Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

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mardi 9 octobre 2012

A Rome, j'ai dîné* à la morgue

Pas reposant, mais festif et populaire
A Rome, dans le Trastevere, j'ai pu déguster une pizza exceptionnelle Al Marmi, que les habitants du quartier on surnommé l'obitorio (la morgue), à cause de ses tables au dessus de marbre.
C'est la terrasse qui attire le chaland par les chaudes soirées d'été : elle est prise d'assaut par les touristes, mais surtout par les autochtones qui viennent s'y régaler à peu de frais, en bandes de jeunes ou en famille.
Ça crie, ça rie à pleines gorges, les serveurs suent sang et eau pour satisfaire les tribus affamées. Mais ici, même si la faim tenaille, nul ne songe à manifester une quelconque impatience.
Excellente cantine locale avec verres inhérents et serviettes en papier (rarissime en Italie !) à des prix pas parisiens.

* J'ai toujours tendance à écrire "déjeûner" et "diner".
Normal, quand on sait que le premier trouve son origine dans desjeûner (rompre le jeûne) et qu'autrefois on "dinait" en milieu de journée. Allez comprendre !

lundi 8 octobre 2012

Adresse florentine

A la suite de la publication déjà ancienne d'un billet sur une adresse "confidentielle" à Florence, j'ai reçu ce petit message :

J'étais à Florence la semaine dernière et en faisant une rapide recherche "restaurant caché" ou quelque chose dans le genre, je suis tombée sur ce blog. Cette adresse est INCROYABLE! Nous nous sommes fait offrir un verre de vin par un client local. MERCI.

Il se trouve que j'ai bien l'intention d'y retourner.
Dans peu de temps.


Le Palazzo Pitti : je l'ai gardé en réserve.

lundi 24 septembre 2012

Pan-bagnat

On peut aussi
le présenter ainsi :


La dernière fois que j'en ai confectionné un (à emporter), j'ai oublié les olives noires !
Je ne m'en remets pas.

dimanche 26 août 2012

Parigi

Un brunch à l'italienne, à Paris, ça ne se refuse pas :


mercredi 8 août 2012

Eté en Trastevere

Dans le Trastevere, sur les bords du Tibre, on peut, chaque été, diner à la belle étoile de spécialités locales dans l'une des nombreuses cantines qui bordent le fleuve :

lundi 6 août 2012

Amatriciana

vendredi 3 août 2012

Faits d'été

J'écris actuellement de l'Atelier Musical : mon vaillant Vaillo (je modifie pour ne pas faire de publicité à Sonni) est dans un autre atelier pour remplacement du ventilateur. L'appareil devenait brûlant et faisait un bruit d'aspirateur. En août, la terre s'arrête de tourner ; malgré l'assurance que m'a donnée le monsieur de l'Atelier du portable (tous ces ateliers !) de récupérer mon bien rapidement, je suis un tantinet sceptique.
L'avantage, ici, c'est, sans conteste, le grand écran. Je vais m'en procurer un, c'est nettement plus confortable.
L'absence d'ordinateur chez moi génère un changement d'habitudes assez plaisant, en fin de compte. Vers neuf heures du matin, sacoche en main, je vais d'un pas alerte me procurer un pain au chocolat chez le boulanger de la place Jules Joffrin, lequel, ô miracle, maintient ouverte son échoppe durant tout le mois d'août !
Muni de ma viennoiserie, je bois un (bon) café au Café Albert, servi par une accorte serveuse qui, apparemment, vient de m'intégrer au cercle des habitués du matin, m'accueillant désormais d'un "vous allez bien ?" fort agréable, par les temps d'indifférence qui courent. elle semble se réjouir de me voir à nouveau trotter (je n'irais pas jusqu'à dire "galoper") comme un bambin.

