Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

mardi 8 janvier 2008

Divine Mina

La chanson "Un año de amor", entendue notamment dans le "Talons aiguille" de Pedro Almodovar chantée par Luz Casal est d'origine... française (texte Nino Ferrer, musique de Gaby Verlor*).
Mina chante souvent en espagnol.
Ici, elle interprète cette chanson en duo avec une "star" du flamenco : Diego "el cigala".
Elle en enregistra une première version en 1965 disponible sur "youtube".

*Gaby Verlor, décédée il y a deux ans, me précéda au piano du "Caveau de la République" qu'elle tint pendant plus de 25 ans : elle composa notamment "Déshabillez moi" pour Juliette Greco et "Le petit bal perdu" pour Bourvil.

Monsieur le Président, je vous fais une lettre.

"Etre président, c’est une ascèse, c’est l’oubli de soi et sans doute la mise entre parenthèses de son bonheur personnel, de ses sentiments, de ses intérêts, pour ne plus avoir en tête que le bonheur des Français."
Aujourd’hui, que pensez-vous de ces mots ?

Libération a demandé à ses lecteurs internautes quelle question ils poseraient au Président s'ils étaient présents à la conférence de presse.
Une leçon pour beaucoup de journalistes.
D'un clic.

lundi 7 janvier 2008

Nota bene



La baguette du boulanger de la rue Eugène Süe : 10/20
Le café au Nord-Sud : 8/20
Les roses du Monceau Fleur de la place Jules Joffrin : 8/20
Le temps aujourd'hui : 15/20
La nouvelle vanne d'O. Perrin samedi : 11/20 (en progrès).
La truffade expliquée chez J.L. Petitrenaud, hier : 18/20
L'édito de Joffrin comparant Napo IV à un "Poutine soft" dans le Libé du jour : 16/20
Le retour de "Perdu de vue" sous un autre nom sur tf1 : 1/20
Kouchner sur France 2 hier soir :
Motivation : 18/20
Diction : 12/20
Sincérité : 2/20
Conviction : 1,5/20
Le sujet "notez les derniers films vus" sur HCFR* : 1/20

*Site de cinéma-maison.

dimanche 6 janvier 2008

Relâche dimanche.

C'est l' Epiphanie.
Et pis c'est tout.

samedi 5 janvier 2008

Renee Fleming - Strauss Four Last Songs - Beim Schlafengehen

J'écoute souvent les "4 derniers lieder" de Richard Strauss par Renée Fleming ou Elisabeth Schwazkopff : musique de profonde plénitude, envoûtante.

vendredi 4 janvier 2008

Cacafouya


On sait combien Mozart aimait truffer les lettres qu'il écrivait à sa sœur Nanerl de références scatologiques imagées en prouts et crottes jalonnant sa correspondance familiale.
Le vocabulaire de nos contemporains s'est depuis longtemps (ou peu de temps, en fait) débarrassé des précautions de langage qui nous faisaient, enfants, au siècle dernier, dire "les 5 lettres" ou "m." pour manifester un mécontentement quelconque.
Songez qu'au début des années 80, Le Luron choqua en employant le mot "emmerdant" dans l'une de ses parodies.
Aujourd'hui, on ne s'emmerde plus, on se fait ch...
Le mot, sous toutes ses formes, verbe, adjectif, adverbe, sort, si je puis dire, de toutes les bouches avec une facilité déconcertante : autour d'une table en fort bonne société, il y a peu, j'entendais une très belle femme, toute en élégance, employer à tour de bras le "ch...t" pour épingler tel ou tel film ennuyeux.
La dévalorisation des mots grossiers va ainsi son chemin, leur enlevant toute leur violence, et depuis, notamment, que les supporteurs d'une équipe de foot, accompagnaient les dégagements du gardien de but adverse d'un choral "oh, hisse, enc... !".
Car aujourd'hui, il faut que vous le... sachiez, on est toujours l'enc... de quelqu'un comme on en fut autrefois le con.
Le problème que nous rencontrons à présent est une pénurie flagrante d'insultes : "con" étant devenu une ponctuation, et "enc..." une banalité, on ne peut plus formuler violemment le mépris, la haine, le dégoût, la colère, l'indignation, que nous inspire tel ou tel de nos contemporains.
Maintenant que le tutoiement, la trivialité de langage, sont devenus le mode d'expression des plus hautes autorités de l'Etat ("descends, viens le dire ici !), nous voilà à court de vocabulaire, impuissants à parler "comme des charretiers".
Et ça, moi, ça commence à me faire déféquer.

