Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mardi 29 novembre 2011

Ca, c'est de la parodie !

A la base, le chef-d’œuvre de Mankiewicz (et Shakespeare, aussi) Jules César, avec Marlon Brando.


CESAR CSI par mozinor

Mes musiques de chevet : Rameau | Marcelle Meyer

Pas évident de jouer Rameau (ou Couperin, entre autres Maîtres du grand Siècle) sur piano "moderne".
Marcelle Meyer (1897-1958) réhabilita le grand musicien : c'est elle qui fit découvrir cette musique indémodable parce qu'éternelle : personne ne le jouait plus, alors.
Alexandre Tharaud ne cache pas qu'il s'est largement inspiré de la grande pianiste française.
Même si j'ai écouté mille fois sa version, excellente, je suis toujours sous le charme de la version "originale".
C'est enregistré en 1953.
Il faut de bonnes enceintes ou un excellent casque :

lundi 28 novembre 2011

Oh, pour l'hôtel...

je chercherai plutôt quelque chose dans ce style dépouillé et grandiose à la fois.

dimanche 27 novembre 2011

The Artist : chapeau !

Il était temps que j'aille le voir, celui-là : plus que trois salles à Paris.
Celle, la 8, de l'UGC Georges V, un peu plus grande que mon salon, est pleine à craquer en ce samedi où la "plus belle avenue du monde" est noire de monde ; on essaie de fendre la foule qui s'y presse pour voir les illuminations (réussies et, nous dit-on, hautement écologiques), faire des achats en prévision des fêtes ou (150 mètres de file d'attente !) tenter une incursion dans le nouveau Mark's and Spencer des Champs : la marque d'outre-Manche fait en effet un retour en fanfare dans la capitale, après un départ peu glorieux il y a quelques années, qui laissa quelques employés sur le carreau, et une clientèle ultra-chic désemparée (on y comptait même quelques dandys socialistes...) en pénurie, désormais, de Cheddar authentique et Cottage Cheese délicieusement granuleux.

The Artist, de Serge Hazanavicius (tiens, je l'écris du premier coup !) restera sans doute comme le film le plus malin de la décennie : le matois Thomas Langmann doit se frotter les mains d'avoir pu donner naissance à ce film conceptuel qui n'aura aucun mal à faire une carrière internationale ; on sait d'ailleurs qu'il a su conquérir de l'autre côté de l'Atlantique, en sérieux candidat aux Oscar (R).
On s'est battu à Télérama (une critique "pour" et une critique "contre") que je relis pour le coup, après avoir le film : mon opinion se situe entre la louange excessive et l'anathème snobinard, tendant tout de même davantage vers un avis positif.
Certes, on pourra reprocher au film (et de ma part, c'est un comble !) son manque d'américanité (néologisme qui me vient comme ça), tant Dujardin -ce n'est pas un reproche- symbolise LE français dans toutes ses splendeurs et petitesses (dans OSS 117, il se transcende !).
On peut dire aussi qu'il est "trop parfait" (puisqu'on met des "trop" partout de nos jours !), mais au vrai sens du terme.
Les spectateurs du Festival de Cannes ont dû se dire "ah, voilà le Prix d'interprétation masculine !", prix qu'il aura tout fait pour mériter car oui, il "assure" de bout en bout, en grand professionnel ; comme le "méchant" critique de Télérama, j'ai été moins convaincu par les passages dramatiques où l'on n'a pas su m'émouvoir, moi dont les yeux s'embuent si facilement au cinoche.
Mis à part cela, pour les amoureux du cinéma, c'est un festival de clins d’œil et de références en feu d'artifice permanent : bonjour "Singin in the rain", hommage à Chaplin, au Wilder de "Sunset Boulevard", à Cecil B. De Mille (le "réalisateur" du film "dansant" me fait penser à lui, ou a Lubitsch, à qui vous voudrez, à qui vous aimez en fait).
The Artist offre aussi une impeccable reconstitution de l'ambiance particulière des grands films du "muet" : intertitres, photographie en noir et blanc à l'identique, jeu des acteurs de l'époque, on y est !
L'hommage est aussi dans la bande originale due à Ludovic Bource qui "recrée" une musique d'époque d'une belle facture, utilisant avec beaucoup de maîtrise les ressources de l'orchestre symphonique.
On entend aussi, ce qui doit forcer à l'humilité, le chef-d’œuvre de l'immense Bernard Herrmann composé pour "La mort aux trousses", et, malheureusement pour le jeune compositeur, c'est ce thème-là qui nous trotte dans la tête dans les heures qui suivent la projection.
Pour revenir à la distribution, Bérénice Béjo (Béjo ajouterait Dario Moreno !) est épatante dans le rôle féminin principal ; quant à James Crowell (Clifton, le majordome), il est tout bonnement exceptionnel !
The Artist, film muet, dans une salle bondée qui retient son souffle, ses mastications et autres raclements de gorge toute la projection durant, ce n'est pas un mince exploit !

