Le plus
Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)
samedi 16 octobre 2010
Culture générale vraiment zéro ?
Grâce à cette pochette des Beatles, joue avec tes amis : combien de personnages reconnais-tu ?
Le pluscon inculte paie un repas.
Le plus
G.Proust à l'Européen
Vu sur le site du théâtre :
"Toutes les places disponibles sont vendues ou bloquées temporairement.
Prolongation à la Cigale à partir du 10 décembre 2010"
La qualité, ça paie.
"Toutes les places disponibles sont vendues ou bloquées temporairement.
Prolongation à la Cigale à partir du 10 décembre 2010"
La qualité, ça paie.
Parlons français
En cette fin de semaine, je compte aller voir "Le réseau social d'Internet" au cinéma.
C'est le nouveau film de David Fincher ("Zodiaque", "Le club du pugilat") dont on dit le plus grand bien.
Grand piano
Pendant que les hélicoptères commencent à tournoyer dans le ciel parisien avant la manifestation de ce samedi d'automne, j'écoute ça par Arrau.
Par Ashkenazy -ci-dessous- c'est magnifique aussi.
Il y a polémique de spécialistes autour du tempo de ce concerto, voulu "Allegro ma non troppo" par Brahms.
Ici, comme chez Gould, on est dans l'Allegro tout court.
Mais quel jeu !
Et puis, hein, Giulini, quel Chef !
Par Ashkenazy -ci-dessous- c'est magnifique aussi.
Il y a polémique de spécialistes autour du tempo de ce concerto, voulu "Allegro ma non troppo" par Brahms.
Ici, comme chez Gould, on est dans l'Allegro tout court.
Mais quel jeu !
Et puis, hein, Giulini, quel Chef !
vendredi 15 octobre 2010
C'est la révolution !
Les élèves du LEP de mon quartier on bloqué joliment l'entrée de l'établissement (photo).
Dans la rue, ça déconne à tout va.
Les voyant quotidiennement évoluer (si je puis dire), je me permets de douter de leur motivation politique.
Dans la rue, ça déconne à tout va.
Les voyant quotidiennement évoluer (si je puis dire), je me permets de douter de leur motivation politique.
Giscard persiste et signe
Valéry Giscard d'Estaing fut Président de la République de 1974 à 1981.
Son septennat fut marqué par des initiatives vachement modernistes, comme des dîners chez les français "de base" pour montrer qu'il était à l'écoute du petit peuple, le ralentissement du tempo de la Marseillaise, la présentation de voeux aux français en compagnie de son Anémone d'épouse pour faire genre "Kennedy", ou la remontée d'une partie des Champs Elysées à pied lors des cérémonies officielles.
On lui doit cependant la majorité à 18 ans qui permit à de jeunes ingrats de voter en 1981 pour le mettre dehors.
L'affaire des diamants de l'empereur-dictateur Bokassa fut en partie à l'origine de sa chute.
L'autre soir, le service public lui déroulait le tapis rouge pour une émission quelque peu hagiographique.
Au cours de celle-ci, le vieux Giscard (85 ans aux fraises) affirmait sans faillir son opposition à l'abolition de la peine de mort, affirmant le côté "dissuasif" (vachement !) de la guillotine.
Pour faire bon poids, l'homme nous disait qu'il ne regrettait en rien d'avoir refusé la grâce de Christian Ranucci, l'un des derniers condamnés à mort de la République, dont on rappellera tout de même qu'il fut permis de douter de la culpabilité !
Et tout ça les yeux dans les yeux.
Comme quoi, alors qu'on pourrait penser que l'âge mène à la sagesse, quand on est con on le reste.
Je n'insère pas sa photo, ne voulant gâcher votre journée.
On lira avec intérêt le livre de Gilles Perrault ou verra le film qui en fut tiré :
Son septennat fut marqué par des initiatives vachement modernistes, comme des dîners chez les français "de base" pour montrer qu'il était à l'écoute du petit peuple, le ralentissement du tempo de la Marseillaise, la présentation de voeux aux français en compagnie de son Anémone d'épouse pour faire genre "Kennedy", ou la remontée d'une partie des Champs Elysées à pied lors des cérémonies officielles.
