Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

samedi 13 août 2011

Plaisirs musicaux du moment

Les mois d'août sont propices aux découvertes ou redécouvertes.
Avant un long weekend qui s'annonce chargé (retrouvailles diverses, balades, cinéma, dîners entre amis sur fond de pleine lune), j'ai tout loisir aujourd'hui, tout en mettant de l'ordre (même les domestiques prennent des vacances, c'est fou, non ?) d'écouter mes plus récentes acquisitions :


J'avais une discussion hier après-midi avec un élève qui a bien grandi et affine son pianisme de jour en jour.
Il me disait qu'il avait "du mal" avec Schumann et Brahms :
"j'ai beau lire et relire, ces deux-là, je n'y arrive pas !".
Je me replongeai de nombreuses années en arrière, à son âge peu ou prou.
Pour moi, alors, c'était exactement pareil.
De Schumann, vers mes 16 ans, j'avais joué plutôt bien la "Sonate en sol mineur" dont je me rends compte aujourd'hui, me réécoutant sur un vieux disque noir craquant et crachant à qui mieux-mieux, que je n'avais pas dû en saisir toutes les subtilités, et que j'avais dû travailler en "bête à concours" un peu fumiste.
Ca m'avait valu un quelconque premier prix, de ceux que ma mère collectionnait, les affichant dans son salon avant que la rage me saisisse et que je la prie fermement de les enlever.
Quand je fus en face du "Carnaval" de ce même Schumann, je baissai la garde : toutes ces notes enchevêtrées me donnaient la migraine !
Pour Brahms, même topo : certes, j'ai joué les "tubes", "Berceuse" (celle qui, de nos jours encore, accompagne les vagissements des nourrissons au-dessus de leur berceau), "Valse" dite "des regrets" (foutaise !) et une transcription de mon cru du thème rebattu de la 3ème symphonie que, quelque temps après, Gainsbourg allait transformer en "Baby alone in babylone" (!).
A part ça, Brahms, nada : ne me reste plus aujourd'hui qu'à écouter Hélène Grimaud, laquelle a tout compris et rend limpide ce qui, à l'époque, me semblait totalement abscons.
De même, le 2ème mouvement du Concerto N°1 joué par Arrau me met littéralement en extase.
Avec mon élève si doué, qui, à 18 ans, a quelque chose du Sylvian de cet âge (je transmets donc aussi mes défauts ?), nous concluions que ces deux compositeurs, comme tous les génies, avaient beaucoup d'avance sur leur temps et que, notamment, le Schumann finissant préfigurait Stockausen, lequel n'est pas précisément un faiseur de musique d'ascenseur !




De Brahms, j'écoute donc cet été, les 4 symphonies sous la baguette de Karl Böhm, et même celle que Gainsbourg a adaptée : c'est encore mieux que par Jane Birkin.

 J'ai réussi à grand-peine à me procurer le Requiem de Fauré par Michel Corboz, celui qui est chanté, entre autres, par des petits suisses (oh, ça va, hein !?).
J'en avais entendu un extrait sur Radio Classique ; comme quoi !
De plus, sur le même CD, il y a Elégie avec Paul Tortelier, violoncelle...



 Alfred Deller (mort en 1979 en Italie, bien sûr, car c'est là qu'il faut mourir) fut sans doute le plus grand contreténor du siècle passé : en raccourci un peu expéditif, on peut dire qu'il remit Purcell "à la mode".
ce "Music for a while", enregistré 3 mois avant son décès et paru tout récemment chez Harmonia Mundi dans une nouvelle édition mérite largement son "Diapason d'Or" : c'est en effet un trésor qui vaut tous les lingots du monde.
Formidable pour le repassage.


Autre acquisition, l'Héroïque de Beethoven enregistrée à Vienne en 1944 par Furtwängler qui eut, peu de temps après, quelques comptes à rendre en période de dénazification (mais allez voir la page "wikipedia", c'est passionnant et ça remet les pendules à l'heure).
Ach, z'est kolossale finesse !
Vraiment.
(SACD hybride chez tahra, distribution Harmonia Mundi)





 Enfin, j'ai fait venir de loin l’œuvre pour piano et orchestre de Saint Saëns jouée par un sacrément bon Stephen Hough.
il y a les 4 concertos, le Wedding Cake, la Rapsodie d'Auvergne (si !), l'Allegro Appassionato et un truc qui s'appelle "Africa" (chez Hyperion, introuvable en France !).
C'est, dans le désordre, charmant, surprenant, drôle, virtuose, classique, moderne, indéfinissable et chronologiquement illogique, à faire écouter "à l'aveugle" : on dirait parfois du Mendelssohn, du Chabrier saupoudré de Ravel, avec un petit côté Francis Lopez (vous savez, les opérettes avec Luis Mariano).
J'aurais bien aimé connaître ce Saint-Saëns.
Bref, c'est indispensable !

Enfin, j'ai changé la cellule de ma platine à disques noirs et réécoute plein de choses, du baroque surtout : Corelli, Vivaldi (un vrai compagnon de vie, celui-là), Bach, Haendel et toute la bande.
Faut retourner le disque toutes les dix minutes ; ça me fait de l'exercice, car je suis toujours loin du pick-up quand la face est terminée.

Là - dessus, je m'autorise une pause, sans doute jusqu'à jeudi prochain : il ne faut pas bloguer en période de pleine lune.




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