Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

Affichage des articles dont le libellé est SylPalace-Paris.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SylPalace-Paris.. Afficher tous les articles

dimanche 7 octobre 2012

Ciné-maison

Attention,
selon le
film
projeté,
ça peut
dé-
gé-
né-
rer !

mardi 11 janvier 2011

Ça promet !

Bientôt en Blu-ray :

Captures d'écran : "Dvd Beaver"

mardi 28 décembre 2010

David Lean : réminiscences marocaines (!)

Dans la brume des souvenirs de petite enfance, je me rappelle les sorties familiales au cinéma quand nous habitions le Maroc.
Pour l'essentiel, nous allions voir des films espagnols à l'Agdal, un quartier de Rabat, dans lesquels jouait Sara Montiel, star ibérique qui fit un détour par Hollywood (Vera Cruz, Le jugement des flèches) et qui connut la gloire planétaire avec sa version d'une chanson célèbre, La Violetera, dont la musique avait été auparavant utilisée par Chaplin en leit-motiv de son film "City Lights" (Les lumières de la ville).
Les films avec le petit chanteur-prodige Joselito attiraient les foules du samedi soir; aujourd'hui, ils ne sont plus regardables, tant la "voix d'or" du gamin est crispante et son jeu empreint de cabotinage.

Je racontais hier soir à mes co-spectateurs que "Le pont de la rivière Kwai" de David Lean, reste mon premier grand souvenir de cinéphage : contrairement à ce que je leur disais, ça m'est revenu la nuit dernière, ce n'est pas au Bijou (cinéma d'été à la déco rouge et blanche) que nous le vîmes mais dans un cinéma de prestige de Fès qui  s'appelait "L'Empire", dont j'ai retrouvé la trace grâce à notre ami Google :


-Photo Arne Kuilman flickr-


Vu que je sortais à peine de l'état de nourrisson, je n'ai retenu du film que sa musique, ce "tube" planétaire sifflé par les soldats du Colonel Nicholson interprété par l'immense Alec Guiness.
Je me souviens qu'un dessin animé "Popeye" était diffusé avant l'entracte.

C'était donc un vrai bonheur de revoir le film dans d'excellentes conditions (Blu-ray) hier : solide scénario d'après le roman de Pierre Boulle, Guiness en majesté, photo en CinémaScope admirablement préservée, intrigue passionnante.
On ne s'étonnera pas que ce film, couronné par 7 Oscar (!) dont celui du meilleur film, ait attiré en France plus de 13 Millions de spectateurs !
Il lança définitivement la carrière internationale du cinéaste David Lean qui put ainsi réaliser par la suite deux méga-productions, "Lawrence d'Arabie" (vite, un Blu-ray !) et Docteur Jivago (chroniqué ici il y a peu).
Il reste un grand moment de spectacle cinématographique.



 Captures d'écran "DVD Beaver" : le Technicolor d'époque est admirablement préservé en HD.

Documentation détaillée sur le film sur wikipedia

mardi 21 décembre 2010

Home Cinéma I Cinéma Maison

C'est un vieux rêve réalisé : enfant, je réunissais mes camarades pour des projections de courts métrages burlesque sur un simple drap tendu, à l'aide d'un projecteur 8mm muet.
Les formidables avancées technologiques m'auront permis de concevoir un salon transformable en salle de cinéma en un tour de main.
J'étais encore ébahi hier soir de regarder "Le ruban blanc" et sa photo admirable en HD sur grand écran.
Un gamin, vous dis-je !

Mon projecteur diffusait les classiques du muet dans ma chambre d'enfant.

Quelques "home cinémas" glanés ça et là : 


Sobre, de bon goût, non ?

Je préfère ça; et puis, Le Corbusier...





