Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mercredi 30 juin 2010

Aaaaaaaaaah, l'Eurovision

C'est vrai, quoi : on a tous un banc, un arbre ou une rue où l'on a bercé nos rêves.
Pas vous ?
Je vous plains.


Monaco- 1971 - Séverine, c'est son prénom.

Lichtenstein - Art - 1962

Quel cirque !

lundi 28 juin 2010

Quelle richesse ! Quelle richesse ?


José Antonio Abreu, fondateur en 1975 du "Sistema" qui permet aux gosses les plus pauvres du Venezuela de "s'en sortir" grâce à la musique (d'ici peu de temps, ce seront 500 000 enfants qui en bénéficieront !) déclare, quand on lui demande pourquoi, dans nos pays riches, la musique est aussi peu pratiquée, s'adressant le plus souvent à une pseudo-élite :

"Chez nous, la musique représente un formidable espoir pour ces enfants et leurs familles, les écartant de la violence de la rue, de la drogue et autres maux endémiques en "pays pauvres".
Dans les pays dits "riches", l'abondance crée l'ennui et la lassitude."

La richesse, ce n'est pas toujours ce que l'on croit.



Je ne m'en remets pas :

en cette période chargée en événements de toutes sortes, j'ai oublié d'enregistrer, dimanche dernier, le film de Vicente Minnelli "Thé et sympathie", témoin de la difficulté d'être ce que l'on était dans l'Amérique profonde des années 50 avec la grande Deborah Kerr.
J'en aurais sûrement fait une longue chronique...

dimanche 27 juin 2010

Après le tumulte

Douceur sans nom d'un dimanche matin lumineux dans la plaine de Montmartre.
Le quartier, vers les dix heures, semble reprendre son souffle ; "ils" ont dû migrer vers la mer ou la campagne, encouragés par les premières chaleurs.
Tu as raison, l'ami : Mozart est toujours à sa place partout et en tous temps.
Dans le coffret des concertos, j'ai pris un disque au hasard et la musique embaume comme un bouquet de roses.

Hier, un samedi en point culminant d'une saison riche en événements.
Je suis allé traîner mes guêtres (qui sait encore ce que sont des guêtres ? Fred Astaire est mort depuis longtemps) vers les six heures de l'après-midi à la Bastille où déboulait l'immense cortège de ce que les américains appellent la "gay pride".
Une foule qui danse, comme saoule, sous un soleil implacable ; des hurluberlus comme la télé en montre toujours ces jours-là, minoritaires pourtant parmi ces milliers d'humains terriblement humains dans leur diversité, jeunes, vieux, familles avec enfants, sous le regard peu amène de "forces de l'ordre" décontenancées, abasourdies, assourdies par les décibels déversées par les sonos ultra-puissantes.
Tous ces gens sur les chars, postiers, cheminots, flics (si !), employés, ouvriers, gens de la nuit, fiers d'être ce qu'ils sont et le criant à la face du monde.
Le vrombissement des basses vous fait trembler sur vos jambes ; les merguez des petits toulousains sont excellentes ; il y a de belles filles et des beaux garçons, des vieux travelos trouvant ici un sursaut d'énergie longtemps contenue ; le fond de teint ne résiste pas aux 30° à l'ombre de ce drôle de weekend.


Je remonte le boulevard Beaumarchais ou le redescend, peu importe, pour rejoindre la Place de la République ; la grande artère est exceptionnellement vide de toute circulation ; on peut s'attabler à la terrasse d'une brasserie, tranquillement, quand, à quelques centaines de mètres, le concert met en transes ces milliers de fêtards désireux de bouffer de la vie à pleines gorgées.
La bière est fraîche, le serveur affable ; on n'est plus à Paris.

Pour la "dernière" de la saison du Caveau de la République, on s'est fait une petite fête : Fromet a fait un gâteau qui se délite de tant de tendresse, ma pissaladière fait un malheur, le tarama de Christine n'a jamais été aussi bon, le vin nous grise qui nous permet de transmettre au public notre bonheur d'être ensemble et notre peine de nous séparer le temps d'un été.
Il y a quelque chose de magique : les spectateurs, ignorant pourtant, au départ, que c'est l'ultime représentation, ont capté ce climat particulier et se retrouvent immédiatement en phase avec nous.
Je fais trop long en début de soirée, mais ça marche : je les brocarde gentiment, les félicitant d'avoir encore le courage d'aller au spectacle après une "gay pride" épuisante (c'est pas du tout "le genre" de l'assistance, mais ils jouent le jeu).
La soirée va crescendo ; comme le veut la tradition, on se fait quelques blagues sur scène tout au long de la représentation.
Un gamin de 15 ans a amené sa maman en guise de cadeau d'anniversaire ; une surprise.
Au final, l'équipe monte sur scène pour lui offrir... Gilles Détroit !
Ebahie, la spectatrice se voit offrir DVD, CD, affiches : elle n'oubliera pas cette soirée.
Son fils est heureux et pas mécontent de son choix.
10 semaines vont s'écouler avant que reprennent les représentations ; comme chaque année, les premières seront "moyennes", balbutiantes presque, puis, la période de "rodage" passée, nous serons installés, chez nous : il y aura des triomphes mais aussi des "taules" quand l'alchimie avec le public ne se créera pas parce que "quand ça veut pas...".

