Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

samedi 12 mai 2007

Femme fatale

Deux journalistes du respecté (de moins en moins) quotidien "Le Monde" ont écrit un bouquin sur Ségolène, intitulé "La femme fatale " (alléchant, non ?).
L'ex-candidate s'est indignée de son contenu : «Pourquoi tant de haine, de médiocrité, de lâcheté ? On porte atteinte à l'intimité et à mes enfants.»«L'appât du gain ne justifie pas tout. Dire que j'ai instrumentalisé mes enfants pour des raisons politiques, c'est insupportable.»
Elle a aussitôt porté plainte.
A la suite de quoi, l'éditeur a lancé un nouveau tirage de 30.000 exemplaires.
Voilà, voilà ...

Les notes de Nicolas

Des petits malins (on soupçonne un intermittent affilié au Syndicat Français des Artistes, organisation satellite de la CGT de sinistre mémoire) ont mis la main sur la feuille où, lors du débat l'opposant à Mme Royal, N.Sarkozy a griffonné rageusement quelques notes.
En voici la reproduction :




vendredi 11 mai 2007

Brrrrr

Mes amis humoristes qui se frottent les mains, pensant que le pouvoir sarkozien va leur donner du grain à moudre ont tort de se réjouir si vite.
En tout cas dans l'immédiat : hier soir pour notre première représentation d'après-catastrophe, j'ai pu mesurer à quel point le nouveau (!) pouvoir, relayé complaisamment par les médias les plus "populaires", bénéficie d'une indulgence de circonstance de la part d'une population fatiguée de ces semaines de campagne (rendez nous la Star Ac', du foot, du Navarro et foutez-nous la paix !).
Il fallut l'énergie communicative de Paul, en fin de spectacle pour emporter l'adhésion sur fond de sketches résolument orientés a sinistra.
Quant à moi, qui ai la tâche d'ouvrir le spectacle, il faut dire que je frappai fort d'entrée :
m'installant au piano, la mine compassée, j'attaque (si l'on peut dire) le premier mouvement de la "Clair de lune" de Beethoven et, tout en jouant, lugubre, m'adresse au public en ces termes :
-Mesdames, messieurs, je tiens à préciser que les artistes que vous verrez ce soir se réjouissent (sanglots étouffés) du résultat de l'élection présidentielle.
La direction a décidé de changer dès demain le titre de notre spectacle (Sarkoz'iznogoud) par crainte d'un contrôle ... fiscal.
Je vous informe également que tous les humoristes sont venus à Mobylette, dîneront chez Mc Do et dorment en hôtel Formule 1. (...)

Dans la salle, une importante délégation d'un Rotary Club de province , des personnes âgées et quelques jeunes gens qui eurent l'amabilité de lancer des applaudissements ... polis.

La résistance s'organise mais ça va pas être facile.

Vous avez le droit de faire savoir que le personnel et les artistes du Caveau de la République ont voté à gauche, dimanche dernier, dans une proportion de 99%.
(Car nous avons un artiste "apolitique" qui, donc, a vraisemblablement voté Sarkozy.)

La délation, c'est bon !

Enfin, français de France, vous allez pouvoir dénoncer la vermine gaucho-trostko-ecolo-Teleramiste-Libérationniste, les intellos qui font rien qu'à réfléchir, les cultureux de tout acabit, les invertis en mal d'adoption, les ceusses qu'aiment pas Jean Pierre Pernaud et la chaîne de télévision officielle !
A vos clics, dénoncez !
Oh oui ... c'est boooon !
Vite, tous sur le site Delation-gouv.fr, c'est par là :
http://www.delation-gouv.fr/

Merci au Frère Adam pour ce lien précieux au plus haut des cieux.

L'ami du vendredi

Que je l'aime, que je l'aime, que je l'aime ...
A la télé, dans Libé (qui n'a jamais aussi bien porté son titre), Schneidermann fait un travail remarquable de décryptage du contenu (ou de son absence) des programmes télévisés et dénonce les tares de notre société "télépochisée" jusqu'au sommet de l'état, la première semaine du "président élu" nous donnant une idée assez précise de ce qui nous attend désormais.

Extrait de la livraison du jour : [...]Sarkozy a-t-il construit sa mythologie en regardant TF1 ? Ou bien est-ce TF1 qui, en vingt ans, a préparé le public à l'avènement de Sarkozy ? Insoluble question de l'oeuf et de la poule. Peu importe. Le spectacle est désormais à l'Elysée, comme le pouvoir était à la télé. Les deux lieux se confondent, et sont interchangeables.[...]

