Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mercredi 8 octobre 2008

Du cinéma de chambre à la HD.

Le "Ringo" (John Wayne) de "Stage Coach" de John Ford, premières émotions cinématographiques.

On s'était procuré cette affiche en grand format : le disquaire de la Place De Gaulle en fit sa vitrine.
Redécouvrir le "Voyage..." en HD, c'est le bonheur total !

Il est peut-être au moins un lecteur de ce journal pour se souvenir du Ciné Festival de Gazan, à Antibes qui fut sans doute l'une des plus petites salles de l'univers et d'ailleurs, réunissant une demi-douzaine de gamins dans ma chambre du deuxième étage.
Les après-midi, été comme hiver, sur le drap tendu au-dessus du lit, des images muettes (en noir et blanc la plupart du temps) défilaient, au rythme de 24 par seconde, en versions condensées de grands classiques ou de nanars oubliés loués chez le photographe de l'avenue Thiers.
Je jouais en fait à "faire le cinéma", disposant une caisse de fortune à l'entrée de la chambre (50 cts la place !) et peignant à la gouache de grandes affiches proclamant des "en exclusivité" ou des "en SuperScope" imaginaires.
Je palliai l'absence de son par des bruitages improbables et des musiques jouées par mon électrophone Pathé Marconi : il n'y avait pas grand choix, et la Rhapsody In Blue de Gershwin accompagna bien des westerns et autres "films de gangsters".
Je projetais des dessins animés en première partie, souvent les mêmes car le choix était limité et faisais, à l'entr'acte, lecture de quelques "réclames" pour les commerçants du coin : la crémière du "Bon Lait" de la rue James Close ne sut jamais à quel point elle m'était redevable !

Un peu plus tard, à 16 ans, avec les copains, nous créâmes le Ciné Club Antiboulenc dans une "vraie" salle (l'Orangerie) prêtée par la paroisse (!) où je projetais de "vrais" films "parlants", dont, cela fit date" "L'Evangile selon Saint Mathieu" de Pasolini, oeuvre iconoclaste s'il en est pour laquelle j'invitai des potes communistes (!) à participer au débat.
Un jour, il y a quelques années, le réalisateur Nicolas Boukhrief me dit que c'était dans cette salle qu'était née sa vocation !

Depuis, les techniques ont évolué à la vitesse de la lumière.
Aujourd'hui, loin de l'imposant Hortson 16mm du ciné-club, le vidéo-projecteur "full HD" me permet de diffuser dans mon salon des images d'une qualité impressionnante avec un son multi-canaux d'une belle densité.
La énième vision, l'autre soir, du film de M.Cimino "Voyage au bout de l'enfer", dupliqué sur disque "Blu Ray" me fit mesurer le chemin parcouru depuis les images tremblotantes des "Laurel et Hardy" qui nous faisaient trépigner autrefois.
Les nombreux "DVD" accumulés ces derniers mois me rappellent combien il était difficile de se procurer, à l'époque, des films récents.
Dans quelques jours, je pourrai proposer Wall-E à mes invités : les temps changent.

mardi 7 octobre 2008

Chinois : vole !

Le secret des poignards volants.

J'aime bien les films avec des chinois qui volent : c'est un cinéma qui a remplacé les films "de genre" qui faisaient notre bonheur au Casino ou au Rex, peplums avec Steve Reeves en jupette ou westerns italiens fabriqués à la chaîne après que Leone ait triomphé avec une "poignée de dollars".
Leur succédèrent dans les mêmes salles quand ils n'eurent plus la faveur du public les films "de karaté" avec Bruce Lee et ses sous-produits.

Le film de chinois volants voulut, lui, ennoblir la "série B" et eut quelques fulgurances pour réconciler public lambda et critiques (parfois) snobinards : "Tigre et Dragon" (Ang Lee) fut, en 2000, le film qui conféra au genre un réel prestige.
Bien sûr, les vrais amateurs, les initiés, les connaisseurs, ceux qui avaient vu tous les films de la "Saw Brother", chipotèrent : le "spécialiste" est rarement partageur.