En attendant, le silence qui suit Mozart, c'est encore Mozart.


J'me voyais déjà...

Un bon bouquin au bord...
... du Lac de Côme
et
peut-être un drink...
... chez George (Clooney).

samedi 26 juin 2010

Cadeau

Pitié !

Quelque chose en moi d'Alain Chamfort...

Photo de Fredo au Fieald.
Pour une fois que je me trouve bien en photo.
Et vous ?
Pas plus de 100 commentaires, merci.



vendredi 25 juin 2010

Morel, les bleus et France Inter

Ils y étaient tous !

Photo Didier Guillot

«A deux ans de la présidentielle, nous virer, c’est bizarre…»

Interview de Stéphane Guillon et Didier Porte sur Libération.fr.
C'est là : cliquecommeunmalade

France Inter : écoutez la déférence !

C'est tout.

Pensées profondes

Peu après mon réveil, je me fis la réflexion suivante :
- Fichtre, déjà le 25 ?
Comme le temps passe.

Impudence : jusqu'où ira-t-il ?

"Pour recevoir Thierry Henry, Nicolas Sarkozy a du annuler une rencontre prévue avec des ONG de développement en vue du sommet du G20". (Nouvelobs.com, faute sur "dû" comprise)
On sait l'urgence absolue d'une telle rencontre ; on comprend qu'il ait annulé ces broutilles.
Peut-être pensait-t-il distraire le peuple de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
Monsieur "j'memêledetout" a eu tout faux : les manifs ont fait carton plein.
On a noté que le ton montait très nettement dans les slogans.
Si le petit manitou n'en tient pas compte, on peut craindre des semaines très très très difficiles pour le non -gouvernement et le président de "plus-du-tout -de- français- ou -si- peu".

jeudi 24 juin 2010

Quel est le plus beau film du monde ? (62)


Parce que les paysages de cette "road-movie" sont superbement filmés, parce que l'idée scénaristique est originale, parce que c'est l'une des premières apparitions (foudroyante !) de Brad Pitt, parce que Susan Sarandon et Geena Davis y sont exceptionnelles tout comme Harvey Keitel en flic intelligent, parce que la fin du film de Ridley Scott est inoubliable...





Tout n'est donc pas perdu !



La salle Pleyel hier après-midi était remplie d'une foule de gens dont beaucoup assistaient sans doute pour la première fois de leur vie à un concert de musique dite "grande".
J'ai déjà évoqué dans ces pages l'extraordinaire réussite du "Sistema" : au Venezuela, depuis qu'en 1975 José Antonio Abreu a initié le projet de permettre à des enfants des "favelas" de jouer la musique ensemble, le "système" est devenu une institution nationale.
Un témoin raconte : "Les membres composant actuellement l'orchestre ont débuté dans des orchestres de leur quartier, ont continué dans des orchestres départementaux et régionaux. Certains ont des passés de délinquance juvénile, de toxicomanie, de vols, de vie dans la rue, et pour tous, «le Système» signifie une transformation de leurs vies pendant leur adolescence et leur jeunesse. Les musiciens les plus jeunes peuvent n'avoir que deux ans, et la moyenne d'âge ne dépasse pas 22 ans. Le Système a survécu à toutes les sortes de problèmes sociaux, économiques et politiques qu'a connus le Venezuela dans les 30 dernières années, et il a toujours reçu le soutien de tous les gouvernements."*
A l'instar du modèle sud-américain, quelques passionnés se sont mis en tête de mener à bien pareil projet chez nous, en France, où la pratique musicale s'appauvrit depuis longtemps, guère encouragée par un budget de la culture qui s'amoindrit d'année en année, honte nationale aussi (beaucoup plus) inquiétante que celle bue lors de la coupe du monde de foot.
Pendant six mois, animées par des professeurs et des musiciens professionnels, des séances de travail ont permis à des mômes qui n'avaient, pour la plupart, jamais touché un instrument, de monter un orchestre à cordes qui donnait, hier, ce concert, dans la prestigieuse salle Pleyel en communion avec le London Symphony Orchestra sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner ; rien que ça !
L'extraordinaire travail des animateurs, la complicité des membres de la fameuse formation britannique qui n'avaient pas hésité, tout au long de l'année scolaire, à faire des aller-retours pour aider à l'aboutissement du projet, portait ses fruits ce 23 juin sur l'immense scène de la vénérable salle de concerts, récemment rénovée, magnifique, épurée, confortable.
Obéissant au Chef au doigt et à l'oeil, se levant sur ses injonctions, appliqués, impressionnés sans doute, ces gamins prouvaient que la musique est un véritable message universel.
Ils jouèrent Haendel, Chostakovitch, Rameau, et une création "spéciale" et "mondiale" du compositeur contemporain Pascal Zavaro encadrés par leurs "coach" pour unir sans faillir leurs notes à celle d'un orchestre de réputation planétaire.
C'est une sacrée leçon, un exemple : ce que 23 millionnaires sans humilité ne parviennent pas à donner, la Musique le permet.
Elle abolit les frontières en langage intemporel d'une humanité fatiguée.
Chapeau !






*Source : Global Voices

mercredi 23 juin 2010