J'ai beaucoup vitupéré, ici-même, contre les brasseries parisiennes, le peu d'empathie que l'on peut avoir pour des serveurs peu amènes (euphémisme), les prix exorbitants qu'elles pratiquent et leurs règlements intérieurs souvent surprenant.
Ainsi, l'autre après-midi, j'avisai une pancarte exposée au-dessus du comptoir d'un café de la place Clichy :
"Café au bar : jusqu'à 15 heures, 1€10 , de 15 à 19 heures, 1€30, à partir de 19 heures, 1€50"
Pourquoi ?
A côté de la Mairie du 18è, au fronton d'un brasserie, on vient d'apposer l'écriteau suivant : "à partir de 16 heures, plus de boissons chaudes en terrasse."
Pourquoi ?

Pardon, l'ami, j'ai oublié la feuille de sauge !
Je vous parlais l'autre jour de "supions à la provençale".
Nous nous en sommes régalés avec un vieil ami, l'autre soir, après un apéritif "à l'italienne" pris sur le balcon sous un ciel clément.
Je suis fier d'avoir réussi mon plat, que j'ai fait précéder d'une mise en bouche inspirée par Claudio, le jovial chef de "Armando al Pantheon", à Rome : une tranche d'aubergine doucement revenue sur laquelle on dépose une quenelle de ricotta fraîche piquée de brisures d'amande ; sur cet appareil on pique une tranche de pancetta roulée qui recèle un petit morceau d'abricot à peine tiédi au beurre.
Je suis sûr que vous auriez aimé partager ce joli repas, auquel succéda la projection d'un film... italien.

Pour mon prochain séjour romain, je logerai dans le Trastevere, c'est décidé. Il s'avère en effet que depuis mon petit succès de l'autre jour sur facebook m'arrive force "plans" de séjour des plus alléchants.
J'avais repéré, lors d'une précédente escapade, un hôtel sis dans un ancien couvent. La perspective de petits-déjeuners dans son magnifique jardin m'y attirait irrésistiblement, si ce n'est que les prix ne sont guère dans mes moyens, même si, pour ce genre de séjour, je ne compte guère.
Je vais bien finir, grâce à mes virtuels nouveaux amis, par trouver l'équivalent à moindre prix...

Mignon, mais un peu cher...



lundi 30 juillet 2012

M'irriterais-je ou m'esbaudirais-je ?

En commentaire d'une recette de supions (petites seiches) à la provençale, une maîtresse de maison, et néanmoins internaute, se pousse du col : "moi, je rajoute de la crème et de l'estragon, c'est encore meilleur" (je vous épargne les fautes d'orthographe).
C'est une manie très répandue que de dénaturer les recettes originales dont on a pu se délecter sur leurs lieux d'origine.
Ca me fait penser à cet ami qui tartinait les merguez de son couscous de... moutarde de Dijon.
C'est d'ailleurs devenu une blague récurrente de l'ami Gey, qui ne manque point de réclamer ce condiment.
Hier encore, au moment de déguster une bonne pissaladière...

 Et celui ou celle-là qui oublie la tomate, bonne mère !

dimanche 15 juillet 2012

Choisir un restaurant, mode d'emploi

L'excellent Rue 89 publie un vade-mecum à garder en tête quand, de passage dans une ville inconnue, on veut choisir un restaurant.
Ces préceptes semblent tomber sous le sens.
Il est utile toutefois de les rappeler.
A lire ici : clic

lundi 18 juin 2012

Récolte à l'italienne

Le
mystère
est
enfin
levé :


vendredi 15 juin 2012

Se pourlécher les babines

Les ciccheti
sont
des en-cas
typiquement vénitiens.
On peut en faire un
vrai repas dans de multiples
bars et osterie :


samedi 28 avril 2012

Coup de coeur : les "pici" chez Sergio Gozzi, vieille maison familiale.

