Le journal de Sylvian Coudène.
Humeurs, humours, musiques, cinéma, et autres libertés provisoires.
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)

vendredi 19 août 2011

Julien | Venise

Toscane, voilà où il faut aller :

Pour ceux qui ont la chance d'aller en Toscane (j'en connais) ces prochains jours, il faudra absolument faire halte à San Giminiano :



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Un évènement majeur

Les (3 ou 4) nombreux lecteurs qui suivent cette gazette avec assiduité savent maintenant ce qu'est le Spritz, apéritif typiquement vénitien confectionné avec du Prosecco (vin blanc pétillant proche du Champagne), de l'eau de Seltz ou de l'eau gazeuse (on a pas toujours un siphon chez soi) et, surtout de l'Aperol, apéritif doux-amer à base d'agrumes, d'une jolie couleur orangée (certains le préfèrent avec du Campari, c'est leur problème) auxquels, dans le grand verre, on ajoute une fine tranche d'orange et, raffinement suprême, une grosse olive italienne.
A Venise, quand vous irez, vous ne pourrez pas ne pas remarquer ces taches orange en grand nombre sur les tables des cafés.
L'Aperol était jusqu'alors produit quasiment introuvable en France ; on pouvait s'en procurer chez quelques traiteurs italiens qui tiraient de larges bénéfices de la rareté du produit : il y est vendu à un prix plus que doublé par rapport au tarif italien.
J'en rapportais quant à moi de chaque voyage en Italie ; ainsi à l'aéroport de Rome, on en trouve à la boutique qui jouxte la salle d'embarquement.

Mais une véritable révolution secoue le marché français ; ceux qui savent ce que Spritz veut dire (l'origine du mot, c'est l'occupation autrichienne de la Sérénissime), peuvent exulter : Aperol a débarqué en force en territoire gaulois !
J'en vis un jour sur les rayons de Nicolas qui le vend au prix enfin raisonnable de 12 euros la bouteille de 75 cl.
Et maintenant, yes, chic, tugudu, bibaleloulachizmanbéby, voici que Monoprix propose la bouteille d'un litre pour la modique somme de 14 euros et 50 centimes !

Dans ma magnanimité, je joins cette courte vidéo qui vous permet, petits chanceux, de confectionner votre Spritz à la maison.
Salute !



C'était un échassier bizarre...


jeudi 18 août 2011

Téchiné prend l'eau à Venise

 Synopsis :
Francis arrive à Venise pour écrire son prochain roman. Il cherche à louer un endroit pour travailler. Il rencontre Judith, un agent immobilier. Elle insiste pour qu’il visite une maison isolée dans l’Ile de Sant Erasmo. Francis lui propose comme on se jette a l’eau : "Si on habite ici tous les deux … je signe tout de suite…". Ils se lancent alors dans une vie de couple.
Mais quand Francis est amoureux, il ne parvient pas à écrire. L’été suivant, sa fille Alice débarque dans sa retraite pour passer des vacances. Et puis brusquement elle disparaît … A partir de là Francis est mis en danger …


Elle est encore bien belle Carole Bouquet ; Venise aussi.
C'est à peu près tout ce qu'on retiendra de ce film de commande d'un Téchiné dont l'amour qu'il voue depuis toujours à la ville flottante pouvait laisser espérer autre chose que ce simili-polar adapté d'un Djian biscornu sans suspense (tout est prévisible) capillotracté.
Carole est belle, oui (ce qui ne fait pas un film) aux côtés d'un Dussolier fatigué qui semble regretter les films où, en mode "Agatha Christie", il enquête en fin limier en compagnie de Catherine Frot, aimables films "du samedi soir" qui valent cent fois cette chose boursouflée qui n'a d'autre intérêt que de nous emmener (ramener, pour ce qui me concerne) dans la Sérénissime, très bien photographiée avec de très jolies couleurs et tout et tout.
Pour le reste, les situations grotesques et les dialogues ineptes se succèdent dans ce film qui se voudrait dramatique et qui nous arrache, à mon ami accompagnant et moi-même, des fou-rires inextinguibles !
Sur la lagune qu'il aime tant, pourtant, Téchiné rame à qui mieux-mieux comme ses personnages en comique involontaire de répétition : pour résumer ce que l'on peut, à la rigueur, appeler "l'action", c'est "suis moi, je te fuis ; fuis moi, je te suis et je te fais suivre !".
Ainsi, on s'attend à retrouver au détour d'une scène le corps horriblement mutilé (un peu de gore ne ferait pas de mal !) de Mélanie Thierry (limite insupportable) entre deux noires gondoles, mais non, la disparue est simplement partie à Paris vivre le parfait amour avec un aristo vénitien-junkie-trafiquant qui fut autrefois l'amant de la Carole qui, entretemps, s'est mariée avec André (pas Téchiné, Dussolier : eh, oh, faut suivre, un peu !).
Tout est à l'avenant, en situations tarabiscotées qui se voudraient méandres ; mais là, la toile d'araignée est tissée de fil blanc.
On comprend que Téchiné ait besoin de bosser : il ne doit pas être simple, en époque décérébrante, de trouver des subsides pour mener à bien projets plus ambitieux.
On a beaucoup de peine de voir se fourvoyer ici le cinéaste de tant de films mémorables, de "Ma saison préférée", des "Roseaux sauvages", du méconnu "Les temps qui changent", des "Voleurs" et d'Hôtel des Amériques…
On préfèrera oublier ces "Impardonnables" qu'on aurait pu appeler également "Inexcusable" si ce n'est le respect que l'on voue à son réalisateur.
Allez, à la limite, pour bien rigoler et voir Venise, on peut perdre deux heures.

