Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mercredi 14 avril 2010

Le Blu-ray, c'est mieux !

L'apport de la technologie Blu-ray est indéniable par rapport au DVD.
Une récente vision de "Voyage au bout de l'enfer" m'en apportait la preuve flagrante : les copies du film en circulation présentaient tâches et rayures dues à des milliers de projections ; la dernière édition était correcte, mais entachée de nombreux défauts.
Le travail de restauration par Studio Canal pour l'édition Blu-ray (celle que nous avons vue) est exceptionnel :



Il en est de même pour la trilogie des "Parrain" dont la restauration a été supervisée par Coppola lui-même.

Enfin, voici que nos voisin allemands viennent de sortir les premiers Chaplin de la série, dont cette "capture" (ici "Les lumières de la ville") donne une idée d'excellent augure :


Rien n'interdit de cliquer sur les photos pour les agrandir...


Une scène de film

Après le mariage, et la chasse au cerf dans le petit matin lumineux, la bande de copains se réunit une dernière fois dans le bar où bosse John (George Dzundza).
Les cris et les rires fusent lorsque, soudain, John entreprend de jouer maladroitement un nocturne de Chopin sur le piano désaccordé.
Là, tout se fige ; la mélancolie s'installe ; on sait que le pire peut advenir.
Cimino coupe brutalement la scène et nous transporte immédiatement dans l'enfer du Vietnam où les 3 amis, Mike/De Niro, Steven/John Savage et Nick/Ch.Walken  vont plonger dans l'horreur.
C'est une scène poignante et inoubliable de "Voyage au bout de l'enfer" (The deer hunter) de Michael Cimino (1978), de celles qui font aimer le cinéma.

La "bande de potes" du film de Cimino

Art (bis)


Cette vitrine, sur le Campo San Stefano (Venise toujours) renouvelle fréquemment ses installations, toujours originales.


Souci du détail


Nocturnes sur les pas de Stendhal et autres promeneurs solitaires


Flottaisons


Le miracle vénitien, c'est qu'il reste toujours des lieux à découvrir, comme ce quartier du "Castello", moins encombré de touristes, authentique, où je me suis enfoncé un matin, après une promenade dans les "giardini" qui bordent la lagune.
Il y a du linge aux fenêtres, pincé sur des cordes doubles qui coulissent grâce à des poulies.
Le marchand de primeurs ne quitte pas son embarcation pour vendre ses produits.

Art vénitien

Seiches dans leur encre et polenta du Ristorante San Trovaso
J'en ai vu de plus sophistiquées ; ici, dans leur simplicité, ce sont les meilleures de la terre.

mardi 13 avril 2010

lundi 12 avril 2010

Petites indignités (trop) ordinaires

Du temps ou j'officiais en milieu noctambule, je repoussais les limites de l'intempérance.
L'alcool était, je le croyais, un détonateur nécessaire à la mise à feu des foules festives.
Je quittai le "milieu de la nuit" à l'orée des années 90 ; dès lors, ma consommation d'alcools forts baissa insensiblement pour devenir peu à peu épisodique et toujours associée au plaisir.
Encore aujourd'hui je peux prendre plaisir à déguster lentement un vieux jus d'alambic.
Plus encore, j'apprécie un excellent cru à une table bien garnie, bien que la médecine ne m'autorise que 3 verres de vin par jour, ou peut être parce que.
J'ai eu à fréquenter des personnes, proches parfois, victimes (il n'y pas d'autre mot) de leur addiction.
Je fuis maintenant comme la peste tout être humain que cette maladie a conduit à abdiquer toute espèce de dignité.
Je l'ai déjà écrit ici : j'avais été surpris, lors de mes premiers séjours romains, de constater que le romain ivre était une espèce rarissime.
Pour eux, c'est un déshonneur que d'être vus en état d'ivresse avancée.

