais aussi dans les jardins, on a intégré des œuvres contemporaines qui se fondent admirablement dans cet environnement classique : les chiens de métal, entre autres, sont criants de vérité en leurs attitudes tragiques.
Les vastes jardins, autour du Palais, recèlent des espèces végétales rares. Des paons majestueux y évoluent en toute liberté. Dans le Palais, mais aussi dans les jardins, on a intégré des œuvres contemporaines qui se fondent admirablement dans cet environnement classique : les chiens de métal, entre autres, sont criants de vérité en leurs attitudes tragiques.
Isola Madre (Palais)
Le Palais est habité de mannequins de cire en situation.
Il abrite également des théâtres de marionnettes, distraction fort prisée des maîtres de céans en des temps reculés.
Il abrite également des théâtres de marionnettes, distraction fort prisée des maîtres de céans en des temps reculés.
| La chapelle |
| Joli bassin dans le style italien |
| Contemporain intégré |
| Bibliothèque |
| Cabinet de travail |
| Salle à manger |
| Détail mural |
| Repartir vers la terre ferme |
samedi 30 juin 2012
Des choses de la vie
Que m'arrive-t-il ?
Je me surprends à faire des choses inimaginables jusqu'alors. Ainsi ai-je péniblement confectionné un protège-livre à l'aide d'un récent papier-cadeau pour ne pas salir le premier volume de la "Recherche", qui m'accompagnera au-delà des Alpes.
Le résultat est pitoyablement inesthétique. Ce n'est certes pas la papier utilisé qui le rend ainsi : c'est la manière barbare, qui n'appartient qu'à moi (?) de manier ciseaux et ruban adhésif.
Mais mon proust (Marcel, pas l'autre) est dorénavant à l'abri de tout sugo di pomodoro intempestif.
Et je suis content.
On nous clame que c'est la fin du Minitel, ou plutôt du service afférent.
Mais quid de l'horloge parlante ?
Je ne me souviens même plus des circonstances où j'eus à l'utiliser pour la dernière fois.
J'entends encore, néanmoins, dans le tréfonds de ma mémoire, la voix bien timbrée du speaker qui annonçait : "au quatrième top, il sera exactement -- heures".
C'est aussi lointain, pour moi, qu'un documentaire de première partie de séance au cinéma.
Tiens, pour parler de cinéma, projection au SylPalace, mardi soir, de "L'arrangement", film complètement dérangé d'Elia Kazan avec Faye Dunaway, Deborah Kerr et Kirk Douglas.
Si j'ai aimé ça un jour, je devais être bien alcoolisé !
Et les deux autres spectateurs, eux aussi, n'en pouvaient mais de ce salmigondis réservé sans doute à des élites cinéphiles de haut vol.
Certes, ces dames sont d'impressionnantes artistes -dont l'une, pour mes voisins de séance, un vrai "canon", en langage hétéro-bavant-, certes, M. Douglas est à peu près dix-sept mille fois plus doué que son fils, mais Kazan n'est jamais parvenu, à une scène près, à nous intéresser à son univers un tantinet abscons.
La prochaine fois, c'est "Le grand restaurant" avec De Funès -mon nanar préféré-, et puis c'est tout !
Moi qui déteste ça, je manifeste désormais une indulgence surprenante pour la boulangère qui pose la sempiternelle question : "et avec ceci ?".
Elle n'a pas la voix de Karin Viard, récitant le même texte dans le "Paris" de Cédric Klapisch.
Non, ma boulangère est jolie, blonde, et nantie d'une pointe d'accent "so british" qui la sublime. Il est vrai que l'échoppe ayant changé de mains, propose des produits de qualité qui excusent, à eux seuls, l'emploi de ce leitmotiv commercial.
Ayant eu à assurer récemment un service croissants-chouquettes quotidien, je me suis habitué à ce "hey avec ceci ?", au point que je déplore d'avoir à l'entendre moins souvent.
Ce sont les petites choses...
Bon, je case ici, parce que je m'y suis engagé, ma visite au Musée d'Orsay, en grinçant quelque peu.
C'est une vaste usine de l'art, qu'on a transformée pour y accueillir un maximum de monde et booster -comme le disent les mercantiles vendeurs de merveilles- la fréquentation.