Bérénice Béjo dans ce qui est pour moi la plus belle scène du film.

samedi 26 novembre 2011

Reposez en paix, Madame.

Afp/Miguel Medina

Reuters/Robert Pratta

De l'importance des déjeuners entre amis

B. m'a rapporté de Cannes de la tapenade, du caviar d'aubergine et de l'huile d'olive de haute qualité.
Un pastis Bardouin pour goûter la tapenade, entre nous c'est de tradition.
Pour tel autre ce sera plutôt un Spritz, et pour les gamins... du Coca !
On parle de la vie, de nos métiers, des gens qu'on aime qui seraient bien contents d'entendre tout le bien qu'on peut dire d'eux, et combien on regrette qu'ils ne soient associés à nos agapes en ce vendredi tout gris que nous savons ensoleiller.
On écoute Fauré, Vivaldi en hommage à un baroqueux ami, et la sélection du mois de Diapason, toujours féconde et propice à la consommation de CD.
Lundi, nous irons au Théâtre des Champs Elysées écouter l'excellent Chamayou dans les Années de Pèlerinage de Liszt, que j'ai offertes récemment à un impudent qui n'a pas daigné encore les écouter.
Chef-d’œuvre absolu, pourtant.
J'ai acquis (à prix "parisien", donc prohibitif) d'excellentes saucisses fraîches que j'ai fait revenir doucement à la poêle.
Je les accompagne d'un aligot roboratif de saison.
Avec voracité, on s'envoie, pour terminer, une bonne part de Roquefort.
Après le café, l'ami B. part vers ses obligations.
Sieste avant de me taper un peu d'administratif pour l'école (salaires, prélèvements, charges sociales et tout le toutim).
Le soir, après un cours avec d'excellents élèves, je redescendrai au Caveau que je ne quitte guère en ce moment.
Il y a des existences moins enviables.

L'aligot : pommes de terre, tome fraîche, un soupçon d'ail...

vendredi 25 novembre 2011

Ecouter des chansons italiennes sans ordonnance

Il y aura, la semaine prochaine, des parfums d'Italie sur Arte.
Tout d'abord, si vous vous intéressez (ou non, d'ailleurs) à l'exercice du pouvoir, le très bon film de Paolo Sorrentino, "Il Divo" sur Giulio Andreotti (prodigieux acteur que Toni Servillo !), qui battit le record de longévité politique, traversa stoïquement périodes noires et scandales sans que rien ne semblât l'atteindre.
Un très grand moment que ce portrait sans concession de ce personnage peu sympathique.
Le problème étant que notre "chaîne culturelle" diffuse ses films de début de soirée en version doublée !
(Lundi 28 à 20h40)

150 ans d'histoire de l'Italie, ça, c'est passionnant !
Première partie mercredi 30 du documentaire de d'Enrico Cerasuolo intitulé "De Garibaldi à Berlusconi".
Je ne sais plus si je joue ce soir-là ; dans ce cas, je l'enregistrerais.



 Il Divo (ou l'art de la manipulation)

Quand tout va mal ou trop bien (car on peut souffrir d'aller trop bien, je le prétends en connaissance de cause, si !), une petite cure de chanson italienne est une auto-médication salutaire.
Toujours sur Arte (jeudi 1er décembre à 22 h 40), un documentaire d'Emmanuelle Nobécourt nous conte l'histoire de ce sens inné de la mélodie et du beau chant de nos voisins transalpins, depuis l'origine, à Naples, jusqu'aux grands noms de la "canzone" des années 70 (Battisti, Celentano, Modugno, Ranieri...).
Si Mina n'y est pas, je jette ma télé.

Tiens, cette chanson "tube" des années 60,  allez, c'est pour toi :

jeudi 24 novembre 2011

Ca fait pas un pli !

Dans un billet précédent, j'écrivais ceci : "Pour revenir à ma gaucherie, mes amis s'amusent depuis des années de mon inaptitude à plier correctement mes pulls, chemises et autres t'shirt : il n'y a plus rien à faire, je crois."
Un vieil ami attentif m'a envoyé ceci :


Merci Eric !

mardi 22 novembre 2011

Je vous aimais tant...