A Venise, c'est un français imbibé qui a gâché mon avant-dernier diner, m'apostrophant dès que je passai commande en lâchant un "merci" qui m'identifiait immédiatement comme "compatriote".
Le pauvre homme avait visiblement sifflé un litre de vin et entamait son deuxième "limoncello", un "digestif" redoutable qui se boit comme un tilleul-menthe et vous assomme quasi-directement.
Je dus ainsi subir les élucubrations embrumées de celui pour lequel j'étais devenu l'interlocuteur francophone, la proie facile en voisin de table.
La pizza que j'avais commandée aurait pu être l'une des plus délicieuses du monde si, pressé d'en finir, je ne l'avais engloutie à un tempo "vivace".
Faut-il préciser que les propos de l'homme, ceux, du moins, que l'on pouvait distinguer, n'avaient la moindre logique, balbutiés ou éructés malgré un trop vif désir de tenir une conversation "sensée".
Le repas fut expédié en une petite demi-heure, et je m'en fus, courroucé, amer, dans un état qui me rappelait celui où me laissèrent quelques soirées perdues à essayer de raisonner des personnes prises dans la même nasse.
Heureusement, sur le quai de "Fondamente Nove" presque désert, la douceur de la nuit vénitienne me prenait dans ses bras, comme pour me consoler.

"Fondamente nove", mon point d'attache lors de ce séjour.

Scorsese

dimanche 11 avril 2010

Venise est propre

De ma fenêtre...

J'y pensais hier soir en empruntant une rue du 18ème dont les relents d'urine me prennent immanquablement à la gorge à chaque parcours : malgré ses milliers de touristes quotidiens, et sans doute grâce aux mises en garde partout affichées, Venise, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, est propre ; comme partout, hélas, ont fleuri ces dernières années les "tags" en fléau récurrent de nos siècles imbéciles.
Les édiles de la Sérénissime ont toutefois contenu cette atteinte à l'esthétique et autres comportements désinvoltes en appliquant des sanctions rigoureuses aux contrevenants.
Ainsi, les propriétaires de chiens ramassent systématiquement les déjections de leurs toutous ; les parisiens semblaient avoir "pris le pli" mais on peut constater aujourd'hui le retour sur nos trottoirs de ces preuves de mépris civique, en exemple flagrant de l'individualisme de rigueur en nos contrées.
Certes, à Venise il y a de l'eau, beaucoup d'eau et donc du sel et de la vase.
Le touriste français, qui ne manque pas d'air, vous dira peut-être quand vous en rencontrerez un spécimen de connerie, "c'est beau Venise, mais qu'est-ce-que ça pue !" : celui-là y est allé sans doute à l'époque des grandes chaleurs et ne s'est jamais assis, chez nous, à une terrasse de café fleurant bon le tout-à-l'égout, en mauvaise foi gauloise qui fait de nous les touristes les plus détestés d'Europe avec cent autres défauts.
Pour cette propreté constatée, il en est de même dans le centre historique de Rome où les rues sont jalonnées de corbeilles en fonte et de... cendriers, Venise venant de disposer à son tour des réceptacles à mégots un peu partout.


Sur les "Zattere", longue promenade donnant sur la lagune, face à la Giudeca, quartier "populaire" tellement différent de la Venise touristique, se réunissent après les cours les étudiants de l'Université, verre en main (peu de bière, pas d'alcool !) ; je les observais mercredi, déposant consciencieusement leurs déchets dans les bacs prévus à cet effet.
Il y a donc une fierté, un point d'honneur, à maintenir la plus belle ville du monde, si vieille, en état d'être admirée par l'humanité.
Reconnaissante ?

 Les gamins peuvent jouer sans crainte, c'est "clean" !

Un concert à Venise

Pas l'ombre d'un concert, d'un opéra ou d'un récital à la Fenice lors de mon trop court séjour.
J'avais une telle soif de musique vivante que je me suis rabattu sur l'un de ces concerts "very typical" que l'on donne chaque soir dans l'une des innombrables églises qui jalonnent la cité des doges.
C'était le concert de Pâques à San Vidal, lieu désacralisé et voué maintenant entièrement à la musique, en fief d'un ensemble dénommé "Interpreti Veneziani".
Vu l'affluence, il faut prendre son billet dans l'après-midi et arriver à l'ouverture des portes pour être le mieux placé possible.
 J'eus la chance de m'y asseoir au deuxième rang, au milieu d'une petite foule hétérogène ; devant moi, des spectateurs finissaient une partie de Scrabble en attendant le début de la représentation pendant que mille éclairs jaillissaient des appareils photo numériques.