C'est une trattoria cachée sur la Piazza San Lorenzo, à Florence. Cachée, c'est le mot : pas d'enseigne lumineuse, pas de "menu touristique", pas de drapeaux. Ici, on fait dans l'authentique, lieu prisé des "locaux" qui s'y attablent en famille, ou en solitaire aux tables de marbre proches du comptoir, et non pas, comme trop souvent dans nos contrées, reléguées à côté des toilettes.
Certains guides, dont le mien, signalent toutefois cette adresse que j'ai un peu de mal à divulguer. On attend patiemment son tour devant un verre de Chianti Classico (par 2 fois, jamais le précieux breuvage ne me fut facturé) et on s'y régale ensuite (déjeuner seulement, fermé le soir, donc) de spécialités locales du menu fréquemment renouvelé.
La surprise viendra au moment de régler "il conto" : 14,50 € la première fois, 16 € la seconde ! J'y découvre les "pici toscani", pâtes artisanales de la région de Sienne, faites à la main, de farine, d'eau, et de sel, "e basta cosi !".
Cette "pasta" est grossière, d'une consistance nouvelle au palais, fondante et rugueuse à la fois, "popu".
La sauce est un délicieux "ragù" qui laisse sur le carreau les meilleures "bolognaises" : entrent dans sa préparation du veau, du poulet, de l'os à moelle, carottes, oignons, bouillon (genre Kub), de la saucisse fraîche, de l'huile d'olive et du vin blanc, pas moins !
On s'en satisfait, avant de tremper des "cantuccini" (biscuits secs aux amandes) dans du "vino santo" en guise de dessert, en préambule à un vrai café.
Ça vaut le détour : je m'en pourlèche encore les babines.

On fait plus racoleur comme enseigne.

Les "locaux" peuvent s'y attabler en solitaire : c'est même bien vu !
Pici al ragù : une vraie découverte.
Cantuccini e vino santo, inévitables !
Hygiène de rigueur !
De notre envoyé spécial à Firenze pour SylGazette et Alone Planet

mardi 17 avril 2012

En sandwich

Avant d'aller me délecter d'une cuisine toscane en majesté (ah, leur manière de vous transformer une entrecôte en "bistecca" parfumée !), petite virée, hier, en froide après-midi sur le mode février, dans le quartier des éditeurs.
Place Saint Sulpice, sous le soleil qui peine à me réchauffer, le Café de la Mairie attire bourgeois, touristes ("ça doit être bien, ici, c'est bondé !"), écrivains et modeux.
Pour dérouiller mes articulations, une petite promenade de santé jusqu'au carrefour de l'Odéon, puis virage à droite vers la rue de Buci, Taschen où, pour une fois, je n'achète rien, car mes déambulations et l'air frisquet m'ont donné une faim de louve romaine.
"Cosi" m'attend, rituel  de mise en ce quartier, où j'emmène habituellement mes amis provinciaux de passage (tu dois peut-être t'en souvenir, "toi" qui me lis) : ici, on fait dans le sandwich à l'italienne, d'une focaccia sortie d'un véritable four de boulanger que l'on agrémente d'ingrédients à choisir parmi la pléthore d'antipasti qui vous allèchent derrière la vitre du comptoir.
"Aqua frizzante" en avant-goût de ce qui m'attend en Italie où l'on n'a pas le toupet de la vendre à des prix indécents, comme à la terrasse de cette brasserie du 18è où je ne mets plus les pieds, bien que le tambour de ville clame que les nouveaux propriétaires ont engagé des serveurs plus avenants que les grincheux qui faisaient fuir tout chaland exigeant : dimanche à Vincennes, dans la foule qui envahissait "Le Drapeau" et faisait croître substantiellement le chiffre d'affaire du jour, la tronche des garçons de café et de leur patron (pas un "gaucho", sans doute !) n'incitaient pas à la consommation. Nous avons trouvé bar plus sympathique dans une ruelle, avec un barman "rebeu" qui, lui, savait profiter de l'aubaine et contentait son monde à des tarifs plus que raisonnables.
Le loufiat (ah, l'insulte !) de nos contrées capitales n'en reste pas moins célèbre pour son humeur massacrante de rigueur. 
Mais je m'éloigne de la rue de Seine, où ma focaccia, simplement garnie d'une belle tranche de jambon de Parme, de tomate au goût de tomate (rare !) et de mozzarella de bufflonne, calme mes appétits de marcheur épuisé.
Me promenant ce matin sur le site de François Simon, je vois que le billet du jour est précisément consacré à cette "sandwicherie" d'un genre particulier, où, il omet de l'écrire, on déguste sa pitance à l'étage sur un air d'opéra (hier, ce fut Turandot, pas moins !).
François Simon a le chic pour mettre ses pas dans les miens (la Villa Médicis ou "Armando" à Rome), ou moi dans les siens, Lucullus tranchera.
Pour la peine, je lui pique sa photo.