Tadaa !

Aujourd'hui trois publications ci-dessous.
C'est bien parce qu'on est mardi.

De l'usage du concerto pour piano et orchestre en milieu favorable

Les pianistes ont toujours "leur" concerto préféré.
Chez Mozart, quand on les interroge, c'est le plus souvent celui-ci, le 24ème, qui emporte la majorité des suffrages.
Je l'aime beaucoup ; mais aussi le 9ème, dit "Jeune homme" ou encore le 15ème pour son final hyper groovy que j'ai inséré ici il y a peu.
Pour Beethoven, si je les aime tous les cinq, c'est le 4ème qui, avec son premier mouvement "révolutionnaire" parce que lent, me touche le plus, d'autant qu'il est suivi d'un mouvement "tragique" à vous glacer le sang : quand on connait le quotidien de Ludwig à l'époque où il le composa, on comprend mieux.
Je m'arrête là pour aujourd'hui, mais reviendrai sur les autres compositeurs.

Le 24ème de Mozart par Previn avec l'orchestre de la NHK dans le IIIème mouvement  : je ne pense pas que l'Allegretto de l'époque soit aussi vif qu'ici ; je l'aurais préféré un chouïa plus lent (et Previn se plante dans un trait de double-croches, trouvez-le, tiens !) :




Et alors, là, le top !
"Mon" 4ème de Beethoven par Rubinstein !
The greatest, the best, le pianiste au visage marmoréen qui aimait tant déconner dans la vie, la captation que je cherche depuis si longtemps !
Vu 1468 fois : qu'est-ce qui leur faut, aux youtubéens, un décrassage d'oreilles, une révision des neurones, une bombe atomique ?



Et il y a tout le concerto en tapant (c'est simple) : ARTHUR RUBINSTEIN SPIELT BEETHOVEN - KONZERT FÜR KLAVIER UND ORCHESTER No.4 G DUR

Ce qui est dommage...

... c'est qu'il y ait toujours 5000 personnes autour.

J'ai deux mains droites, non, gauches, non, droites en fait !

C'est à peu près la seule chose -ça, là, à gauche !- que je sache faire de mes dix doigts.
L'ami S. le sait bien, que j'appelle à la rescousse,  chaque fois que j'ai des velléités de bricolage.
C'est récurrent : j'arrive tout de même à comprendre que je vais commettre l'irrémédiable, et j'appelle S. qui arrive tel SOS Dépannage (l'arnaque en moins) après m'avoir dit au téléphone : "Surtout, ne touche plus à rien, attends-moi !".
Quand je dis "j'ai deux mains gauches", j'aimerais que ce soit vrai puisque je suis gaucher.
Pour être logique, je devrais donc dire que... j'ai deux mains droites.
S. s'est beaucoup amusé, récemment, de me voir entreprendre de confectionner des paquets-cadeaux.
J'étais paniqué : j'avais acheté un fort beau papier en imitation de cuir chez Gibert, boulevard Saint-Michel.
Certes, j'étais très prudent du coup, mais ne serais jamais parvenu à mes fins sans la présence bienveillante de S. ; sans lui, j'y serais encore.

Il y a des périodes -c'est par vagues- où les objets m'en veulent terriblement, m'échappant des mains à la première occasion, où ils semblent attirés par le sol, comme aimantés.
J'ai alors la même réflexion hautement philosophique que mère et grand-mère ( je fus surpris de l'entendre tout récemment d'un tout jeune homme !) : "ça n'ira pas plus bas".
Dans ces périodes néfastes, il y a toujours un verre ou autre objet fragile pour se trouver là au mauvais moment, quand le lave-linge s'ébroue en sa phase "essorage"  s'éparpillant alors en mille morceaux sur le carrelage.

Pour revenir à ma gaucherie, mes amis s'amusent depuis des années de mon inaptitude à plier correctement mes pulls, chemises et autres t'shirt : il n'y a plus rien à faire, je crois.
Dans le temps, pourtant, un ami avait fait assaut de patience et donné des cours de pliage de pulls.
Il avait fini par baisser les bras.
A chaque occasion, je lui demandais : "dis tu veux bien me plier ce pull, dis ?".
C'est pratique.