A notre arrivée, piétine sous la pluie -qui fit de notre juin parisien un paradis sur terre- une foule grouillante de touristes assez bien disposés pour subir l'interminable progression de files d'attente qui s'allongent minute après minute. Moi, futé, j'ai réservé sur Internet, en garçon moderne accompli, pensant que mon billet imprimé à la maison à mes frais (commission de la Rnac en sus) serait un Sésame prompt à m'ouvrir prestement les portes de l'ancienne gare d'Orsay habilement transformée.
Que nenni : des huissiers aussi aimables que l'ouvreuse acariâtre du cinéma de mon enfance, m'indiquent la file de ceux qui pensaient, comme moi, détenir le coupe-file idéal.
Une fois entrés dans le saint des saints, on s'agglutine dans des salles où l'on tente de voir une œuvre dans son intégralité, se frayant un chemin au milieu de deux cents japonais dépités de ne pouvoir utiliser leur prothèse (leur appareil-photo traduis-je).
Mon comparse disparait peu après, qui a compris qu'il fallait s'extraire de ce magma humain et s'élever vers des hauteurs plus spacieuses où je le retrouverai un peu plus tard, vaquant, vif et alerte, comme un châtelain en son domaine.
J'ai mon content de Monet, Manet, Renoir, Caillebotte et autres illustres et reconnais que la collection est impressionnante.
Le café "branché" est aussi soumis à file d'attente, grands dieux ! C'est dans l'autre, à l'étage inférieur, que nous faisons halte pour le goûter, sous des dorures qui rappellent le Café Louvre de Prague. Le personnel est prévenant, les tarifs abordables, et le chocolat chaud bien chocolaté.
En ce qui concerne le musée, si quelqu'un connait Aurélie Filipetti, je souhaiterais néanmoins une visite privée.
Je me surprends à faire des choses inimaginables jusqu'alors. Ainsi ai-je péniblement confectionné un protège-livre à l'aide d'un récent papier-cadeau pour ne pas salir le premier volume de la "Recherche", qui m'accompagnera au-delà des Alpes.
Le résultat est pitoyablement inesthétique. Ce n'est certes pas la papier utilisé qui le rend ainsi : c'est la manière barbare, qui n'appartient qu'à moi (?) de manier ciseaux et ruban adhésif.
Mais mon proust (Marcel, pas l'autre) est dorénavant à l'abri de tout sugo di pomodoro intempestif.
Et je suis content.
On nous clame que c'est la fin du Minitel, ou plutôt du service afférent.
Mais quid de l'horloge parlante ?
Je ne me souviens même plus des circonstances où j'eus à l'utiliser pour la dernière fois.
J'entends encore, néanmoins, dans le tréfonds de ma mémoire, la voix bien timbrée du speaker qui annonçait : "au quatrième top, il sera exactement -- heures".
C'est aussi lointain, pour moi, qu'un documentaire de première partie de séance au cinéma.
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| Cette Faye qui les fait défaillir |
Si j'ai aimé ça un jour, je devais être bien alcoolisé !
Et les deux autres spectateurs, eux aussi, n'en pouvaient mais de ce salmigondis réservé sans doute à des élites cinéphiles de haut vol.
Certes, ces dames sont d'impressionnantes artistes -dont l'une, pour mes voisins de séance, un vrai "canon", en langage hétéro-bavant-, certes, M. Douglas est à peu près dix-sept mille fois plus doué que son fils, mais Kazan n'est jamais parvenu, à une scène près, à nous intéresser à son univers un tantinet abscons.
La prochaine fois, c'est "Le grand restaurant" avec De Funès -mon nanar préféré-, et puis c'est tout !
Moi qui déteste ça, je manifeste désormais une indulgence surprenante pour la boulangère qui pose la sempiternelle question : "et avec ceci ?".
Elle n'a pas la voix de Karin Viard, récitant le même texte dans le "Paris" de Cédric Klapisch.
Non, ma boulangère est jolie, blonde, et nantie d'une pointe d'accent "so british" qui la sublime. Il est vrai que l'échoppe ayant changé de mains, propose des produits de qualité qui excusent, à eux seuls, l'emploi de ce leitmotiv commercial.
Ayant eu à assurer récemment un service croissants-chouquettes quotidien, je me suis habitué à ce "hey avec ceci ?", au point que je déplore d'avoir à l'entendre moins souvent.