Ah tiens, lui, il a pris jambon-ricotta !  Photo F.Simon

J'écris et remanie à en devenir dingue : le premier qui dénigrera les écrivains (même les amateurs comme moi) prendra mon pied où je pense.
Entre deux sessions laborieuses, hier soir, j'ai revu "Le bon plaisir" de Francis Girod sur Arte.
Sur un scénario de Madame Françoise Giroud, le film est l'archétype de la "qualité française" des années 70.
Ici, une affaire de chantage où l'on veut compromettre le Président de la République, lequel, quelques années avant d'accéder à la fonction suprême, a "fauté" avec une jolie jeune femme (la Deneuve en sa trentaine, y a pire !) qui, seule, élève le petit garçon, fruit de l'adultère.
Le Président, c'est Jean-Louis Trintignant, flanqué d'un Ministre de l'Intérieur joué par Michel Serrault, et les seconds rôles sont épatants (H. Girardot notamment, frais émoulu, à l'époque, du conservatoire).
Coulisses de la République, secrets d'état, intrigues, saupoudrés d'un zeste de passions déviantes (on met du temps à comprendre que Michel Auclair en pince pour son jeune acolyte...), le film se laisse agréablement regarder en précurseur de cet "Exercice de l'état" récent qui demeure l'un des très bons films français de ces derniers mois.
A la fin du film, cet avertissement : "Toute ressemblance avec des personnages existant etc. etc.".
Moi, j'ai vu un mélange de VGE (celui qui ne s'est pas tapé Lady Di) et de Mitterrand (pour l'enfant caché, c'était prémonitoire, non ?).
Sandwich très digeste, donc.

Trintignant, parfait monarque républicain
Dois-je préciser qu'ils sont excellents ?
Au réveil ce matin, Sarkozy sur France Inter* : en campagne, d'autres ont besoin d'excitants. Lui doit s'administrer du Lexomil pour afficher ce nouveau calme olympien (ce fut le cas, susurre-t-on bruyamment pour le débat de 2007 versus Ségolène, remontée, elle) et l'aplomb avec lequel il balaie tout argument de nature à faire vaciller le penseur de Rodin. Il est très très fort, pensé-je, tout en ayant l'impression que sa mayonnaise ne prend plus.
Il assume avec la plus parfaite mauvaise-foi ses volte-faces, repousse du revers de la main les attaques d'un auditeur qui l'accable d'un "dégage !"  peu courtois, et donc contre-productif, et réussit, par là-même à apparaitre en victime.
Du grand art digne de Machiavel (tiens donc, encore Florence !) qui donne à penser que ce Monsieur n'a pas dit son dernier mot et qu'il faudra se battre jusqu'au dernier moment pour qu'il... dégage effectivement.
Une tranche de bonne chère, du cinéma au milieu, une tranche de politique électorale : j'avais dit "sandwich" ?

* A lire : Sarkozy, festival du Pinocchio sur France Inter

lundi 9 janvier 2012

Qu'est-ce que j'ai encore dit ?