On lui doit cependant la majorité à 18 ans qui permit à de jeunes ingrats de voter en 1981 pour le mettre dehors.
L'affaire des diamants de l'empereur-dictateur Bokassa fut en partie à l'origine de sa chute.
Exécution capitale "made in France"
L'autre soir, le service public lui déroulait le tapis rouge pour une émission quelque peu hagiographique.
Au cours de celle-ci, le vieux Giscard (85 ans aux fraises) affirmait sans faillir son opposition à l'abolition de la peine de mort, affirmant le côté "dissuasif" (vachement !) de la guillotine.
Pour faire bon poids, l'homme nous disait qu'il ne regrettait en rien d'avoir refusé la grâce de Christian Ranucci, l'un des derniers condamnés à mort de la République, dont on rappellera tout de même qu'il fut permis de douter de la culpabilité !
Et tout ça les yeux dans les yeux.
Comme quoi, alors qu'on pourrait penser que l'âge mène à la sagesse, quand on est con on le reste.
Je n'insère pas sa photo, ne voulant gâcher votre journée.
Christian Ranucci lors de son procès
jeudi 14 octobre 2010
mercredi 13 octobre 2010
Immortelle
Le jeune homme qui, hier, voyait pour la première fois "All about Eve" de Joseph L. Mankiewicz (1950) ne connait pas son bonheur : film presque parfait , "Eve" (titre français) lui a révélé une immense actrice dans le personnage inoubliable de Margo Channing, comédienne de théâtre adulée qui voit sa vie et sa carrière dévorées par une jeune prédatrice, Eve, interprétée par Anne Baxter.
Bette Davis (1908-1989), à l'instar de notre Simone Signoret, refusa tous les artifices et se laissa vieillir telle quelle, sans retouches, ce qui lui permit de finir sa carrière paradoxalement en beauté : on se souviendra à jamais des deux films de Robert Aldrich "Qu'est-il arrivé à Baby Jane" (aux côtés de Joan Crawford en fin de carrière également) et "Chut, chut, chère Charlotte", avant sa composition de "Mort sur le Nil", film surestimé par la télévision qui l'a diffusé des centaines de fois.
De "La vie privée d'Elisabeth d'Angleterre" à cet Agatha Christie là, Bette Davis eut une carrière jalonnée de "cartons" au box-office dont une "Vipère" de William Wyler taillée à sa mesure, et cet "All about Eve" où elle crève l'écran, sidérante de justesse.
Vu maintes fois, et redécouvert avec ravissement à chaque fois, "Eve", où elle est formidablement entourée, s'imprime, en grande partie grâce à elle, dans notre mémoire cinématographique, en formidable immersion dans le milieu du théâtre, film qui résiste au temps car le "métier" n'a que très peu changé.
Bette Davis (1908-1989), à l'instar de notre Simone Signoret, refusa tous les artifices et se laissa vieillir telle quelle, sans retouches, ce qui lui permit de finir sa carrière paradoxalement en beauté : on se souviendra à jamais des deux films de Robert Aldrich "Qu'est-il arrivé à Baby Jane" (aux côtés de Joan Crawford en fin de carrière également) et "Chut, chut, chère Charlotte", avant sa composition de "Mort sur le Nil", film surestimé par la télévision qui l'a diffusé des centaines de fois.
De "La vie privée d'Elisabeth d'Angleterre" à cet Agatha Christie là, Bette Davis eut une carrière jalonnée de "cartons" au box-office dont une "Vipère" de William Wyler taillée à sa mesure, et cet "All about Eve" où elle crève l'écran, sidérante de justesse.
Vu maintes fois, et redécouvert avec ravissement à chaque fois, "Eve", où elle est formidablement entourée, s'imprime, en grande partie grâce à elle, dans notre mémoire cinématographique, en formidable immersion dans le milieu du théâtre, film qui résiste au temps car le "métier" n'a que très peu changé.
