Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)
vendredi 17 décembre 2010
Mr Edwards, bye bye !
De "Diamants sur canapé" à "Victor Victoria" en passant par ses "Panthère Rose" et son impérissable "Party", Blake Edwards a marqué l'histoire du cinéma burlesque.
Décédé à 88 ans à l'issue d'une carrière jalonnée de succès et d'éclats de rire.
Merci à lui.
Décédé à 88 ans à l'issue d'une carrière jalonnée de succès et d'éclats de rire.
Merci à lui.
jeudi 16 décembre 2010
"Le nom des gens" : une réussite
Synopsis :
Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...
Jacques Boudet, Jacques Gamblin, Sara Forestier et Michèle Moretti
Notre nom dit-il vraiment notre histoire, ces anciennes souffrances que l'on ne peut oublier ?
Il existe de grands "petits" films.
En voici un, qui ne se pousse pas du col, film éminemment "de gauche" de par son ingénieux sujet.
Si l'on a l'occasion de rire à maintes reprises, le film de Michel Leclerc sait se faire grave, douloureux, et, mine de rien, met en exergue les tares de notre société : l'exclusion, le drame de ces gens, enracinés en France depuis des lustres, dont la nationalité, à cause d'un papier égaré ou émis en période sombre, est remise en cause par des fonctionnaires obtus : il en est maints exemples récents dont certains d'illustres personnalités.
La jeune Sara Forestier (révélée par "L'esquive" et césarisée à l'occasion) crève l'écran en duo détonant avec l'excellent Jacques Gamblin qui n'est plus à un bon film près.
Il y a, bien sûr, cette apparition d'un Lionel Jospin qui laisse pantois Arthur Martin (!), "jospiniste" convaincu.
Inutile d'en faire un "argument de vente" : la scène ne vient qu'en avatar subtil, drôle, poétique presque, l'ex-Premier Ministre faisant preuve ici d'un sens de l’auto-dérision qui convaincra ses plus farouches détracteurs.
Peut-on aller voir "Le nom des gens" si l'on est "de droite" ?
Oui : le sens de l'humour ne connaissant pas de frontière, du moins on l'espère.
Et puis, Arthur, Bigard, et Clavier sont de ce camp-là, non ?
mercredi 15 décembre 2010
Jospin : à quand un "one man show" ?
Je savais l'homme agréable et peu austère dans l'intimité.
L'un de ses amis m'avait raconté ces soirées où un petit groupe d'intimes, Lionel en tête, entonnaient les refrains d'une chanson française en diversité.
L'autre soir, il croise chez Nicolas (le caviste bien connu) l'un de mes amis comédiens qui le félicite pour sa courte prestation dans "Le nom des gens" : il est surpris par sa simplicité, le décrivant comme un homme affable, souriant de la remarque, lui disant que cette apparition en clin d'oeil dans ce beau film (j'y reviendrai, car je l'ai enfin vu) l'a beaucoup amusé.
La qualité de l'humour d'un individu se mesurant à l'aune de son sens de l’auto-dérision, on sait maintenant, au cas où ça nous aurait échappé, que Jospin a l'humour chevillé au coeur.
Un homme rare qui aura malheureusement fait grandement défaut à ce pays ces dernières années.
Peut-être tout simplement parce que les vrais hommes d'état, ça se mérite.
Découvrez Lionel Jospin dans "Le nom des gens" avec Jacques Gamblin, Sara Forestier sur Culturebox !
L'un de ses amis m'avait raconté ces soirées où un petit groupe d'intimes, Lionel en tête, entonnaient les refrains d'une chanson française en diversité.
L'autre soir, il croise chez Nicolas (le caviste bien connu) l'un de mes amis comédiens qui le félicite pour sa courte prestation dans "Le nom des gens" : il est surpris par sa simplicité, le décrivant comme un homme affable, souriant de la remarque, lui disant que cette apparition en clin d'oeil dans ce beau film (j'y reviendrai, car je l'ai enfin vu) l'a beaucoup amusé.