Ce sont les petites choses...
Bon, je case ici, parce que je m'y suis engagé, ma visite au Musée d'Orsay, en grinçant quelque peu.
C'est une vaste usine de l'art, qu'on a transformée pour y accueillir un maximum de monde et booster -comme le disent les mercantiles vendeurs de merveilles- la fréquentation.
A notre arrivée, piétine sous la pluie -qui fit de notre juin parisien un paradis sur terre- une foule grouillante de touristes assez bien disposés pour subir l'interminable progression de files d'attente qui s'allongent minute après minute. Moi, futé, j'ai réservé sur Internet, en garçon moderne accompli, pensant que mon billet imprimé à la maison à mes frais (commission de la Rnac en sus) serait un Sésame prompt à m'ouvrir prestement les portes de l'ancienne gare d'Orsay habilement transformée.
Que nenni : des huissiers aussi aimables que l'ouvreuse acariâtre du cinéma de mon enfance, m'indiquent la file de ceux qui pensaient, comme moi, détenir le coupe-file idéal.
Une fois entrés dans le saint des saints, on s'agglutine dans des salles où l'on tente de voir une œuvre dans son intégralité, se frayant un chemin au milieu de deux cents japonais dépités de ne pouvoir utiliser leur prothèse (leur appareil-photo traduis-je).
Mon comparse disparait peu après, qui a compris qu'il fallait s'extraire de ce magma humain et s'élever vers des hauteurs plus spacieuses où je le retrouverai un peu plus tard, vaquant, vif et alerte, comme un châtelain en son domaine.
J'ai mon content de Monet, Manet, Renoir, Caillebotte et autres illustres et reconnais que la collection est impressionnante.
Le café "branché" est aussi soumis à file d'attente, grands dieux ! C'est dans l'autre, à l'étage inférieur, que nous faisons halte pour le goûter, sous des dorures qui rappellent le Café Louvre de Prague. Le personnel est prévenant, les tarifs abordables, et le chocolat chaud bien chocolaté.
En ce qui concerne le musée, si quelqu'un connait Aurélie Filipetti, je souhaiterais néanmoins une visite privée.
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| Les fameux "Raboteurs de parquet" de Gustave Caillebotte (1875) |
jeudi 17 mai 2012
Florence : plein les yeux !
Je reviens un instant sur mon séjour récent à Florence, dont je ne peux détacher mon esprit.
L'empreinte est vive de ce que j'y ai vu, ressenti. On peut, on doit, certes, entrer, visiter musées et basiliques, mais on reste émerveillé de l'art qui vous attend au détour de chaque rue, de ces mille détails qui savent capter le regard de qui sait voir.
Et je n'ai pas su tout voir. Ce qui rend impérieux le devoir d'y retourner.
Le Persée de Benvenuto Cellini, dans la Loggia dei Lanzi m'a donné l'envie de me replonger dans la "Vie de Benvenuto Cellini écrite par lui-même", l'autobiographie de référence de la Renaissance.
Dans l'Oltrarno (l'autre rive de l'Arno), au détour d'une rue (ici le Borgo San Jacopo), vous êtes attendu...
Surgit l'imposant Palazzo Pitti (que mon objectif ne peut embrasser dans son entier). A visiter la prochaine fois.
Santa Maria Novella recèle des trésors à couper le souffle. La piazza du même nom fut, jusqu'à une époque récente, un terrain propice pour les voleurs. On l'a réaménagée, y installant des kiosques qui ne dépareillent pas : on peut s'attabler pour déguster un "panino" énorme à la "porchetta" et diverses spécialités toscanes.
Sur l'Arno, à quelques brasses du Ponte Vecchio, un homme, dans cette embarcation (en bas à droite). Je suis intrigué : jour aprés jour, je remarque sa présence, immobile...
L'empreinte est vive de ce que j'y ai vu, ressenti. On peut, on doit, certes, entrer, visiter musées et basiliques, mais on reste émerveillé de l'art qui vous attend au détour de chaque rue, de ces mille détails qui savent capter le regard de qui sait voir.
Et je n'ai pas su tout voir. Ce qui rend impérieux le devoir d'y retourner.