Je m'amusais du billet d'un ami, blogueur également, qui disait le malaise qui le saisit chaque fois qu'il doit acheter du papier-toilette.
Parce que j'en ai pris conscience que j'ai du mal également, non pas pour acheter le produit, ni même passer à la caisse avec : non, c'est après que ça se corse pour moi, car il faut aller par les rues du quartier avec le volumineux paquet qui n'entre jamais dans le sac du Monop', en dépassant ostensiblement, le sac étant toujours transparent, évidemment, car le monde entier doit savoir ce que vous avez acheté !
Maintenant, quand j'ai des achats "discrets" à faire, je n'oublie plus de prendre le grand sac vert "réutilisable" ou, pour de menus achats, un sac en papier de chez ouatèlsse.

Merci d'avoir lu ce billet essentiel.

lundi 21 novembre 2011

Groove (tugudu tugudu !)

Io t'abbbracio (je t'embrasse)



Io t'abbraccio.
E più che morte, aspro e forte,
è pel cor mio questo addio,
che il tuo sen dal mio divide.
Ah mia vita!
Ah mio tesoro! se non moro,
è più tiranno quell'affanno,
che dà morte, e non uccide.

dimanche 20 novembre 2011

Poulets, maires et babas très cool


Mon ami F., qui suit assidûment cette gazette en son exil, déplore que je ne publie pas plus souvent de longs billets.
Je me dis parfois que mes considérations sur la société actuelle, la crise, la vie politique n'auront quelque écho qu'en des oreilles amicales bienveillantes à mon égard.
Un autre ami, accaparé par un labeur qui doit le conduire à un destin "sûr", lui, m'avoue "parcourir" mes écrits : sa sagacité lui en fera retirer, je n'en doute pas, la quintessence, pour peu qu'il y en ait une : ça dépend des jours, des humeurs de l'auteur et du lecteur ; ça tient en si peu de choses, finalement.
Voici donc, tout de même, quelques futilités que l'on pourra "parcourir" sans vergogne.

Poulet dominical
C'était, du temps de mon enfance à Antibes, quand les finances familiales étaient au beau fixe, une fête du dimanche : le poulet soigneusement rôti que ma mère accompagnait de pommes de terre Agatha croustillantes et fondantes à la fois.
C'était un temps où le poulet était un mets réservé aux bourgeois : on n'avait pas encore inventé le poulet aux hormones qui finit par envahir les tablées prolétaires, et encore moins les escalopes, cuisses et filets de volailles en barquette de polystyrène, pas plus que les labels rouges et autres estampilles destinées à certifier l'origine de la bête.
J'ai, par instinct, repris cette tradition depuis quelques mois, car j'ai trouvé sur le marché du Boulevard d'Ornano, un éleveur du pays d'Auge qui vient à Paris vendre sa production chaque dimanche.
Le parfum qui s'échappait de son étal était d'une toute autre saveur que celui qui émanait des boucheries environnantes.
Même quand je déjeune seul, le monsieur au visage rougeaud sous les cheveux blancs m'en dégotte toujours un petitou pour satisfaire mon envie du jour : un poulet "fermier", ça va de soi, appellation qui n'existait pas à l'époque sus-évoquée, car tous provenaient de Bresse et il fallait les commander à l'avance.

Petits babas Noël
Une amie m'a offert une gourmandise incroyable, et là, je sais qu'on va s'arrêter de "parcourir" : ce sont des petits babas baignant, en leur bocal de verre, dans un rhum de fort bon tonneau.
A la cuiller, avec une boule de glace à la vanille, c'est délicieux !
Je ne vois pas pourquoi l'un de mes amis me définit comme étant un "dandy socialiste"...

Toujours en représentation
Il ne faut pas être malade en novembre et décembre quand on joue au Caveau de la République (je me suis fait vacciner contre la grippe) ; c'est à cette période que la fête bat son plein : jusqu'au 31 décembre, les représentations se succèdent à vive cadence.
Cette semaine, pas le temps de souffler : avec le Congrès annuel de l'Association des Maires de France, nous sommes envahis par les édiles de la nation dès demain lundi, nos élus désirant faire une cure de rire à l'issue de journées studieuses : on ne sait pas si, cette année, le président de la République et le guilleret Fillon auront droit aux sifflets qui les ont accueillis l'an dernier, suite à la loi sur les collectivités locales et à la suppression de la taxe locale...
Bref, cette semaine, pas moins de 8 représentations : grande forme requise.
C'est en décembre, avec les fêtes, que l'on donne le maximum.
Dès le 1er janvier, vitesse de croisière agréable à un méridional comme moi qui aime à vivre Paris à un rythme "allegro ma non troppo".

Scoop !
Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy en 2012.
Comme en 2007, quoi.