Mais le genre était "lancé" et quelques films à gros budgets succédèrent à celui d'Ang Lee qui, lui, préféra changer d'air pour nous conter les amours de deux cow-boys là-haut sur la montagne, atteignant le septième ciel par des voies moins acrobatiques, quoique...

C'est Zhang Yimou qui reprit le flambeau avec deux films de haute volée, si je puis dire, que sont "Hero" et "Le secret des poignards volants" pour rater récemment une "Cité Interdite" dénuée de poésie.
Car c'est la poésie onirique qui fait tout le charme, par exemple, du "Secret...", où amant et maîtresse, beaux comme des dieux, gentils comme tout mais hyper-doués pour rétamer une armée de mercenaires très méchants, nous promènent dans une Chine allégorique de toutes les couleurs et, dans ce film-là, dans une forêt de bambous dont le vert traîne encore en rémanence au fond de ma mémoire rétinienne.

Milliers de figurants (l'armée de Qin dans "Hero"), combats chorégraphiés à faire honte à Kamel Ouali, son DTS à vous fâcher pour longtemps avec vos voisins, costumes chamarrés, oui, mais aussi un lyrisme poétique qui peut, attention, subjuguer les plus sensibles au pouvoir de l'image.
C'est, de plus, le retour de la grande aventure, celle qui vit bondir Errol Flynn en Robin des Bois ou Gene Kelly en d'Artagnan dans des paysages en technicolor toujours flamboyant.
Et là, moi, j'ai 10 ans.

lundi 6 octobre 2008

Taiaut, taiaut !

Curieux comme les rédactions, tous média confondus, se sont emparées de la prétendue "affaire" de Valence, se basant sur des hypothèses ou des témoignages mal recoupés.
L'histoire de cette octogénaire qui aurait fait l'objet de manipulations "bizarres" de la part d'un médecin du SAMU dans une ambulance à la suite d'un malaise cardiaque aura donc fait le miel des rubriques "faits divers" pendant tout le weekend, tombant à point, semble-t-il, pour faire oublier un instant les ravages de la crise financière.
Manque de bol, le vrai-faux évènement fit long feu, et le pauvre toubib, envers lequel on avait ouvert une information pour "homicide volontaire" (rien que ça !) a été rendu à la liberté après une éprouvante garde à vue.
On n'aura donc pas droit (sauf à lire le prochain numéro du "Nouveau Détective") au scénario affriolant du docteurJekyll trucideur de vieilles dames de nature à provoquer l'indignation d'une population en manque de sensationnel d'autant que la Starac' c'est plus c'que c'était, que le Mondial de L'Auto ne passionne pas les foules fauchées, qu'il pleut, bref, que les temps sont pourris et que si on peut plus lyncher personne on sait plus à quel saint se vouer, Benoit seize étant retourné aux ors (valeur refuge) vaticanesques.

Je suis curieux de savoir quel traitement nos journaux vont réserver à l'annonce de la mise en liberté de ce médecin, et surtout comment on va réparer les dégâts dans la vie de ce monsieur.

"Le président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) Patrick Pelloux a dénoncé lundi "les accusations mensongères" de la direction de l'hôpital de Valence à l'égard d'un de ses médecins, révélatrices selon lui du "malaise relationnel dans les hôpitaux".
"L'Amuf dénonce avec force le comportement inadmissible de la direction de l'hôpital de Valence et la véritable cabale qui a été lancée contre notre collègue du Samu durant tout un week-end", au cours duquel ce médecin a été "arrêté et mis en garde à vue sur des témoignages et des interprétations erronées".
Pour Patrick Pelloux, le médecine a simplement "fait son travail d'urgentiste qui est difficile, stressant et complexe".

Pourquoi ce silence ?