- A ma gauche, Gaspard Proust (collector : avec lunettes) et Frédéric Fromet (bon client) ; 
à l'ouest, Hugues Leforestier -

samedi 7 janvier 2012

Les indispensables de la Gazette

En 2007, j'écrivais ce magnifique article sur les ravioles : allez-y voir ; plus que l'article en lui-même, ce sont les commentaires (bidons : un délire !) qui sont sympathiques : cliquez là-dessus

mercredi 28 décembre 2011

Petits bonheurs

Mezzo live HD
La chaîne Mezzo, spécialisée dans la musique dite "classique" et le jazz, s'est dotée d'un canal supplémentaire qui diffuse (en HD, s'il vous plaît !) des concerts, retransmettant notamment les évènements de la Grange de Meslay, autrefois animée par l'immense Sviatoslav Richter ; c'est un bonheur de voir et d'écouter via mes enceintes anglaises de telles retransmissions. Toute la journée, je laisse ce canal ouvert, et laisse tout tomber de mes activités quand une performance artistique capte mon attention. 
Je repensais, hier, en écoutant la transcription pour piano, par Liszt, de la 6ème de Beethoven, à ce que disait Gaspard Proust, fieffé mélomane, lors d'un entretien à France 2 : "Beethoven (entre autres) c'est une musique violente, aussi violente, si ce n'est plus, que du "heavy metal"."
C'est tellement vrai : une audition de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski vous en convaincra sans mal.

Ecrire
Ecrire, c'est le plus excitant des exutoires, un peu comme la composition musicale.
J'avais commis une suite de chroniques, sur le mode "feuilleton", que j'ai remaniées pour leur donner une forme romanesque.
A l'arrivée, j'ai décidé de repartir de zéro ; je ne pouvais me contenter de compiler les épisodes, les réarrangeant dans un but de cohérence, ne serait-ce que pour les replacer dans un ordre chronologique.
J'ai fait table presque rase de ces pages, adoptant un mode narratif différent, m'attachant surtout à me relire jusqu'à plus soif pour peaufiner chaque phrase.
Je ne sais, et ne veux pas savoir, quand ce travail connaîtra l'aboutissement : pour l'heure, je dois me mettre dans la tête d'un potentiel lecteur, me demander si j'arrive à captiver, si je donne envie de poursuivre la lecture.
J'ai  fait lire, l'autre soir, quelques lignes de cette nouvelle mouture à un étudiant qui aime lire.
Nous eûmes une discussion passionnante sur les scènes de sexe, pour lesquelles, contrairement à la toute première version, j'ai décidé d'appeler un chat un chat.
Je réalisai alors combien notre siècle était devenu pudibond : le jeune homme pensait qu'en donnant des précisions, je m'occultais une grande partie d'un possible lectorat.
Je lui rétorquai qu'un roman est lu par des lecteurs informés de ce qu'il contient, ne serait-ce que par la 4ème de couverture, mais surtout, par les critiques et informations distillées par l'éditeur.
Mais je faisais cependant le constat de l'échec de ce genre de tentatives à une époque, la nôtre, où, bien qu'Internet permette l'accès à des images à teneur autrement pornographique, décrire les ébats sexuels semble devenu d'une audace inouïe !
Je relisais il y a peu une très courte nouvelle de Gide, "Le ramier", datant de... 1907, où l'un des personnages, le plus jeune, dit à l'autre : "On va se tailler des pipes" !
Aurais-je l'impudence de rappeler à mes lecteurs adultes que Genet écrivit bien plus crûment et que les écrits du Marquis de Sade sont aujourd'hui considérés comme des chefs-d’œuvre, 
En ce qui concerne Jean Genet le maudit, que l'on considère à présent comme l'un des plus grands auteurs du XXè siècle (à tel point que Sartre lui consacra une œuvre dramatique), on se dit que si son œuvre n'avait atteint que des lecteurs homosexuels, en faisant un écrivain "spécialisé", sa gloire ne serait pas ce qu'elle est.
Les arguments de mon jeune camarade ne tenaient pas, à mon sens : un homosexuel s'interdit-il de lire les romans contenant des scènes érotiques hétérosexuelles, sous prétexte que ce n'est "pas son truc" ?
Mon interlocuteur m'a conforté finalement dans l'idée que je ne devais pas réfréner mes élans de plume.