jeudi 3 janvier 2008

Gauche couscous et steak tartare.


La salle Renaud-Barrault (ou Renault-Barraud ?) du Théâtre du Rond Point accueille jusqu'à samedi le spectacle de Guy Bedos "Hier, aujourd'hui, et demain" auquel j'étais aimablement invité hier soir (merci Véra !).
Je suis un fan de longue date de l'humoriste dont, à une certaine époque, je connaissais par cœur tous les sketches écrits avec Dabadie, de "Marrakech" à "Saint Tropez, c'est trop snob !" en passant par "Pauv' gosse", "Le foot, le foot" ou le célébrissime "Bonne fête Paulette".
A l'époque, giscardienne, où "le système Médecin" faisait la loi à Nice, Bedos y remplissait le théâtre à chaque passage, et on avait un peu l'impression d'aller à une réunion de clandestins en lutte quand on allait chercher notre provision de rire de gauche.
Le procédé Bedos est désormais bien connu qui consiste à alterner sketches et revue de l'actu en un spectacle où la réflexion se mêle au spectacle pur, sans jamais (tour de force !) virer au "meeting" politique.
J'avais hier pour voisine immédiate Josiane Balasko* que j'observais du coin de l'oeil, ayant la nette impression qu'elle ressentait le spectacle avec le même recul que moi : Bedos, on le connaît, il est drôle, il est beau et en pleine forme (à "73 ans et demi !"), il est féroce mais sûrement vraiment gentil et parvient encore à nous surprendre au gré du déroulement de son spectacle.
Au Cirque d'Hiver, l'an dernier, je l'avais trouvé un peu las, soliloquant dans sa barbe, long, trop long au point que certains spectateurs quittaient la salle avant la fin et j'en étais sorti malheureux pour lui.
Dans l'espace plus "humain", moins "ménagerie", que Jean Michel Ribes anime avec passion, Bedos retrouve une vraie dimension, une proximité qui lui va bien au teint.
Depuis son passage chez Bouglione, il y a eu l'accession au pouvoir de "Badinguet" (surnom de Napoléon III, dit aussi "Napoléon le petit") dont le début de quinquennat est une mine d'or pour les humoristes.
Quand ils ont le talent et l'acuité de notre (faux) teigneux qui a "jeté ses lunettes d'aviateur", ça donne une succession d'escarmouches anti-N.S. qui déclenchent de vrais "rires de résistance"**.
Ayant la bonne idée de terminer son spectacle par ce qui fut longtemps son "cri de guerre", cet excellent "La vie est une comédie italienne", où il évoque Fellini, Risi, Monicelli et le Scola de "Nous nous sommes tant aimés", Bedos, cette fois, retient les spectateurs jusqu'au point final, déclenchant une "standing ovation", une vraie, pas comme à la télé où le public décérébré se lève pour accueillir le premier "people" venu.
Lui mérite l'hommage : c'est un grand.

Le "Rond Point", au temps de Marcel Maréchal, permettait de déguster l'un des meilleurs tartares de la capitale, préparé "au couteau" avec amour.
Je fus surpris de constater hier qu'on pouvait rater une recette aussi basique en présentant la viande (de qualité cependant) nappée d'une "sauce" improbable que j'ai pu heureusement rectifier.
L'environnement, un personnel agréable et un Haut Médoc 2004 très honnête ont néanmoins permis de faire de cette soirée une belle réussite.
A deux pas de l'Elysée, on se sentait un peu vengé.