Enfin, une salle délirante à 6 Millions de Dollars (Etats-Unis) :


Croyez-moi si vous voulez, mais je préfère mon salon...




samedi 3 juillet 2010

Un acteur, deux films

Pour cause de défaillance du co-spectateur prévu, l'énième vision de "Il était une fois en Amérique" est reportée sine die.
En lieu et place, deux soirées avec Leonardo.
En vieillissant, le teen-ager de "Titanic" acquiert au fil des films une maîtrise stupéfiante.
Je découvrais jeudi le denier "Scorsese" où Di Caprio est cependant moins convaincant que dans le film de Sam Mendès que je revoyais hier soir avec un copain qui assistait, bluffé, à sa première séance au SylPalace, d'autant que le support était un Blu-ray.
Pour ce qui concerne Shutter Island, avec le recul nécessaire, je suis un peu sur la réserve.
Le Scorsese de Taxi Driver qui révolutionna le cinéma hollywoodien des années 70 est devenu un excellent cinéaste, rien de plus, rien de moins.
Il nous offre un grand film par an, que l'on peut aller voir en étant sûr de passer un vrai grand moment de cinéma.
Certains peuvent ne point s'en contenter ; on les comprend : il y a un sens du cadre, de la lumière, de la photo, toujours exceptionnels, y compris un traitement de la couleur propre à ce réalisateur : l'exemple le plus typique étant "Aviator", film étonnamment sous-estimé des cinéphiles.
Shutter Island est finalement, malgré les qualités soulignées, assez "académique", usant d'un procédé maintes fois érodé ; j'adore être manipulé par un auteur de films, ce en quoi Hitchcock était passé maître, demeurant inégalé à ce jour.
Ici, "Marty" sème trop d'indices pour que le spectateur soit dupe jusqu'au bout.
A l'inverse Mendès, dans ses "Noces Rebelles" revues hier soir, donc, y parvient beaucoup mieux sans user du même luxe de moyens : on se doute, certes, dès le début du troisième tiers, que la situation va tourner à l'aigre, mais le dénouement tragique vient nous clouer sur place beaucoup plus efficacement que celui de Shutter Island.
Il faut dire que le tandem Di Caprio/Winslett y est remarquable de bout en bout : les deux ex-"post-ados" de Titanic atteignent ici des sommets dans leur art, sous le regard d'un metteur en scène habité.
L'auteur d'American Beauty" et des "Sentiers de la perdition" étant par ailleurs metteur en scène (et lequel !) au théâtre (Cabaret), il a un sens de la direction d'acteurs qui semble avoir fait défaut à Scorsese sur son île maudite.
Pour ceux qui l'ont zappé ou vu dans des conditions aléatoires, une vision de ce film (le Mendès) s'impose.
Dans les deux cas, vive le cinéma !

Revolutionary Road : Mendès évite le pathos, chapeau !

Shutter Island : le meilleur acteur de sa génération dans un film de Scorsese où celui-ci chausse parfois ses gros sabots...
Sur "Shutter Island", on pourra être intéressé par l'article et les commentaires de "ruines circulaires" ici :
(ne pas lire si vous n'avez pas vu le film) : clic

jeudi 1 juillet 2010

Ce soir, chef d'oeuvre



Salle confortable et climatisée.

vendredi 23 octobre 2009

dimanche 26 juillet 2009

mercredi 8 octobre 2008

Du cinéma de chambre à la HD.

Le "Ringo" (John Wayne) de "Stage Coach" de John Ford, premières émotions cinématographiques.

On s'était procuré cette affiche en grand format : le disquaire de la Place De Gaulle en fit sa vitrine.
Redécouvrir le "Voyage..." en HD, c'est le bonheur total !

Il est peut-être au moins un lecteur de ce journal pour se souvenir du Ciné Festival de Gazan, à Antibes qui fut sans doute l'une des plus petites salles de l'univers et d'ailleurs, réunissant une demi-douzaine de gamins dans ma chambre du deuxième étage.
Les après-midi, été comme hiver, sur le drap tendu au-dessus du lit, des images muettes (en noir et blanc la plupart du temps) défilaient, au rythme de 24 par seconde, en versions condensées de grands classiques ou de nanars oubliés loués chez le photographe de l'avenue Thiers.
Je jouais en fait à "faire le cinéma", disposant une caisse de fortune à l'entrée de la chambre (50 cts la place !) et peignant à la gouache de grandes affiches proclamant des "en exclusivité" ou des "en SuperScope" imaginaires.
Je palliai l'absence de son par des bruitages improbables et des musiques jouées par mon électrophone Pathé Marconi : il n'y avait pas grand choix, et la Rhapsody In Blue de Gershwin accompagna bien des westerns et autres "films de gangsters".
Je projetais des dessins animés en première partie, souvent les mêmes car le choix était limité et faisais, à l'entr'acte, lecture de quelques "réclames" pour les commerçants du coin : la crémière du "Bon Lait" de la rue James Close ne sut jamais à quel point elle m'était redevable !