 "Oui, je sais, c'est super beau ; mais tais-toi et rame !"

samedi 13 août 2011

Plaisirs musicaux du moment

Les mois d'août sont propices aux découvertes ou redécouvertes.
Avant un long weekend qui s'annonce chargé (retrouvailles diverses, balades, cinéma, dîners entre amis sur fond de pleine lune), j'ai tout loisir aujourd'hui, tout en mettant de l'ordre (même les domestiques prennent des vacances, c'est fou, non ?) d'écouter mes plus récentes acquisitions :


J'avais une discussion hier après-midi avec un élève qui a bien grandi et affine son pianisme de jour en jour.
Il me disait qu'il avait "du mal" avec Schumann et Brahms :
"j'ai beau lire et relire, ces deux-là, je n'y arrive pas !".
Je me replongeai de nombreuses années en arrière, à son âge peu ou prou.
Pour moi, alors, c'était exactement pareil.
De Schumann, vers mes 16 ans, j'avais joué plutôt bien la "Sonate en sol mineur" dont je me rends compte aujourd'hui, me réécoutant sur un vieux disque noir craquant et crachant à qui mieux-mieux, que je n'avais pas dû en saisir toutes les subtilités, et que j'avais dû travailler en "bête à concours" un peu fumiste.
Ca m'avait valu un quelconque premier prix, de ceux que ma mère collectionnait, les affichant dans son salon avant que la rage me saisisse et que je la prie fermement de les enlever.
Quand je fus en face du "Carnaval" de ce même Schumann, je baissai la garde : toutes ces notes enchevêtrées me donnaient la migraine !
Pour Brahms, même topo : certes, j'ai joué les "tubes", "Berceuse" (celle qui, de nos jours encore, accompagne les vagissements des nourrissons au-dessus de leur berceau), "Valse" dite "des regrets" (foutaise !) et une transcription de mon cru du thème rebattu de la 3ème symphonie que, quelque temps après, Gainsbourg allait transformer en "Baby alone in babylone" (!).
A part ça, Brahms, nada : ne me reste plus aujourd'hui qu'à écouter Hélène Grimaud, laquelle a tout compris et rend limpide ce qui, à l'époque, me semblait totalement abscons.
De même, le 2ème mouvement du Concerto N°1 joué par Arrau me met littéralement en extase.
Avec mon élève si doué, qui, à 18 ans, a quelque chose du Sylvian de cet âge (je transmets donc aussi mes défauts ?), nous concluions que ces deux compositeurs, comme tous les génies, avaient beaucoup d'avance sur leur temps et que, notamment, le Schumann finissant préfigurait Stockausen, lequel n'est pas précisément un faiseur de musique d'ascenseur !




De Brahms, j'écoute donc cet été, les 4 symphonies sous la baguette de Karl Böhm, et même celle que Gainsbourg a adaptée : c'est encore mieux que par Jane Birkin.

 J'ai réussi à grand-peine à me procurer le Requiem de Fauré par Michel Corboz, celui qui est chanté, entre autres, par des petits suisses (oh, ça va, hein !?).
J'en avais entendu un extrait sur Radio Classique ; comme quoi !
De plus, sur le même CD, il y a Elégie avec Paul Tortelier, violoncelle...



 Alfred Deller (mort en 1979 en Italie, bien sûr, car c'est là qu'il faut mourir) fut sans doute le plus grand contreténor du siècle passé : en raccourci un peu expéditif, on peut dire qu'il remit Purcell "à la mode".
ce "Music for a while", enregistré 3 mois avant son décès et paru tout récemment chez Harmonia Mundi dans une nouvelle édition mérite largement son "Diapason d'Or" : c'est en effet un trésor qui vaut tous les lingots du monde.
Formidable pour le repassage.