Et là, je m'interromps un instant : sur Mezzo, Barenboïm en récital de piano à la Scala de Milan, ce n'est pas rien !

Tiens, en voilà !
C'est une tradition familiale, maternelle à vrai dire : dans la période des fêtes, on fait nos choux-gras de boudin blanc (ne cherchez pas une transition avec ce qui précède...).
Il faut dénicher le meilleur artisan-charcutier, celui qui est bardé de diplômes du "meilleur boudin blanc de France".
Ils sont nombreux, car il doit y avoir autant d'organismes habilités à délivrer la précieuse récompense qu'il y a de cantons en France.
On s'y perd, donc, et il faudra faire confiance à la bonne mine du boudin, à son parfum, et ne pas acheter le boudin en barquette plastifiée vendu en surfaces commerciales.
Pour faire simple, car la composition en varie selon les régions, le boudin blanc est une farce de viande blanche (du veau ou de la volaille pour les meilleurs, du porc pour les autres) mélangée à de la farine (ou de la mie de pain), de la crème et diverses épices ; on peut y ajouter des éclats de morille ou de truffe pour en faire monter le prix, car, personnellement, je trouve que ça ne change pas grand chose.
En ce qui me concerne, après l'avoir délicatement piqué en divers endroits avec une épingle (jamais avec une fourchette !) je le poêle "à froid" : c'est à dire que je le pose sur un petit lit de beurre et le démarre ainsi à feu très doux.
Il est, paraît-il, des individus pour le manger cru (faussement cru, d'ailleurs, puisque il est "précuit"), ou cuit, après l'avoir dépiauté.
A chacun son plaisir.

Le candidat du plein-emploi
Il n'aura pas réussi grand chose, notre actuel président, au cours de son quinquennat finissant.
Voici que tombent impitoyablement les chiffres du chômage ; ils sont sans appel : celui qui affirmait qu'il serait le président du plein emploi s'est planté, ici comme ailleurs.
Je pense que ce résultat-là lui sera fatal en avril et mai prochains.
Ce ne sont pas quelques cheveux blancs (en mode "j'ai bossé !") et une attitude plus "présidentielle" (qui est dupe ?) qui vont le sauver d'un naufrage prévisible (et prévu, d'ailleurs, par les plus sensés des députés UMP, entre deux portes).
Il n'est pas besoin de sondages pour mesurer le pouls de l'opinion : un petit tour au Caveau de la République vous indiquera le climat qui règne dans la population ; à l'exception toutefois des matinées où la majorité de la salle est composée de personnes âgées : là, il semble qu'il conserve encore quelques rares adeptes, lesquels devraient regarder d'un peu plus près les chiffres de leurs relevés de retraite sur les cinq dernières années ; ils y constateront sans nul doute que le candidat (aussi) du "pouvoir d'achat" les a bernés.
On a du mal, sur ces questions, à manier l'ironie : c'est tout de même cinq années calamiteuses qui s'achèvent bientôt.

Avant le bouillon vous prendrez bien un peu de boudin blanc, Nico ?

Musique, littérature et sexualité, boudin, Sarko : c'est tout pour aujourd'hui.





samedi 10 décembre 2011

Eloge du poulpe

On partait en bande au Cap d'Antibes dans un coin connu de nous seuls (peut-être...). Je pêchais, espérant épater la maisonnée en rapportant quelques poissons de roche, mais rentrais toujours bredouille.
Les copains étaient plus adroits qui, munis de tout l'équipement nécessaire, plongeaient, fusil-harpon en main, pour ramener à la surface le précieux octopus vulgaris, cette pieuvre qui me faisait penser à "20 000 lieues sous les mers", ce monstre marin effrayant, gluant, répugnant.
Après l'avoir occis, ils le fouettaient, ce salaud, contre un rocher pour l'assouplir : l'opération est indispensable pour l'attendrir (oh, chouchou !) et mieux le cuisiner ensuite.