Un peu plus tard, à 16 ans, avec les copains, nous créâmes le Ciné Club Antiboulenc dans une "vraie" salle (l'Orangerie) prêtée par la paroisse (!) où je projetais de "vrais" films "parlants", dont, cela fit date" "L'Evangile selon Saint Mathieu" de Pasolini, oeuvre iconoclaste s'il en est pour laquelle j'invitai des potes communistes (!) à participer au débat.
Un jour, il y a quelques années, le réalisateur Nicolas Boukhrief me dit que c'était dans cette salle qu'était née sa vocation !

Depuis, les techniques ont évolué à la vitesse de la lumière.
Aujourd'hui, loin de l'imposant Hortson 16mm du ciné-club, le vidéo-projecteur "full HD" me permet de diffuser dans mon salon des images d'une qualité impressionnante avec un son multi-canaux d'une belle densité.
La énième vision, l'autre soir, du film de M.Cimino "Voyage au bout de l'enfer", dupliqué sur disque "Blu Ray" me fit mesurer le chemin parcouru depuis les images tremblotantes des "Laurel et Hardy" qui nous faisaient trépigner autrefois.
Les nombreux "DVD" accumulés ces derniers mois me rappellent combien il était difficile de se procurer, à l'époque, des films récents.
Dans quelques jours, je pourrai proposer Wall-E à mes invités : les temps changent.

mardi 2 septembre 2008

Faits divers et fait du prince

En cliquant sur cette image, vous obtenez un joli fond d'écran pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Après le cadeau à Tapie sur le dos du contribuable, nouvelle manifestation du fait du prince :
après une manif chez l'immense acteur frrrrrrrrrançais Christian Clavier, le patron des flics de Corse a été viré sur ordre de l'Elysée.
Faut-il vous la commenter ?

*

Ouf : fin des programmes d'été sur France Inter.
Le service (encore) public a donné, ce matin, une excellente revue de presse dûe à un certain M. Pommier qu'il faudra suivre, si l'on n'assiste pas à un "turn over" à ce poste comme ce fut le cas l'an dernier.
Souhaitons aussi de retrouver le kiosque d'Ivan Levaï les samedi et dimanche.

*

Brillante démonstration, samedi dernier, d'un "Blu Ray" de "Ratatouille" avec mon nouveau projo via la "station de jeux numéro 3" d'un camarade : la projection HD est d'une qualité époustouflante.
J'attends fébrilement ou presque l'arrivée du lecteur ad-hoc qui me permettra de tirer la quintessence de mon nouveau jouet.

vendredi 29 août 2008

Passionnément cinéma

En 2005, le magazine "Cinéma chez soi" consacrait un article à mon "salon home-cinéma".
Depuis, ma passion n'a cessé de croître, et l'installation que vous voyez sur les photos est obsolète.
Depuis mercredi, je suis passé au Full HD, faisant l'acquisition d'un projecteur "nouvelle génération" qui délivre des images à faire pâlir plus d'une salle de cinéma (je pense à certaines salles de taille réduite du Quartier Latin aux copies généralement en piteux état).
Pour l'anecdote, voici le lien vers l'installation telle qu'elle se présentait en avril 2005 : (clic).
Depuis, les enceintes surround ont été changées et placées en hauteur (comme au cinoche), lecteur dvd, amplificateur et enceinte centrale (dialogues) ont été changés.
Pour permettre au nouveau projecteur (Panasonic PT AE2000) d'atteindre toutes ses capacités, j'attends un lecteur Blu Ray de même marque capable aussi d'"upscaler" les dvd "classiques" en 1080p.
Pour l'heure, avec le lecteur sd, l'image est proprement bluffante.

Le "nouveau monstre" :

dimanche 17 août 2008

WALL.E au Max Linder : Kubrick cube.