Mais lisez donc l'article en entier, c'est du tout bon :
http://www.liberation.fr/rebonds/253061.FR.php

jeudi 10 mai 2007

Mon 10 mai 1981


Le 10 mai 1981, la gauche accédait au pouvoir, par l'élection de F.Mitterrand à la Présidence de la République, après 23 ans de droite souveraine.
En pleine jeunesse, j'avais eu à constater notamment l'arrogance du pouvoir giscardien qui, se voulant "moderniste" (il y eut tout de même la loi Veil et l'abaissement de l'âge de vote à 18 ans) était gangrénée par les affaires : diamants de Bokassa, "suicide" du ministre Boulin, affaire De Broglie etc.
Les relations de la population jeune avec la police des Poniatowski et Bonnet étaient exécrables,(ça n'a pas vraiment changé ces temps derniers) des journaux comme Gai Pied et autres Hara Kiri étaient censurés, le X infamant apposé sur l'affiche de certains film et, malgré une certaine liberté des moeurs d'avant-sida dans les Alpes Maritimes de mon adolescence, un désir de retour à l'ordre moral se faisait sentir quotidiennement.
Je n'ai pas vécu le "10 mai" à Paris : j'avais donné procuration pour ce second tour car je participais à une émission de TF1 sur la chanson francophone où je représentais la France dans la catégorie Auteurs Compositeurs Interprètes.
J'ai donc vécu cette journée en Belgique où nous eûmes droit, en ce dimanche, à une "croisière" sur la Meuse avec visite dun château où je me faisais agresser sauvagement... par un cygne !
J'avais dîné la veille avec Jean Pierre Foucaud, le présentateur, et nous nous étions opposé sur l'actualité, lui soutenant Giscard et moi, bien sûr, Mitterrand.
Je garde néanmoins un excellent souvenir de ce monsieur, courtois et affable, qui me donna d'ailleurs un coup de pouce deux ans après pour la sortie de mon unique et impérissable disque.
Avec mon ironie habituelle, le croisant il y a quelques années sur un plateau télé où j'accompagnais les Voilà !, je lui demandai ce qu'il devenait, ce qui l'amusa beaucoup.
Au retour de cette inoubliable croisière, vraiment inoubliable puisque j'y rencontrai quelqu'un qui allait beaucoup compter par la suite sur le plan sentimental, c'est par la radio, dans le bus qui nous ramenait à Bruxelles, que j'entendis le résultat.
Notre bus était en tête de cortège : je demandai au chauffeur de s'arrêter illico et descendis sur le bas côté de la route, dansant, gesticulant, hurlant à l'adresse du bus suivant qui stoppa de même et d'où me rejoignirent les équipes belges et québécoises pour entamer une transe diabolique qui avait de quoi interloquer les automobilistes belges dont certains, au courant, klaxonnaient à tous vents.
Restée dans les bus, l'équipe TF1 semblait abasourdie, sonnée.
Car contrairement à dimanche dernier, le résultat n'était pas aussi prévisible.
Certains, à la télé, ce jour-là ont eu quelques sueurs : on se souvient de la mine défaite de Jean Pierre Elkabach sur le plateau de l'ex-Antenne 2 !
C'est dans la "suite" de la productrice, à l'hôtel Ramada, que nous avons suivi ce qui se déroulait en France, et notamment à la Bastille que le "peuple de gauche" avait prise (bis repetita) d'assaut en une soirée où la pluie ne parvint à doucher une immense explosion de joie.
J'enrageai de ne pas être sur les lieux de l'évènement, consolé par les nombreuses coupes de Champagne saourées en maints toast' à celui qu'on n'appelait pas encore "tonton".
La suite ne fut que félicités qui resteront du domaine privé.
Pour couronner le tout, je rentrai à Paris couvert de lauriers dans un état d'euphorie que vous imaginerez aisément.
Je précise que j'avais milité pour cette élection au sein de la section PS du 3ème arrondissement, et que je fus de tous les évènements qui suivirent (enfin !) dont la célèbre visite de Mitterrand au Panthéon le jour de son entrée en fonction.
Demain, je vous raconterai comment je suis allé vendre "Combat Socialiste" au public huppé de Roland Garros.

Repentance et esclavage font-ils bon ménage ?