La qualité de l'humour d'un individu se mesurant à l'aune de son sens de l’auto-dérision, on sait maintenant, au cas où ça nous aurait échappé, que Jospin a l'humour chevillé au coeur.
Un homme rare qui aura malheureusement fait grandement défaut à ce pays ces dernières années.
Peut-être tout simplement parce que les vrais hommes d'état, ça se mérite.
Découvrez Lionel Jospin dans "Le nom des gens" avec Jacques Gamblin, Sara Forestier sur Culturebox !
mardi 14 décembre 2010
lundi 13 décembre 2010
Fidélité
Si tous les artistes qui ont pu faire leurs premières armes au Caveau de la République avaient ce sens de l'honnêteté, ce serait réconfortant :
Gaspard Proust pour Pariscope.
Actuellement à la Cigale jusqu'au 26/12.
Ensuite en tournée.
Dates province sur le site officiel : clic
Gaspard Proust pour Pariscope.
Actuellement à la Cigale jusqu'au 26/12.
Ensuite en tournée.
Dates province sur le site officiel : clic
dimanche 12 décembre 2010
samedi 11 décembre 2010
vendredi 10 décembre 2010
Cziffra, souvenir vivace
Foudroyant interprète de son compatriote Franz Liszt, Georges Cziffra (il francisa son prénom en adoptant notre nationalité) fut l'une des idoles de mon enfance.
Son disque des "Rapsodies hongroises" connut un succès triomphal; il tourna tant et tant sur le phono de ma chambre qu'il en est aujourd'hui presque inaudible.
Pour mes 16 ans, à l'Académie Marguerite Long, il présidait le jury qui m'accorda un premier prix.
C'était un homme doux, portant encore et pour toujours le poids des souffrances endurées (il fut déporté pendant la deuxième guerre mondiale) : sur l'Etude 7 de l'opus 25 de Chopin, il me conseilla avec une infinie patience.
Ce fut le plus belle leçon de ma vie.
Je n'avais pas oublié mon précieux 33t qu'il me dédicaça à l'issue de cette séance.
Quelque temps plus tard, son fils chéri (chef d'orchestre) trouva la mort dans un accident d'automobile.
La vie, injuste, n'épargna guère cet homme bon et généreux qui fut un pianiste exceptionnel.
Il étincelle pour toujours au firmament des grands interprètes.
Qui, mieux que Cziffra, sut transmettre l'âme de sa patrie d'origine, la Hongrie ?
De son "pays" Franz Liszt, il fut l'interprète majeur des années 60 et 70, comme en témoigne cette sixième rhapsodie :
jeudi 9 décembre 2010
Journée blanche, journée noire
On jettera un regard amusé et navré à la fois sur la panique générée, à Paris, par la neige tombée à gros flocons hier.
On gardera en mémoire l'ambiance ouatée qui régnait sur la capitale, en contraste saisissant avec l'habituel tumulte.
On se souviendra des rodomontades de l'ineffable Hortefeux, assurant qu'il redoublait les effectifs de police quand on eût préféré voir sableuses et saleuses au travail !
On se gaussera de ces reportages sur la neige occupant la majeure partie des journaux télévisés, comme s'il se fut agi d'une catastrophe nationale.
Il neigeait en fin d'automne comme en hiver, et ça, coco, c'est du scoop, c'est de l'évènement, du nanan pour le 20 heures !
Certes, pour se mouvoir hier soir -faut bien aller jouer !- il fallait s'armer d'un déambulateur à crampons, prévoir que les métros rouleraient à fréquence ralentie, puisqu'on daigna nous expliquer que les machinistes peinaient à gagner leur lieu de travail...
Ces péripéties climatiques auront eu au moins le mérite de casser le rythme routinier de notre vie citadine.