"Pourquoi l'hôpital a-t-il dénoncé notre collègue à la justice sans appréciation interne. Pourquoi ce silence qui a fait courir les rumeurs les plus stupides pendant 48h ? Qui a interdit aux médecins du Samu de Valence de s'exprimer, ce qui aurait pu calmer la calomnie ?", interroge le Dr Pelloux.
"A ce rythme-là, tous les urgentistes vont être arrêtés en fin de journée ! C'est inadmissible", poursuit le président de l'Amuf, pour qui "cette affaire témoigne une fois de plus du malaise relationnel et de stress dans les hôpitaux".
"Nous demandons que toute la chaîne de responsabilités soit mise à jour: c'est un dysfonctionnement grave de la hiérarchie de cet urgentiste", conclut le communiqué."

Source : nouvelobs.com

vendredi 3 octobre 2008

Pianisssssimmmmmmes !

Pianissime !

Georges Cziffra : Franz Liszt, 6ème rapsodie.



Il fut un temps où l'on trouvait des pianos français dans les salles de concert.

Un peu d'humour

Nuit blanche

Pierrick Sorin illuminera la façade de l'Holyday Inn Gare de l'Est

Demain soir, Paris vivra une nouvelle nuit blanche.
Il faudra flâner dans la ville pour surprendre les fruits de l'imaginaire.
J'aime bien la nuit blanche.

Photos "Libération.fr"
Voir plus : clic !

mercredi 1 octobre 2008

La haine est aveugle.

Ce que j'ai vu de la prestation de Ségolène Royal au Zénith, ce que les médias nous en ont montré plutôt, m'a laissé perplexe, cette "nouvelle façon de faire de la politique" est bien en phase avec une époque où l'apparence tient lieu de message politique : la formidable machine de guerre qui, s'ébranlant en 2007, mena Sarkozy à la magistrature suprême en témoigne et, en ce sens, les zélateurs (il en reste !) de l'actuel président, pas les derniers à critiquer la "Ségo-nouvelle formule !", n'ont pas de leçons à donner en la matière.
"Coachée" par Besnehart et Ariane Mnouchkine, Madame Royal donne donc à tour de bras (!) dans la politique-spectacle, par opposition à l'austérité affichée par, c'est un exemple, une Martine Aubry que le pilier de bistrot du commerce trouve trop "sérieuse", "fade", "bégueule" (faudrait savoir !) comme je l'entends souvent.

Je trouve quant à moi que la politique, l'administration des affaires publiques, sont choses sérieuses, graves, importantes que les médias ont "poujadistiquement" galvaudées, caressant dans le sens du poil les tenants franchouillards du "tous pourris", favorisant paradoxalement l'accession au pouvoir d'une clique dont l'intégrité n'est pas la première des vertus.

Il est en moi cependant un petit "Robin des bois" qui sommeille : tout en exprimant mon scepticisme envers cette nouvelle forme de réunion publique, en show "madonnesque" clinquant, je ne peux que constater que toute intervention en majeur ou en mineur de l'ex-candidate donne lieu à un déferlement de commentaires placés sous le dénominateur commun de la haine la plus féroce.
Ayant voté pour elle par défaut (ce n'était pas ma candidate de prédilection au sein du PS), les coups qu'elle reçoit vont finir par me la rendre sympathique.
Ce qui ne veut pas dire que j'approuve son projet, mais, bon, si on tape dessus avec autant d'énergie, je me dis qu'elle en inquiète quelques uns et qu'elle présente un potentiel d'opposition à la sarkozie non négligeable.
Bref, quoi qu'elle dise ou fasse, cette femme dérange : je lui reconnais au moins ce mérite qui n'est pas rien.

Qu'on se souvienne de la haine suscitée (encore aujourd'hui !) par Mitterrand, à l'instar de celle provoquée par Sarko : ces deux hommes politiques sont parvenus, malgré cela, au premier rang de l'Etat.
Ségolène Royal en a sans doute retenu la leçon.
En tout cas, son obstination force le respect.

Sinon, rien à voir : où est passé Guy Môquet en cette rentrée ?