Autre acquisition, l'Héroïque de Beethoven enregistrée à Vienne en 1944 par Furtwängler qui eut, peu de temps après, quelques comptes à rendre en période de dénazification (mais allez voir la page "wikipedia", c'est passionnant et ça remet les pendules à l'heure).
Ach, z'est kolossale finesse !
Vraiment.
(SACD hybride chez tahra, distribution Harmonia Mundi)





 Enfin, j'ai fait venir de loin l’œuvre pour piano et orchestre de Saint Saëns jouée par un sacrément bon Stephen Hough.
il y a les 4 concertos, le Wedding Cake, la Rapsodie d'Auvergne (si !), l'Allegro Appassionato et un truc qui s'appelle "Africa" (chez Hyperion, introuvable en France !).
C'est, dans le désordre, charmant, surprenant, drôle, virtuose, classique, moderne, indéfinissable et chronologiquement illogique, à faire écouter "à l'aveugle" : on dirait parfois du Mendelssohn, du Chabrier saupoudré de Ravel, avec un petit côté Francis Lopez (vous savez, les opérettes avec Luis Mariano).
J'aurais bien aimé connaître ce Saint-Saëns.
Bref, c'est indispensable !

Enfin, j'ai changé la cellule de ma platine à disques noirs et réécoute plein de choses, du baroque surtout : Corelli, Vivaldi (un vrai compagnon de vie, celui-là), Bach, Haendel et toute la bande.
Faut retourner le disque toutes les dix minutes ; ça me fait de l'exercice, car je suis toujours loin du pick-up quand la face est terminée.

Là - dessus, je m'autorise une pause, sans doute jusqu'à jeudi prochain : il ne faut pas bloguer en période de pleine lune.




Nous aussi

C'était le "tube de l'été" lors de ma première sortie "en boîte" (en après-midi : le soir, je n'avais pas la permission).
Quand je demande à un élève ce qu'il écoute, je suis souvent effondré.
Puis je relativise, et lui dis prosaïquement : "moi aussi, à ton âge, j'écoutais de la merde".
Démonstration :




mercredi 10 août 2011

Planète


JUSQU'ICI


TOUT


 VA


 BIEN.


...
...
...

 

Considérations et questionnement diverses avariés

Pourquoi les jeunes à-sac-à-dos (même sans chien) s'assoient-ils toujours par terre,même là où c'est hyper sale
(quais de métro-qui-pue, salles des (100 000/jour) pas perdus...) ?
A Rome, je me suis fait presque insulter par un jeune homme que j'avais trouvé sympathique au premier abord, auquel j'ai voulu donner 50 centimes, pensant que dans cette posture il "faisait la manche"
Vous allez rire : c'était un compatriote. 

*
Pourquoi, dans les "supérettes" (qu'il est con ce mot !), les vieilles marchent-elles systématiquement au milieu des (étroites) allées ?
*
Pourquoi, dans les mêmes lieux, les mêmes vieilles veulent-elles obligatoirement le produit qui se trouve au sommet du rayon ?
Et qui c'est, forcément, qui va leur attraper cette satanée petite boîte de Sheba ?
*
Pourquoi les mêmes petites vieilles veulent-elles systématiquement faire l'appoint, farfouillant un quart d'heure dans leur porte-monnaie ?
*
Le domestique (que je déclare précisé-je en ces temps où tant de patrons fraudent allègrement l'Urssaf) ayant pris ses vacances sous les tropiques, je fais actuellement ménage et repassage.
C'est follement amusant.

*
Un ouvrier faiseur-de-bruit d'un appartement voisin, pour pallier sans doute une éventuelle déficience mémorielle a cru bon d'inscrire au stylo-bille le code de la porte d'entrée à côté du clavier de digicode.
Même le prolétariat peut être un peu con.

*
Entendu dans le métro (téléphone portable/voix féminine) : tu sais bien que les poivrons, ça me donne la chiasse!
La féminité se perd.
Nouvelle revendication "féministe" donc : "on veut devenir aussi con et vulgaire que nos mecs".

*
La publicité télévisée (qui fut dans le passé quelquefois inventive) suit la courbe tendancielle : jamais les "spots" n'ont été d'un niveau aussi bas.
On attend Noël pour revoir Jude Law vantant les mérites des produits Dior.
Ou on jette sa télé.

*
A l'intention, justement, des "télards" de service qui ont, paraît-il, fait des études de journalisme on rappellera que le mot "gageure" se prononce "gajure".
Mais si c'était que ça...

*
J'en ai d'autres.
Je reviendrai.

Celui-ci a au moins l'intelligence de se déplacer avec un coussin, même s'il s'habille de manière un peu négligée





Rien à voir (quoique...)