On pourra s'inquiéter de ce qu'il adviendrait en cas de crues de la Seine semblables à celles de 1910 qui touchèrent une population beaucoup moins engoncée dans le confort moderne que nous ne le sommes.
Ce matin, le calme est revenu sous un ciel bleu; mon voisin armé d'une pelle déglace le trottoir devant l'immeuble, les vociférations des lycéens, en bas, ne sont plus assourdies par l'atmosphère cotonneuse de la veille, la circulation reprend ses "droits" sur l'artère voisine entre deux hurlements de sirènes de pompiers transportant peut-être quelque vieille dame ayant chuté sur la chaussée : on prendra des nouvelles dans "Le Parisien", journal populaire qui accorde une place de choix aux faits divers et aux rubriques "people".
Rassurez-vous bonnes gens, le drame a été évité; la France a eu peur : il neigeait sur Paris !
Mais tout cela ne nous empêche pas de nous interroger : y'aura-t-il de la neige à Noël ?
On gardera en mémoire l'ambiance ouatée qui régnait sur la capitale, en contraste saisissant avec l'habituel tumulte.
On se souviendra des rodomontades de l'ineffable Hortefeux, assurant qu'il redoublait les effectifs de police quand on eût préféré voir sableuses et saleuses au travail !
On se gaussera de ces reportages sur la neige occupant la majeure partie des journaux télévisés, comme s'il se fut agi d'une catastrophe nationale.
Il neigeait en fin d'automne comme en hiver, et ça, coco, c'est du scoop, c'est de l'évènement, du nanan pour le 20 heures !
Certes, pour se mouvoir hier soir -faut bien aller jouer !- il fallait s'armer d'un déambulateur à crampons, prévoir que les métros rouleraient à fréquence ralentie, puisqu'on daigna nous expliquer que les machinistes peinaient à gagner leur lieu de travail...
Ces péripéties climatiques auront eu au moins le mérite de casser le rythme routinier de notre vie citadine.
On pourra s'inquiéter de ce qu'il adviendrait en cas de crues de la Seine semblables à celles de 1910 qui touchèrent une population beaucoup moins engoncée dans le confort moderne que nous ne le sommes.
Ce matin, le calme est revenu sous un ciel bleu; mon voisin armé d'une pelle déglace le trottoir devant l'immeuble, les vociférations des lycéens, en bas, ne sont plus assourdies par l'atmosphère cotonneuse de la veille, la circulation reprend ses "droits" sur l'artère voisine entre deux hurlements de sirènes de pompiers transportant peut-être quelque vieille dame ayant chuté sur la chaussée : on prendra des nouvelles dans "Le Parisien", journal populaire qui accorde une place de choix aux faits divers et aux rubriques "people".
Rassurez-vous bonnes gens, le drame a été évité; la France a eu peur : il neigeait sur Paris !
Mais tout cela ne nous empêche pas de nous interroger : y'aura-t-il de la neige à Noël ?
Fais tes devoirs !
Pendant que les grands s'ingénient à éviter les chutes sur les trottoirs-patinoires*, voilà ce que l'engeance 1er âge trouve de mieux à faire dans le quartier (photos de Pierre Alivon, voisin aux aguets) :
* Je mets à part, les gens qui vivent avec un portable collé à l'oreille : si ceux-là se plantent, ils l'ont bien cherché (je me gausse !)...
John Cage / 4'33 : une leçon d'humilité ? une nécessité ?
A l’approche des fêtes de fin d’année, les charts britanniques pourraient bien être voir débouler à leur tête un morceau composé quasiment exclusivement d’un long silence de 4 minutes et 33 secondes.
La suite ici : clic
Voici la version originale de cette oeuvre unique au monde.
En réfléchissant, vous comprendrez sans doute que ce n'est pas plaisanterie :
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Voici la version originale de cette oeuvre unique au monde.
En réfléchissant, vous comprendrez sans doute que ce n'est pas plaisanterie :
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