Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mardi 13 décembre 2011

L'arsenic de Frank Capra toujours aussi décapant

C'est un vrai bonheur que d'avoir revu "Arsenic et vieilles dentelles", grand classique de la comédie américaine s'il en est, tourné en 1944 par l'un des maîtres du genre, Frank Capra.
Adapté d'une pièce à succès de Broadway, le scénario s'appuie sur un postulat de départ pas piqué des vers :


Mortimer Brewster vient annoncer à ses deux tantes Dorothy (Abby dans le film) et Martha, qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper, qui habite à quelques dizaines de mètres de là. Mais il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses deux tantes lui avouent alors, le plus ingénument et le plus naturellement du monde, qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service...

Criminelles par pure bonté d'âme ? Si !

Ce n'est qu'un début : le film se barre ensuite vers des contrées totalement improbables, avec l'arrivée de deux malfrats complètement déglingués, dont l'un est interprété par le grand Peter Lorre ("M" Le Maudit) et, l'autre, qui s'est fait la tête de Boris Karloff pour échapper aux recherches, est joué par Raymond Massey.
Le film, loufoque de bout en bout, est-il seulement "racontable", qui permit au public américain de donner ses premiers galons de vedette à celui qui devint la "star" des années 50 : Cary Grant, qui réussit ici une sacrée composition de personnage flegmatique gagné peu à peu par la folie qui l'entoure.
Ce n'est pas mon Capra préféré : je garde plus de tendresse pour "La vie est belle", "M. Smith au sénat", "L'extravagant Mr Deeds" ou "New York-Miami", mais, bon sang, que ce gars-là savait déclencher le rire sans vulgarité, en finesse, intelligemment !
Malgré les (petites) réserves exprimées ci-dessus, "Arsenic et vieilles dentelles" reste un classique, une excellente thérapie si la morosité vous gagne un jour de grisaille.


Mention spéciale à John Alexander, le neveu qui se prend pour Theodore Rooseveltet ne rejoint sa chambre du premier étage qu'en chaaaaaaaaaaaaaaaargeant ! Culte :

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