On l'a sans doute beaucoup dit : parvenir à toucher au cœur le spectateur par le truchement d'un robot mal fagoté, mal assemblé, rouillé, tient de la performance.
Embarquer ainsi le spectateur réticent que je suis relève également de l'exploit.
Avec ce film, plutôt destiné à un public adulte, l'association Disney/Pixar donne naissance à un objet cinématographique au ton neuf, qui dénonce, et venant des USA, c'est notable, la société de consommation et le désastre écologique qu'elle entraîne.
Ainsi, ce film américain plaide pour la décroissance, pousse un véritable hurlement pour alerter le spectateur, sous-entendant : n'est-ce pas déjà trop tard ?
Cousin de Hal, le robot du "2001" de Kubrick, Wall.e nous rejoue, avec sa dulcinée enfin retrouvée, l'une des scènes majeures du film de Kubrick, auquel il rend maintes fois hommage, donnant envie de voir et revoir ce chef d'oeuvre intemporel et prophétique.
Outre un "scénar" gonflé, Wall.E offre un large panorama de l'évolution en matière de films d'animation : fluidité impressionnante (je reviendrai sur l'exploitation du numérique à la prise de vue et à la projection), souci du détail qui, forcément, tue, couleurs maîtrisées en véritable art pictural, mouvements de caméra carrément époustouflants magnifiés par la projection exceptionnelle du "Max" (j'y arrive)...
Du grand cinéma.

*

L'écran du Max Linder vu de la mezzanine.

Le spectateur parisien sait qu'au Max Linder il faut arriver à l'avance pour franchir dans les tout-premiers la porte de la mezzanine, s'y glisser au premier rang d'où l'on a une vue imprenable sur l'écran géant (photo) et d'où l'on peut étendre ses jambes sur le parapet, un bonheur rituel confinant à l'extase (j'exagère à peine...).
Il faut aller au Max Linder où le public est hélas de plus en plus clairsemé, sans doute à cause d'une gestion qui semble quelque peu désinvolte, d'une communication qui laisse à désirer (la projection numérique est mentionnée sur une feuille A4 scotchée dans l'entrée et les annonces de nuits spéciales ne sont pas mises à jour sur le panneau lumineux...), car cette salle permet de voir un film dans les meilleures conditions (quand, dans le cas des projections "traditionnelles", l'opérateur daigne faire "le point !").
Il faut y aller donc, même si le personnel semble s'en soucier comme d'une guigne : il était ainsi possible, l'autre soir, d'entrer dans le hall sans que quiconque ne contrôle votre billet !

WALL.E est donc projeté ici en numérique DLP 4K ( 4 096 pixels par 2 160) qui offre la qualité de son et d'image la plus impressionnante qu'il m'ait été donné de voir depuis l'abandon du 70mm sur pellicule "argentique".
Grâce à ce progrès (toutes les salles finiront par s'équiper) plus de copies usées après maintes projections et, je le redis, un son et une image époustouflants.
En ne mettant pas l'accent sur cette évolution majeure, ce cher Max Linder ne sait ou ne veut, bras baissés (?) enrayer une chute qui, hélas, semble inéluctable.

Un public garanti "sans pop-corn".
En bonus, l'oeil droit de JBD !

Je veux le même !
Projecteur CMC3 D2 de Cinemeccanica : la prestigieuse firme italienne s'est associée avec Barco.
Et encore, celui-ci n'est qu'un 2K ridicule !

Mon projecteur actuel : bientôt, acquisition d' un "full HD" !



jeudi 22 mai 2008

Quel est le plus beau film du monde ? (28)





Mon jeune apprenti-cinéphile sait qu'il a bien de la chance d'avoir vu ça, mardi dernier, sur le grand écran du SylPalacE :

samedi 8 mars 2008

mercredi 26 décembre 2007

Côté Ouest


C'est l'un de ces rares films que l'on revoit comme on relit "Voyage au bout de la nuit" ou les"Lettres à un jeune poète" : à chaque fois, outre le plaisir qu'on prend au formidable spectacle proposé, on y trouve le grain à moudre du moment.
Projeté une énième fois hier à l'intention de mon "cinéphile en gestation", le film de Wise et Robbins a prouvé une fois de plus qu'il traverse sans peine les générations.
La projection précédente remonte au 15 mai dernier.
Voici ce que j'en écrivais ici-même le lendemain :