La première sortie publique du "président élu", c'était ce matin en compagnie de ce Chirac qu'on va finir par regretter (qui l'eût cru ?).
Et, tiens toi bien à la barre, matelot, l'objet de ces retrouvailles était, en ce 10 mai, la commémoration de l'abolition de l'esclavage.
Si vous relisez votre petit Sarko illustré, et, notamment, les discours emphatiques des meetings de campagne, vous apprendrez que la France n'a à rougir de rien, ni de l'esclavage, ni de l'attitude de l'Etat français pendant la deuxième guerre mondiale ("c'est quand même pas la France -admirez le style !- qui a inventé la solution finale !)(beurk).
C'est sur ce dernier point que Chirac, c'était une première dans la Vème République, avait sauvé ses douze ans de "règne" de l'oubli avec, l'Europe et le monde s'en souviennent, sa position ferme sur la guerre en Irak.
Mais pour Sarkozy, il faut une "rupture".
Si c'est en ce domaine qu'elle se manifeste, ça craint, euh, grave.

Je me souviens très bien des silences gênés de mes parents et grands parents quand j'évoquais l'occupation et l'attitude des "français de base" durant cette période.
Je me souviens du paternel me disant après que je lui eus présenté mon meilleur ami d'enfance, Philippe Taïeb : "dis-moi, Taïeb, c'est pas juif, ça ?".

J'en déduisis que le comportement de mes compatriotes en cette période, hormis une minorité de résistants, fut en général "dégueulasse".
Je frémis donc en pointant l'âge de ceux qui ont fait basculer l'électorat vers le sarkozysme.

Je pense aussi à ces bigots du 7ème arr. auxquels je posais naïvement il y a quelques années, quand j'exerçais mon professorat en ces contrées coupées du monde, la question de l'attitude de l'église romaine et apostolique lors de la même période (voyez l'excellent "Amen" de Costa Gravas).

Et vous pensez que ça ne vaudrait pas la peine de se repentir ?
D'au moins assumer, pour se sentir un peu plus propres ?
De continuer à lutter pour que jamais on n'oublie, pour que jamais cela ne se reproduise ?

(à suivre : mon 10 mai 1981)

Justice imminente


Des "fauteurs de trouble" qui ont manifesté leur colère après l'élection de Berluscozy, se sont vus infliger des peines allant jusqu'à 4 mois ferme, aucun d'entre eux n'ayant de casier judiciaire, leurs "canettes" d'aluminium n'ayant pas atteint les forces de l'ordre.
Royal pronait une indépendance totale du Conseil de la Magistrature.
Seulement voilà, elle n'a pas été élue.

PS (si je puis dire)/ Cela ne veut pas dire que j'approuve les actions violentes qui ont suivi l'élection de Sarkoléon IV : je me suis évertué, hier midi, à dissuader un élève d'aller en découdre à la Bastille.
Saluons la prise de position à ce sujet de Bruno Julliard, chef de file de l'UNEF qui appelle au calme.
Gardez vos bulletins de votes pour les législatives, et ne faites pas le jeu de la droite, mes chers petits !

Résiste, prouve que tu existes !

"C'est de résistance que la France a besoin !"
F.Bayrou (prononcer "baillerou", sinon il s'énerve, enfin !)ce jour.

Bienvenue en Vercors, Fanfounet.

Supions peu, supions bien


On les déguste à l'apéro, non loin du Vieux Port, ou, plus à gauche sur la carte, mais toujours "en bas", dans les estaminets de Sète, ou encore, à Venise avec leur encre et une bonne part de polenta : les supions, ces petites seiches de Méditerranée seraient très vexés d'être préparés en calamars "à l'armoricaine" d'hérésie (pardon au breton fidèle qui me lit !).
Non, les supions sont faits pour la simplicité, juste poêlés à l'huile d'olive et à l'ail.
Yannis du restaurant Illios (61 rue Ramey- 01 42 23 67 60) le sait bien qui m'en a préparé de la sorte ce midi.
Grâce lui en soit rendue.

I'm poor lonesome cow-boy

J'ai toujours dit qu'à l'instar de Mireille Mathieu et pour paraphraser Guy Bedos, Bayrou n'était ni à droite ni à gauche mais là où on le pose.
Délaissé par ses députés inquiets pour leurs sièges et affamés du gâteau sarkozien, incapable d'afficher une intention claire pour le second tour malgré les appels sans nuances (trop ?) de Ségolène, le béarnais crée aujourd'hui un parti qui dira non ou oui en toute liberté aux propositions de la majorité (bleue sans doute) qui naîtra des urnes en juin.
Comme le dit un humoriste que je ne citerai plus, car, après tout, c'est pas son blog ici (!), être à gauche et à droite à la fois, c'est casse-gueule...
A l'heure où je tapote ces lignes, Hervé Morin qui, il y a encore 15 jours, était le principal soutien du François tente d'expliquer, maladroitement, sur iTELE, pourquoi il se range sous la bannière sarkozyste.
A l'arrivée, il faut comprendre qu'il y aura deux partis du centre, autonomes de la majorité présidentielles dont l'un, celui du Morin en question, ira plus facilement "à la soupe" que l'autre.
Si vous n'avez pas tout compris, c'est normal.
Si vous vous définissez en "centristes", veuillez agréer l'expression de ma considération attristée et un tantinet narquoise...

mercredi 9 mai 2007

Canular québécois : Sarko invité à un "dîner de cons" !