Par une (trop) fraîche nuit d'été, l'homme sceptique était sur son balcon.
Et voici ce qu'il vit :

N'oublions jamais que ce gros gâteau fut érigé pour fêter l'exécution
de 20 000 "communards".
Heureusement, longtemps après, le bourgmestre Bertrand de la Noë
donna au jardin que l'édifice surplombait le nom de "Square Louise Michel".
Qu'il soit sanctifié !

mardi 9 août 2011

Enfin un clavier pour adolescent(e)s !

Merci Elliott.

Bientôt les JMJ !

Jeunes gens, soyez "tendance" : utilisez les sacs Reker !
Et n'oubliez pas d'y glisser vos préservatifs : les JMJ, c'est chaud !

Scène forte

"Le goût des autres" d'Agnès Jaoui et J.Pierre Bacri (2000)
(Les contributeurs à youtube donnent parfois des titres très cons à leurs inserts)

Crise économique, sociale, politique : gardez votre calme, Messieurs !


Allez Bertrand, à toi de jouer maintenant !

On remarquera les jolies voitures de "prolo"...
BD, chiche ?!


Il s'agit plus que vraisemblablement d'une opération "de comm" (comme "ils" disent) destinée à frapper les esprits.
L'idée est originale : ces images font le tour du monde.
Le petit côté "anti-connard" n'est pas fait pour me déplaire.

A Francis Lalanne

Si, en 5ème,  en rédac., j'avais écrit 
"Pense à moi, comme je t'aime", 
le prof aurait noté en marge : "mal dit !".

Moralité en paraphrase de Guy Bedos paraphrasant, lui, Claude Nougaro : 
il ne faut pas poéter plus haut que son cul !

De la jolie expression "je m'en bats les ........"


lundi 8 août 2011

Livre des records : les français vont bien !


"Out of Africa" : et à la fin, on pleure



Sidney Pollack, décédé en 2008, restera célèbre pour quelques films films marquants du cinéma des années 70-80 : dans "Tootsie" (1982), il offre sur un plateau à Dustin Hoffman l'un des rôles ("féminin" !) les plus importants de sa carrière ; auparavant, en 69, avec "On achève bien les chevaux", il dénonce avec une redoutable efficacité la "barbarie" (le mot est un peu fort il est vrai) des marathons de danse dans l'Amérique profonde.
Trois ans plus tard il donne à Robert Redford, son acteur fétiche, un beau personnage dans un western qui n'en est pas vraiment un : "Jeremiah Johnson", âpres pérégrinations en terres hostiles qu'il (me) faudra revoir : Redford y fut impressionnant, magnifique comme il le fut à la même époque, aux côtés de Brando, dans "La poursuite impitoyable" du grand Arthur Penn.
Les "jeunes", qu'il est amusant de voir découvrir cet acteur essentiel, tombent instantanément sous le charme de ce comédien qui sut également passer derrière la caméra pour consacrer, excusez du peu, le jeune Brad Pitt dans "Et au milieu coule une rivière" en 92.
Redford est Président du fameux festival du film de Sundance et mérite, par là, notre éternelle reconnaissance.

Avec "Out of Africa" en 85, Pollack et Redford remportent sans doute le plus grand succès de leurs carrières respectives grâce à une fresque romantique qui remporta pas moins de 9 Oscar !
Tout concordait pour faire du film adapté des souvenirs de Karen Blixen (Meryl Streep dans l'une de ses plus grandes prestations) un succès colossal : la formidable photo de David Watkin, rendant admirablement la beauté des paysages africains (Somalie, Kenya), une histoire authentique mise en cinématographie par un cinéaste aguerri, une bande originale du grand John Barry à laquelle s'ajoute, notamment, le fameux Concerto pour clarinette d'un certain W.A. Mozart (le disque s'arracha à l'époque !), et ce casting imparable dont il ne faut pas exclure le grand Klaus Maria Brandauer ("Blix", époux de convenance dans le film).
Dennis (Redford) dans son petit avion jaune restera à jamais dans la mémoire d'un cinéma "de luxe", comme la scène où Karen doit faire face à un lion qui n'a pas encore pris sont pedit-déj'.
L'exploit de Pollack, pour cette grosse production "ricaine", est de ne jamais tomber dans le pathos, évitant les écueils du mélodrame, même si la fin du film peut légitimement nous prouver que nos glandes lacrymales sont en parfait état de fonctionnement.
Près de trente après, "Out of Africa", l'histoire d'une parenthèse enchantée et dramatique dans la vie d'une jeune danoise qui n'en demandait pas tant, est encore plus que "visible".
On gardera l'image (et le son) de Mozart sur le phonographe en pleine brousse.
Ce qui n'est pas rien.

 Couple "mythique"

 La découverte des populations locales va bouleverser la vie de Karen Blixen.

L'un des grands rôles de Redford
Image désormais "culte"