 Je ne me souviens pas d'avoir mangé du poulpe lors des longues années passées en bord de mer : ma mère qui était, comme toutes les mamans, la meilleure cuisinière au monde, n'en a jamais mitonné.
Moi, ça ne me dérangeait pas : ce que j'avais vu de la bête lors de nos parties de pêche ne m'avait guère donné envie de déguster l'octopode à ventouses.
J'avais bien tort !
Je me suis rattrapé depuis.


C'est en Grèce, il y a deux ans seulement, que ma curiosité papillaire et les encouragements de S. m'ont enclin à découvrir enfin la saveur incomparable du mollusque céphalopode que je croyais détester !
Au bord d'une mer limpide, dans une cabane de pêcheur transformée en restaurant, nous le dégustâmes dans toute sa simplicité, grillé, arrosé d'un filet de jus de citron (photo ci-dessus).
Damnation !
Lors de mon dernier séjour à Venise, c'est en salade (photo ci-contre, mais mieux !) qu'on le servit à deux hédonistes de connivence (mon compagnon de voyage et moi-même) ravis de l'aubaine.
La petite cour-jardin, dans la Giudecca, si souvent délaissée par les touristes pressés, était le cadre idéal, sous un soleil généreux, pour faire de ce repas un moment inoubliable.
Je fais amende honorable : le poulpe, c'est succulent.
Mea poulpa.


Et puis, c'est si gentil, un poulpe !

mercredi 7 décembre 2011

Les nourritures terrestres

J'en connais qui se "nourrissent" mal par les temps qui courent (je vais sévir !) : l'hiver qui pointe le bout de son nez exige des mets plus roboratifs ; j'ai maigri, atteignant presque le ratio prétendument parfait : je peux, donc.
Pendant que le cassoulet gratine au four, j'écoute le "Tristan" de Wagner dirigé par Karl Böhm, qui appellerait plutôt une bonne choucroute ; c'est au programme pour un peu plus tard.
Dans les plats d'hiver, j'aimerais déguster prochainement un vrai pot-au-feu avec os à moelle et gros sel obligatoires, une potée auvergnate n'étant pas exclue.
Revient aussi le temps des truffades et de cet aligot que j'ai déjà inscrit au menu tout récemment.
Enfin, je rêve d'une belle côte de veau servie avec une vraie purée faite à la maison.
J'en connais qui soupent d'un potage lyophilisé.
Ma compassion est sans limite.

Y a un os, chic !

samedi 26 novembre 2011

De l'importance des déjeuners entre amis

B. m'a rapporté de Cannes de la tapenade, du caviar d'aubergine et de l'huile d'olive de haute qualité.
Un pastis Bardouin pour goûter la tapenade, entre nous c'est de tradition.
Pour tel autre ce sera plutôt un Spritz, et pour les gamins... du Coca !
On parle de la vie, de nos métiers, des gens qu'on aime qui seraient bien contents d'entendre tout le bien qu'on peut dire d'eux, et combien on regrette qu'ils ne soient associés à nos agapes en ce vendredi tout gris que nous savons ensoleiller.
On écoute Fauré, Vivaldi en hommage à un baroqueux ami, et la sélection du mois de Diapason, toujours féconde et propice à la consommation de CD.
Lundi, nous irons au Théâtre des Champs Elysées écouter l'excellent Chamayou dans les Années de Pèlerinage de Liszt, que j'ai offertes récemment à un impudent qui n'a pas daigné encore les écouter.
Chef-d’œuvre absolu, pourtant.
J'ai acquis (à prix "parisien", donc prohibitif) d'excellentes saucisses fraîches que j'ai fait revenir doucement à la poêle.
Je les accompagne d'un aligot roboratif de saison.
Avec voracité, on s'envoie, pour terminer, une bonne part de Roquefort.
Après le café, l'ami B. part vers ses obligations.
Sieste avant de me taper un peu d'administratif pour l'école (salaires, prélèvements, charges sociales et tout le toutim).
Le soir, après un cours avec d'excellents élèves, je redescendrai au Caveau que je ne quitte guère en ce moment.
Il y a des existences moins enviables.