Le Persée de Benvenuto Cellini, dans la Loggia dei Lanzi m'a donné l'envie de me replonger dans la "Vie de Benvenuto Cellini écrite par lui-même", l'autobiographie de référence de la Renaissance.
Surgit l'imposant Palazzo Pitti (que mon objectif ne peut embrasser dans son entier). A visiter la prochaine fois.
Santa Maria Novella recèle des trésors à couper le souffle. La piazza du même nom fut, jusqu'à une époque récente, un terrain propice pour les voleurs. On l'a réaménagée, y installant des kiosques qui ne dépareillent pas : on peut s'attabler pour déguster un "panino" énorme à la "porchetta" et diverses spécialités toscanes.
La statue de Dante, Piazza Santa Croce (que j'aime ce lieu !)
Un détail du fronton de Santa Croce : il faut du temps pour tout admirer...
Marionnettes sur cette même place où la jeunesse du coin se réunit : des groupes s'y rassemblent à même le sol, conversant, chahutant sans excès, conscients du caractère historique des lieux.
Sur l'Arno, à quelques brasses du Ponte Vecchio, un homme, dans cette embarcation (en bas à droite). Je suis intrigué : jour aprés jour, je remarque sa présence, immobile...
samedi 28 avril 2012
Chez les Médicis, extases
Il y aurait beaucoup à raconter de ce trop bref séjour à Florence, ville d'arts plus que toute autre, où le "beau" vous sollicite à chaque pas.
Fresques de Filippino Lipi merveilleusement conservées dans la basilique Santa Maria Novella où les autres œuvres, tout autour, n'ont rien à leur envier, salles dédiées à chacun des "grands" de la Renaissance et à son école dans la Galerie des Offices où l'abondance de biens ne nuit qu'à votre endurance, où l'on s'agacera de la foule qui circule au pas de course sans voir vraiment, où l'on remarquera que certains prennent tout leur temps, touchés au fond de l'âme par le génie de ces artistes qui laissent une trace indélébile de la période la plus fastueuse de l'histoire.
Ils sont tous là, nos immenses artistes, en cette stupéfiante concentration, unique au monde, des grandes œuvres des XVè et XVIè siècles, œuvres qu'on a chéries sur le papier glacé de nos beaux-livres de table-basse et qui se donnent enfin à vous, touristes bruyants et collégiens indifférents oubliés, évanouis ! Admirable conception architecturale que cette "galerie" en "U", ouverte officiellement en 1765, mais que l'on pouvait déjà visiter, sur demande, deux siècles auparavant.
Les sollicitations artistiques sont telles, ici, que trois jours ne peuvent rassasier l'appétit du curieux. Il faut y revenir, oui, mais combien de fois pour s'en estimer repu ?
Palazzo Pitti, Santa Croce, Palazzo Vecchio...
Ailleurs, tant de trésors attendent, comme ces masses touristiques qui patientent à l'entrée du Duomo, interminable file d'attente qui a raison de ma patience : j'y reviendrai à l'automne, en une saison où, l'hôtelier me le disait avant mon départ, la ville respire enfin.
Vivre Florence en visiteur motivé, c'est ne pas compter ses pas, innombrables, sur les pavés du centre historique, et, bien au-delà, sur ces pentes où s'étendent les jardins de Boboli, hantés par les fantômes des anciens Maîtres des lieux, la lignée des Médicis, de grandeur en décadence, dont le plus célèbre, Laurent le Magnifique, le bien nommé, protecteur des artistes, donna à la capitale du Grand Duché de Toscane son prestige historique.
En Toscane, les arts de la gastronomie sont intimement liés à ceux qu'honorèrent Leonardo da Vinci, Michelangelo, Botticelli, Lipi, Donatello et tant d'autres.
J'y viendrai.
Fresques de Filippino Lipi merveilleusement conservées dans la basilique Santa Maria Novella où les autres œuvres, tout autour, n'ont rien à leur envier, salles dédiées à chacun des "grands" de la Renaissance et à son école dans la Galerie des Offices où l'abondance de biens ne nuit qu'à votre endurance, où l'on s'agacera de la foule qui circule au pas de course sans voir vraiment, où l'on remarquera que certains prennent tout leur temps, touchés au fond de l'âme par le génie de ces artistes qui laissent une trace indélébile de la période la plus fastueuse de l'histoire.