"Eve" avec Anne Baxter
"Baby Jane"
mardi 12 octobre 2010
Péril en la demeure
Dans sa chronique du Nouvel Observateur (semaine en cours) l'indispensable Jacques Julliard dénonce l'irrésistible affaiblissement de la langue française, le mauvais exemple donné aux jeunes générations par ceux qui font profession de s'exprimer au premier rang desquels journalistes de tous médias et publicitaires sans vergogne désireux de "parler jeune" pour atteindre ce qu'ils appellent leur "coeur de cible".
L'introduction toujours croissantes d'anglicismes là où notre langue nous offre un mot pour désigner précisément chaque chose, le détournement du sens des mots (il cite "réhabilitation" pour "rénovation" ou "maintenance" pour "entretien") sont autant de signes inquiétants quant au devenir de notre patrimoine culturel, ce qui fait cette "identité nationale" dévoyée par les représentants du plus vulgaire des pouvoirs ayant jamais exercé.
Là où l'action de ce pauvre Kouchner est un bide épouvantable, on se dit que ce ministre eût pu laisser au moins quelque trace en oeuvrant pour notre rayonnement culturel à travers le monde : l'échec du pseudo-ministre des affaires est patent en tous domaines; il n'a plus qu'à se retirer la queue basse, coupable lui aussi de n'avoir rien fait pour freiner ce délitement de notre expression la plus noble, cette "capitulation" nous dit Julliard.
Sur "facebook" où j'essaie quotidiennement de semer quelques graines, je lis, effondré, les "statuts" rédigés en anglais par les "amis" et, souvent, à mon grand chagrin, par des amis tout court.
Je suis d'accord avec Julliard quand il dénonce la manipulation exercée par le capitalisme mondial sur les esprits les plus malléables; je le cite : "Regardez bien ceux qui prêchent la conversion de l'Europe au "global english" : ce sont pour la plupart des propagandistes de l'économie libérale débridée et cynique".
Les gens de télé sont également pourfendus par le grande éditorialiste, qui participent au premier chef à la mise à mort d'une langue "humilée, ridiculisée, violée, réduite à l'état de petit nègre !" toujours selon Julliard que j'approuve.
On s'émeut à juste titre des " tu c koi , je t'm" de nos ados : ils ne sont que les victimes de salopards collabos qui les ont devancés, participant, influençant, provoquant ce recul.
Irrémédiable ?
L'introduction toujours croissantes d'anglicismes là où notre langue nous offre un mot pour désigner précisément chaque chose, le détournement du sens des mots (il cite "réhabilitation" pour "rénovation" ou "maintenance" pour "entretien") sont autant de signes inquiétants quant au devenir de notre patrimoine culturel, ce qui fait cette "identité nationale" dévoyée par les représentants du plus vulgaire des pouvoirs ayant jamais exercé.
Là où l'action de ce pauvre Kouchner est un bide épouvantable, on se dit que ce ministre eût pu laisser au moins quelque trace en oeuvrant pour notre rayonnement culturel à travers le monde : l'échec du pseudo-ministre des affaires est patent en tous domaines; il n'a plus qu'à se retirer la queue basse, coupable lui aussi de n'avoir rien fait pour freiner ce délitement de notre expression la plus noble, cette "capitulation" nous dit Julliard.
Sur "facebook" où j'essaie quotidiennement de semer quelques graines, je lis, effondré, les "statuts" rédigés en anglais par les "amis" et, souvent, à mon grand chagrin, par des amis tout court.
Je suis d'accord avec Julliard quand il dénonce la manipulation exercée par le capitalisme mondial sur les esprits les plus malléables; je le cite : "Regardez bien ceux qui prêchent la conversion de l'Europe au "global english" : ce sont pour la plupart des propagandistes de l'économie libérale débridée et cynique".
Les gens de télé sont également pourfendus par le grande éditorialiste, qui participent au premier chef à la mise à mort d'une langue "humilée, ridiculisée, violée, réduite à l'état de petit nègre !" toujours selon Julliard que j'approuve.