Pensant s'adresser au Premier ministre du Canada, Stephen Harper, Nicolas Sarkozy est resté en ligne avec les "Justiciers Masqués", près de trois minutes avant de raccrocher, irrité.
Source : nouvelobs.com

C'était dimanche dernier, peu de temps après l'annonce officielle des résultats.


http://tempsreel.nouvelobs.com/file/267058.wma

Au petit déjeuner

Ségo et François sont dans un bureau

Et France 2, tapie dans l'ombre, les films.
Déterminée, "Bécassine" !
Si vous n'avez pu voir ces images, voilà :
http://tempsreel.nouvelobs.com/file/266467.wmv

La France qui se lève tôt a voté Royal

Les études sociologiques sur la répartition par segments de l'électorat laissent apparaître que ce sont les plus riches de nos concitoyens et les plus de 60 ans (qui votent en nombre, "papy boom"
aidant) qui ont élu N.Sarkozy.
Toute la population restante, à savoir les actifs, place S.Royal largement en tête.
Le vieillissement de la population pose un gros problème aux partis de gauche dont le plus important, le Parti Socialiste.
Je veux pas être pessimiste, mais je sens qu'on en a pour longtemps.
Même si je désapprouve, faudra pas s'étonner que le recours à la "rue" et à des violences condamnables mais compréhensibles vu ce qui précède devienne monnaie courante.
Renforçant ainsi le sentiment d'insécurité et favorisant par là-même, que c'en est presque une lapalissade, la droitisation du gros de l'électorat.

Pour les législatives de juin, le PS devrait pouvoir conserver la quasi totalité de ses députés, tant le score de la candidate est élevé dans la plupart des circonscriptions de gauche, et même dans le Bordeaux de Juppé où elle arrive en tête.

Je persiste (et signe) à affirmer que M.Bayrou sera le grand cocu de cette période : ses députés l'ayant lâché, le béarnais sera, dans quelques jours, l'homme le plus seul du monde.
S'il s'était clairement prononcé, et rapidement, il n'en serait pas là.
Et nous non plus peut être...

mardi 8 mai 2007

La france d'après (3749)


Carte postale (2)


Carte postale gourmande

Bonjour à tous, je vais bien, je me détends enfin (ma migraine m'avait repris, Mireille je te remercie pas !). Ici tout est calme, je peux enfin penser au destin de la République et surtout de la France. Un peu au mien aussi, avec 53% faut pas déconner ! Ici au moins, pas de gazelle poitevine pour me parler des sans papiers, des exclus, des sdf, des èrèmistes et autre salauds de pauvres. Bolloré m'a prêté son Zodiac : je ne manquerai pas de lui renvoyer l'ascenseur dès que je rentre. J'embrasse tous ceux qui ont voté pour moi. Prévoyez du gel, j'arrive ! Votre Nico préféré, parce que vous le valez bien.


On est dans "Le Figaro" !

Incroyable mais vrai, on est dans Le Figaro :
Les chansonniers font salle comble

Et, bien sûr, c'est la "vanne" sur F.Hollande qu'ils ont choisi de citer.

Truffe


Je l'avais presque trouvée sympa lors du vote sur le Pacs où, à contre-courant de la mère Boutin (qu'elle brûle en enfer puisqu'elle y croit !), Roselyne défendit la loi scélérate des rouges au parlement.

Hier soir, dans le pas mauvais document de Serge Moatti diffusé sur France 3, on pouvait la suivre, dimanche dernier, se rendant en voiture sur les lieux où se célèbrait la victoire de son Nicolas à elle qu'elle aime tant.

On la sentait émue, bord larmes, s'épanchant en "il est pré-si-dent de la Ré-pu-blique, mon Nicolas" incrédules auto-répétés à satiété.

Auparavant, elle croisait des militants socialistes qui la conspuèrent.

Dans un geste d'une rare élégance qui en dit long sur sa personnalité, elle leur adressa un magnifique ... bras d'honneur.

Dans son "Circus politicus", l'excellentissime Paul Adam (nous avons pris le maquis ensemble dès 20h dimanche) parle de la dame en ces termes : "Elle s'habille en tailleurs rose-fluo. Mettez des lunettes noires, car chez elle, la connerie, ça irradie !".

Bien vu, Paulo.