[Revoir le film de Wise et Robbins dans de bonnes conditions (projection sur grand écran et son 6 canaux) rend justice à une oeuvre que les jeunes générations ont découvert sur un écran de télé.
Le film a été tourné dans le format le plus "large" possible, en 70mm, format aujourd'hui abandonné car fort coûteux.
Les copies 70mm de "West side..." encore en boîte se sont peu à peu détériorées et il ne reste en Europe que de très rares bobines visibles.
L'été dernier, le Max Linder n'a pu projeter le film que dans une copie 35mm Scope, ce qui, à tout prendre, vaut mieux qu'une diffusion sur un tube cathodique (ou même un écran plasma, auquel il me semble impossible de donner un rendu "cinéma").
La videoprojection sur grand écran avec un vp correctement calibré du dvd permet donc d'apprécier cette vision moderne de Roméo et Juliette dont le générique-ouverture de Saul Bass est à lui seul un moment d'anthologie.
Le film parfait étant encore à faire, reste que West Side Story, à presque 50 ans d'âge, se voit et se revoit mille fois sans démériter : acteurs-danseurs ou danseurs-acteurs prodigieux, musique de Bernstein en "classique" du XXème siècle, chorégraphie inspirée de Robbins, réalisation "au couteau" de Robert Wise (cent idées de mise en scène pour le moins bluffantes), décors peaufinés au petit point, photo en decrescendo (clairs-obscurs en final par opposition à la lumière de la première partie), le "film aux 10 Oscar", comme le proclamait la publicité, n'en a pas volé un seul.
Film culte d'une génération (combien de fois l'as tu vu, frangin, à l'époque ?) comme le fut le "Titanic" de Cameron, plus frelaté (signe des temps ?) trente ans plus tard, West Side marqua l'apogée et le début du déclin d'un genre auquel Minnelli et Donen avait donné ses lettres de noblesse.
Aujourd'hui sans ride, ce "vieux" film doit son éternelle jeunesse à son thème universel (on peut aisément transposer à notre temps) en variations shakespeariennes.
Dans la distribution, Nathalie Wood qui, la même année, incarnait l'héroïne d'un autre chef-d'oeuvre, le "Splendor in the grass" (La fièvre dans le sang) de Kazan, en "Maria" tant chantée depuis, illumine le propos, pas seulement mais habitée par son personnage.
Chakiris (Bernardo) ne trouva jamais par la suite de rôle à la hauteur de celui-ci, poursuivant sa carrière en bellâtre ripoliné, notamment, c'en était pitié, sur les plateaux des émissions de Guy Lux lors de ses séjours parisiens, pauvre "crooner" sans envergure.
Le cas de Richard Beymer est tout aussi pathétique : d'emblée, le spectateur jugera qu'il est le bât qui blesse du film, manquant pour beaucoup (dont je ne suis pas vraiment) d'épaisseur pour le rôle de Tony, en "jeune premier".
A l'inverse de Miss Wood, doublée, Beymer possède cependant une voix chaude, sans excès, qui sauve son jeu peu "enthousiaste".
Il poursuivra une carrière sans éclat de tv movies en téléfilms, de personnages de cow-boy en séducteur de service.
Rita Moreno (Anita) et Russ Tamblyn (Riff) en revanche, donnent à leurs personnages une consistance et une énergie récompensées, pour la première, par un Oscar amplement mérité.
Moderne tragédie, jouée, chantée et dansée, West Side Story, sorti en 1961 demeure, comme annoncé dans les "pavés" de presse de l'époque un "spectacle total" intemporel, un cadeau pour vos yeux et vos oreilles, un film essentiel.]

La "re-vision" d'hier me conforte dans cette courte analyse.
Comme à chaque fois, le jeune spectateur qui découvre ces "pépites" du 7ème art, est surpris par le "style" : peu habitué à la "comédie musicale", il se dit bluffé par la scène d'ouverture, virtuose, par la mise en scène et le climat de la première rencontre Maria/Tony et par l'enchevêtrement des thèmes musicaux chantés de l'avant-dernière scène.
Il réalise que les "grands" films ont marqué le cinéma et font l'objet de "citations" dans nombre d'oeuvres qui leur ont succédé.
Il y a "pillage" de grandes idées, donc, sous-entend-t-il peut-être quand il me cite une figure chorégraphique de West Side qu'il a vu ailleurs (dans "Grease" ?).
Enfin, ce qui nous frappe, c'est l'extraordinaire actualité du propos : l'histoire d'amour tragique, shakespearienne, mais aussi la dénonciation du racisme et de la xénophobie, et ces luttes entre bandes rivales pour un morceau de rue qui ne sont pas sans rappeler des évènements récents.
Voilà pourquoi, près d'un demi-siècle après sa sortie, West Side Story reste un film d'une étonnante modernité.

jeudi 20 décembre 2007

Bonbons, esquimaux...