On s'émeut à juste titre des " tu c koi , je t'm" de nos ados : ils ne sont que les victimes de salopards collabos qui les ont devancés, participant, influençant, provoquant ce recul.
Irrémédiable ?
Automneries
Ce fut un beau dimanche.
Un beau soleil inondait Paris dans un ciel qu'on scrutait en vain pour y voir un nuage.
Temps idéal donc en ce jour de relâche que j'ai mis à profit pour aller, comme chaque année,frotter ma couenne aux Puces du Design sur un Quai de Loire où se pressait une foule disparate mêlant familles en goguettes, simples curieux et collectionneurs avisés.
Le Design connait une vraie vogue depuis quelques années, grâce, sans doute, à la prolifération des magazines de "déco" et aux émissions de télé sur le thème.
On trouve ici à boire et à manger : des pièces réellement estampillées "grands créateurs" et de la récupération d'objets improbables sortis de nos studios des 70's : si l'époque fut formidable, les décos en furent immondes le plus souvent, en métal chromé et matières plastiques d'un orange-Fanta (car le Fanta était orange-vif en ce temps-là) d'un goût douteux.
Je me souviens du studio que j'occupais alors à Antibes, que le "minet-tendance" que j'étais avait décoré dans l'esprit du moment; au-dessus du lit en alcôve une reproduction de Vasarely de nature à vous filer des maux de tête, des murs tendus de tissu évidemment... orange, des chauffeuses d'un vert bien vert.
Seule la télé Sony Trinitron en bois pourrait survivre aujourd'hui à cette petite boutique des horreurs avec, peut-être les chaises scandinaves dont je me suis bêtement débarrassé il y a longtemps : elles atteignaient hier après-midi des sommes qu'elles ne valaient certes pas.
Car il est amusant et pathétique à la fois de constater que les jeunes gens qui repartent avec une suspension en verre et chrome ou un téléphone gris-beurk à cadran, tout heureux de leur prétendue trouvaille, sont des gogos auxquels on a refilé les rebuts de nos poubelles d'antan !
Les plus beaux objets, ceux qui pourraient déclencher mon désir, sont vendus à un tel prix qu'on ne peut que les fantasmer.
Il y avait donc un monde fou aux terrasses en bord de canal, non loin du métro Jaurès, en ces lieux qui font les délices dominicaux des parisiens (oh, je vous vois venir, "bobos" si ça vous arrange !).
Les deux multi-salles MK2 qui se font face de part et d'autre du cours d'eau attiraient la grande foule : la programmation y est toujours intéressante, le café du MK2 Quai de Seine très fréquentable et, en face, on peut se procurer des bouquins et des DVD d'exception, dont quelques imports à faire saliver tout rat de cinémathèque qui se respecte.
Je dus pour ma part renoncer à quelque emplette, hier, reculant devant la file d'attente à la caisse pour ne pas manquer la séance qui devait clore ce bel après-midi.
Je vis "Kaboom" de Greg Araki qui ne fit que répondre à ce que j'en attendais, à ce que j'en espérais pas plus tard qu'hier dans l'article consacré ici aux "Amours Imaginaires" de Xavier Dolan.
Ayant eu à fréquenter le cinéma d'Araki, de Doom Generation (film "culte" des jeunes gens des années 90) à "Nowhere", je retrouvai l'univers de ce cinéaste quelque peu en marge dans ce film qui démarre comme une pochade pour ados dessalés et glisse ensuite vers le fantastique en un savant "n'importe quoi" en trompe-l'oeil.
Ce n'est certes pas à la hauteur de son précédent "Mysterious Skin" qui traite d'un sujet difficile avec maestria, mais cet Araki-là procure une vraie jubilation : à la différence du film de Dolan, on entre en empathie avec ces étudiants vaguement "disjonctés" qui nous font penser aux ados de "Skins" ou à ceux des "Lois de l'attraction".
C'était idéal en point final d'un après-midi dominical.
Le soir, j'ai revu "Préparez vos mouchoirs" de Bertrand Blier avec le tandem Depardieu/Dewaere, Michel Serrault et Carole Laure : le cinéma français ne nous donne plus de films aussi gonflés.