* Sans-papiers, sans logis, Balasko et Bedos sont de ces combats là, le comédien-humoriste se définissant comme faisant partie de la "gauche couscous" en réponse au lieu commun "gauche caviar" dont se gargarisent les cons qui oublient les origines ou la position sociales des grands noms qui ont porté les idées progressistes tout au long de l'histoire de France.

** "L'opposition officielle" en prend aussi pour son grade, de Dray à Hollande sans oublier la "bête noire" Jospin.
Seule Ségolène est épargnée, l'humoriste sachant aussi faire preuve d'élégance.
Et d'une secrète admiration ?

mercredi 2 janvier 2008

Précision

Certains de mes lecteurs, au vu de la photo publiée ici hier 1er janvier, se sont émus de l'état de décrépitude que révèle ce cliché.
Je tiens à rassurer tout le monde : cette séance a nécessité de longues heures de maquillage et une composition d'acteur hors du commun !

En témoigne cet autre cliché réalisé lors des essais costumes :


De choz é d'ot'

J te swèt os si 1 bon an nez plèn de musik
é 2 fil o Sophie.*


C
omme vous sans doute j'ai reçu dans la nuit de lundi à mardi une flopée de sms.
Cette récente tradition a ses avantages et ses inconvénients : elle permet de trier ses vrais amis (il y a ceux qui prennent la peine de vous envoyer un message personnalisé et ceux qui dispatchent un texto formaté à tout leur carnet d'adresse) et puis on sait qu'on n'est pas seul au monde.
Moins amusant, les réseaux étant encombrés, un texto posté à minuit peut arriver chez vous à 4 heures et demie du matin, vous tirant du sommeil par un sonore avertisseur de message.
Ce qui arrive à ceux qui, comme moi, pensent rarement à éteindre leur cellulaire.

Dans mes messages reçus, cette nuit-là, l'un m'a particulièrement "parlé", émanant d'un élève maniant avec dextérité toutes les subtilités du "parler sms" : mon sang de l'humour ne faisant qu'un tour, je décidai de répondre dans le même style.
Ce que l'expéditeur du texto a fait sans doute en 3 minutes m'a demandé un bon quart d'heure.
Vous pouvez voir le résultat, dont je suis fier, ci-dessus.

Il y a ceux, amis supposés, ou "relations amicales" tout au moins, dont, désespérément, chaque année, on attend les voeux, et qui doivent être finalement réfractaires à cette tradition à laquelle on se prétend soi même peu attaché tout en décidant de leur faire la gueule pendant au moins deux bonnes semaines.
Parmi eux, celle ou celui qui a envoyé ses voeux à la personne qui se trouve à vos côtés tout en vous oubliant.
Et ça, ça fait vachement plaisir !

Pour changer de sujet car on va pas y passer le réveillon, j'écoutais ce matin M. Mailly, le secrétaire général de F.O. évoquer les mouvements sociaux à venir.
Ce syndicat, qui était un peu mou sous Giscard et Mitterrand, semble se radicaliser sous le règne de la "vraie droite", ce dont on doit se féliciter.
Il soulignait, tout à l'heure, que la France devenait peu à peu l'une de ces démocraties où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.
On s'en était aperçu.
Malgré les voeux consensuels de notre roitelet en exercice (la loi du genre), on sait bien que cet état de fait ira s'aggravant, hélas, tant l'autre excité décide de tout en tous temps et en tous lieux, le gouvernement de Fillon n'étant que virtuel et l'Assemblée Nationale étant devenue une simple chambre d'enregistrement des oukases de cet apprenti-sorcier dont l'appréciation de laïcité républicaine, entre mille autres choses, fait froid dans le dos.