L'aligot : pommes de terre, tome fraîche, un soupçon d'ail...

dimanche 20 novembre 2011

Poulets, maires et babas très cool


Mon ami F., qui suit assidûment cette gazette en son exil, déplore que je ne publie pas plus souvent de longs billets.
Je me dis parfois que mes considérations sur la société actuelle, la crise, la vie politique n'auront quelque écho qu'en des oreilles amicales bienveillantes à mon égard.
Un autre ami, accaparé par un labeur qui doit le conduire à un destin "sûr", lui, m'avoue "parcourir" mes écrits : sa sagacité lui en fera retirer, je n'en doute pas, la quintessence, pour peu qu'il y en ait une : ça dépend des jours, des humeurs de l'auteur et du lecteur ; ça tient en si peu de choses, finalement.
Voici donc, tout de même, quelques futilités que l'on pourra "parcourir" sans vergogne.

Poulet dominical
C'était, du temps de mon enfance à Antibes, quand les finances familiales étaient au beau fixe, une fête du dimanche : le poulet soigneusement rôti que ma mère accompagnait de pommes de terre Agatha croustillantes et fondantes à la fois.
C'était un temps où le poulet était un mets réservé aux bourgeois : on n'avait pas encore inventé le poulet aux hormones qui finit par envahir les tablées prolétaires, et encore moins les escalopes, cuisses et filets de volailles en barquette de polystyrène, pas plus que les labels rouges et autres estampilles destinées à certifier l'origine de la bête.
J'ai, par instinct, repris cette tradition depuis quelques mois, car j'ai trouvé sur le marché du Boulevard d'Ornano, un éleveur du pays d'Auge qui vient à Paris vendre sa production chaque dimanche.
Le parfum qui s'échappait de son étal était d'une toute autre saveur que celui qui émanait des boucheries environnantes.
Même quand je déjeune seul, le monsieur au visage rougeaud sous les cheveux blancs m'en dégotte toujours un petitou pour satisfaire mon envie du jour : un poulet "fermier", ça va de soi, appellation qui n'existait pas à l'époque sus-évoquée, car tous provenaient de Bresse et il fallait les commander à l'avance.

Petits babas Noël
Une amie m'a offert une gourmandise incroyable, et là, je sais qu'on va s'arrêter de "parcourir" : ce sont des petits babas baignant, en leur bocal de verre, dans un rhum de fort bon tonneau.
A la cuiller, avec une boule de glace à la vanille, c'est délicieux !
Je ne vois pas pourquoi l'un de mes amis me définit comme étant un "dandy socialiste"...

Toujours en représentation
Il ne faut pas être malade en novembre et décembre quand on joue au Caveau de la République (je me suis fait vacciner contre la grippe) ; c'est à cette période que la fête bat son plein : jusqu'au 31 décembre, les représentations se succèdent à vive cadence.
Cette semaine, pas le temps de souffler : avec le Congrès annuel de l'Association des Maires de France, nous sommes envahis par les édiles de la nation dès demain lundi, nos élus désirant faire une cure de rire à l'issue de journées studieuses : on ne sait pas si, cette année, le président de la République et le guilleret Fillon auront droit aux sifflets qui les ont accueillis l'an dernier, suite à la loi sur les collectivités locales et à la suppression de la taxe locale...
Bref, cette semaine, pas moins de 8 représentations : grande forme requise.
C'est en décembre, avec les fêtes, que l'on donne le maximum.
Dès le 1er janvier, vitesse de croisière agréable à un méridional comme moi qui aime à vivre Paris à un rythme "allegro ma non troppo".

Scoop !
Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy en 2012.
Comme en 2007, quoi.