Question d'époque, mon petit.
Un beau soleil inondait Paris dans un ciel qu'on scrutait en vain pour y voir un nuage.
Temps idéal donc en ce jour de relâche que j'ai mis à profit pour aller, comme chaque année,frotter ma couenne aux Puces du Design sur un Quai de Loire où se pressait une foule disparate mêlant familles en goguettes, simples curieux et collectionneurs avisés.
Le Design connait une vraie vogue depuis quelques années, grâce, sans doute, à la prolifération des magazines de "déco" et aux émissions de télé sur le thème.
On trouve ici à boire et à manger : des pièces réellement estampillées "grands créateurs" et de la récupération d'objets improbables sortis de nos studios des 70's : si l'époque fut formidable, les décos en furent immondes le plus souvent, en métal chromé et matières plastiques d'un orange-Fanta (car le Fanta était orange-vif en ce temps-là) d'un goût douteux.
Je me souviens du studio que j'occupais alors à Antibes, que le "minet-tendance" que j'étais avait décoré dans l'esprit du moment; au-dessus du lit en alcôve une reproduction de Vasarely de nature à vous filer des maux de tête, des murs tendus de tissu évidemment... orange, des chauffeuses d'un vert bien vert.
Seule la télé Sony Trinitron en bois pourrait survivre aujourd'hui à cette petite boutique des horreurs avec, peut-être les chaises scandinaves dont je me suis bêtement débarrassé il y a longtemps : elles atteignaient hier après-midi des sommes qu'elles ne valaient certes pas.
Car il est amusant et pathétique à la fois de constater que les jeunes gens qui repartent avec une suspension en verre et chrome ou un téléphone gris-beurk à cadran, tout heureux de leur prétendue trouvaille, sont des gogos auxquels on a refilé les rebuts de nos poubelles d'antan !
Les plus beaux objets, ceux qui pourraient déclencher mon désir, sont vendus à un tel prix qu'on ne peut que les fantasmer.
Il y avait donc un monde fou aux terrasses en bord de canal, non loin du métro Jaurès, en ces lieux qui font les délices dominicaux des parisiens (oh, je vous vois venir, "bobos" si ça vous arrange !).
Les deux multi-salles MK2 qui se font face de part et d'autre du cours d'eau attiraient la grande foule : la programmation y est toujours intéressante, le café du MK2 Quai de Seine très fréquentable et, en face, on peut se procurer des bouquins et des DVD d'exception, dont quelques imports à faire saliver tout rat de cinémathèque qui se respecte.
Je dus pour ma part renoncer à quelque emplette, hier, reculant devant la file d'attente à la caisse pour ne pas manquer la séance qui devait clore ce bel après-midi.
Je vis "Kaboom" de Greg Araki qui ne fit que répondre à ce que j'en attendais, à ce que j'en espérais pas plus tard qu'hier dans l'article consacré ici aux "Amours Imaginaires" de Xavier Dolan.
Ayant eu à fréquenter le cinéma d'Araki, de Doom Generation (film "culte" des jeunes gens des années 90) à "Nowhere", je retrouvai l'univers de ce cinéaste quelque peu en marge dans ce film qui démarre comme une pochade pour ados dessalés et glisse ensuite vers le fantastique en un savant "n'importe quoi" en trompe-l'oeil.
Ce n'est certes pas à la hauteur de son précédent "Mysterious Skin" qui traite d'un sujet difficile avec maestria, mais cet Araki-là procure une vraie jubilation : à la différence du film de Dolan, on entre en empathie avec ces étudiants vaguement "disjonctés" qui nous font penser aux ados de "Skins" ou à ceux des "Lois de l'attraction".
C'était idéal en point final d'un après-midi dominical.
Le soir, j'ai revu "Préparez vos mouchoirs" de Bertrand Blier avec le tandem Depardieu/Dewaere, Michel Serrault et Carole Laure : le cinéma français ne nous donne plus de films aussi gonflés.
Question d'époque, mon petit.
"Kaboom" : jubilatoire.