Ils sont tous là, nos immenses artistes, en cette stupéfiante concentration, unique au monde, des grandes œuvres des XVè et XVIè siècles, œuvres qu'on a chéries sur le papier glacé de nos beaux-livres de table-basse et qui se donnent enfin à vous, touristes bruyants et collégiens indifférents oubliés, évanouis ! Admirable conception architecturale que cette "galerie" en "U", ouverte officiellement en 1765, mais que l'on pouvait déjà visiter, sur demande, deux siècles auparavant.
Les sollicitations artistiques sont telles, ici, que trois jours ne peuvent rassasier l'appétit du curieux. Il faut y revenir, oui, mais combien de fois pour s'en estimer repu ?
Palazzo Pitti, Santa Croce, Palazzo Vecchio...
Ailleurs, tant de trésors attendent, comme ces masses touristiques qui patientent à l'entrée du Duomo, interminable file d'attente qui a raison de ma patience : j'y reviendrai à l'automne, en une saison où, l'hôtelier me le disait avant mon départ, la ville respire enfin.
| Bon, le Duomo ce sera pour la prochaine fois ! |
| Gli Uffizi vus de l'autre rive de l'Arno |
J'y viendrai.
| Au Mercato Centrale |
| J'aime beaucoup |
Toutes les photos, y compris celles qui sont réussies, sont fabriquées par l'auteur.
mercredi 11 avril 2012
vendredi 23 mars 2012
Sollers à Venise
"Chaque fois que je cherche un mot équivalent à "musique", c'est le mot "Venise" qui me vient."
F.Nietzche
F.Nietzche
jeudi 9 février 2012
mardi 7 février 2012
Molière, Mnouchkine, Purcell : frissons
C'est sans doute l'un de mes plus grands souvenirs audiovisuels : la mort de Molière (Philippe Caubère) dans le film d'Ariane Mouchkine (1978) sur la musique de Purcell m'avait bouleversé.
mardi 31 janvier 2012
Premier communiant à Venise
J'ai déjà évoqué ici le Palazzo Grassi, qui, à Venise abrite les collections de François Pinault.
Je fus très impressionné, lors d'une incursion dans la cité des Doges, par cette œuvre de Maurizio Cattelan : au Palazzo Grassi, mieux que sur la photo ci-dessous, le personnage était installé dans un lieu nu, blanc, circulaire, de façon à n'être approché, à priori, que de dos. C'est en le contournant qu'on découvrait le vrai visage de ce que l'on pensait être un garçonnet abîmé dans sa prière.
Impressionnant !
Je fus très impressionné, lors d'une incursion dans la cité des Doges, par cette œuvre de Maurizio Cattelan : au Palazzo Grassi, mieux que sur la photo ci-dessous, le personnage était installé dans un lieu nu, blanc, circulaire, de façon à n'être approché, à priori, que de dos. C'est en le contournant qu'on découvrait le vrai visage de ce que l'on pensait être un garçonnet abîmé dans sa prière.
Impressionnant !
Maurizio Cattelan
Cire, cheveux humains, résine de polyester et vêtements.
101x41x53 cm
vendredi 27 janvier 2012
mercredi 11 janvier 2012
Pina : "quand tu danses, pense à l'amour !"
La célèbre danseuse et chorégraphe (mais aussi comédienne, cf Fellini) Pina Bausch est partie en 2009.
C'était une immense artiste, à laquelle Wim Wenders rendait hommage, en 2011, avec un film intitulé simplement "Pina" où de nombreuses chorégraphies de la disparue sont recrées en des lieux divers, insolites parfois, surprenants, toujours choisis en respectant l'intention de la créatrice. C'est beau, poignant, humoristique ou tragique tour à tour, admirablement filmé et éclairé avec, en soutien, un melting-pot de musiques de tous les temps et de tous les univers. C'est de l'Art, et on n'a qu'une honte : c'est que les soudards, les embierrés des stades, les barbares en tous genres, quoi, n'y seront jamais sensibles, au contraire de cet homme "humain" qui, dans le beau "Parle avec elle" de Pedro Almodova ne peut retenir ses larmes au spectacle du "Café Muller" de Madame Pina Bausch. Il faut voir, ressentir, écouter. Je ne vois vraiment pas quoi ajouter à cela.