Le touriste-photographe lambda a une propension certaine à utiliser le flash en toute circonstance ; c'est complètement idiot, empêchant de voir le sujet dans son contexte réel : vous faites une photo d'un "palazzo" judicieusement illuminé et vous vous retrouvez avec une photo de plein jour !

 
Le concert de ce dimanche pascal ne volait pas l'auditeur : les "Vivaldi" furent interprétés à la vénitienne, avec fougue, l'ombre du "prêtre roux" planant en ces lieux où, dit on, il créa une grande partie de ses œuvres.
Un concerto pour violon et cordes de Haydn fut également honoré plus que correctement.
Je n'en dirai pas autant du "piano et orchestre" de Bach (l'ultra célèbre BWV.1056 en fa mineur) qui fut "exécuté" à un tempo d'enfer (dois-je traduire "Allegro Moderato" du 1er mvmt ?) comme si les musiciens craignaient de manquer le dernier "vaporetto".
Mise à part cette "fausse note", le concert fut agréable et se termina en "mise à feu" par un bis du jeune second violon qui interpréta "Introduction et tarentelle" de Sarasate, compositeur... espagnol dont une rue (chantée par Aznavour) porte le nom à Paris.
Ce fut pour le coup un moment magique, la virtuosité de l'interprète, sa sonorité, son impétuosité, faisaient songer à ce que durent être les concerts du sorcier Paganini, l'une des deux "rock star" du XIXè siècle, l'autre étant le pianiste et compositeur Franz Liszt.
Après les ovations (méritées), ce furent des trombes d'eau qui nous accueillirent à la sortie, comme si les coups d'archet de l'interprète avaient percé les nuages.
Le lendemain matin un soleil souverain régnait sur la Sérénissime.
Les dieux s'étaient calmés.

samedi 10 avril 2010

Ca, c'est de la chanson !



Il vous en prie.

Une ville bien fréquentée

Chère à mon coeur, mais pas donnée

Venise est certainement la ville la plus "chère" d'Europe : il faut y être allé plusieurs fois pour connaître les pièges à éviter, les petites "trattorie" cachées loin de Disneyland la Place St Marc et du Rialto.
La première fois, on va boire un café au Danieli, vieux Palace où les chambres et suites se louent pour des sommes astronomiques, ou, sur San Marco, là :

Un espresso dans l'historique Caffè Florian vous coûtera 5 € ; si l'orchestre joue en terrasse, il vous sera facturé 10 € !

J'ai la même à la maison, qui ne m'a pas coûté 645 € comme ici.

L'incontournable "spritz" : de 3 à 7 € selon le quartier.



Multinationale créée il y a 2010 ans

La messe est dite.

Torcello, au milieu des flots

Sur la lagune, on bouffe du lion à chaque coin de vestiges.

Autour de Venise, trois îles, dont deux attirent les foules de touristes : Burano, pour ses maisons de couleurs variées (et la dentelle) et Murano où l'on souffle le verre qui donnera naissance aux pièces en verrerie les plus chères du monde.
De Burano, on embarque sur un "traghetto" qui, en quelques minutes, vous emmène à Torcello, île quasiment déserte où, au XIè siècle on édifia une basilique dans le style byzantin, car c'est là, pensait on, que naîtrait la cité de nature à régner sur la civilisation.
La "Sérénissime" se développa finalement en face pour rayonner sur le monde pendant des siècles.
En effet, il n'y a guère sur l'île, aujourd'hui, que cette cathédrale unique en son genre pour attirer le visiteur (entrée 5 € !) et une "annexe" où l'on célèbre les offices (j'y reviens juste après). 

Basilique plus conforme à mon goût du design que St Marc


 Famille Chapi Chapo ?

J'ai bien aimé cette "île nue" ; mais les distractions doivent y être rares.

vendredi 9 avril 2010

Tout ce qui brille...

Atterrir

Un bonheur chaque fois renouvelé d'y arriver.
Un arrache-cœur d'en partir.
Venise m'attire comme un aimant.
Rentré hier dans la ville où vrombissent automobiles et motos, je n'ai toujours pas atterri.


Tout-à-fait d'accord !