La loi portant sur l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics ne déclenche pas ma colère : bien que fumeur, je trouve qu'on a vachement abusé, méprisant "l'autre", le môme, l'ex-fumeur, la personne fragile que notre poison quotidien incommode.
Cette loi sera finalement bien acceptée, j'en suis convaincu, car, voyez-vous, les français sont devenus un peuple de "résignés".
Si, sur ce sujet précis, ce n'est pas bien grave, ça l'est davantage sur tout le reste : sous-syndiqués, apparemment prêts à tout avaler sans broncher, nos concitoyens se comporteront-ils en 2008 comme les "veaux" brocardés par De Gaulle ?
A suivre.



* Je te souhaite aussi une bonne année pleine de musique et de philosophie.

mardi 1 janvier 2008

BONNE ANNEE

... et surtout, bonne santé !
(Photo Geoffroy Salver)


















dimanche 30 décembre 2007

Entr'acte.


La Gazette s'interrompt jusqu'en 2008.
D'ici là :

BON BOUT D'AN !

samedi 29 décembre 2007

Mieux

Non-film.

Perplexe ? Même pas !


Egaré par un avis positif argumenté sur un site fiable en général, j'ai loué une chose filmique que j'ai regardée hier soir en rentrant.
J'avais opté au départ pour "La splendeur des Amberson" de Welles, mais je me suis dit que "les chefs-d'œuvre d'antan, ça suffit, découvrons un chef-d'œuvre actuel".
Le public habituel d'Eric et Ramzy a, paraît-il, boudé "Steak" : j'en concluais donc que ce ne pouvait être totalement mauvais.
J'ai vu une chose qui est la négation même du "cinéma" : un truc qui lorgne vers (au choix) American Graffiti, Le camion (de Duras, mais sans faire exprès) ou le film en 8mm que votre grand oncle a tourné le jour de la "quille".
J'assistai, bovin, affalé, engloutissant une boîte entière de crackers Belin, à une accumulation de "riens" mis bout à bout, avec du vide autour.
Faire d'un "Steak" une "daube" relève peut-être de l'exploit artistique :
les spectateurs devraient être en droit de poursuivre les "auteurs" de cette ânerie qui les insulte gravement.

Sinon qui n'a rien à voir, je me dois de lire le livre d'Alain Badiou "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" : http://www.reseaudesbahuts.lautre.net/article.php3?%20id_article=573

Un jeu.

Jouez.

vendredi 28 décembre 2007

Alcool.

En rire ou en pleurer ?

Stupéfiant.

Dans une émission de Jacques Martin, qui savait instiller une dose de culture aux heures de grande écoute, un enfant de 10 ans, Eric Artz, interprète magistralement l'Etude Révolutionnaire de Frédéric Chopin !
A vos gammes !

"Un cheval rue parfois"

Bartabas. Le créateur de Zingaro a dévasté le bureau du directeur de la Drac qui lui annonçait une baisse des crédits. Une plainte a été déposée.

Dans le domaine de la culture, dont, vraisemblablement, peu se soucient, vont s'exprimer, comme ailleurs et sous toutes formes, des exaspérations qui pourront donner lieu à des actes de violence, condamnables certes, mais compréhensibles.
L'article le dit peu, mais il faut savoir que Bartabas ne ménage ni son temps ni son énergie pour "L'Académie des arts équestres" où il exerce bénévolement.

Un peu de douceur avec Alexandre Tharaud et... Bartabas :

Médiatiques

Comme bien souvent, un excellent article.
Le vendredi, il faut lire Schneidermann.

Essentiel pour vos soirées d'hiver, en classe, au bureau (ou en A.G. du PS)

jeudi 27 décembre 2007

Vulgaire

"...
sur le trône de De Gaulle, un président en manches de chemise, avec la chemise déboutonnée et les lunettes de soleil d'Alain Delon, qui reçoit ses ministres les pieds sur la table et tutoie (presque) tout le monde".