"Pina" de Wim Wenders (2011) existe en DVD et en Blu-ray (2D et 3D) ; éviter absolument les "petits" écrans.
mardi 10 janvier 2012
V comme...
Canaletto "photographia" Venise mieux que quiconque.
Venise exerce sur moi comme sur des millions d'humains à travers les siècles une fascination que j'ai bien du mal à expliquer à travers tous les billets que j'ai pu consacrer à la Sérénissime.
A me l'expliquer, je n'y parviendrai sans doute jamais, ou alors par bribes.
Ainsi, il m'apparait évident que l'un des aspects de cette fascination est que Venise est musique : je viens de commencer l'épais ouvrage (près de 800 pages !) que Sylvie Mamy, après des années de travail, a consacré en 2011 à Antonio Vivaldi.
En exergue, une citation extrait de l'ouvrage de Gilles Deleuze intitulé "Le fil" (1988) où ce dernier tente une explication de ce qu'est la musique baroque, qu'il conclut par ceci :
"Le trait du Baroque, c'est le pli qui va à l'infini".
Venise est musique, et Vivaldi est son prophète : on ne peut penser à Venise sans penser à Vivaldi, et inversement.
Il fallut attendre la deuxième moitié du vingtième siècle pour que le "prêtre roux" soit enfin reconnu, après une longue période d'oubli : de jeunes étudiants passionnés découvrirent ça et là, en Italie, des manuscrits qui révélaient le génie de celui que Bach, lui-même "oublié" fort longtemps, admirait.
Pendant très longtemps, je me refusai à écouter les "Quatre saisons" : le vulgaire s'en était emparé, les utilisant en musique pour attente téléphonique, dans les ascenseurs, dans les aéroports et autres circonstances tout aussi triviales.
C'est là, pourtant, un chef-d’œuvre parmi d'autres dans la production du Maître vénitien.
Issu d'une famille pauvre, le jeune Antonio dut accéder à la prêtrise comme seule voie possible à l'élévation du niveau de vie dans une Venise où tant de lieux de cultes exigeaient une "main d’œuvre" pléthorique : il fallait recruter prêtres et chanoines pour célébrer offices et sacrements à tours de bras !
C'est donc cette "carrière" que le jeune Antonio, déjà violoniste d'exception, embrassa.
Ce n'est qu'après son ordination, à 25 ans (âge obligatoire), que le musicien commença à composer.
La République de Venise, après que la Sérénissime eût rayonné à travers le monde, était déjà sur son déclin.
Elle n'eut alors pour vocation que d'accueillir les "grands" de ce monde pour fêtes en tous genres : Venise restait cependant capitale des arts, musique en tête, et il fallait "fournir" : inspiré, génial (ici le mot trouve sa véritable signification), Vivaldi s'y employa sans difficultés, laissant à l'humanité une œuvre immense que je n'ai pas fini de découvrir : un interlocuteur avisé sur la question me citait, hier encore, des pièces dont je n'avais jamais entendu parler, accroissant mon avidité, ma soif de connaître...
Tout cela me ramènera toujours à Venise, où je suis allé plusieurs fois, mais que je ne peux prétendre connaître comme il se devrait : j'ai fort peu exploré, par exemple, le quartier (sestiere) du Castello, populaire, et ne suis jamais allé sur l'île de San Giorgio Maggiore qui, pourtant, impressionnante, nous attend à quelques brasses, de l'autre côté de la lagune quand on arrive de San Marco : je suis donc encore un peu "touriste" ; il faudra, la prochaine fois, que j'évite absolument les lieux que je connais déjà, et m'écarte des chemins balisés que j'ai déjà foulés.
Et, comme tant d'autres avant moi, j'essaierai, une fois de plus, de comprendre l'angoisse qui m'étreint chaque fois que je quitte la "ville" (peut-on employer ce terme ?) la plus étrange d'Europe : mais, comme le chantait Reggiani, "Venise n'est pas en Italie" ; j'ajouterai que Venise n'est pas en Europe, elle n'est nulle part, elle est Venise, elle est unique.
Giorgione
Le même Giorgione peignit aussi (ci-dessous) la réception du roi de France Henri III à Venise :
samedi 7 janvier 2012
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