"Préparez vos mouchoirs" : libertaire et gonflé !
lundi 11 octobre 2010
"Les amours imaginaires" : peut (va ?) mieux faire
Les Amours Imaginaires, film du "jeune prodige" québécois Xavier Dolan m'a grandement déçu : après "J'ai tué ma mère", première oeuvre inspirée, de ces tranches de vie qui longtemps nous poursuivent, le cinéaste post-pubère nous donne un exercice de style branchouille en melting-pot Ozon/Godard qui confine à la parodie :
bande originale (Dalida et autres variètes sans Mylène Farmer toutefois) rendue d'autant plus crispante que le projecteur de l'UGC Georges V nous la restitue avec un pleurage insupportable, fins de scènes "cut", ralentis pseudo-savants, couleurs "almodovariennes", ne font pas un style cinématographique.
Les références à Jules et Jim ou au Théorème de Pasolini sont d'une prétention qui, certes, peut apparaître comme inhérente à la boulimie de cinéma d'un tout jeune auteur, mais indiffèreront vraisemblablement le jeune public visé.
En fin de compte, Dolan nous assène un amoncellement de clichés sur la "vie desanimaux jeunes", là où des cinéastes plus âgés comme Larry Clark (tiens tiens...) où Greg Araki ont une vision beaucoup plus juste et beaucoup moins "chamallow", cette confiserie tenant une place vachement importante dans cette oeuvrette.
De plus, le jeune Xavier ne parvient à aucun moment à rendre ses personnages sympathiques : le petit gay qu'il interprète lui-même est irritant de frivolité, flanqué d'une copine en cliché "fille à pédés" encore plus insupportable.
Seul, Nicolas, objet du désir des deux adolescents attardés, sauve l'affaire : la "chose", le bellâtre, prouvera en fin de parcours qu'il n'est pas ce que l'on aurait voulu qu'il soit.
Il est le seul à faire preuve d'une quelconque maturité, démontrant que la beauté physique peut aussi cacher un cerveau en bon état de marche.
Les jeunes gens du samedi trouveront peut-être ici quelques similitudes avec leur propre vie.
Cela vaut-il pour autant le déplacement ?
On ira voir le dernier Araki, "Kaboom", pour vérifier que la jeunesse est toujours synonyme de subversion, de rébellion, de transgression.
J'en reparlerai.
bande originale (Dalida et autres variètes sans Mylène Farmer toutefois) rendue d'autant plus crispante que le projecteur de l'UGC Georges V nous la restitue avec un pleurage insupportable, fins de scènes "cut", ralentis pseudo-savants, couleurs "almodovariennes", ne font pas un style cinématographique.
Les références à Jules et Jim ou au Théorème de Pasolini sont d'une prétention qui, certes, peut apparaître comme inhérente à la boulimie de cinéma d'un tout jeune auteur, mais indiffèreront vraisemblablement le jeune public visé.
En fin de compte, Dolan nous assène un amoncellement de clichés sur la "vie des
De plus, le jeune Xavier ne parvient à aucun moment à rendre ses personnages sympathiques : le petit gay qu'il interprète lui-même est irritant de frivolité, flanqué d'une copine en cliché "fille à pédés" encore plus insupportable.
Seul, Nicolas, objet du désir des deux adolescents attardés, sauve l'affaire : la "chose", le bellâtre, prouvera en fin de parcours qu'il n'est pas ce que l'on aurait voulu qu'il soit.
Il est le seul à faire preuve d'une quelconque maturité, démontrant que la beauté physique peut aussi cacher un cerveau en bon état de marche.
Les jeunes gens du samedi trouveront peut-être ici quelques similitudes avec leur propre vie.
Cela vaut-il pour autant le déplacement ?
On ira voir le dernier Araki, "Kaboom", pour vérifier que la jeunesse est toujours synonyme de subversion, de rébellion, de transgression.
J'en reparlerai.
"J'ai tué ma mère" (2009) : apparemment difficile de faire mieux.
Pour l'instant.
dimanche 10 octobre 2010
samedi 9 octobre 2010
vendredi 8 octobre 2010
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