La droite c'est bien, la gauche c'est pas bien

(c) Le Matin Online

Avec le président Pompidou, bien avant les lois sur le tabac

La championne olympique Marielle Goitschel fit la fierté de la France et de son Général-Président en un temps que les moins de 40 ans...
Elle sort ces jours-ci un bouquin qu'il faut vendre en faisant le tour des plateaux télé, tel celui de Ruquier samedi dernier.
Mme Marielle est de droite, ce qui est son droit le plus strict en démocratie ; mais pourquoi faut-il qu'elle prenne un air de bouledogue chaque fois qu'elle fait face à un interlocuteur estampillé "de gauche" ?
Vilaine, va !

mardi 30 septembre 2008

Téloche

L'institut Médiamétrie publie des chiffres d'où il appert que l'audience des chaînes nationales (Tf1, F2, F3, M6...) est en baisse, au profit des chaînes de la TNT.
De celles-ci, TMC, une sorte de sous-Tf1, prend la tête.
Nous voilà rassurés.

Newman



"Cat on a hot tin roof" (La chatte sur un toit brûlant) - Richard Brooks - 1958

Quel est le plus beau film du monde (36)



Actu

lundi 29 septembre 2008

Gaucher

Tendances actuelles

Ce modèle faisait fureur, hier, lors de la garden party montmartroise à laquelle participaient diverses personnalités du monde du cinéma, de l'humour, de la télévision, de la musique et des douanes françaises.


Création exclusive PaulAdamFactory

dimanche 28 septembre 2008

Monstre sacré


Paul Newman est mort.
Ce n'est pas rien : il symbolisait un cinéma de la conscience qui impulsa le renouveau du cinéma américain à la fin des années 50.
Sa filmographie fait peu de place aux "petits" films, qui le met au service de la "relève" hollywoodienne, d'Arthur Penn à Martin Ritt, ou lui donne à interpréter les personnages troubles et ambigus de Tennessee Williams ("La chatte sur un toit brûlant", "Doux oiseau de jeunesse").
Ses films les plus "commerciaux", judicieusement choisis, restent des classiques, notamment "Butch Cassidy et le kid" ou "L'arnaque".
Dernièrement, la jeune génération pouvait le découvrir en "parrain" dans "Les sentiers de la perdition" de Sam Mendès.
Le 7ème art vient de perdre un "monument".
Tristesse.

Avec Tom Cruise dans "La couleur de l'argent"

samedi 27 septembre 2008

Quel est le plus beau film du monde ? (35)

Sunrise : A song of two humans (L'aurore) - F.W Murnau - 1927

vendredi 26 septembre 2008

Au pain sec et à l'eau.

L'homme de droite ultra-libéral dont Sarkozy est le nom, le grand ami de G.W., le copain des Bouygues et Cie, nous a annoncé hier le retour de l'Etat dans l'économie, reconnaissant implicitement que le libéralisme sauvage ne pouvait qu'emmener à la catastrophe.
Le problème, c'est que la catastrophe est bien là et qu'on eût préféré ce genre de propos au moment de l'élection présidentielle.
La gauche de gouvernement aura bien du mal à attaquer des propos qui reprennent à peu de choses près ce qu'elle défend, elle, depuis des lustres : économie de marché, oui, mais encadrée, morale, sociale.
Le pauvre militant UMP auquel on tendait un micro à la sortie du show toulonnais, hier, en perdait son latin, balbutiant en évangile poussiéreux un "oui, il faut travailler plus pour, euh, gagner plus" dérisoire, pathétique, anachronique déjà.

jeudi 25 septembre 2008

Télécinéma

Lu sur un t'shirt :
Le cinéma est un art, la télévision est un meuble.

"Entre les murs" démarre fort.


Devançant très largement la grosse machine "Faubourg 36", le film de Laurent Cantet est en tête des entrées d'hier, jour de leur sortie, à Paris-périphérie.
Ça me fait plaisir.