Ouvreuse au Rex, Paris (1947)


"New York Movie" par Edward Hopper (1939)

Mon cinéma de salon a ses spectateurs assidus, dont E. qui ne manque jamais sa séance hebdomadaire suivie de débats jusqu'à pas d'heures, S. qui vient le dimanche et J.B. plus épisodiquement.
A E., le plus jeune, je montre les films des années 70-80 que je juge "incontournables" : ainsi, nos dernières projections ont vu défiler sur l'écran (électrique et auto-tendu, mazette !) "Rencontres du 3ème type" de Spielberg qui, entre autres, met l'accent avec humour sur l'universalité de la musique !
Précédemment, il a pu découvrir "Taxi Driver" et "Barry Lyndon", ce qui n'est pas rien.
Hier soir, JB a enfin vu "Les chansons d'amour", bouleversant, déses
péré et optimiste à la fois.
Il est "sorti de la salle" avec la ferme intention de se procurer le DVD.
Si vous avez la chance d'avoir un salon de bonnes dimensions, je ne saurais trop vous recommander d'adopter la vidéoprojection : tous les plasma ou lcd du monde ne vous donneront jamais ce "rendu cinéma" qui caractérise ce mode de diffusion.
Contactez moi si vous avez besoin de conseils.


Depuis ce cliché déjà ancien, paru dans la revue "Cinéma chez soi", mon installation a évolué.

mardi 20 novembre 2007

Un bon film.


La Haye. Après le massacre de sa famille en 1944, une jeune chanteuse de cabaret juive (Carice Van Houten) entre dans la résistance et infiltre le Service de Renseignements Allemand en devenant la maîtresse d’un nazi (Sebastian Koch)…

C'est le synopsis de "Black Book" de Paul Verhoeven.
Ce dernier, lassé d'Hollywood et des effets spéciaux de ses films américains (Robocop, Starship Troopers), rentre en Europe et revient à un cinéma beaucoup moins "popcorn".
Grâce à un scénario en béton armé truffé de rebondissements, Verhoeven tient le spectateur en haleine de bout en bout d'un film très abouti, superbement photographié et porté par l'interprétation de Carice Van Houten (j'en suis encore chocolat !) et de Sebastian Koch qu'on avait apprécié dans "La vie des autres".
Excellent transfert DVD d'une haute qualité son/image.
Que je conseille, bien sûr.

vendredi 2 novembre 2007

Bonheur intense.

J'ai considérablement réduit le shading de mon vidéo-projecteur.
Oh, taisez-vous, vous ne pouvez pas comprendre...

mercredi 8 août 2007

Boulimie cinéphilique


Je me suis donc jeté dans mes films d'été, révision ou découverte de "classiques" que je regarde seul (ah août !) tel Gloria Swanson scrutant l'ombre d'elle même dans "Sunset boulevard" qui est l'un des plus beaux films du monde, vous le saviez.
Nous étions deux admirateurs de Gene Kelly à regarder l'autre soir "Le pirate" de Minnelli, dont le DVD était impatiemment attendu : cruelle déception, en dépit d'un transfert remarquable de la pellicule restaurée.
Certes, notre idole y est plus que jamais bondissante, "sexy" et impliquée, mais le film n'atteint à aucun moment la verve, la grâce, la drôlerie, ces innombrables "coups de génie" qui font que "Chantons sous la pluie" de Donen et Kelly, reste la réussite majeure du genre.
Le film reste néanmoins agréable à voir, grâce notamment à la présence du monstre sacré Judy Garland dont on sait l'état dépressif lors d'un tournage qui dût sérieusement en pâtir.
En fait, Minnelli ne fut pas un grand réalisateur de "musical" : "Un américain à Paris" en témoigne qui ne vaut que par l'exceptionnelle séquence finale, laquelle a été entièrement réglée par G. Kelly lui-même.
En revanche, quand Minnelli fait dans le drame, ça donne "Comme un torrent" ou "Celui par qui le scandale arrive".
Ce qui n'est pas rien.