Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

jeudi 16 décembre 2010

"Le nom des gens" : une réussite





Synopsis :
Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...


Jacques Boudet, Jacques Gamblin, Sara Forestier et Michèle Moretti
Notre nom dit-il vraiment notre histoire, ces anciennes souffrances que l'on ne peut oublier ? 


Il existe de grands "petits" films.
En voici un, qui ne se pousse pas du col, film éminemment "de gauche" de par son ingénieux sujet.
Si l'on a l'occasion de rire à maintes reprises, le film de Michel Leclerc sait se faire grave, douloureux, et, mine de rien, met en exergue les tares de notre société : l'exclusion, le drame de ces gens, enracinés en France depuis des lustres, dont la nationalité, à cause d'un papier égaré ou émis en période sombre, est remise en cause par des fonctionnaires obtus : il en est maints exemples récents dont certains d'illustres personnalités.
La jeune Sara Forestier (révélée par "L'esquive" et césarisée à l'occasion) crève l'écran en duo détonant avec l'excellent Jacques Gamblin qui n'est plus à un bon film près.
Il y a, bien sûr, cette apparition d'un Lionel Jospin qui laisse pantois Arthur Martin (!), "jospiniste" convaincu.
Inutile d'en faire un "argument de vente" : la scène ne vient qu'en avatar subtil, drôle, poétique presque, l'ex-Premier Ministre faisant preuve ici d'un sens de l’auto-dérision qui convaincra ses plus farouches détracteurs.
Peut-on aller voir "Le nom des gens" si l'on est "de droite" ?
Oui : le sens de l'humour ne connaissant pas de frontière, du moins on l'espère.
Et puis, Arthur, Bigard, et Clavier sont de ce camp-là, non ?

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